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Argentine 1978 : Vive le sport !

Article paru dans Jeune Taupe, n° 21, juin-juillet 1978, p. 5-6

Argentina fans celebrates in the street after Argentina beat the Netherlands in the FIFA World Cup Final in Buenos Aires, Argentina on 25th June, 1978 ( Photo by Michel Piquemal / Icon Sport via Getty Images )

En juin 1978 a lieu, en Argentine, la XIe Coupe du Monde de football. Cette compétition suscite pour divers motifs plus de passions qu’à l’accoutumée. En dehors du déferlement chauvin consécutif à la qualification de l’équipe de France, c’est la situation politique de l’Argentine qui est la cause des émois actuels : la répression et l’arbitraire de la dictature militaire font des milliers de morts et de torturés dans les milieux oppositionnels et supposés tels. Au vu de cette situation “particulière”, un “comité pour le boycott de l’Argentine” (COBA) s’est mis en place, à l’initiative de l’écrivain Marek Halter – célèbre entre autres pour ses tentatives de rapprochement israélo-arabe – soutenu par Amnesty International et les organisations démocratiques, de la gauche aux gauchistes. Le COBA ne condamne pas l’institution de la coupe du monde, il dénonce sa tenue en Argentine et demande le choix d’un autre Etat. Oui à la coupe du monde, mais dans un pays “propre”, où les horreurs de la répression capitaliste sont moins criantes ! Était-il propre le Mexique en 1968, où les manifestants étudiants étaient abattus par des rafales de mitraillettes ? Était-elle propre, en 1972 et 1974, l’Allemagne des interdictions professionnelles, de la délation généralisée et des prisons cimetières ? Sera-t-il propre, en 1980, le Moscou des camps de travail et des prisons psychiatriques, lors de la tenue des Jeux Olympiques ? A ce sujet, on ne peut qu’admirer la cohérence du P.”C.”F. qui, dénonçant le boycott de l’Argentine, (1) prépare la participation aux J.O. à Moscou ! Les gauchistes qui dénoncent la situation politique de l’Argentine feront-ils de même pour l’URSS en 1980, ou alors l’Etat ouvrier étant ce qu’il est… !

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Karel Kosic : La dialectique du concret

Karel Kosic, La dialectique du concret, Paris, François Maspero, 1978, p. 165-170

Les dieux n’existent que pour celui qui les reconnaît. Est-ce à dire qu’au-delà des limites de notre terre, ils se transforment en simple bois, tout comme le roi devient simple mortel ? En fait, un dieu n’est pas du bois, mais un produit et un rapport social. La critique rationaliste, qui a enlevé aux hommes la religion et leur a démontré que les autels, les dieux, les saints et les églises n’étaient « rien d’autre » que du bois, de l’étoffe et de la pierre, est, du point de vue philosophique, en retrait sur la simple foi des croyants, car les dieux, les saints et les temples sont effectivement autre chose que de la cire, du bois ou de la pierre. Ce sont des produits de la société, et non de la nature. C’est pourquoi la nature ne peut ni les créer ni les remplacer. Est-ce à dire que le baba de Sylvie est autre chose qu’un drap ?

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Maxime Rodinson : La résurgence de l’Islam

Article de Maxime Rodinson publié dans Le Monde des 6, 7 et 8 décembre 1978

Mollahs dans une manifestation à Téhéran, pendant la Révolution iranienne, en décembre 1978, Iran. (Photo by Michel SETBOUN/Gamma-Rapho via Getty Images)

I. – Où Dieu n’est pas mort

Un renouveau de l’intégrisme musulman ? Telle est l’interprétation que suggèrent à beaucoup d’observateurs une série d’événements et d’incidents récents : les accusations contre l’ancien premier ministre du Pakistan, M. Bhutto, l’application des lois coraniques avec quelques excès spectaculaires, en Libye et en Arabie Saoudite, le rôle dirigeant joué par les ayatollah chiites dans le vaste mouvement contestataire en Iran, la vigueur de la réaction antikémaliste en Turquie, des troubles anti-coptes en Égypte, l’affaire Maschino en Algérie… J’en passe.

