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Arrachons la libération de Dalila

Article paru dans Tribune algérienne, n° 17, octobre-novembre 1978, p. 9-12

“Ne pas isoler la femme à travers ses problèmes” (photo publiée dans El Djeich, n° 180, mai 1978, p. 54)

Le mois d’avril 1978, DALILA, l’épouse de Denis MASCHINO, était droguée, enlevée du Canada, emmenée en Algérie par son frère MESSAOUD ZEGHAR. Depuis elle est séquestrée en Algérie.

Depuis M. ZEGHAR se promène à travers le monde et affirme que DALILA est libre et qu’elle peut faire ce que bon lui semble. Mais Maître ZAVRIAN, expert pour le Maghreb de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, qui s’est rendu en Algérie fin août n’a pu rencontrer ni DALILA MASCHINO ni son frère MESSAOUD ZEGHAR. Alors que la police du Québec, dans un rapport officiel a conclu à un enlèvement, le gouvernement algérien déclare qu’il s’agit d’une “affaire privée” tout en faisant saisir toute publication qui parle de cette “affaire” . Il est clair que M. ZEGHAR bénéficie de l’impunité et de la protection du régime algérien.

La place qu’occupe M. ZEGHAR et le rôle qu’il joue répondent au pourquoi de cette protection.

M. ZEGHAR n’est pas n’importe qui.

Il est un des milliardaires de l’Algérie de Boumédienne. En plus de ses propriétés en Algérie, il possède un somptueux appartement à Paris ; un autre à Genève ; une propriété au Canada, près de Montréal où il a commencé à installer un centre de ski et de golf de 12 millions de dollars.

A Los Angeles, il est propriétaire de la RANGERS AIRWAYS dans l’Ohio, de l’OVERSEAS NATIONAL AIRWAYS ; en Guyane Hollandaise, l’ARSEE OHIO PETROLEUM ; à Genève, la SOCINTEC…

La presse affirme que pas une goutte de pétrole algérien ne se vend, pas un contrat n’est signé avec ITT Espagne ou Boeing sans qu’il ait sa commission.

Mais ce n’est pas tout. Messaoud ZEGHAR est aussi, et peut être surtout, connu comme l’homme d’affaire de BOUMEDIENNE dont il gère la fortune personnelle à l’étranger.

En fait Messaoud ZEGHAR, par les multiples facettes de sa personnalité est un des “hommes” du régime de BOUMEDIENNE.

Il est un prototype de ceux qui gouvernent en Algérie.

Qui sont-ils ces hommes ?

Ceux sont ceux qui se sent enrichis à une allure vertigineuse alors que les masses n’arrivent pas à joindre les deux bouts.

Ce sont ceux qui se font construire des palais de plusieurs centaines de millions de centimes lorsque les masses ne trouvent pas où se loger.

Ce sont ceux qui se font envoyer, par avion, des croissants de Paris et accusent le peuple de “gaspiller le pain”.

Ce sont ceux qui ont de multiples affaires à l’étranger alors que l’exportation du dinar algérien est officiellement interdite.

Ce sont ceux qui se pavanent au volant de voitures coûtant la valeur de 30 années de salaire d’un smigard.

Ce sont ceux qui ont vendu l’Algérie à l’impérialisme et touchent leur “commission” sur chaque marché de l’Etat.

Ce sont ceux qui “dirigent” notre pays. A l’abri des chars, derrière les mitraillettes, ils se sont déclarés la “direction révolutionnaire”. Ils se sont arrogé le droit de parler au nom du peuple algérien, de décider pour lui.

Au nom du “socialisme”à la sauce Boumédienne” ils appellent les
masses à “l’austérité”.

Ils peuvent tout se permettre. Ils se permettent tout : arrêter, torturer, garder indéfiniment en prison quiconque refuse de “danser en rond”. Depuis le 19 Juin 1965 ils gardent au secret BEN BELLA.

Ils ont fait assassiner KHIDER en Espagne et KRIM BELKACEM à Hambourg

C’est la clique de BOUMEDIENNE !

C’est la clique qui a dissout l’Union Nationale des Etudiants Algériens, qui préside les congrès de l’Union Générale des Travailleurs algériens et en désigne les dirigeants, qui envoie la police, la gendarmerie, la sécurité militaire contre les travailleurs, les étudiants en grève. Ce sont ceux qui, au nom de l’obscurantisme religieux ont décidé que les femmes algériennes ne sont jamais majeures, qu’elles doivent demeurer, toute leur vie, sous l’autorité du père, du mari ou du frère aîné.

C’est un des leurs, le colonel YAHIAOUI, qui le 30 septembre dernier a déclaré, au congrès de l’Union Nationale des Femmes Algériennes, que “la revendication de la liberté, de l’égalité des salaires et dans le travail, ainsi que la discussion en commun de problèmes tels que le divorce, le mariage ou l’action politique est “un genre de préoccupations qui prévalent dans le monde capitaliste, découlent en réalité d’attitudes bourgeoises dénuées de toute dimension sociale et procèdent de l’individualisme et de l’égoïsme”. Ce sont ces hommes qui ont approuvé l’enlèvement et la séquestration de DALILA MASCHINO et qui soutiennent et protègent l’un des leurs, M. ZEGHAR.

Le sort fait à DALILA MASCHINO est révélateur de l’arbitraire du régime de BOUMEDIENNE, de ses méthodes, du mépris avec lequel il traite les masses algériennes.

Les militants de Tribune Algérienne luttent depuis 4 ans pour les libertés démocratiques.

Ils se sont retrouvés naturellement, au premier rang du combat de toutes les forces démocratiques pour la libération de DALILA MASCHINO.

POUR QUE DALILA MASCHINO PUISSE VIVRE LIBRE ET DIGNE

POUR LA LIBERATION DE DALILA !


DERNIERE MINUTE

Après la conférence de presse de la Fédération Internationale des droits de l’Homme qui s’est tenue le mercredi 11 octobre dans laquelle la Fédération internationale [des droits] de l’Homme (FIDH) a déclaré publiquement sa détermination de continuer l’action jusqu’à la libération de Dalila MASCHINO. (…) Lors d’une Assemblée Générale des signataires de la pétition “POUR QUE DALILA PUISSE VIVRE LIBRE ET DIGNE ! COMMISSION D’ENQUETE !” un collectif pour la LIBERATION DE DALIDA MASCHINO vient de se constituer. Celui-ci s’est doté d’un bureau qui prendra en charge les tâches nécessaires pour amplifier cette campagne dans le mouvement ouvrier et démocratique français et international.

Un dossier sur “l’affaire DALILA MASCHINO” vient d’être publié.

Pour tout renseignement et toute commande, écrire à Madame DAVID, 32 rue de Joinville 75019 PARIS

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