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Paul Bénichou : Combat

Article de Paul Bénichou paru dans Masses, n° 2, février 1939, p. 93-94

GERMANY – FEBRUARY 25: Nazi leader Adolf Hitler (C) sitting with unidentified woman & uniformed men at Nazi Party reception; in the Furhrerbau. (Photo by Hugo Jaeger/The LIFE Picture Collection via Getty Images)

A relever dans le numéro de novembre de cette revue d’extrême-droite, dont les prétentions à la largeur de vues dissimulent mal le rabâchage des mythes réactionnaires les plus éculés, un article de Th. Maulnier, sur les résultats de la crise internationale de Septembre. L’auteur, ancien collaborateur de l’Insurgé, et qui continue de s’insurger avec la plus grande véhémence contre la possibilité de la révolution européenne, explique avec une louable franchise les raisons de la répugnance des partis de droite à faire la guerre à Allemagne :

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Robert Petitgand et Paul Bénichou : Psychologie du fascisme (fin)

Article de Robert Petitgand alias Delny et Paul Bénichou paru dans Masses, n° 18, juin 1934, p. 7

William Joyce (left) Sir Oswald Mosley (second left) among fascists at the Haymarket, Newcastle in July 1934 following a rally on the Town Moor. (Photo by NCJ Archive/Mirrorpix/Mirrorpix via Getty Images)

(Voir n° 14 de Masses)

RÉGRESSION SOCIALE ET VOYOUCRATIE

L’idéal fasciste peut ainsi se définir comme une profonde régression dans tous les domaines. Les aspirations à une Société militaire supposent, pour que celle-ci deviennent une réalité, la destruction radicale des formes de production, des rapports humains et de la culture de notre temps ; disons en un mot, l’anéantissement de la civilisation. Certes le fascisme n’est pas le premier à préconiser une semblable régression, et, bien avant lui les vieilles cliques réactionnaires extrémistes en France comme en Allemagne ont partagé ces idéaux. Mais ce qui le distingue des mouvements des doctrines antérieures, c’est la frénésie avec laquelle il se revendique de ces concepts et l’importance du recul qu’il envisage. Le Parti des hobereaux et des officiers allemands, le parti des Hugenberg, professe, lui aussi, des théories férocement réactionnaires. Et pourtant, s’il avait tenu les rênes du pouvoir, il n’aurait pas commis la moitié des atrocités dont l’hitlérisme s’est rendu coupable. Ceci peut s’expliquer très simplement ; la réaction classique, si violente qu’elle soit, limite toujours ses ravages ; elle exprime les intérêts de couches aristocratiques auxquelles leur propriété, leur pouvoir économique et politique, leur formation culturelle enfin, confèrent une certaine stabilité. Ces classes ont une grande expérience politique ; raffinées dans leurs manières et imbues de l’esprit de caste, elles ont horreur de se commettre avec des éléments populaires et conservent jusque dans l’énoncé de leurs principes, une certaine mesure et une modération relative. Au fond, elles sont trop attachées aux formes sociales existantes, trop conservatrices pour ne pas craindre tes débordements de la masse, quel que soit leur sens.

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revues

Robert Petitgand et Paul Bénichou : Psychologie du fascisme

Article de Robert Petitgand alias Delny et Paul Bénichou paru dans Masses, n° 14, mars 1934, p. 8-10

A large group of Jews, escorted by soldiers of the SS, are taken to a concentration camp before the eyes of the crowd at the roadside. Berlin, 1934 (Photo by Mondadori via Getty Images)

Depuis le développement du mouvement national-socialiste en Allemagne, et surtout depuis son triomphe, on constate un peu partout, et parfois dans les esprits les moins désignés jusque là pour le subir, une sorte de vertige devant l’hitlérisme et sa démagogie. A vrai dire, les premiers responsables de ce vertige ont été les révolutionnaires, coupables de n’avoir pas dès le début, stigmatisé comme il le fallait la vague de profonde régression psychique et morale que recouvrait mal le verbiage hurlant de la « révolution » fasciste. Les communistes les premiers ont accrédité la légende des prétendues aspirations révolutionnaires de la masse hitlérienne, dont le comportement faussé par l’influence des chefs, cachait, paraît-il, les meilleures intentions.

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livres

Paul Mattick : Marxisme, dernier refuge de la bourgeoisie ?