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Saïd Akli : Algérie. Vers l’autodissolution des staliniens dans le parti unique

Article de Saïd Akli paru dans Inprecor, n° 38, 16 novembre 1978, p. 19-25

Réunion du Front du Refus : Houari Boumediene et Abdelaziz Bouteflika (Photo by Jacques Pavlovsky/Sygma via Getty Images)

La politique pratiquée par les staliniens en Algérie a déjà « fait ses preuves » au Soudan, en Egypte, en Syrie et en Irak, se soldant régulièrement par des bains de sang. Or, l’indépendance de classe du prolétariat, impliquant l’existence d’organisations communistes, est une condition indispensable pour résoudre la crise de la société algérienne ou profit des masses populaires.

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Khedidja : Meeting à la fac centrale d’Alger, les étudiants combattent pour leurs revendications, pour leur organisation

Articles parus dans Tribune algérienne, n° 18, décembre 1978, p. 11-17

“Une jeunesse potentiellement révolutionnaire” (photo publiée dans El Djeich, n° 187, décembre 1978, p. 12)

Dimanche 17 Décembre 1978, s’est tenu un meeting de protestation contre les pseudo-élections qui se sont déroulées dons les différents instituts et facultés.

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Arrachons la libération de Dalila

Article paru dans Tribune algérienne, n° 17, octobre-novembre 1978, p. 9-12

“Ne pas isoler la femme à travers ses problèmes” (photo publiée dans El Djeich, n° 180, mai 1978, p. 54)

Le mois d’avril 1978, DALILA, l’épouse de Denis MASCHINO, était droguée, enlevée du Canada, emmenée en Algérie par son frère MESSAOUD ZEGHAR. Depuis elle est séquestrée en Algérie.

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Voix des femmes algériennes

Déclaration parue dans Tribune algérienne, n° 15, mai 1978, p. 44-46

“Favoriser les conditions propres à l’émancipation de la femme” (photo publiée dans El Djeich, n° 182, juillet 1978, p. 47)

Pourquoi avons-nous décidé de nous regrouper dans une organisation de femmes ?

Parce que nous vivons dans une oppression spécifique due à notre rôle traditionnel dans le cadre de la famille, et que nous voulons lutter contre cela, d’où la nécessité d’un mouvement spécifique autonome, où les femmes, travaillant à l’usine, au bureau, à la maison puissent s’organiser entre elles, se conscientiser, et avancer elles-mêmes leurs revendications. En effet, nous pensons que la libération de la femme se ne fera pas par décret le jour de la Révolution (les exemples dans l’histoire sont nombreux) mais ne sera pas possible que, si dès aujourd’hui, les femmes s’organisent entre elles et éprouvent leurs forces contre ce qui les opprime.

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Réponse aux organisations TIL et Cercle A. Zeroual

Article paru dans Femmes algériennes en lutte, bulletin du Groupe femmes algériennes, n° 2, décembre 1978, p. 41-48

Teenage girl in an alleyway in the Casbah of Algiers. (Photo by Christine Spengler/Sygma/Sygma via Getty Images)

Réponse au cercle A. Zeroual

De par la carence d’analyse qui existe au niveau des organisations politiques algériennes sur la situation des femmes en Algérie, nous tenons donc à souligner l’initiative du Cercle Abdellatif Zeroual, initiative qui s’est concrétisée par une approche de réflexion sur la femme algérienne dans une plateforme intitulée : “Les Communistes et la question féminine en Algérie.”

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presse

Un congrès de l’UNFA… pour mieux renforcer l’oppression des femmes de la classe ouvrière

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, n° 25, novembre 1978, p. 10-11

“Le nouveau secrétariat national : élargir la base et appliquer les résolutions” (photo publiée dans El Djeich n° 185, octobre 1978, p. 5)

Le Congrès de l’UNFA (Union Nationale des Femmes Algériennes) vient de se tenir à Alger au début du mois d’octobre, confirmant la volonté du gouvernement, après le congrès de l’UGTA et en vue de ceux de l’UNJA et du FLN, d’une reprise en main des organismes d’encadrement de la population.

