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Joachim Israel : L’humanisme dans les théories de Marx

Article de Joachim Israel paru dans L’Homme et la société, n° 11, janvier-février-mars 1969, p. 109-126

Nombreux sont ceux pour qui le socialisme signifie un système social, fortement centralisé et un contrôle s’exerçant sur toute la vie individuelle. En ce qui nous concerne, nous partageons l’opinion d’Erich Fromm lorsqu’il affirme : « Pour Marx, le but du socialisme était l’émancipation de l’homme ».

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Gajo Petrović : Humanisme et révolution

Article de Gajo Petrović paru dans L’Homme et la société, n° 21, juillet-août-septembre 1971, p. 199-209

I

La philosophie marxiste a été conçue par les stalinistes comme une combinaison du « matérialisme dialectique » — ontologie et théorie de la connaissance d’ordre philosophique abstrait — et du « matérialisme historique » – conception économique, non philosophique de l’histoire. Aucune de ces deux parts de la version staliniste de la philosophie marxiste ne contenait une théorie explicite de l’homme. Cependant, en rejetant expressément la possibilité même d’un concept philosophique de l’homme, les stalinistes ont en effet élaboré un concept matérialiste vulgaire, selon lequel l’homme est au fond un « animal qui fait des instruments », un être entièrement déterminé par sa propre production économique.

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Adam Schaff : L’humanisme marxiste

Texte d’Adam Schaff paru dans L’Homme et la société, n° 7, janvier-février-mars 1968, p. 3-18

On peut dire sans hésiter que notre époque est celle du choc des humanismes. Les tendances qui se réclament de l’humanisme, ne sont pas seulement nombreuses, mais elles sont aussi concurrentes et vont même jusqu’à se combattre. Étant donné l’importance croissante que prend à notre époque le problème de la vie de l’individu, la lutte politique prend volontiers la forme d’une mise en accusation, de l’adversaire quant à son manque d’humanisme, voire son antihumanisme. Une telle accusation ne prouve nullement que l’accusateur soit véritablement humaniste et ne le préservera pas de se voir reprocher, à son tour, de manquer d’humanisme. Cette popularité de l’humanisme et la multiplication de ses variétés se combattant mutuellement prouve simplement que l’homme, dont la vie est aujourd’hui plus menacée que jamais, est avide au minimum de paroles de consolation, de paroles évoquant le bonheur humain.

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Thadée Kotarbinski : L’humanisme socialiste

Article de Thadée Kotarbinski paru dans Raison présente, n° 18, avril-mai-juin 1971, p. 26-30

Polish philosopher Professor Tadeusz Kotarbinski (1896 – 1981). (Photo by Keystone/Getty Images)

L’humanisme sera socialiste à condition que le socialisme soit humaniste et inversement. Mais que doit être le socialisme pour être un socialisme humaniste ? Qu’il me soit permis de préparer la réponse à ce problème en l’envisageant d’un point de vue professionnel, du point de vue d’un professeur d’Université qui enseigne la logique conçue en tant qu’introduction à l’étude et à l’enseignement et adressée à de futurs philosophes ou humanistes, surtout à de futurs enseignants de la philosophie et des sciences humaines. Une des tâches de ces logiciens universitaires concerne les problèmes du lexique que des expressions indispensables dans l’enseignement des disciplines mentionnées, et le type de problème prépondérant dans ce domaine est ce qu’on appelle souvent la clarification des concepts. Nous nous servons généralement, en effet, de mots dont le sens nous est connu en quelque sorte intuitivement mais sans que nous ayons conscience de chacun de ses éléments en particulier ni de leur structure globale. Les logiciens en tant que tels s’occupent dans le cadre de leur spécialité de ce qu’on appelle la sémiotique logique qui est une sorte d’art de construire les sens des expressions, consistant entre autres à élaborer des définitions analytiques de ces expressions. Pareille définition spécifie et mentionne chacun des éléments dont se compose la signification de la forme de langage envisagée et met en évidence la manière dont ils s’unissent en un tout spécifique. Mais très souvent on se contente de résoudre un problème rapproché. La définition régulatrice remplace la définition analytique. On ne cherche pas alors à approfondir les détails du sens du mot envisagé dans toute l’authenticité de ce sens, mais on établit pour l’usage ultérieur les éléments et la structure de la signification que l’on donne à ce mot, en veillant seulement à ce que cette signification ne s’écarte pas trop du sens connu intuitivement dans l’usage habituel de ce mot. Qu’il me soit donc permis de tenter une certaine régulation de la signification de l’expression “socialisme humaniste”.

