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Les femmes, les militants de gauche, les travailleurs en danger ! L’armée algérienne en quête d’un accord avec les islamistes

Article paru dans Le Bolchévik, n° 130, septembre-octobre 1994, p. 16 et 13-15

08/05/1994. ALGER: MANIF “DIALOGUE + RECONCILIATION”. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

25 septembre – Après deux ans et demi de guerre civile de plus en plus ouverte, le régime militaire algérien a engagé des négociations avec la direction du Front islamique du salut (FIS), l’objectif étant de former un gouvernement de coalition. Les intégristes islamiques se rapprochent rapidement de leur but : instaurer un Etat théocratique dans lequel les femmes devront porter le voile, dans lequel les militants de gauche seront dénoncés comme apostats et abattus sans merci et dans lequel un obscurantisme moyenâgeux régnera sans partage. Le Haut Comité d’Etat (HCE), soutenu par l’armée, avait cherché à éliminer les intégristes en annulant le second tour des élections législatives de janvier 1992 (où le FIS était sur le point de remporter une victoire écrasante) et en instaurant l’état d’urgence. Les dirigeants du FIS et plusieurs milliers de leurs partisans avaient alors été jetés en, prison et dans des camps de concentration installés en plein désert. Mais la terreur gouvernementale n’a fait que pousser des secteurs toujours plus larges de la population dans les bras des réactionnaires islamistes.

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La grève des dockers en juillet secoue Alger : L’Algérie en ébullition

Article paru dans Le Bolchévik, n° 125, novembre 1993, p. 12 et 10-11

A young Algerian boy sits on a railing in front of a graffiti-covered wall during the Algerian Civil War. The graffiti reads “FIS” for the Front Islamique du Salut, or Islamic Salvation Front. (Photo by Antoine GYORI/Sygma via Getty Images)

13 octobre – Peu à peu, l’Algérie a basculé dans une guerre civile larvée entre les intégristes musulmans réactionnaires et le régime discrédité. Chaque jour, se produisent des attentats et des embuscades. Récemment, les intégristes se sont mis à mettre le feu aux usines, entre autres une entreprise d’équipement électronique, une fabrique de chaussures et une minoterie. Ils ont aussi pris pour cible particulière les militants de gauche, annonçant fin septembre qu’ils allaient assassiner un communiste tous les mardis. Quant à l’armée, elle impose son état d’urgence depuis qu’elle a pris ouvertement le contrôle en janvier 1992, chassant le régime discrédité du FLN qui était au pouvoir depuis l’indépendance, en 1962. Redha Malek, le dernier en date des premiers ministres de l’armée, est un ancien directeur de la Banque mondiale ; il a été mis en place en août dernier avec pour consigne d’accélérer la privatisation de l’industrie et de repayer la dette aux créanciers impérialistes.

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Où va l’Algérie ? Pas d’illusion dans les massacreurs d’octobre 88 ! La classe ouvrière doit écraser le FIS !

Article paru dans Le Bolchévik, n° 116, janvier-février 1992, p. 12 et 9-11

Une femme voilée passe devant un graffiti à la gloire du FIS le 14 février 1992 à Alger, Algérie. (Photo by Pool TURPIN/ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

30 janvier – En 1988, l’Algérie a été secouée par une vague de grèves ouvrières ; en octobre, la jeunesse privée d’avenir se révoltait contre l’austérité du FMI et la dictature du FLN – une révolte écrasée dans le sang par l’armée qui massacra plus de 500 personnes. Juin 1990 : victoire des intégristes du Front islamique du salut (FIS) aux élections municipales. Le 5 juin 1991 : après l’échec d’une grève générale politique appelée par le FIS, l’état de siège est déclaré, les élections sont reportées et l’armée arrête les dirigeants Abassi Madani et Ali Benhadj, ainsi que des milliers d’activistes de ce parti réactionnaire. 11 janvier 1992 : après que le FIS a remporté le plus grand nombre de sièges au premier tour des élections législatives, le président Chadli Bendjedid est démissionné, les élections sont annulées, l’armée prend directement le pouvoir pour empêcher les intégristes d’y accéder.

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Les travailleurs doivent écraser le FIS et renverser le FLN. Pour un gouvernement ouvrier et paysan en Algérie !

