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Cinéma : « La Question » de Heynemann. Comment on réécrit l’histoire

Article paru dans Combat communiste, n° 26, du 20 mai au 20 juin 1977, p. 15

« La question » : c’est par ce nom qu’on désignait la torture sous l’Inquisition. Sous ce titre parut en 1957 un bref récit de Henri Alleg — militant du Parti Communiste Algérien — relatant les tortures que lui avaient fait subir les équipes de tortionnaires spécialisés des unités de parachutistes du général Massu. Le livre fut saisi un mois après sa parution, mais il continua à être diffusé clandestinement pas les opposants à la guerre d’Algérie. Par sa sobriété, sa précision comme par les détails sur les effroyables sévices que faisaient subir les forces de répression à leurs victimes, séquestrées en dehors de toute légalité dans des salles de tortures aménagées dans des villas, le livre eut un profond retentissement. L’indignation soulevée par ces révélations dans les milieux « libéraux » et intellectuels contribua sans doute à sauver Alleg. Pour son camarade Maurice Audin, il était trop tard : il était mon sous les coups des tortionnaires qui tentèrent de dissimuler ce crime en annonçant son évasion. Comme on peut s’en douter, les tortionnaires nommément désignés par Alleg et reconnus par lui au cours de confrontations judiciaires furent « couverts » par l’appareil militaire et judiciaire et échappèrent à toute sanction. Aujourd’hui protégés par une amnistie qui concerne tous les crimes relatifs à la guerre d’Algérie, ils coulent des jours paisibles. Certains enseignent probablement dans l’armée leurs méthodes à de jeunes recrues…

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Henri Pouget : Les accords d’Evian

Editorial d’Henri Pouget dit Henri Claude paru dans Economie et politique, n° 93, avril 1962, p. 2-8

La signature des accords d’Evian, le 18 mars 1962, et leur mise en application, ont été considérées, à juste titre, comme une grande victoire du peuple algérien, comme une victoire de la classe ouvrière, du peuple français et des forces de paix dans le monde, comme une grave défaite du système impérialiste français. C’est sur ce dernier point que nous voudrions insister.

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Jim Crow : La souffrance des Noirs aux Etats-Unis et en Afrique

Article signé Jim Crow paru dans L’Humanité, 8 avril 1928, p. 3

La race noire souffre non seulement d’une oppression impérialiste et d’une exploitation capitaliste pires que celles des ouvriers blancs, mais elle est assujettie de plus au martyre des préjuges de races, habilement entretenus par les exploiteurs capitalistes et leurs complices, les réformistes, parmi les ouvriers blancs non conscients. De ces préjugés est né ce qu’on appelle en Amérique le « Jim Crowism » (mesures appliquées contre « Jim le corbeau », sobriquet donné aux nègres) qui va de l’interdiction aux noirs de voyageur dans les infimes wagons que les blancs jusqu’au lynchage.

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Devant le péril fasciste

Éditorial paru dans Les Cahiers du communisme, n° 2, février 1962, 38e année, p. 5-9

AU moment où nous écrivons ces lignes, le peu­ple de Paris, au cours d’obsèques solennelles et grandioses, accom­pagne à leur dernière demeure les huit martyrs antifascistes tombés sous les coups de la police gaulliste le 8 février dernier.

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Jacques Gallienne : Sur le problème algérien et le danger fasciste

Lettre de Jacques Gallienne parue dans La Révolution prolétarienne, n° 168 (469), février 1962, p. 8-10

Bien des questions traitées dans les plus récents numéros de la « R.P. » méritent une discussion approfondie. Chacune d’elles mériterait un article particulier. Mais je ne veux pas abuser des colonnes de la revue, aussi me bornerai-je à résumer ma position qui, on le sait, n’est pas toujours conforme à celle des camarades du noyau.

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« Les manifestations des 8 et 13 février sont au centre des discussions »

Textes parus dans Informations Correspondance Ouvrières, n° 5, février 1962, p. 1-6

Funeral at Pere Lachaise cemetery of 8 people killed during anti Algerian war demonstration at Charonne subway station on February 13, 1962 in Paris, France. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

LES EVENEMENTS

Les manifestations des 8 et 13 février sont au centre des discussions. Elles peuvent paraître dépassées par les évènements. Mais en fait, elles débordent largement leur cadre particulier et permettent de saisir leur sens par rapport au mouvement ouvrier.