Paul Mattick, Marxisme, dernier refuge de la bourgeoisie ?, Genève, Entremonde, 2011 [1983], p. 356-365

Portraits de Karl Marx, Friedrich Engels et Vladimir Ilitch Lénine dans les rues de Brazzaville le 4 mars 1983 en République du Congo. (Photo by Bernard CHARLON/Gamma-Rapho via Getty Images)

IDÉOLOGIE ET CONSCIENCE DE CLASSE

Après coup, toutes les causes perdues paraissent irrationnelles et toutes celles qui ont triomphé rationnelles et justes. Invariablement, les buts visés par une minorité révolutionnaire défaite ont été qualifiés d’utopiques et, par conséquent, considérés comme indéfendables. Pourtant, le terme « utopique » ne peut guère être appliqué à des projets objectivement réalisables, mais doit être réservé à des systèmes imaginaires qui peuvent avoir, ou ne pas avoir, des bases matérielles concrètes qui permettraient leur réalisation. Il n’y avait rien d’utopique dans la tentative de prendre le contrôle de la société grâce aux conseils ouvriers et de mettre ainsi fin à l’économie de marché, puisque, dans le système capitaliste développé, le prolétariat industriel est le facteur déterminant du processus de reproduction sociale dans son ensemble, et qu’il n’est absolument pas obligatoire que ce processus passe par l’utilisation du travail salarié. Que la société soit capitaliste ou socialiste, c’est, dans chaque cas, la classe ouvrière qui lui permet d’exister. La production peut être effectuée sans qu’il soit besoin de prendre en compte une expansion exprimée en termes de valeur, ni de satisfaire les exigences de l’accumulation du capital. Il n’est pas forcé que la distribution et l’allocation du travail social empruntent le chemin des relations d’échange indirectes du marché, car elles peuvent être organisées consciemment grâce à de nouvelles institutions sociales placées sous le contrôle ouvert et direct des producteurs. Le capitalisme occidental de 1918 n’était pas Le système de production sociale obligatoire, mais simplement celui qui existait et son renversement aurait simplement supprimé les embarras capitalistes.

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presse

“Spartacus ou la révolte des esclaves”

Supplément réalisé par les comités liberté paru dans Tout !, n° 4, 16 novembre 1970

76 Turkish guest workers who were illegally immigrated and had no work permit being brought to the Düsseldorf airport to fly back to their home country on 1st August 1970. The men got arrested in the barracks of a Duisburg construction company during a raid of the foreign nationals office in Duisburg. | usage worldwide (Photo by Wilhelm Bertram/picture alliance via Getty Images)

VILLENEUVE-LA-GARENNE : ILS ONT DETRUIT LA MAISON DU PEUPLE

DANS LE XVe, NOUS EN OUVRONS UNE AUTRE

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interventions

2019-2020 : interventions pour le hirak en Algérie

Sans céder à la tentation de la commémoration, j’ai décidé de regrouper l’ensemble de mes interventions publiques directement liées au hirak en Algérie.

Photo prise le 9 novembre 2019 à Béjaïa

À travers 20 articles, 9 entretiens, 12 rencontres ou 5 émissions, je n’ai jamais cessé d’exprimer ce que je pensais être vrai et juste depuis le surgissement du mouvement populaire, le 22 février 2019.

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revues

Joseph Gabel : La fausse conscience

Texte de Joseph Gabel paru dans L’Homme et la société, n° 3, 1967, p. 157-168

“L’Histoire de la nature, ce qu’on appelle les sciences naturelles, ne nous intéresse pas ici ; mais nous devrons nous occuper de l’histoire des hommes, puisque l’idéologie presque entière se réduit, soit à une conception erronée de cette histoire, soit à une abstraction complète de cette histoire.”
(Marx : Œuvres philosophiques VI, p. 153-154.)

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revues

A. Richard : Fascisme et grand capital par Daniel Guérin (Gallimard)

Article d’A. Richard paru dans La Révolution prolétarienne, n° 231, 25 septembre 1936, p. 14-15

Le récent livre de Daniel Guérin, Fascisme et Grand Capital, est pour tous nos camarades d’un intérêt exceptionnel.

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revues

Decolorise it ! Arrêtons de tout voir en couleur

Article de Juliane Karakayalı, Vassilis S. Tsianos, Serhat Karakayalı et Aida Ibrahim paru dans Timult, n° 9, mars 2016, p. 22-27.

Ces dernières années, en Allemagne, l’accueil réservé aux approches critiques de la blanchité (Critical Whiteness) tend à saboter les luttes antiracistes.

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interventions

“Algiers – Paris und zurück” : discussion à Berlin, mardi 30 juillet, 20h

J’ai le plaisir d’informer mes amis et lecteurs que je participerai à la discussion intitulée “Algiers -Paris und zurück”, le mardi 30 juillet à 20h à Berlin.