Article paru dans Le Bolchévik, n° 112, juillet-août 1991, p. 12 et 11

Manifestation du F.I.S. à Alger le 4 juin 1991, Algérie. (Photo by SIDALI DJENIDI/Gamma-Rapho via Getty Images)

Depuis le 5 juin à 0 heure, l’armée algérienne (ANP) exerce ouvertement la réalité du pouvoir en Algérie. Le gouvernement Hamrouche, nommé après la répression sanglante des « enfants d’octobre » 1988, est remplacé par un cabinet Ghozali qui cache son extrême faiblesse derrière l’état de siège. Un couvre-feu a été imposé sur une grande partie des villes. Les élections législatives, qui devaient « approfondir » la « démocratie », ont été reportées à une date indéterminée à la fin de l’année.

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Faillite du nationalisme du FLN, poussée de la réaction islamiste en Algérie

Article paru dans Le Bolchévik, n° 103, juillet-août 1990, p. 12, 9, 10 et 11

Défilé pour la Journée de la Femme le 8 mars 1990 à Alger, Algérie. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

Le résultat des élections locales du 12 juin a fait l’effet d’une bombe en Algérie et dans toute l’Afrique du Nord. Le Front islamique du salut (FIS) s’est emparé de la majorité des grandes villes et des villes de moyenne importance et a pris le contrôle de 32 wilayas (départements) sur les 48 que compte le pays, alors que le FLN n’a réussi à conserver qu’à peine un tiers des conseils municipaux. Certes, les réactionnaires islamistes du FIS ont obtenu cette écrasante majorité avec 35 % d’abstentions et, surtout, la majorité des femmes n’ont pu exprimer librement leur choix puisqu’à cause du système de vote par procuration institué par le FLN les chefs de famille pouvaient voler pour leur femme et leurs filles.

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Le massacre d’octobre à Alger

Article paru dans Le Bolchévik, n° 88, novembre 1988, p. 1, 6 et 7

A rally of Algerian doctors and nurses march against torture. The protest occurred in the days before the November 1988 referendum on constitutional revision. (Photo by © Patrick Robert/Sygma/CORBIS/Sygma via Getty Images)

Les bourgeoisies française et internationale ont poussé un soupir de soulagement quand, le 11 octobre, le lendemain du discours du président Chadli, les médias ont annoncé le « retour à l’ordre » en Algérie. Mais dans le silence assourdissant, résonnaient encore, dans les têtes des Algériens, le staccato sinistre des armes automatiques et les cris des blessés et des agonisants. L’« ordre » imposé dans le sang est lourd de rage contenue contre un régime qui n’hésite pas à tirer à la mitrailleuse sur des adolescents et des enfants. Est-ce pour ça que sont morts un million d’Algériens dans leur lutte contre la terreur coloniale française ?

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Algérie : Que vive la lutte de classe !

Article paru dans Le Prolétaire, n° 390, mars-avril 1987, p. 8

Ouvrières dans une usine de textiles à Béjaïa, en juillet 1987, Algérie. (Photo by Christian SAPPA/Gamma-Rapho via Getty Images)

Au mois de novembre de l’année passée une succession de luttes ont éclaté en Algérie, mettant en exergue une fois encore la férocité répressive de l’Etat soit-disant “socialiste”. L’origine du conflit est d’une part le projet de loi visant à introduire deux nouvelles épreuves au baccalauréat, à savoir l’éducation religieuse et l’éducation politique, et d’autre part les conditions de vie déplorables dans les écoles et universités (manque d’eau, absence de transport, pénurie de logement, manque de matériel, etc.)

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Algérie : la farce électorale au secours du régime

Article paru dans Le Prolétaire, n° 386, du 1er mars au 30 avril 1986, p. 12

Petite fille dans une décharge de camions en Algérie, en décembre 1986. (Photo by Lily FRANEY/Gamma-Rapho via Getty Images)

Le 16 janvier les algériens étaient conviés à se rendre aux urnes pour donner leur avis sur la nouvelle charte nationale. Selon les chiffres officiels, la participation a atteint 95,92 %, et 98,37 % des suffrages étaient positifs. Quel est le but d’une telle mascarade électorale qui doit faire rêver le président philippin Marcos ?

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Sur la revendication des libertés démocratiques en Algérie

Article en deux parties paru dans Le Prolétaire, n° 371, 18 mars au 21 avril 1983, p. 6 et n° 372, 22 avril au 19 mai 1983, p. 5-6

Maison d’un chasseur de vipères et de scorpions à Ghardaïa, en janvier 1983, Algérie. (Photo by Alain PETIT/Gamma-Rapho via Getty Images)

Si le communisme a défini les caractéristiques essentielles du passage révolutionnaire de la société capitaliste à la société communiste, la lutte des classes ne se déroule pas selon un plan machiavéliquement tracé d’avance dans tous ses détails par le parti révolutionnaire. La stratégie et la tactique du parti dont l’éventail est certes délimité par la théorie et le programme, doit s’appuyer sur le mouvement réel.