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Pour une analyse de classe de la question des femmes

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, n° 21, mai 1978, p. 12-16

Un groupe de femmes voilées à Alger le 12 avril 1975, Algérie. (Photo by Gilbert UZAN/Gamma-Rapho via Getty Images)

L’époque actuelle offre une place relative aux revendications féministes : partout dans le monde se créent de nouveaux groupes de femmes, même dans les pays où la condition de la femme est particulièrement dur, – tel “Algériennes en Lutte” pour l’Algérie.

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presse

L’Etat bourgeois n’est pas à démocratiser, mais à détruire

Article paru dans El-Oumami, n° 1, octobre 1978, p. 9-11

Algerian President Houari Boumedienne and his Minister of Foreign Affairs Abdelaziz Bouteflika (L). (Photo by Claude Salhani/Sygma via Getty Images)

Depuis quelques mois, des voix se sent élevées pour protester contre “l’amnésie collective” organisée autour de Ben Bella et contre sa détention “arbitraire et scandaleuse”. Le dirigeant démocrate M. Lebjaoui est même allé jusqu’à faire une grève de la faim de… 24 heures !

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presse

Le PAGS pour une nouvelle législation anti-ouvrière

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, n° 24, septembre 1978, p. 8-9

Usine de liquéfaction de gaz naturel de Skikda, le 5 juin 1978 en Algérie. (Photo by Gilbert UZAN/Gamma-Rapho via Getty Images)

Le projet de statut général du travailleur a été définitivement adopté par l’assemblée algérienne, sans être fondamentalement modifié, comme nous le prévoyions dans un article de notre bulletin n° 23. Cette nouvelle législation vise à accroître l’exploitation des travailleurs. Elle institutionnalise notamment la liaison entre le salaire et la productivité, et elle autorise l’allongement de la durée du travail (de huit à douze heures par jour) et les licenciements individuels ou collectifs ; elle supprime les allocations familiales qui représentent une, part importante des salaires ; enfin, elle fait de la grève un crime économique dans le secteur d’Etat.

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presse

Des strapontins pour le PAGS à la direction de l’UGTA

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, n° 21, mai 1978, p. 7-8

Houari Boumediene avec à sa droite le minsitre algérien des affaires étrangères Abdelaziz Bouteflika lors d’un sommet arabe à Alger (Photo by Richard Melloul/Sygma/Sygma via Getty Images)

Le Congrès de l’UGTA vient de se dérouler. Et, comme il était facile de le prévoir, (voir T.I.L n° 20), la direction de l’UGTA a été largement remaniée. C’est ainsi que sur les quinze membres de la direction sortante, trois seulement ont pu conserver leur poste.

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revues

Claude Berger : Autopsie de la “Nouvelle philosophie”

Article de Claude Berger paru dans Spartacus, n° 10, juillet-août 1978, p. 12-15

Andre Glucksmann, Jean-Paul Sartre et Raymond Aron du comite ‘Un bateau pour le Vietnam’ sont recus a l’Elysee par le President Valery Giscard D’Estaing, le 26 juin 1979, Paris, France. (Photo by Gilbert UZAN/Gamma-Rapho via Getty Images)

I LA NOUVELLE PHILOSOPHIE EST MORTE !

“Les nouveaux philosophes, ça n’existe pas”. C’est une exclamation d’André Glucksmann qui ne supporte plus que Krivine lui accole l’étiquette (1). “La nouvelle philosophie, c’est fini” proclame de son côté le maître d’œuvre Bernard-Henri Lévy.

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Bruno Hérail : Tout homme est désobéissance en puissance

Article de Bruno Hérail paru dans La Gueule ouverte, n° 214, 14 juin 1978, p. 9-10.

La désobéissance civile ne peut se résumer à un guide de recettes : insoumission militaire, refus de l’impôt, transports en commun gratuits, écoles nouvelles, nouveaux rapports sexuels… Il ne peut y avoir que des émergences qui ne recouvriront jamais le juteux de cette naissance sans violence. Les tentatives de chacun sont essentielles à tous.