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presse

Les conseils des travailleurs

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n° 90, mai 1968.

(Extrait de P.O. ns 18 et 19 mai et juin 1960)

Qu’est-ce qu’un conseil ouvrier ? C’est d’abord un organisme, un comité, formé de délégués élus par TOUS les travailleurs d’une entreprise ou d’un groupe d’entreprises, sans aucune distinction politique et syndicale, pour exprimer leurs revendications et pour les représenter. Pour qu’un conseil ouvrier puisse fonctionner, il faut que tous les ouvriers participent aux assemblées, luttent en permanence pour imposer leurs objectifs. Une telle activité des travailleurs ne peut exister que dans des périodes d’extrême tension sociale, quand le confit entre dirigeants de l’économie et de l’Etat et travailleurs devient si aigu qu’il ne peut être réglé que par la force, quand ce conflit lui-même ne concerne pas seulement l’usine, mais embrasse toute la société, quand la question qui se pose est : qui doit commander dans le pays, les exploiteurs ou les exploités ? En dehors d’une telle période révolutionnaire, le conseil ouvrier n’arrive pas à se maintenir : il disparaît ou il se transforme peu à peu en un organe inoffensif, de type syndical.

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presse

Le conflit israélo-arabe : un conflit au profit exclusif du capital

Extrait de l’article paru dans Guerre de classes, n° 7, janvier 1974, p. 3.

 

 

C’est la quatrième fois en vingt-cinq ans que l’hostilité entre Israël et les pays arabes dégénère en guerre ouverte. Une fois de plus, c’est une véritable levée de boucliers dans le monde. Le concert des positions remet face à face pro-arabes et pro-israéliens. Les organisations de gauche et d’extrême-gauche se sont lancées dans la confusion générale, pour avancer des mots d’ordre tout aussi confus qui reviennent toujours, plus ou moins directement, à soutenir les pays arabes : “Soutien aux peuples arabes de Palestine, d’Egypte et de Syrie en guerre pour récupérer leurs territoires occupés…”, “A bas l’agression israélienne”. “Lutte des peuples arabes contre le sionisme et l’impérialisme” … “Le Golan aux Syriens, le Sinaï aux Egyptiens”… Les révolutionnaires sont bien prompt au soutien, mais peu à l’analyse. Voilà qu’ils se mettent à soutenir sans broncher un camp capitaliste contre un autre ; voilà qu’ils mettent en avant leur internationalisme bâtisseur d’Etats en revendiquant “les droits légitimes” des peuples ou des nations.
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presse

Mundial : “des jeux… et pas de pain”

Article paru dans Le Communiste, organe central en français du Groupe communiste internationaliste, n° 14, juillet 1982, p. 36-37.

 

 

Pendant un mois, bien plus de vingt-quatre pays ont vécu à l’heure du football. A l’heure des restrictions, des mesures d’austérité qui nous viennent de tous côtés, on nous a offert une indigestion de buts, de magouilles organisatives de la compétition, de scandales d’arbitrages et de leçons de tactiques collectives.
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presse

Travailleurs, il faut mettre fin aux assassinats

Déclaration de la Fédération anarchiste parue dans Le Libertaire, n° 369, 30 juillet 1953.

 

 

LE 14 JUILLET 1953 a été l’occasion, à Paris, d’un coup de force de la police, sur l’ordre de l’impérialisme français, contre les travailleurs nord-africains.

Le caractère prémédité de la fusillade qui a fait SEPT MORTS ne fait aucun doute. L’impérialisme français ne peut plus tolérer que des travailleurs venus des pays coloniaux affichent, au coude à coude avec les travailleurs français, leur volonté de se libérer, de conquérir leur dignité et leur indépendance.

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évocations presse

Hocine Aït Ahmed et Mohammed Harbi : Déclaration

Texte paru dans la revue Sou’al, n°7, septembre 1987, p. 151-152

Klaus Barbie lors de l’ouverture de son procès assis derrière son avocat Jacques Vergès le 11 mai 1987 à Lyon, France. (Photo by Pool PROCES KLAUS BARBIE/Gamma-Rapho via Getty Images)

Nous voulons simplement, à l’occasion du procès de Klaus Barbie, mettre au clair certaines vérités historiques et rappeler quelques principes pour nous, Algériens, qui avons lutté pour l’indépendance de notre pays. Me Jacques Vergès cherche, aujourd’hui, à associer des “crimes contre l’humanité” commis par Klaus Barbie aux “crimes de guerre” perpétrés par l’ex-puissance coloniale en Algérie et cet amalgame trouve parfois, malheureusement, crédit dans notre pays.