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En dépit de nos appels, le F.L.N. continue ses crimes

Article paru dans La Voix du peuple, mai 1962, p. 3

Dès le cessez-le-feu, le F.L.N. s’est livré à une série de provocations de violences et de crimes contre les militants du M.N.A. pour les obliger à rejoindre ses rangs. Attaques en série, expéditions, enlèvements, vols, destructions de cartes d’identité, de papiers de famille et étranglements, tels sont les moyens employés par le F.L.N. pour enrôler de force les Algériens dans ses rangs.

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Michel Auvray : Ratonnades

Recension de Michel Auvray parue dans Agora libertaire, n° 29, décembre 1985, p. 23

Il est des silences qui ressemblent à des complicités. Prompte à célébrer la mémoire de ses morts du métro Charonne, la gauche française a pratiquement « oublié » les victimes des ratonnades d’octobre 1961. Il y avait bien un document cinématographique réalisé à chaud (« Octobre à Paris »), quelques articles de presse et, depuis peu, un polar (Didier Daeninckx, « Meurtres pour mémoire »). Bien peu en 25 ans, et pour cause : le souvenir de ces centaines d’Algériens assassinés par les policiers parisiens mettait à nu la faiblesse des réactions des partis et syndicats compromis dans la guerre d’Algérie.

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Quand un journaliste bourgeois devient lucide

Textes parus dans Pouvoir ouvrier, n° 38, mars 1962, p. 2-3

Algiers : a French soldier stands guard, leaning against a wall on which is painted the inscription : « SAO kills traitors ». This threat from the SAO reflects the violent atmosphere that reigns in Algiers with the upcoming declaration of a cease-fire. New troops are dispatched to reinforce already installed security services and the streets are patrolled non-stop. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

LA SITUATION A CONSTANTINE VUE PAR LE FIGARO (15.3.62).

Il est clair, et on a eu l’occasion de le vérifier déjà à plusieurs reprises, qu’en cas de heurs entre les communautés, l’armée prendra partie pour les Européens.

Les autorités civiles s’inquiètent de cet état d’esprit.

Elles constatent avec une certaine amertume leur impuissance.

Elles n’ont aucun moyen d’action. Les services de la Préfecture comprennent une immense majorité de Français d’Algérie. La police est noyautée par l’O.A.S. Les autorités sont noyées dans un milieu hostile, épiées et surveillées sans cesse.

L’O.A.S. distribue des tracts et des bulletins d’informations, multiplie ses émissions-pirates de la radio, intercepte les ordres et prend connaissance des consignes les plus secrètes. La Préfecture n’a aucun moyen d’action propre. Elle est obligée de passer par le canal de l’armée qui lui refuse son concours actif. Certains militaires sont ouvertement favorables à l’OAS. Les autres, l’immense majorité, restent dans l’expectative.

MAX CLOS
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8 février 1962

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n° 37, février 1962, p. 1-2

FRANCE – FEBRUARY 13: Cortege On Avenue De La Republique With 8 Coffins Of Victims Of The Police Repression While Demonstrating On February 8, 1962. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Un million de personnes aux obsèques des travailleurs tués par la police républicaine.

Sur quoi s’appuie le régime gaulliste ?

Sur le patronat et l’Etat.

Quels intérêts défend-il ?

Les intérêts du patronat et de l’Etat, maîtres de la France.

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L’OAS et l’Etat

Articles parus dans Pouvoir ouvrier, n° 36, janvier 1962, p. 1-3

Anti Oas Demonstration In Paris On December 1961 (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Il y a les gendarmes. Trois « représentants de l’ordre » accusés d’avoir torturé à l’électricité quatre Algériens. C’était à Hautmont, dans le Nord. On a dû les juger. Jugement : 150 NF d’amende à chacun (1).