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Pierre Hervé : Ce que signifie l’extrémisme de l’O.A.S.

Article de Pierre Hervé paru dans La Nation socialiste, n° 51, janvier 1962, p. 1 et 5

OAS -Secret Armed Organization- bomb attack at a police station in the 17th arrondissement on January 19, 1962 in Paris, France. – Inscription « No to the OAS » written on the wall. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

EXPOSANT lors de son procès les raisons de l’échec de la rébellion militaire d’avril 1961, Challe déclarait : « Nous n’avons pas voulu faire la guerre même aux tièdes et nous avons voulu éviter toute effusion de sang ». Il faut bien constater que depuis ce temps les chefs de l’O.A.S. ont adopté une autre tactique. Les menaces, les chantages, les attentats se sont multipliés et des officiers français, qui pourtant se réclament du sentiment national et de l’honneur de l’Armée, n’ont pas hésité à faire assassiner d’autres Français par des déserteurs de la Légion étrangère.

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La lutte contre l’OAS et pour la paix en Algérie

Textes parus dans Les Cahiers du communisme, n° 1, janvier 1962, p. 5-9 et p. 180-189

Anti Oas Demonstration In Paris On December 1961 (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Editorial

L’ANNEE 1962 s’ouvre dans un climat de lutte politique particulièrement âpre, dont l’avenir de notre pays dépend.

Les problèmes politiques essentiels sont aujourd’hui ceux que pose l’activité de l’O.A.S. liée à la situation en Algérie.

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Jacques Milhau et Michel Simon : Le Plastic et le Pouvoir

Articles parus dans La Nouvelle Critique, n° 132, janvier 1962, p. 3-22

OAS -Secret Armed Organization- bomb attack at a police station in the 17th arrondissement on January 19, 1962 in Paris, France. – Inscription « No to the OAS » written on the wall. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Faut-il croire avec Jean Cau que l’O.A.S. est un mythe ? Quatre cents attentats au plastic en France depuis le début de l’année et plus encore en Algérie, des assassinats ou tentatives de meurtre contre des personnalités politiques, le recours au chantage pour rançonner commerçants ou artistes, les interviews dépourvues d’ambiguïté que Salan donne ou fait donner aux journalistes étrangers, les émissions pirates et les sabotages, le frénétisme public d’un Bidault et de quelques autres débris poli­tiques de moindre renom, le réseau de complicité que l’impunité de ces actes suppose, tels sont les faits parmi d’autres qui inci­teraient à penser le contraire !

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« C’est toujours la guerre d’Algérie et la situation politique en France qui préoccupent les travailleurs »

Article paru dans Informations Correspondance Ouvrières, n° 4, janvier 1962, p. 1-4

Algerian War : Protest Against The Oas In Paris 1961. FRANCE – DECEMBER 19: Three seriously injured protesters lay on the ground after being charged by the national guard. The protest was organised by unions and various political groups. Thousands of protesters participated in the march. Violent confrontation erupted between police forces and protesters near the rue Saint-Antoine. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Les événements

C’est toujours la guerre d’Algérie et la situation politique en France qui préoccupent les travailleurs. Une grève aussi importante soit-elle, comme celle des mineurs de Decazeville passe au second plan. Dans les discussions entre camarades on retrouve les vieux sujets dont nous avons maintes fois parlé ici : indépendance de l’Algérie et contenu réel de la révolution algérienne, menace fasciste, que faire ? (la lettre d’un camarade publiée dans le dernier numéro d’ICO a soulevé critiques des uns, approbation des autres).

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G. Vataud : Contre l’O.A.S. certes. Mais aussi contre De Gaulle

Article de G. Vataud paru dans La Vérité des travailleurs, n° 122, janvier 1962, p. 1-2

Anti Oas Demonstration In Paris On December 1961 (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Sommes-nous à la veille d’un nouveau putsch ? Telle est la question que se pose actuellement le mouvement ouvrier.

LE plastic contre des permanences et des militants ouvriers, le mitraillage du siège central du P.C.F., l’assassinat de Locussol, autant de faits qui obligent chaque militant à s’interroger sur la menace fasciste que fait peser l’O.A.S.