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presse

Jean-Louis Soulié : La désobéissance civile ou la société contre l’Etat

Article de Jean-Louis Soulié paru dans La Gueule ouverte, n° 210, 17 mai 1978, p. 9-10.

Un paysan laboure son champ sur son tracteur à l’avant duquel est accrochée une pancarte indiquant ‘L’armée dehors’ dans le Larzac en 1978 en France. (Photo by Etienne MONTES/Gamma-Rapho via Getty Images)

Objection de conscience, refus de l’impôt, boycott, renvois de livrets militaires… chaque semaine notre hebdomadaire contient des informations touchant de près ou de loin à ce qu’il est convenu d’appeler des actes de désobéissance civile.

Durant plusieurs mois, la rubrique « Non chef ! » a permis aux lecteurs-rédacteurs d’échanger un certain nombre d’expériences personnelles dont il fallait bien un jour établir le bilan.

Aujourd’hui – et probablement dans les semaines à venir car le sujet est vaste – nous ouvrons le dossier « Désobéissance civile » avec la certitude qu’un abondant courrier ne manquera pas de nous apporter propositions ou réserves …

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tracts

Mohammed Harbi et Hocine Zahouane : Adresse aux travailleurs algériens

Déclaration publiée par Mohammed Harbi et Hocine Zahouane le 26 novembre 1978.

Le ministre algérien des Affaires Etrangères Abdelaziz Bouteflika assiste aux obsèques du Président Houari Boumediene (Photo by Jacques Pavlovsky/Sygma via Getty Images)

Le pouvoir est vacant. Quelle que soit l’issue de la maladie du colonel Boumediene il est médicalement acquis qu’il ne restera pas à la tête du pays.

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presse

D’où vient le poids du clergé iranien ?

Article paru dans Le Prolétaire, n° 277, 18 novembre-1er décembre 1978, p. 1-2.

En une quinzaine d’années, l’économie iranienne a été successivement entraînée par le sabre dans la tourmente de la transformation des campagnes, puis littéralement happée par le tourbillon d’un développement industriel exponentiel permis par l’accroissement vertigineux de la rente pétrolière. Le coup de frein brutal mis à cette course délirante dont tous les membres étaient maintenus ensemble par la poigne de «l’armée la plus moderne du monde», devait projeter le pays dans une crise sans précédent. Cette crise a mis en mouvement des masses humaines immenses, révélant le décalage extrême entre le modernisme économique importé grâce à un Etat totalitaire et puissamment centralisé, agent d’un industrialisme généralisé, et une arriération sociale qui n’a pu encore être dépassée.

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presse

L’affaire Dalila Maschino

Dossier publié dans Tribune algérienne, n° 16, juillet 1978, p. 17-22.

Depuis son premier numéro de Novembre 1974, Tribune Algérienne a dénoncé la triste condition de la femme en Algérie.

Considéré par les statistiques du Ministère du Travail comme une catégorie de population non active, non travailleuse et donc non chômeuse, son exclusion presque complète de la sphère de la production apparaît normale.

Son univers, c’est le gynécée.

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presse

Affaire Dalila Maschino : un cas bien significatif !

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, n° 24, septembre 1978, p. 6-8.

Le 10 mars 1975, Dalila Zeghar, jeune bourgeoise algérienne, réussissait à se marier secrètement en France avec Denis Maschino, un Français qu’elle aimait. Sous les menaces du frère de Dalila, quelques mois plus tard, les voilà contraints de fuir vers le Canada pour chercher la sécurité : Messaoud Zeghar, en effet, un des plus gros bourgeois d’Algérie, mécontent que, selon lui, sa sœur ait outrepassé sa loi et n’ait pas épousé celui qu’il lui avait choisi, ne cesse d’annoncer qu’il enverra ses hommes de main pour la ramener de gré ou de force.

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Cercle Abdelatif Zeroual : des maoïstes, oui – des communistes révolutionnaires, non !

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, n° 26, décembre 1978, p. 15-18.