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Maho-Tope : A propos d’une campagne d’assainissement en Algérie

Article de Maho-Tope paru dans Le Monde libertaire, n° 334, 29 novembre 1979, p. 3

Enfants dans une rue de la casbah d’Alger, en avril 1979, Algérie. (Photo by Michel HUET/Gamma-Rapho via Getty Images)

En France, les commentateurs « autorisés » parlent volontiers d’une libéralisation pour qualifier l’évolution de l’Algérie depuis la mort de Boumédiene. Jamais cette notion de libéralisme ne parut aussi ambiguë. En effet, si l’on considère le libéralisme sous l’angle du rapport population/police (un des angles possibles, évidemment !), l’Algérie de Houari Boumédiene apparaissait comme beaucoup plus « libérale » que la France de Giscard ou de Pompidou. La « peur du flic » était pratiquement inconnue en Algérie : il était courant de voir de simples passants tenir tête à des policiers qui les réprimandaient. L’espace urbain n’était pas quadrillé par un dispositif policier ; la nuit, les contrôles routiers ne revêtaient pas le déploiement de force que connaît la capitale française : les armes restaient dans leur étui. Donc d’une part il y avait un certain laisser-aller de la part des policiers, et d’autre part, une nonchalance de la population vis-à-vis des injonctions des forces policières. Conséquence directe : le code de la route restait symbolique et les rues appartenaient autant aux piétons qu’aux voitures ; plus grave, les réglementations sur l’hygiène publique demeuraient très largement lettre morte. Admiratrices ferventes de l’efficacité des pays développés, les classes dirigeantes regrettaient le désordre urbain et soupiraient en pensant à l’ancien surnom d’Alger « la blanche ». Elles ne faisaient que rejoindre là les nostalgiques de l’ordre colonial durant lequel le peuple savait se tenir à sa place et ne venait pas salir les belles allées de la capitale.

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Algérie : émeutes à la Casbah

Article paru dans Combat communiste, mensuel révolutionnaire, n° 105, été 1985, p. 6

Enfants et veille femme dans la casbah en juillet 1985 à Alger, Algérie. (Photo by Patrick AVENTURIER/Gamma-Rapho via Getty Images)

Trois jours et trois nuits d’émeutes ont agité le quartier populaire de la Casbah d’Alger. Les premiers incidents ont éclaté le 23 avril dans le haut de la Casbah après qu’une maison se soit écroulée, tuant deux personnes âgées. Des groupes de jeunes ont commencé à parcourir les ruelles, criant des slogans hostiles au régime. Ils ont été brutalement dispersés par les flics.

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Mais qui se souvient du 17 octobre 61 ?

Dossier paru dans Sans Frontière, n° 32, du 16 au 22 octobre 1981, p. 5-7

Juste avant le carnage sur les grands boulevards, ils manifestaient pacifiquement (Elie Kagan)

Il y a 20 ans, le 17 octobre 1961, à Paris, 200 Algériens étaient assassinés par la Police

MAIS QUI DONC S’EN SOUVIENT ?

Ce soir-là, on se pressait sur les grands boulevards pour aller voir « Boeing Boeing » au théâtre Caumartin. Non loin de là à l’Olympia on faisait la queue pour aller voir Jacques Brel à ses débuts dans la chanson tout comme Johnny Hallyday qui l’avait précédé sur cette même scène. Au ministère de la marine, une grande réception est donnée en l’honneur du Chah d’Iran et de l’Impératrice Farah. Charles Trénet leur chante « Y’a d’la joie ». A Montparnasse, chez Régine la dernière boite à la mode, on danse le twist : « Cet air nouveau qui nous vient de là-bas »

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Misère de notre impuissance

Article paru dans Tribune ouvrière, n° 78, octobre 1961, p. 1

Nous sommes des millions exploités dans ce pays comme dans les autres pays d’ailleurs.

Millions qui créons les richesses et qui faisons marcher tout.

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Les événements

Article paru dans Informations Correspondance Ouvrières, n° 1, octobre 1961, p. 1 et 17.

Il est difficile de démêler dans l’écheveau des événements leur importance réelle, leur sens, et d’en tirer des perspectives, même relativement proches. Les manœuvres du gouvernement, sur tous les plans (Algérie, Intérieur, et international) le jeu correspondant des organisations (partis et syndicats) en France, celui du F.L.N. et de l’O.A.S. en Algérie et en France, les réactions latentes ou ouvertes des différentes couches sociales en France (paysans, travailleurs, étudiants) aux conséquences conjointes de l’évolution du capitalisme et de la poursuite de la guerre les positions politiques motivées ici même par les péripéties de la lutte entre les deux blocs, tout cela créé une situation bien confuse. La situation capitaliste en France subit en ce moment même des transformations profondes c’est le sens de ces transformations que nous devons essayer de dégager à travers les bouleversements qui atteignent tout depuis les structures de l’Etat, jusqu’au comportement des individus. Il faut essayer de dépasser les réactions « sentimentales » à l’aspect superficiel des faits, les jugements en fonction des idées personnelles pour tout replacer à sa juste valeur dans l’évolution de la société.