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Pourquoi je n’ai pas participé à la manifestation anti-O.A.S. le 19 décembre

Articles parus dans Tribune ouvrière, n° 81, janvier 1962, p. 1-2

Anti Oas Demonstration In Paris On December 1961 (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Depuis deux mois les mots d’ordre contre la guerre d’Algérie se sont transformés en mot d’ordre anti-O.A.S. – C’est au P.C. que revient une fois de plus l’honneur d’avoir réussi à détourner l’opposition contre le guerre et pour l’INDEPENDANCE DE l’ALGERIE en une action contre l’O.A.S. dans laquelle il se retrouve d’accord avec tous nos bons « démocrates » de Guy Mollet à l’U.N.R.

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Christian Descamps : Daniel Guérin, Le Front populaire

Article de Christian Descamps alias Serge Mareuil paru dans Socialisme ou Barbarie, n° 35, janvier-mars 1964, p. 121-122

Ce livre passionnant n’est pas, comme le dit Guérin lui-même dans la préface, l’histoire du Front Populaire mais une contribution à l’histoire par un des hommes qui a contribué à la sécréter. Mais l’auteur ne peut s’empêcher de replacer les événements qu’il a vécu dans un cadre historique, donc théorique.

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Claude Lefort : Le gaullisme et la crise du régime

Article de Claude Lefort paru dans Arguments, n° 8, juin 1958, p. 18-21

French Prime Minister Charles de Gaulle delivers a speech during his first official visit to Algeria. (Photo by Daniele Darolle/Sygma via Getty Images)

Du 13 mai au 1er juin, chacun s’est situé face à l’événement, et seulement face à l’événement. Nous voulons dire : face au coup de force d’Alger et à la candidature de de Gaulle au pouvoir. De là des attitudes réflexes et un pouvoir fascinant des dilemmes : de Gaulle ou la guerre civile ; de Gaulle ou la défense de la république ; le fascisme ou le front populaire. Il est bien vrai qu’il y a des situations qui appellent un engagement immédiat et ne laissent d’autre choix qu’un oui ou un non. Mais étions-nous en face d’une telle situation, l’événement engendrait-il nécessairement une alternative, ou l’une des alternatives communément formulées ? N’était-ce pas plutôt faire de l’événement un mythe que de le prendre pour seule référence en refoulant dans l’ombre le contexte dans lequel il se produisait ?

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Fernand Fontenay : Derrière le décor de Vincennes. Les buts impérialistes de l’Exposition coloniale

Article de Fernand Fontenay paru dans L’Humanité, 18 mai 1931, p. 1-2

A la propagande bourgeoise qui veut créer chez chaque travailleur la « conscience impériale », le culte de la « plus grande France », les communistes opposent l’action commune des ouvriers de la métropole et des peuples coloniaux contre l’oppresseur.

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« C’est généreux, la France ! »

Article paru dans Programme communiste, n° 18, janvier-mars 1962, p. 1-5

« C’est généreux, la France ! », s’est écrié un jour le chef de l’État qui n’exaspère jamais autant nos démocrates nationaux que lorsqu’avec sa grandiloquence coutumière il exprime leurs propres préjugés les mieux enracinés. En effet, aucune réalité historique lointaine ou proche n’a apparemment pu arracher du cœur de nos petits-bourgeois socialisants cette conviction orgueilleuse remontant à la Grande Révolution de… 1789 qu’ils étaient inégalables en générosité démocratique et que c’était eux qui donnaient son visage à la France. Cette conviction, ils l’ont malheureusement inculquée au mouvement ouvrier lui-même : heureux impérialisme français qui peut exploiter, piller, guerroyer, réprimer, sans que le prolétariat sache lui répliquer autrement que par le « Tout ça n’est pas la France » des petits-bourgeois.

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Le souvenir de la guerre civile algérienne façonne les controverses françaises sur la question musulmane

Mon dernier article intitulé “Le souvenir de la guerre civile algérienne façonne les controverses françaises sur la question musulmane” a été publié dans Cause commune, n° 24, juillet-août 2021, p. 40-42

Pedestrians walk October 22, 1997 in Sidi Moussa, Algeria. Angered by the suppression of the Islamic Salvation Front (FIS) when elections were suspended in 1992, militant Muslims, most notably the Armed Islamic Group (GIA), have used extreme measures to undermine the government including attacking members of the military and government as well as individuals expressing secular or non-Muslim views like journalists, teachers and members of the clergy. (Photo by Scott Peterson/Liaison)
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René Garmy : Romans noirs pour hommes blancs