 

 

Le cercle Abdallatif Zeroual est un groupe de “marxistes-léninistes” algériens. Nous lui consacrons cet article, et sans doute nous lui en consacrerons d’autres dans l’avenir, parce que nous pensons qu’il est du devoir des communistes révolutionnaires internationalistes de démasquer ceux qui se parent du drapeau du prolétariat afin de mieux le dévoyer.

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Al Bourquii : Algérie, d’un colonel à l’autre. “L’Algérie caporalisée”

Article d’Al Bourquii paru dans Spartacus, n° 13, mars-avril 1979, p. 5-6

En quinze jours, la presse et les medias auront consacré plus de place à l’Algérie qu’ils ne le firent en treize ans de régime boumedieniste. Hier il fallait jouer des pieds et des mains pour s’informer sur la situation algérienne. Aujourd’hui on sait pratiquement “tout” sur les difficultés du pays et le mécontentement de la population : crise économique, démographique, faillite de la réforme agraire, maigre bilan de la politique d’industrialisation.
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Daniel Guérin : L’histoire et les révolutionnaires

Texte de Daniel Guérin paru dans Front libertaire des luttes de classe, n° 83, 25 janvier 1978, p. 13-14.

 

 

Voici le texte de notre camarade Daniel Guérin qui figure en tête d’un recueil qui vient de paraître aux Editions Martinsart (72, bd. de Sébastopol – Paris II). Ce recueil fait partie d’une série de huit volumes reliés, intitulés « Les Grands Révolutionnaires », Ils ne sont pas en vente en librairie et ne peuvent être acquis que par souscription. C’est pourquoi nous avons jugé utile en détacher des extraits de la préface qui suit.

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André Mistral : Sur le petit commerce marxo-universitaire comme brève réflexion non théorique sur la production marxiste contemporaine

Article d’André Mistral paru dans Spartacus, n° 89, février-mars 1978, p. 18-19

Louis Althusser, professeur à l’Ecole Normale Supérieure, militant communiste depuis 48, philosophe du P.C.F. dénonce, dans une série d’articles publiés par “Le Monde”, le mode d’organisation et le modèle “militaire” du P.C.F. le 26 avril 1978, à Paris, France. (Photo by Alain MINGAM/Gamma-Rapho via Getty Images)

 
Les lignes qui suivent se présentent comme une autocritique dans la mesure où, d’une certaine façon, nous sommes ou avons été impliqué dans ce que nous critiquons. Autocritique et avertissement plutôt que mise en jugement, car notre propos n’est pas de préserver la pureté théorique du marxisme.

 

 

Aujourd’hui, pour un intellectuel qui veut être reconnu comme se situant du “bon côté” de la lutte des classes, il semble qu’il suffise de citer Marx et le Capital. Or, cela est quelquefois insuffisant, d’autant plus que certaines fractions de la bourgeoisie n’hésitent plus à récupérer certaines terminologies marxistes, voire même maoïstes – et il convient aussi d’affirmer la primauté de la pratique, la volonté d’échapper à l’économisme, etc. Enfin, il faut (comme s’il existait chez certains éditeurs un centre politico-théorique qui vérifie le caractère des manuscrits et leur donne “l’imprimatur marxiste”) publier, par exemple, chez Maspéro. Encore qu’avec l’élargissement  du marché marxiste, il soit souhaitable aujourd’hui, pour bien gérer ses intérêts et sous le prétexte politique d’élargir et de mieux faire connaître ses écrits, de se faire éditer par une maison mieux établie (d’autant plus que l’éditeur nommé connaît quelques difficultés).

 

Lorsqu’ils font de la théorie, “nos” théoriciens s’imaginent, comme le note F. Georges (1), qu’il n’y a pas d’autre effort à faire que de commenter le Capital au lieu de Bergson pour s’identifier au destin du monde et même pour exercer sur lui, surtout si l’on a une carte en poche, un pouvoir de direction digne de ses capacités. Comme le note Georges, en fait, ce qui de Marx agit dans l’histoire, ce n’est pas tant son œuvre que son nom, précisément. D’une certaine façon, le Marx réel est un Marx imaginaire. Quand ils ne commentent pas ou ne paraphrasent pas Marx, ce qui est d’essentiel de leur “pratique théorique”, les théoriciens réfutent les nouvelles formes des vieux discours de l’économie politique bourgeoise. Il convient ici de constater que ces discours n’intéressent que les seuls universitaires, qu’en outre la critique est toujours externe, enfin qu’elle permet d’éviter de faire une analyse concrète (2).