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On les a laissés seuls

Textes parus dans Pouvoir ouvrier, n° 33, octobre 1961, p. 1-3

« Acharnement du service d’ordre frappant indistinctement les hommes et les femmes et même des manifestants blessés ». « Rue de Lille, l’un de nos correspondants a vu deux algériens gravement blessés qui sont demeurés inanimés sur la chaussée pendant plus d’une heure ; le service d’ordre interdisait aux passants métropolitains de leur porter secours ». « Devant le commissariat du Ve arrondissement, un autre lecteur a vu des agents… faire passer sous une sorte de voûte de coups de matraque, méthodiquement assénés, un groupe de musulmans appréhendés ». (Le Monde, 19,20/10/61).

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Denise Wurmser : Visions du monde futur

Article de Denise Wurmser paru dans Force ouvrière, 23 février 1950, p. 4

6th November 1948: Novelist and essayist Aldous Leonard Huxley (1894 – 1963) being interviewed in London after a 12 year absence from England. Original Publication: Picture Post – 4662 – Aldous Huxley – pub. 1948 (Photo by Elizabeth Chat/Picture Post/Hulton Archive/Getty Images)

LA lecture d’un récent livre du polémiste anglais George Orwell : « 1984 » nous fait tout à coup, brutalement, heurter du nez le pitoyable contraste entre les écrivains d’imagination des siècles précédents et ceux du XXe.

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Errico Malatesta : Opinion populaire et criminalité. Effet moralisateur du fascisme

Article d’Errico Malatesta paru dans Le Réveil communiste-anarchiste, n° 648, 30 août 1924

Benito Mussolini speaking to a Fascist assembly in Rome, Italy, January 29, 1924, from L’Illustrazione Italiana, Year LI, No 5, February 3, 1924.

On entend dire : à quelque chose malheur est bon. Et en effet le fascisme, tout en ayant été un déplorable et horrifiant phénomène de régression morale et politique, a cependant servi à dévoiler des germes de mal qui persistaient parmi la population et à faire penser aux remèdes opportuns. De lui nous pourrons tirer de précieuses leçons qui, espérons-le, seront mises à profit dans un prochain avenir.

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Akli Bounane : Avoir raison et se faire emprisonner !

Article d’Akli Bounane paru dans Le Libertaire, n° 456, 8 décembre 1955, p. 2

A crowd of onlookers watch as a strongman tries to break a chain with his biceps, Paris, France, 1955. Behind them is a carousel and across the street is the Hotel du Regent. (Photo by John Cohen/Getty Images)

Un travailleur algérien écrit au « Libertaire » :

A l’ordinaire, les propriétaires d’un café-restaurant-hôtel, au 48, rue Frémicourt, à Paris (15e), battaient leurs locataires comme des bêtes de somme.

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Akli Bounane : Hôteliers et policiers unis contre les Algériens

Article d’Akli Bounane paru dans Le Libertaire n° 452, 10 novembre 1955, p. 2

North African immigrants playing cards at a cafe in La Chapelle district in Paris, France, in 1955. (Photo by Keystone-France\Gamma-Rapho via Getty Images)

DANS le 15e arrondissement (89, rue Fondary), le logeur Bachir est connu de tous. Il est ami de la police pour pouvoir exploiter ses compatriotes.

Il est possesseur d’un hôtel. Quand un Algérien se retrouve sans logis, Bachir lui répond qu’il pourrait lui trouver une place parmi plusieurs autres, à condition qu’on lui offre un bakhechich de 10.000 francs.

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Deux poids, deux mesures !

