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Chawki Salhi : Algérie. Les six mois de Boudiaf

Article de Chawki Salhi paru dans Inprecor, n° 356, du 3 au 16 juillet 1992, p. 3-5

Jeunes gens dans la foule assistant aux obsèques de Mohamed Boudiaf, chef de l’Etat algérien le 1er juillet 1992 à Alger, Algérie. (Photo by Jean-Michel TURPIN/Gamma-Rapho via Getty Images)

C’est à quelques jours des festivités du trentième anniversaire de l’Indépendance que Boudiaf, président du Haut comité d’Etat (HCE), institué après le coup de force du 11 janvier 1992, a été assassiné à Annaba. En ce matin du lundi 29 juin 1992, il présidait une réunion et faisait campagne pour son “rassemblement patriotique”, alors même que son régime interdisait les réunions et les manifestations aux autres courants politiques (1).

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Chawki Salhi : Algérie. Les crimes de la “démocratie”

Article de Chawki Salhi paru dans Inprecor, n° 346, du 14 au 27 février 1992, p. 36

Une femme voilée passe devant un graffiti à la gloire du FIS le 14 février 1992 à Alger, Algérie. (Photo by Pool TURPIN/ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

Au lendemain de la démission de Chadli, les intégristes du Front islamique du salut (FIS) avaient le profil bas, et la direction Hachani n’a finalement eu aucune peine à convaincre sa base de l’inutilité de s’affronter au nouveau pouvoir – la leçon de juin 1991 avait été bien apprise (1). M. Boudiaf, installé par l’armée à la tête du Haut comité d’Etat, dans le rôle du “sauveur de la nation”, annonçait alors que les partis ne seraient pas interdits, pas même le FIS. Mais l’étau se resserrait sur les intégristes : chaque déclaration grandiloquente était suivie d’arrestations ; les meetings-prières du vendredi était progressivement empêchés. Alors que la consigne était de ne pas donner prétexte à l’interdiction du FIS, la riposte est venue des jeunes des quartiers.

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Samira Fellah : Les ennemies du FIS

Textes parus dans Inprecor, n° 344, du 17 au 30 janvier 1992, p. 3-6

Algerians protest against the political party Front Islamique du Salut (FIS), or Islamic Salvation Front. (Photo by Pascal Parrot/Sygma/Sygma via Getty Images)

Alors que les résultats du premier tour des élections législatives n’ont fait que confirmer le rôle croissant du Front islamique du salut (FIS) sur la scène politique algérienne et l’effondrement du Front de libération nationale (FLN) au pouvoir, le président Chadli a présenté sa démission, le Il janvier 1992, et annoncé la dissolution de l’Assemblée populaire.

Il s’agit d’un coup d’Etat, fomenté par les militaires, qui met en veilleuse le processus démocratique, entamé sous la pression des émeutes d’octobre 1988.

Notre correspondant, Chawki Sahli, nous livre ses premières analyses.

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Algérie : Seule la lutte de la classe prolétarienne pourra mettre fin à la misère et à l’exploitation en abattant le capitalisme et l’Etat bourgeois !

Article paru dans Le Prolétaire, n° 414, janvier-février 1992.

Deux hommes lisent des quotidiens annonçant en une l’instauration de l’état d’urgence dans le pays le 11 février 1992 à Alger, Algérie. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

L’intermède démocratique a donc pris fin, comme il avait commencé, sur décision des plus hautes instances de l’Etat et tout particulièrement de l’état-major de l’armée.

Le processus démocratique va continuer, disait Sid Ahmed Ghozali en prenant cet été la tête du gouvernement ; et il promettait des élections “libres et honnêtes”. Mais le résultat des votes n’étant pas conforme aux prévisions, ces élections sont annulées ; l’ancien chef du “parti de la révolution socialiste”, soudainement tiré de son exil et promu à la tête de l’Etat bourgeois pour défendre ceux qu’il critiquait hier, décrète l’état d’urgence pour un an “au moins”.

Mais le processus démocratique continue et les libertés individuelles sont maintenues, assure Boudiaf – à condition de ne pas s’opposer au Haut Comité d’Etat, de ne pas troubler l’ordre public, de ne pas porter atteinte à l’économie nationale par des grèves, etc.

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revues

Chawki Salhi : Algérie. Qu’est-ce que l’intégrisme ?

Article de Chawki Salhi paru dans Inprecor, n° 345, du 31 janvier au 13 février 1992, p. 9-10

Abdelkader Hachani. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

Né d’abord dans la petite bourgeoisie, parmi des intellectuels issus de milieux populaires et des petits commerçants, soutenu par des secteurs traditionalistes de la moyenne bourgeoisie, l’intégrisme s’est développé comme phénomène de masse en Algérie, lorsqu’il est devenu un refuge pour nombre de marginalisés et de déshérités des zones urbaines qui, en l’absence d’un parti ouvrier de masse, croyaient rejoindre le parti de la contestation sociale, le plus radical contre le régime de l’oppression.

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Yadh Ben Achour : Politique, religion et droit dans le monde arabe

Extraits de Yadh Ben Achour, Politique, religion et droit dans le monde arabe, Tunis, Cérès Productions, 1992, p. 26-30.

 

 

Le présupposé du chercheur est que tout est explicable et qu’il n’y a nul mystère dans le monde.  (…) L’étude de la religion constitue donc pour lui, une phénoménologie ordinaire et uniquement cela, dans la mesure où la religion est elle-même un phénomène, humainement et socialement explicable, quand bien même on admettrait qu’elle n’est pas un phénomène purement humain.

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Mohammed Harbi : L’Algérie et son destin. Croyants ou citoyens

Source : Mohammed Harbi , L’Algérie et son destin. Croyants ou citoyens, Paris, Arcantère, 1992, p. 52-57

Le rôle de Messali a été réévalué. J’aborde ici un point qui a été, pour moi, la source de troubles de conscience et de souffrances. Dans la geste du FLN, le fondateur du nationalisme apparaît toujours sous le visage du traître. (…) Ma conviction que Messali était diabolisé parce qu’il pensait différemment – la question de savoir s’il avait raison ou tort m’apparaissant secondaire – s’est fait jour en 1957.