Article de René Garmy paru dans L’Humanité, 23 août 1932, p. 4

DIS-MOI chéri que je suis ta chérie. C’est pas une fille jaune qui te tombera…

Des refrains amoureux, des couples déchaînés dans la fureur du jazz. Des peaux d’un noir nuancé : chocolat, marron, olive, café, acajou, crème, mastic. Des étoffes aux couleur criardes : cravate rose, jaune et bleue, écharpe orange, jupe verte, bas champagne. On boit — gin ou whisky — on joue — poker ou zanzi — on se drogue — opium ou coco. On s’oublie, on s’enivre, on s’aime, on se bat, on assiste à tous les débordements d’une animalité intense.

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Antifascisme, démocratie ou guerre de classes ?

Article paru dans Guerre de classes, n° 8, mars 1974, p. 6

Le secrétaire général du parti communiste français Georges Marchais et le candidat de l’ Union de la gauche François Mitterrand à une conférence de presse sur le Chili le 19 juin 1974 à Paris, France. (Photo by Gilbert UZAN/Gamma-Rapho via Getty Images)

Parmi les illusions entretenues tant par la « gauche » que par les gauchistes, il en est une que la crise et la situation mondiale porte au premier plan : l’antifascisme et son sous-produit le démocratisme. Pour nous le danger essentiel de ces idéologies réside dans la capacité éventuelle des réformistes de mystifier une fois de plus le prolétariat par ces sornettes réactionnaires.

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Akli Bounane : Les faux défenseurs du peuple algérien

Article d’Akli Bounane paru dans Le Libertaire, n° 435, 16 juin 1955

Meeting du 1er mai, Vélodrome du bois de Vincennes [source]

VOILA ce que dit le dernier tract qui a été distribué dans Paris par les staliniens aux travailleurs algériens :

« Le 1er Mai, alors qu’une profonde volonté d’union dominait la manifestation organisée à Vincennes par l’Union des Syndicats C.G.T. de la Seine, une centaine d’Algériens, répondant aux mots d’ordre de certains dirigeants nationalistes, ont tenté de troubler ce grand rassemblement des travailleurs de la Région Parisienne ».

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Vuillemin : Oradour-sur-Glane en Algérie

Article de Vuillemin paru dans Ohé Partisans !, n° 4, août 1945

A bearded member of the Foreign Legion stands at attention before an archway at Legion headquarters, Sidi Bel Abbes, Algeria, 1940s. (Photo by Hulton Archive/Getty Images)

La vérité sur le drame d’Afrique du Nord

Une censure sournoise et une presse bien sage : voilà pourquoi si peu de gens ont une idée précise des événements qui ont ensanglanté l’Algérie.

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Troubles sociaux en Algérie

Article paru dans L’Etincelle, n° 5, mai 1945

Sur le quai, les barriques de vin sont déplacées à la main, à Alger, Algérie, en 1945. (Photo by Keystone-France\Gamma-Rapho via Getty Images)

Le peuple algérien exploité, saigné à blanc par le capitalisme français et par le capitalisme anglo-américain, se révolte. Un pays de huit millions d’habitants, riche grenier à blé, se trouve dans un état de famine, expression la plus haute des effets de la civilisation capitaliste.

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Le colonialisme et la liberté

Article paru dans Le Libertaire, n° 6, juin 1945, p. 3

Foreign Legion soldiers drum in formation a parade before the gates of the Legion’s headquarters in Sidi Bel Abbes, Algeria, 1940s. (Photo by Hulton Archive/Getty Images)

Le parti communiste, utilisant, les événements pour ses fins propres, présente la crise algérienne comme l’explosion de la dernière bombe hitlérienne. C’est se prononcer sur des faits mal connus et simplifier une énorme question. « Le Monde », plus sérieux, examine « l’affaiblissement de l’armature française » (luttes politiques en Afrique du Nord depuis 1942, secteurs anti-britanniques, antigaullistes, antisémites), la poussée nationaliste arabe, la participation des Nord-Africains à la guerre et leur élimination de la vie politique, et enfin la cause immédiate du conflit, une terrible crise économique. Les événements de Sétif sont, en effet, la manifestation aiguë d’un malaise latent entre la France et l’Afrique du Nord. Ils sont aussi un des épisodes sanglants des luttes chroniques entre la France et chacune de ses colonies depuis plus d’un siècle. Il convient donc de les replacer dans l’ensemble de l’histoire coloniale française pour en comprendre le sens et la portée.