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Algérie : Contre les bandes des Frères musulmans et les Baathistes !

Article paru dans Le Prolétaire, n° 368, 11 décembre 1982 au 20 janvier 1983, p. 4

Maqam Echahid, the Martyrs’ Memorial, 1982, commemorating the Algerian war for independence (1954-1962), Algiers, Algeria. (Photo by DeAgostini/Getty Images)

Avec le “mouvement du printemps” 80, le mouvement de masse étudiant redémarra avec un souffle nouveau, comme l’atteste la mise sur pied d’une coordination universitaire à Alger qui englobait non seulement des étudiants de plusieurs filières (Sciences éco, Droit, Médecine) mais qui surtout travaillait en liaison avec la coordination de Tizi-Ouzou.

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En marge des événements tragiques d’Algérie : l’origine du drapeau algérien

Textes parus dans le Bulletin d’information du MNA, n° 30, décembre 1960, p. 2-6

The War In Algiers, Algeria In 1960 – Riots. (Photo by Dominique BERRETTY/Gamma-Rapho via Getty Images)

Au cours des événements qui se sont déroulés à Alger et dans les autres villes d’Algérie, avec l’arrivée du général de GAULLE jusqu’à son retour, il y a eu, de la part des Algériens musulmans une réaction inattendue pour certains, qui s’est transformée en de nombreuses manifestations.

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L’Algérie au lendemain des journées tragiques et historiques de décembre 1960

Textes parus dans La Voix du peuple, janvier 1961

The War In Algiers, Algeria In 1960 – Riots. (Photo by Dominique BERRETTY/Gamma-Rapho via Getty Images)

Depuis le 9 décembre 1960, pendant plusieurs jours, l’Algérie a connu des événements graves. Les 11, 12 et 13 décembre ont vu le sang couler dans les rues d’Alger, d’Oran, de Bône et de leurs banlieues. Des centaines de tués, des milliers de blessés, voilà le bilan de ces événements. Mais ce ne sont pas seulement les “forces de l’ordre” qui ont mitraillé les Algériens ; il est établi officiellement que plusieurs dizaines d’Algériens ont été assassinés par des Européens. Ils se sont acharnés sur des vieillards et même des enfants qui jouaient. Cette férocité des “pieds noirs” contre les nôtres s’est particulièrement déployée à Bab-El-Oued, à Belcourt et au Ruisseau. C’était sous les hurlements de “l’Algérie française” que les hordes de LAGAILLARDE, de SUSINI et d’ORTIZ massacraient de pauvres innocents ; elles ont ainsi vidé leur haine bestiale et leur racisme odieux et, de ce fait, elles ont tué les mythes de la “fraternisation” et de tous les mensonges que leur “Echo d’Alger” leur “Dépêche Quotidienne d’Alger” n’ont cessé de scribouiller depuis le 13 mat 1958.

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En soutien à Mohammed Harbi

J’ai signé l’appel “En soutien à Mohammed Harbi” qui a été publié hier par Mediapart avec le soutien de plus de 130 intellectuels, militants, artistes, etc. J’invite mes amis et lecteurs à prendre connaissance de ce texte et à le faire circuler dans leurs réseaux.

02/18/1992. Mohamed Harbi, historian. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)
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Jean-François Lyotard : En Algérie, une vague nouvelle

Article de Jean-François Lyotard paru dans Socialisme ou Barbarie, n° 32, avril-juin 1961, p. 62-72

The War In Algiers, Algeria In 1960 – Demonstration in the casbah of Algiers. (Photo by Dominique BERRETTY/Gamma-Rapho via Getty Images)

En décembre 1960, les Algériens de toutes les villes prennent possession de leurs rues. La guerre dure depuis six ans, les forces de l’ordre sont partout renforcées à cause du voyage de de Gaulle, à Alger le réseau administratif-policier installé depuis la “bataille” de 1957 s’est fait plus serré que jamais, l’organisation de la wilaya a été « démantelée » quatre ou cinq fois, les Algériens n’ont pratiquement pas d’armes, tous les Européens sont armés, dans les grandes villes ils prennent même l’initiative des manifestations, cherchent à occuper les quartiers-clés, à faire basculer l’armée de leur côté.

