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Algérie : l’impasse

Entretien paru dans les Cahiers du féminisme, n° 67-68, hiver 1993-printemps 1994, p. 29-34

Lors de la journée internationale des droits de la femme, des femmes manifestent contre les islamistes. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

En Algérie, la situation s’aggrave de jour en jour : attentats et assassinats se multiplient, sur fond de misère économique. Situation de pré-guerre civile, que plus personne ne contrôle vraiment. Dans ce contexte, les femmes sont des victimes toutes désignées (1).

En décembre dernier, nous avons rencontré trois militantes féministes algériennes, récemment arrivées à Paris : Aïcha, de l’association Voix de femmes de Boumerdès, Fouzia et Sanhadja, de l’Association pour l’émancipation de la femme.


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Algérie : la montée des périls

Entretien paru dans les Cahiers du féminisme, n° 59-60, hiver 1991-printemps 1992, p. 42-45

Soldier-manned Army APCs on patrol in wake of fundamentalist FIS election victory-sparked mil. ouster of Chadli govt., cancelling 2nd elections round. (Photo by Barry Iverson/Getty Images)

Comme en octobre 1988, à nouveau, la police et l’armée algériennes ont tiré sur de jeunes manifestants. Un mois à peine après son installation, le bilan du Haut comité d’État (HCE) est déjà d’au moins cinquante morts et près de trois cents blessés. Sanglant démenti apporté à tous ceux qui avaient vu, dans le coup d’État militaire du 11 janvier et dans l’annulation du processus électoral, après la victoire intégriste du premier tour des législatives, le seul moyen pour l’Algérie d’éviter la guerre civile.

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L’Algérie entre mosquées et casernes

Entretien paru dans les Cahiers du féminisme, n° 58, automne 1991, p. 30-32

Un vendeur de quotidiens en français à Alger en juillet 1991, Algérie. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

En juin dernier, à trois semaines des premières élections législatives pluralistes en Algérie, les rues d’Alger étaient le théâtre de violents affrontements entre manifestants intégristes du Front islamique du salut (FIS), auxquels se joignaient de nombreux jeunes des quartiers populaires, et forces de l’ordre. Le 5 juin, l’état de siège était instauré pour une durée de quatre mois, et les chars prenaient le contrôle des principaux carrefours. Les élections étaient reportées à une date ultérieure. Elles sont aujourd’hui annoncées, en principe, pour la fin de l’année. Fin juillet, nous avions rencontré Nawal Zien, militante du Parti socialiste des travailleurs (PST) et du mouvement des femmes, de passage à Paris. Nous avons fait le point avec elle.

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Algérie : les femmes en première ligne

Dossier paru dans les Cahiers du féminisme, n° 53, été 1990, p. 13-26

Manifestation de la ‘Journée internationale des droits des femmes’ à Alger, le 8 mars 1990, Algérie. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

L’avenir n’est pas joué

En Algérie les élections municipales vont avoir lieu le 12 juin. A coup sûr, elles constitueront un test décisif. Pour le FLN au pouvoir, d’abord, qui depuis la répression sanglante des émeutes d’octobre 1988 est à jamais discrédité auprès de la population, sans même parler des scandales dans lesquels les dignitaires du régime sont impliqués : début avril, un ancien Premier ministre a accusé certains dirigeants d’avoir profité de pots de vin d’un montant de vingt-six milliards de dollars, c’est-à-dire plus que la dette totale de l’Algérie, tandis que, dans le même temps, la population doit faire face aux pénuries et à la spéculation sur les produits de première nécessité ! Mais ce sera également un test pour le Front islamique de salut (FIS), principale organisation islamiste qui, le 20 avril dernier, a fait descendre cent mille hommes dans la rue après avoir fait plier le gouvernement qui, lui, renonça à organiser des contre-manifestations.