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Louis Mercier : L’intellectuel communiste

Article de Louis Mercier paru dans La Révolution prolétarienne, n° 440, juin 1959, p. 11-12

Dans une petite revue qui se discute beaucoup parmi les intellectuels de la rive gauche (« Arguments »), une poignée d’anciens communistes s’efforcent de remettre en question la plupart des formules dites d’extrême gauche. Effort désordonné et inégal quant aux sujets traités, mais effort sympathique, car les « ex » qui le mènent ne sont ni de vieux fonctionnaires du parti ni des professionnels de la politique. Ni des Marty, ni des Hervé. Ils en sont à se demander si la révolte de Cronstadt ne signifiait pas le premier exemple, suffisant, de l’opposition entre parti et classe ouvrière. Ils publient des études sur l’évolution de la structure des classes salariées. Leur jargon se ressent encore de leur passage dans le parti communiste, et bien des tics défigurent leurs raisonnements qu’ils s’efforcent de mener droit. Cependant, ils ne pontifient ni ne tranchent. Ils cherchent. Si bien que dans l’étonnante sécheresse de la pensée socialiste qui caractérise notre époque, ce filet d’eau ou ces gouttes de sueur ne sont pas à dédaigner.

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Il y a 30 ans, l’insurrection algérienne

Article paru dans Le Prolétaire, n° 380, décembre 1984, p. 2

ALGÉRIE – CIRCA 1984: un timbre imprimé en Algérie montre Constantine en 1830, vers 1984

Le trentième anniversaire de l’insurrection de la Toussaint 1954 a été l’occasion pour les nostalgiques de l’ère coloniale de se manifester avec force mais, plus significativement, il a mis en lumière l’accord profond de tous les partis avec toutes les aspirations de l’impérialisme, même lorsque celles-ci ont été battues en brèche par l’histoire. On a vu défiler coudes à coudes devant les monuments aux morts les gaullistes ex-barbouzards et les anciens OAS (définitivement blanchis et réintégrés dans le corps des officiers pour toucher leurs retraites par le gouvernement PC-PS) ; on a vu les drapeaux en berne aux frontons des mairies de droite, mais aussi du PS ; on a vu le maire PCF de Martigues interdire la projection du film « la bataille d’Alger ».

Non, décidément, la vieille France colonialiste n’est pas morte. Elle vit et prospère sous des habits à peine rafraîchis de l’exploitation de ses prolétaires (français ou immigrés) comme du pillage et de la sur-exploitation des masses pauvres et des prolétaires des pays du Tiers-Monde, au premier rang desquels, ses anciennes colonies.

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L’indépendance algérienne a 20 ans. La gauche française et la révolution algérienne

Articles parus dans Le Prolétaire, n° 364, 16 juillet au 2 septembre 1982, p. 3-4

Algerian President Chadli Bendjedid meets French President Francois Mitterrand during his first official visit to France. (Photo by Jean Guichard/Sygma via Getty Images)

L’indépendance algérienne, dont on célèbre aujourd’hui le vingtième anniversaire, a porté des fruits amers. Les masses prolétariennes et exploitées, qui ont donné un million et demi de morts, subissent aujourd’hui la pire des dictatures bourgeoises. A ceux qui font la fine bouche devant les luttes d’émancipation nationale et qui tirent la conclusion qu’ « il ne fallait pas se battre » nous répondons que dans ce processus tragique c’est la dégénérescence stalinienne du mouvement ouvrier de la métropole qui porte la plus grande responsabilité.

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Vingtième anniversaire de l’insurrection de 1954 : La révolution algérienne

Article paru dans Le Prolétaire, n° 183, du 4 au 17 novembre 1974, p. 1-4

Ici, le ministre algérien des affaires étrangères Abdelaziz Bouteflika entouré par le président des Etats-Unis Gerald Ford à sa droite et le secrétaitre d’état américain Henry Kissinger à sa gauche (Photo by Christian SIMONPIETRI/Sygma via Getty Images)

II Y a vingt ans, l’étincelle de l’insurrection allumait en Algérie l’incendie de la guerre d’indépendance nationale, qui allait mettre fin à plus d’un siècle d’esclavage colonial et ouvrir la voie à la naissance d’une nation moderne.