 

L’analyse concrète est toujours absente lorsqu’ils font de la théorie, celle-ci étant toujours grande… Car pour s’identifier au destin du monde, il faut le surplomber. C’est pourquoi l’objet de la recherche est, soit le capitalisme mondial, le capital financier, etc., soit des objets apparemment plus réduits tels qu’une formation sociale (Etats-Unis, France, URSS, Japon… ) analysée à travers toutes ses dimensions. On le voit, nos théoriciens sont, d’une certaine façon des mégalomanes. A un tel niveau, la production théorique ne repose à aucun moment sur ce que l’on nomme “analyse concrète de la situation concrète” et n’est faite que de compilations difficilement vérifiables. L’on se trouve donc en face d”un modèle que l’on acceptera ou non en fonction de ses seuls fantasmes idéologico-politico-théoriques.

 

Quand les théoriciens vont chercher la réalité sociale (et ils le font d’autant plus que le théoricisme commence à être dévoilé), c’est pour y trouver quelques données propres à s’intégrer au modèle qu’ils ont en tête. L’un des plus théoricistes s’est mis depuis peu à intégrer dans sa production des données statistiques – ce qui peut laisser supposer une rupture dans sa “pratique théorique” – sans pour autant changer celle-ci. La réalité sociale reste très secondaire et ne sert éventuellement qu’à justifier et à rendre crédible le modèle. D’une certaine façon, la réalité sociale n’intéresse pas nos théoriciens et au fond elle peut être dangereuse dans la mesure où, si elle était confrontée aux productions théoriques, celles-ci seraient complètement remises en cause. L’analyse étant faite à l’avance. on colle sur chaque nouvelle réalité à examiner un schéma pré-établi : certains, après avoir établi un premier schéma qui les fit connaître et reconnaître. le plaquent à un nouvel objet que. de fait, ils n’étudient pas. L’important est d’aboutir à un discours théorique séduisant, ayant l’air “beau”. La théorie devient exercice d’esthétique.

 

Comme le travail d’analyse concrète est très long, si on le supprime, on a du temps pour rédiger et, dès lors, on peut avoir une production abondante… A moins, bien entendu, que le problème essentiel soit de publier sans cesse (pour son image de marque, pour faire de l’argent), ce qui impliquerait d’écrire vite, quitte à délaisser l’analyse. Il convient aussi de noter qu’avoir une production abondante et régulière est difficilement compatible (du point de vue du temps) avec une pratique politique réelle. Qu’enfin, et toujours du point de vue du temps, il y a une incompatibilité entre, d’une part un travail scientifique sérieux et lié à un travail militant et, d’autre part, la fréquentation de tous les “cercles” (3) qui réunissent certains théoriciens parisiens je dis bien tous les cercles, car il semble que certains “convives” soient présents partout : cette ubiquité leur est sans doute profitable…). 

 

Pour le petit nombre qui se livre à quelques analyses concrètes, la lutte des classes est généralement absente. Comment alors échapper à l’économisme que, précaution de style, ils dénoncent par ailleurs ? Même si l’on parle de luttes de classes, le plus souvent au niveau d’un titre ou d’une introduction, nulle trace ailleurs, si ce n’est parfois – et ce n’est pas négligeable – de lutte de classes de la bourgeoisie. Mais se voulant du côté du prolétariat, nos théoriciens rechignent à étudier la bourgeoisie.

 

Face à des problèmes économico-politiques qui peuvent se poser, nos théoriciens sont incapables d’avancer une seule analyse probante (4). Ce qui ne veut pas dire qu’ils vont se priver de nous livrer leur pensée, comme nous le montre par exemple l’imposante production sur la “crise”, qui n’a pas pour autant permis d’avancer une seule analyse un tant soit peu correcte  : une des explications à cet état de choses réside simplement dans le fait que personne ne s’est donné les moyens et le temps nécessaires à une véritable analyse.
 