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A. Petrachik : Les problèmes de l’humanisme dans les premières œuvres de Marx

Article d’A. Petrachik paru dans La Pensée. Revue du rationalisme moderne, n° 96, mars-avril 1961, p . 27-41

Moscow. USSR. Politburo members attend an unveiling ceremony for the monument to Karl Marx by Lev Kerbel in Revolution Square. (Photo ITAR-TASS) (Photo by TASS via Getty Images)

LA question de l’humanisme du jeune Marx, de la formation de ses idées sur l’essence de l’homme et sur sa situation dans le monde offre aujourd’hui un intérêt qui n’est pas seulement théorique et académique. Le fait est que cette question se détache comme l’un des points centraux dans le subtil « système » de falsification du matérialisme dialectique et du matérialisme historique, auquel travaillent avec zèle à la fois les ennemis directs du marxisme appartenant au camp de la réaction bourgeoise et les théoriciens social-démocrates et révisionnistes qui se réclament de l’ « exposé objectif des choses » et même du « développement créateur ».

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Vingtième anniversaire de l’insurrection de 1954 : La révolution algérienne

Article paru dans Le Prolétaire, n° 183, du 4 au 17 novembre 1974, p. 1-4

Ici, le ministre algérien des affaires étrangères Abdelaziz Bouteflika entouré par le président des Etats-Unis Gerald Ford à sa droite et le secrétaitre d’état américain Henry Kissinger à sa gauche (Photo by Christian SIMONPIETRI/Sygma via Getty Images)

II Y a vingt ans, l’étincelle de l’insurrection allumait en Algérie l’incendie de la guerre d’indépendance nationale, qui allait mettre fin à plus d’un siècle d’esclavage colonial et ouvrir la voie à la naissance d’une nation moderne.

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Panorama américain : Le mouvement des “panthères noires”

Article paru dans Le Prolétaire, n° 106, 14 juin – 27 juin 1971, p. 2-4

Third from left, Young Patriots Organization (YPO) leader Bill ‘Preacherman’ Fesperman, Black Panther Party leaders Bobby Lee, Billy ‘Che’ Brooks (in dark shirt), and Fred Hampton, at far right, attend a downtown rally near the band shell of Grant Park, Chicago, Illinois, 1971. (Photo by Paul Sequeira/Getty Images)

Dans le cadre d’une série d’articles sur les mouvements de classe aux Etats-Unis, nous commencerons par donner un bref aperçu des “Panthères Noires”. Ce mouvement est celui qui exprime le mieux à l’heure actuelle l’aspiration à l’émancipation de la communauté noire et son combat quotidien contre la violence de la police, acharnée dans sa répression contre cette couche sociale sans poids économique et totalement abandonnée à elle-même qu’est le sous-prolétariat.

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Joseph Gabel : Le concept d’aliénation politique

Article de Joseph Gabel paru dans la Revue française de sociologie, 1960, I, p. 454-464

Avant d’être un domaine de recherche, l’aliénation politique est un problème. Ce problème est lié à l’ambiguïté du concept même d’aliénation qui signifie deux choses différentes selon qu’il en est fait usage dans un service hospitalier psychiatrique ou dans un groupe d’études marxiste. Il y a l’aliénation des cliniciens et l’aliénation des tenants des systèmes philosophiques dialectiques. A priori, une conception synthétique est possible mais elle n’a pas été tentée de façon systématique (1). Jusqu’à la preuve du contraire ce sont donc là deux concepts indépendants, désignés de façon assez dangereuse, par un vocable unique.

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Errico Malatesta : Autour de “notre” anarchisme

Article d’Errico Malatesta paru dans Le Réveil communiste-anarchiste, n° 639, 26 avril 1924.

Portrait of Errico Malatesta (Santa Maria Capua Vetere, 1853-Rome, 1932), Italian anarchist.

J’ai l’impression, et par ce qui paraît dans nos différents périodiques en Italie et au dehors, et par ce que les camarades nous envoient et qui en grande partie n’est pas publié soit par manque de place, soit par trop complète insuffisance de composition, j’ai l’impression, dis-­je, que nous ne sommes pas encore arrivés à faire bien comprendre à tous les intentions que nous nous proposons dans cette Revue.