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Algérie : Les premiers pas du mouvement des femmes

Entretien paru dans les Cahiers du féminisme, n° 50, automne 1989, p. 31-33

« La situation des femmes en Algérie, c’est encore un continent noir. » Ainsi commence Nawal, militante de l’Association pour l’émancipation de la femme. Pour les Cahiers du féminisme, elle s’est expliquée plus longuement en répondant à nos questions. « La femme en Algérie vit des contradictions : on la rencontre à des postes de responsabilité importants, dans les hôpitaux, à l’université ou même à l’armée. Et en même temps, elle est toujours considérée comme mineure à vie. Les mentalités ont encore été récemment codifiées dans ce sens par le Code de la famille, issu de la religion musulmane. La femme n’a pas le droit de divorcer, la polygamie est tolérée ; en fait tous les droits reviennent aux hommes. »

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Algérie : levons le voile

Entretien paru dans les Cahiers du féminisme, n° 39, printemps 1987, p. 30-31

Nassima est algérienne… Femme, travailleuse, féministe… Elle nous a parlé de la réalité de la vie pour les femmes.


• Y a-t-il un mouvement des femmes en Algérie ?

Non, absolument pas ! Et militer là-bas ne signifie pas du tout la même chose qu’en France ! Tout d’abord, on n’a pas le droit de militer en dehors des organisations officielles, sous peine de prison. Pas question de créer au grand jour un mouvement des femmes ou de se proclamer féministe. C’est complètement impossible !

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H. M. : Algérie. La mobilisation des femmes contre le projet de code de la famille

Article signé H. M. paru dans les Cahiers du féminisme, n° 25, juin-juillet 1983, p. 30-31

Les manifestations de femmes devant l’Assemblée nationale en novembre et décembre 1981 furent l’expression d’un moment fort dans la coordination et la centralisation de la mobilisation des femmes contre le projet de code de la famille que tentait d’imposer le régime algérien aux millions de femmes algériennes. Déjà en 1966 et en 1973, le pouvoir avait tenté de promulguer un code de la famille ; mais la mobilisation des femmes à l’époque avait incité le régime Boumedienne à reculer et à le retirer.

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Maghreb : Une victoire provisoire contre le statut personnel

Textes parus dans les Cahiers du féminisme, n° 19, mars-avril 1982, p. 39-40

Après six mois de polémiques et de mobilisations, le gouvernement algérien a été obligé de retirer provisoirement le projet de loi sur le statut personnel, quatrième tentative de ce type depuis l’indépendance en 1962. C’est la réaction collective et massive des femmes parmi lesquelles Djamila Bouhired la « poseuse de bombes » emprisonnée en France du temps de la guerre d’indépendance, qui a obligé le gouvernement de Chadli Benjedid à reculer momentanément.

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Algérie : La sharia au nom de la guerre

Entretien avec Samira Fellah et Nawel Zien réalisé par Cecilia Garmendia et Gaëlle Lucy paru dans Inprecor, n° 325, du 1er au 14 mars 1991, p. 13-15.

ALGIERS : WOMEN’S DEMONSTRATION (Photo by Pascal Parrot/Sygma/Sygma via Getty Images)

Le 12 juin 1990, le Front islamique du salut (FIS) remportait une large victoire aux élections municipales, les premières élections pluralistes en Algérie (voir lnprecor n° 312 du 29 juin 1990). Sept mois plus tard, la guerre du Golfe ouvre d’autres brèches, dont aimeraient bien profiter les islamistes, un peu déstabilisés, au départ, par la configuration des pays impliqués de part et d’autre. Les femmes algériennes n’ont cessé, depuis des années, de lutter pour la reconnaissance de leurs droits ; aujourd’hui, de même, elles exigent le respect des droits des populations arabes et dénoncent l’agression dont est victime le peuple irakien, car, pour elles, « la dignité des femmes est inséparable de celle des peuples ». Nous avons rencontré Samira Fellah et Nawal Zien, membres du Parti socialiste des travailleurs et militantes du mouvement des femmes en Algérie *.