Textes parus dans Le Prolétaire, n° 371, 18 mars au 21 avril 1983, p. 3-7

Immigrants, the city of red butte in Chatenay-Malabry, France on April 14, 1983. (Photo by Mohamed LOUNES/Gamma-Rapho via Getty Images)

Nasser M’Raidi, Youssef S., Robert Kéchichian, trois noms pour une même justice, une justice de classe ; trois noms pour un même arbitraire, un arbitraire de classe.

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Lettre d’un lecteur de Tribune algérienne, 26 septembre 1979

Textes parus dans Tribune algérienne, n° 22, novembre 1979, p. 11-14

« Les fléaux sociaux : le débat entre le ponctuel et le permanent » (dessin publié dans El Djeich, n° 197, octobre 1979, p. 8)

L’atmosphère étouffante demeure toujours, elle empire de plus en plus. La répression continue.

La police fait ravage dans les quartiers populaires (Climat de France, cité Mahiédinne, Champ de manœuvre, Cité Diar El Chems, Clos Salembier). Il y a eu de véritables batailles rangées, opposant les habitants du quartier aux policiers des balcons, des fenêtres, les habitants se défendaient lançant des cailloux, des bouteilles. Il y a eu deux policiers tués. Pendant 2 jours la police a fait le siège de la cité : les gens à l’intérieur ne pouvaient en sortir, ni les gens de l’extérieur ne pouvaient rentrer.

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Appel d’un immigré

Textes parus dans Tout !, n° 10, 12 mars 1971, p. 2

Tunisian statesman and first President of Tunisia, Habib Bourguiba (1903-2000) pictured attending a government meeting in Paris, France in 1971. (Photo by Rolls Press/Popperfoto via Getty Images/Getty Images)

« Devant la douleur, la fierté se cabre. On se défend alors avec exaspération contre tout pessimisme afin qu’il ne semble pas une conséquence de notre état et ne nous humilie comme des vaincus. » C’est sur cet appel à la survie de Nietzsche que je pousse mon cri, le cri d’un étranger, d’un travailleur immigré qui refuse d’être socialement et politiquement rejeté et qui ira chercher sa vérité dans la gauche.

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Hier, Alger et la Kabylie, aujourd’hui, l’Oranie et demain ?

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, n° 53, juin 1982, p. 6

زيارة رئيس الجمهورية لولاية وهران (photo publiée dans El Djeich, n° 219, juin 1982, p. 4)

Trois jours après que les brigades mobiles du Darak-El-Watani ont occupé l’université de Tizi-Ouzou pour une semaine, pour réprimer toute manifestation le 20 avril dernier, les lycéens d’Oran se sont mis en grève à la suite d’une rumeur selon laquelle seuls 5 % des lycéens seraient effectivement reçus au Bac.

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Minguettes

Articles parus dans Informations rassemblées à Lyon, n° 41, novembre 1981, p. 7-11

CITE DES MINGUETTES A VENISSIEUX APRES LES EMEUTES
(Photo by Dominique BARRIER/Gamma-Rapho via Getty Images)

Les Minguettes ce n’est pas Manchester
mais c’en est peut-être la banlieue…

C’était un étrange début d’été ; les soirées lourdes et orageuses alternaient avec de sombres journées de déluge. Bref, les vacances n’arrivaient pas vite.

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Algérie : Les dockers en grève

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, n° 12, juillet-août 1977, p. 12-13

« 1er mai 1977 : l’heure est au bilan mais aussi aux perspectives » (photo publiée dans El Djeich, n° 168, mai 1977, p. 7)

Les dockers du port d’Alger viennent de faire une grève d’une semaine du 8 mai 1977 au 14 mai. Leur détermination est d’autant plus grande qu’on connaît quel déchaînement répressif entraîne une grève en Algérie !

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Batna : Lycéens en grève et répression policière

Article paru dans El Jarida, n° 8, 21 février 1970

مجموعة من طلبة الجامعة (photo publiée dans El Djeich, février 1970, p. 19)

Les 1 300 élèves du lycée arabisant de BATNA (« Abbès Laghrour ») se sont mis en grève pour protester contre leurs conditions de vie déplorables : éternisation des locaux « provisoires » dans une caserne désaffectée, absence totale de chauffage, EAU rationnée à un verre par repas et un litre tous les 2 jours pour se laver !

