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Karl Korsch: Revolution for what? A critical comment on Jan Valtin’s “Out of the Night”

Article de Karl Korsch signé L. H. paru dans Living Marxism, Vol. V., No. 4, Spring 1941, p. 21-29


“Soiled with mire from top to toe, and oozing blood from every pore”, a seafaring man emerges on this side of the Atlantic to tell a weird story of intrigue and conspiracy, of spying and counter-spying, of treason, torture, and murder. It is a true story, a reliable record of tangible facts, albeit mostly of facts that remind one of the “stranger than fiction” columns. Yet there is the difference that they are not isolated facts which seem unbelievable only because they do not fit into the common assumptions derived from everyday experience. Valtin’s book reveals a whole world of well-connected facts that retain their intrinsic quality of unreality even after their non-fictitious character has been established. It is a veritable underworld that lies below the surface of present-day society; yet unlike the various disconnected underworlds of crime, it is a coherent world with its own type of human actions and sufferings, situations and personalities, allegiances and apostasies, upheavals and cataclysms.

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Pierre Saint-Germain et Patrice Vermeren : Les aventures d’un marin allemand

Article de Pierre Saint-Germain et de Patrice Vermeren paru dans Les révoltes logiques, n° 2, printemps-été 1976, p. 121-128

“La réputation d’héroïsme que fit (à Dimitrov) la presse de l’univers entier (…) ne fut à vrai dire que le résultat d’une mise en scène habile et méthodique (…). Des mois avant que le célèbre procès ne commençât, des négociations secrètes étaient déjà en cours entre Moscou et Berlin pour échanger Dimitrov et ses deux complices bulgares contre trois officiers allemands arrêtés pour espionnage en territoire soviétique. Il importait d’épargner à Dimitrov l’épreuve des tortures de la Gestapo, non pas pour le sauver, mais pour sauvegarder le fonctionnement du service secret soviétique et préserver le Komintern dont il connaissait trop bien les rouages intimes.

Devant le danger, Dimitrov s’était montré moins ferme que beaucoup de ses subordonnés. Il donna notamment à la Gestapo l’adresse du couple qui le cachait. Dimitrov livra également à la Gestapo le nom et l’adresse de sa maîtresse (…). Le marché conclu entre Moscou et Berlin le fut le soir qui précéda le procès. Mais pour sauvegarder les apparences Dimitrov fut retenu en Allemagne jusqu’à la fin de la grande comédie de Leipzig. Cet homme (…) bénéficie de privilèges que ne connurent jamais la masse des détenus anonymes (…). Les “petits” camarades, pendant ce temps, ne recevaient eux, que des coups – voire une balle dans la tête.” (1).