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Les Algériens dans la rue

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n° 24, décembre 1960, p. 1-2

The War In Algiers, Algeria In 1960 – Riots in Algiers Emeutes. (Photo by Dominique BERRETTY/Gamma-Rapho via Getty Images)

Ça y est : les algériens sont descendus dans la rue. Pendant six jours les manifestations sa succèdent. Au prix de leur vie, désarmés, ils affrontent les mitraillettes des policiers et des paras, les revolvers des ultras. Ils tombent par dizaines, par centaines, mais brandissent toujours les drapeaux blanc-vert, réclament l’indépendance.

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Les nouveaux combattants de la génération Adjani : L’Algérie ou la mort des nôtres

Dossier paru dans Informations et réflexions libertaires, n° 80, janvier-février 1989, p. 27-29

Isabelle Adjani in Algiers, Algeria on November 02, 1988. (Photo by Raphael GAILLARDE/Gamma-Rapho via Getty Images)

RIEN A GAGNER RIEN A PERDRE

« Et alors, tu veux que je te brûle? » C’est en ces termes que des jeunes, en altercation avec des propriétaires de grosses voitures, répondent en ce mois d’octobre, mois qui a connu les émeutes les plus sanglantes de l’histoire de l’Algérie indépendante.

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L’opposition algérienne ou l’impasse du “socialisme national”

Article paru dans Le Prolétaire, n° 53, avril 1968, p. 2, suivi d’une note rectificative.

Le ministre algérien des Affaires étrangères Abdelaziz Bouteflika quittant l’hôtel Matignon dans sa voiture, à Paris, France, le 26 juillet 1968. (Photo by KEYSTONE-FRANCE/Gamma-Rapho via Getty Images)

Cent trente-deux ans de sujétion coloniale, 30.000 morts à Sétif, en 1945, sept ans et demi d’une guerre civile qui a fait un million et demi de morts, les ratonnades, les ghettos de la métropole, la faim, l’analphabétisme, les ravages de la tuberculose ; voilà ce que les masses algériennes ont subi. Elles se sont battues avec l’acharnement, l’héroïsme que l’on sait, contre un impérialisme particulièrement féroce et habile. Aujourd’hui les Algériens ont le sentiment d’avoir été trahis. Ils se battaient pour un peu plus de pain, un minimum de bien-être. Ils parlaient même de construire une société d’un type nouveau que, naïvement, ils appelaient « socialisme ». En fait, ils ont instauré un régime qui sue par tous les pores la corruption et le terrorisme policier; ils ont porté au pouvoir des Ben Bella et des Boumedienne qui étalent largement leur morgue de nouveaux riches. Les masses algériennes sont retombées dans une sorte d’hébétitude. Les factions bourgeoises s’entre-déchirent et la vie politique reste marquée par la violence. Le prolétariat et la paysannerie pauvres n’attendent plus rien de la politique en général. L’émigration vers l’Europe se poursuit et augmente même. La misère est aussi grande sinon plus qu’aux beaux jours de l’ère française.

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L’Algérie après l’indépendance (II)

Article paru dans Le Prolétaire, n° 29, février 1966, p. 2 et 4

Michèle Mercier sur le tournage du film ‘Soleil noir’ à Ouargla le 28 juin 1966, Algérie. (Photo by REPORTERS ASSOCIES/Gamma-Rapho via Getty Images)

Pendant que Ben Bella paradait sur le devant de la scène politique, nous avons vu quel était l’enjeu social des luttes de classes qui se livraient en Algérie. (Voir notre numéro précédent).

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La grève d’Alger

Article paru dans Le Prolétaire, n° 18, février 1965, p. 1-2

Signature With The Algerian Minister Of Foreign Affairs Abdelaziz Bouteflika And Jean De Broglie, State Secretary To Algerian Affairs On July 29, 1965 In Algiers. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

La dialectique marxiste étant aujourd’hui, la chose du monde la moins bien partagée, nous fûmes peu nombreux à l’appliquer au vaste mouvement anti-colonialiste qui a déferlé sur l’Asie et l’Afrique, et quasiment les seuls à prévoir, avant même que l’indépendance algérienne devienne une réalité, qu’elle n’apporterait pas au Maghreb l’harmonie sociale dont rêvent les philistins de tous les pays, mais la lutte de classe moderne, celle qui oppose le prolétariat à la bourgeoisie capitaliste.

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Crise politique et sociale en Algérie

Article paru dans Le Prolétaire, n° 446, septembre-octobre-novembre 1998, p. 1-2

HOME TIME IN THE BLIDA REGION (Photo by Pascal Parrot/Sygma/Sygma via Getty Images)

Les affrontements entre clans bourgeois ont atteint une acuité sans précédent au cours des dernières semaines, au point de s’étaler pour la première fois sur les colonnes de la presse algérienne.