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Comme à Aïn-Beida : Émeutes à Aïn-M’lila

Articles parus dans PRS Info, n° 7, 19 décembre 1977, p. 1 et 17-20

« La S.N.T.F. : une profonde mutation » (photo publiée dans El Djeich, n° 176, janvier 1978, p. 21)

Des affrontements violents ont opposé durant une semaine, début novembre, la population de Aïn M’lila aux forces de répression.

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Le couscous est un art

Articles parus dans Courant alternatif, n° 60, novembre 1986, p. 5-8

Demonstration against terrorism in the Rue de Rennes with humorist Smaïn, Abbé Pierre and SOS Racisme president Harlem Desir on September 22, 1986 in Paris, France. (Photo by Raphael GAILLARDE/Gamma-Rapho via Getty Images)

Une manifestation unitaire anti-raciste contre les lois Pasqua-Pandraud sur l’entrée et le séjour des immigrés en France n’aura vraisemblablement pas lieu début décembre à Paris !

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Errico Malatesta : Les Bandits tragiques

Article d’Errico Malatesta paru dans Le Réveil anarchiste, n° 730, 29 octobre 1927, p. 1-2.

Il semble qu’il soit trop tard pour en parler encore, néanmoins le sujet reste d’actualité, puisqu’il s’agit de faits et des discussions qui, s’étant renouvelés dans le passé, se répéteront, hélas, dans l’avenir aussi, et cela, tant que n’en auront pas disparus les causes déterminantes.

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Lettres sur l’Algérie (comités de gestion)

Lettres publiées dans Informations Correspondance Ouvrières, n ° 27, mars 1964, p. 17-21.

 

 

ALGERIE :
A la suite des deux lettres publiées dans le N° 25 et d’une brève réponse figurant dans le N° 26, nous avons fait quelque mises au point et reçu d’autres réponses. C’est ce dossier que nous publions intégralement, malgré sa longueur. Si le débat s’élargissait, nous envisagerions une brochure centrée sur les comités de gestion.

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Abdelkader

Article paru dans l’Encyclopédie des nuisances, n° 6, février 1986, p. 124-127.

 

 

Comme pour venger l’affront qu’il lui infligea durant quinze années, en combattant ses troupes avec peu de moyens et dans des conditions nettement défavorables, la France n’a retenu d’Abdelkader que le souvenir de sa reddition ; de même qu’elle a prétendu en avoir fait un « ami fidèle ». Si l’oubli de ce personnage peut s’expliquer en partie par le temps, la France officielle nous rappelle aujourd’hui qu’elle a toujours eu la mémoire courte, l’amitié mesquine et la fidélité trompeuse à l’égard de ceux qui l’ont servie loyalement. Et, par exemple, ne se souvient de l’existence des harkis, autres amis fidèles, que le temps d’une campagne électorale.
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Arthur Cravan : Sportifs, je vous hais !

Article paru dans Mordicus, n° 6, octobre 1991, p. 13.

 

 

Parallèlement à la vieille exaltation religieuse du sacrifice qui, aujourd’hui désacralisé, n’en reste pas moins une éternelle apologie du renoncement, il est conforme à la morale de nos maîtres de vouloir remettre au goût du jour la non moins ancienne exaltation de l’effort.
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Travailleurs, il faut mettre fin aux assassinats

Déclaration de la Fédération anarchiste parue dans Le Libertaire, n° 369, 30 juillet 1953.

 

 

LE 14 JUILLET 1953 a été l’occasion, à Paris, d’un coup de force de la police, sur l’ordre de l’impérialisme français, contre les travailleurs nord-africains.

Le caractère prémédité de la fusillade qui a fait SEPT MORTS ne fait aucun doute. L’impérialisme français ne peut plus tolérer que des travailleurs venus des pays coloniaux affichent, au coude à coude avec les travailleurs français, leur volonté de se libérer, de conquérir leur dignité et leur indépendance.

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Premier bilan : 7 morts dont 6 ouvriers Nord-Africains

Déclaration de la Fédération anarchiste parue dans Le Libertaire, n° 368, 16 juillet 1953.

 

 

Les assassinats continuent !