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Algérie : une situation de blocage grosse d’avenir

Article paru dans Jeune Taupe, n° 20, avril-mai 1978, p. 17-18.

 

 

Contrairement aux autres pays arabes, l’Algérie apparait comme le seul Etat où il ne se “passerait rien”. Une véritable conspiration du silence sur la situation sociale de l’Algérie s’est installée, scellée par l’alliance de tous les organes d’information, de la droite à l’extrême gauche (cf. par exemple “Libération”). Pour ce qui est du journal “Le Monde”, il faut savoir lire entre les lignes pour se rendre compte de l’existence de “malaises”. On s’épanche d’autant plus facilement sur le conflit du Sahara Occidental (où l’Algérie joue un rôle de premier plan (1) ) que l’on tait la situation interne de l’Algérie.

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Blueberry : Foot-ball et barbelé

Article paru dans Combat pour l’autonomie ouvrière, n° 7, juin 1978, p. 8.

 

 

Vive le Foot-BalI entre les camps de concentration!
Oui parce que c’est sa place, comme c’était  sa place à Munich, comme c’était sa place à Mexico, comme c’était sa place etc… Comme les jeux olympiques seront à leur place à Moscou en 1980.
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Jeux Africains, Mundial : Le sport, un instrument au service de la bourgeoisie

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, n° 23, juillet-août 1978, p. 16-18.

 

 

Le Mundial qui s’est déroulé en Argentine vient nous rappeler que le sport n’est pas neutre, et qu’il sert avant tout les intérêts de la bourgeoisie. En effet, dans les pays capitalistes, le sport est loin de servir à développer harmonieusement nos capacités physiques, ou à nous amuser, mais reproduit au contraire tous les avatars d’une société basée sur le profit

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Boumédiène est mort, mais la bourgeoisie reste

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, mensuel de l’Organisation communiste révolutionnaire internationaliste d’Algérie, n° 26, décembre 1978, p. 3-4.

 

 

Depuis son retour d’URSS, Boumédiène est dans un coma profond ; deux caillots de sang lui obstruent le cerveau, et il est atteint d’une maladie rare, la maladie de Waldenström, dans sa forme aiguë. Autant dire que, malgré sa survie artificielle, Boumédiène est mort, et physiquement et politiquement.

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presse

La médecine gratuite en Algérie : un mythe !

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte. Mensuel ouvrier révolutionnaire, n° 19, mars 1978, p. 12-13.

 

 

Voilà quelques années que le pouvoir a promulgué la “gratuité des soins”. Il prétendait de cette façon résoudre les carences du système de santé. La “gratuité des soins” était (elle l’est encore) présentée comme une preuve de la nature socialiste du régime.

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livres

Herbert R. Lottman : Albert Camus

Extraits de Herbert R. Lottman, Albert Camus, Paris, Le Seuil, 1978, p. 605-608.

 

 

Une autre fois, Roblès vint à Paris prévenir Camus qu’un ami musulman sollicitait son aide pour son frère âgé de dix-huit ans, qui avait tiré sur un ultra et s’était entendu condamner à la peine capitale alors que sa victime s’en était sortie. A cette époque, le général de Gaulle était revenu au pouvoir. Et Camus avait justement rendez-vous avec lui. Il ouvrit un tiroir de son bureau et montra à Roblès une pile de lettres : « Voilà tout ce que j’ai à donner à De Gaulle. Donne-moi ton dossier. »

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évocations presse

Groupe femmes algériennes

Manifeste repris par Tribune algérienne, n° 15, mai 1978, p. 39-44 et par Sou’al, n°4, novembre 1983, p. 121-125

Préambule*

De plus en plus les femmes dans le monde sont amenées à lutter contre l’arbitraire et l’injustice qui leur sont faits.

Les femmes algériennes ne sont pas épargnées de ce sort répressif. Elles ont eu plusieurs fois l’occasion de montrer qu’elles étaient les premières à ressentir et à souffrir des contradictions existant dans la société algérienne, et ce par la quotidienneté de leur oppression.