Sur ordre du Gouvernement les flics du « socialiste » franc-maçon Baylot tire sur la classe ouvrière

PREMIER BILAN

7 morts dont 6 ouvriers Nord-Africains

Plus de 100 blessés

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Une lettre de M. Albert Camus (juillet 1953)

Lettre d’Albert Camus parue dans Le Monde, 19-20 juillet 1953.

 

 

M. Albert Camus nous a adressé la lettre suivante :

« Monsieur le directeur,

« Un certain nombre de vos lecteurs, dont je suis, n’auront pas appris sans une certaine admiration qu’en conclusion de la tuerie du 14 juillet le gouvernement avait ouvert une information contre X pour violences à agents. Il y a là en effet un assez bel exemple de cynisme.

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Un algérien raconte sa vie

Extraits d’un article paru dans Socialisme ou Barbarie, n° 28, Volume V (11e année), Juillet-Août 1959, p. 35-38

ALGER 1958-1959. (Photo by IONESCO/Gamma-Rapho via Getty Images)

Fanatisme et superstition

Même pour le fanatisme, la superstition, j’ai vu que c’était autorisé, agréé par le gouvernement français en Algérie. J’ai vu, square Nelson, des femmes qui allaient là, soi-disant que c’était des sorciers – des conneries, quoi. Mais c’était agréé par le gouvernement. Il y avait des négresses là, qui tuaient des poulets, prenaient les entrailles et tout ce qui s’ensuit. Soi-disant que l’eau de mer de cet endroit était bénie par le sorcier et les femmes allaient se laver là-dedans. Il y avait donc des femmes qui se foutaient à poil pour se laver là et simplement il y avait une autre femme qui les cachait avec un petit bout de voile de rien du tout. Un jour j’étais avec les copains et j’avais vu ça. D’ailleurs les copains et moi on avait commencé à rouspéter parce qu’il y avait des pêcheurs, là. Ils donnaient des bons coups d’œil. Enfin, ils se régalaient. Alors nous, on a commencé à incendier cette femme et les femmes qui faisaient brûler de l’encens et tout le bataclan. Eh bien! mon vieux, il fallait qu’on courre, parce que les flics ils sont venus ; ils nous ont fait courir. C’était autorisé par le gouvernement.

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Un algérien raconte sa vie (II)

Extraits d’un article paru dans Socialisme ou Barbarie, n° 29, Volume V (11e année), Décembre 1959-Février 1960, p. 54-55.

 

 

14 juillet 1953

Ma femme était à l’hôpital. Elle venait d’accoucher d’un deuxième enfant. Alors je sors de l’hôpital et je savais qu’il y avait le défilé. Je me dis, je vais défiler, c’est pas loin. Mais manque de pot, je tourne d’un côté et je tombe sur trois cars de flicaille qui étaient là. Ils me regardent d’un sale œil. Moi je m’en foutais, je les emmerdais. Il y avait l’autre gosse à la maison qui m’attendait, mais je me suis dit : il va bien m’attendre un petit peu, je vais voir comment c’est le défilé. Parce qu’il y avait Marcel Cachin. J’aimais bien voir ce vieux-là. Et puis d’un seul coup, poum! vlan! j’entends que ça commence la bagarre là-dedans.

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Pour faire place aux « Interlocuteurs valables » : Encore un dirigeant du M.N.A. arrêté et torturé

Article paru dans La Voix du peuple, n° 17, 3 janvier 1956

 

 

En même temps qu’il rameute tous les réformistes et les béni-oui-oui pour les baptiser « interlocuteurs valables », le colonialisme lance toutes ses forces contre le Mouvement National Algérien.

Une fois de plus, un dirigeant du M.N.A., Mokhtar Zitouni, a été arrêté à Saint-Eugène (Alger) le 23 décembre, et torturé. Depuis cette date nous n’avons aucune nouvelle de lui.

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Encore un lâche assassinat

Article paru dans La Voix du peuple, n° 37, juillet 1958 et dans le Bulletin d’information du MNA, n° 19/20, 20 juin 1958. 

Lundi 2 juin, notre frère Mohand Larbi NAIT MAZI, âgé de 58 ans et père de quatorze enfants, a été assassiné au Bois de Vincennes par les pseudo-patriotes du FLN.