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Pour l’union combattante des travailleurs français et immigrés !

Dossier spécial immigration paru dans Le Prolétaire, n° 375, octobre 1983, p. 1-11

Demonstration after the murder of Toufik, a ten- year old child at the “Cite des 3000” in La Courneuve, France on July 13, 1983. (Photo by Mohamed LOUNES/Gamma-Rapho via Getty Images)

Solidarité prolétarienne avec les travailleurs immigrés et sans-papiers !

Pendant tout l’été s’est développée une campagne contre les travailleurs immigrés d’une rare intensité, à laquelle ont participé des hommes politiques de tout bord, chacun tenant son rôle comme dans une pièce longuement répétée. A Chirac, qui annonce la chasse aux sans-papiers à Paris en septembre et se plaint des étrangers, source d’insécurité, à Marchelli qui veut renvoyer tous les travailleurs en France depuis moins de 10 ans, les politiciens de la majorité répliquent en critiquant les « excès », mais ajoutent aussitôt que c’est « un problème bien réel » et que les idées avancées par les premiers sont, au fond, intéressantes.

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Après les incidents de Vitry : Le réformisme raciste et anti-ouvrier

Articles parus dans Le Prolétaire, n° 327, 9 au 23 janvier 1981, p. 1-2

Discours de Paul Laurent lors d’une manifestation à l’appel du Parti communiste pour soutenir le maire de Vitry-sur-Seine Paul Mericeca qui à provoqué un tollé en détruisant un foyer de travailleurs maliens le 10 janvier 1981 à Vitry-sur-Seine, France. (Photo by Laurent MAOUS/Gamma-Rapho via Getty Images)

Après le transfert de 300 travailleurs maliens de Saint-Maur à un foyer de Vitry, un commando PCF n’a pas trouvé mieux pour « défendre ces travailleurs » contre la barbarie des quotas, du parcage et des ghettos que de rendre le foyer inhabitable à coups de bulldozers. Tout le monde — mairies de Saint-Maur et de Vitry, gouvernement et PC — se renvoie hypocritement la balle pour s’accuser de racisme. Mais le racisme n’est-il pas le produit inévitable d’un système social que toutes ces forces défendent collectivement ?

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Le PCF, champion du racisme anti-immigrés

Article paru dans Le Prolétaire, n° 323, 4 au 27 novembre 1980, p. 1-4

Manifestation d’immigrés à Paris, en mai 1980, France. (Photo by Remi BERLI/Gamma-Rapho via Getty Images)

Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Hauts-de-Seine, ces départements à direction PCF composant la ceinture ouvrière de Paris, sont désormais interdits à l’immigration. Par la voix de ses représentants municipaux, le PCF exige l’arrêt de l’immigration et l’envoi des immigrés… à Neuilly.

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Contre la fermeture des frontières, les expulsions, l’oppression policière et raciste : Vive l’unité internationale de la classe ouvrière !

Articles parus dans Le Prolétaire, n° 283, 9 au 22 février 1979, p. 6

Paris: Champs-Elysées, travailleur immigré devant des affiches de propagande nationaliste, 1979. (Photo by Pierre MICHAUD /Gamma-Rapho via Getty Images)

Un des aspects particulièrement cynique et odieux de l’offensive capitaliste contre la classe ouvrière est le refoulement des ouvriers immigrés vers leurs pays d’origine.

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La mystification de l’antiracisme démocratique

Article paru dans Le Prolétaire, n° 157, 24 septembre-7 octobre 1973

Racisme : Un homme nord africain qui a été lynché dans un bar par 3 tortionnaires montre ses blessures le 24 octobre 1973 à Toulouse, France. (Photo by Gilles BOUQUILLON/Gamma-Rapho via Getty Images)

Pendant que l’oppression policière, le chantage à l’expulsion, les assassinats d’immigrés commis en toute impunité continuent à susciter la réaction ferme, mais tragiquement isolée des travailleurs étrangers (grèves de la région parisienne le 14 septembre, après les grèves de trois jours lancées dans le Midi), le P.C., la C.G.T. et les autres opportunistes s’activent aussi à leur manière.

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Solidarité ouvrière et racisme

Article paru dans Le Prolétaire, n° 97, 1er février-14 février 1971, p. 1-4

Portuguese immigrant children playing in a large dirt hole near a housing project that had been newly built at the time, La Grande Borne, located in the Paris suburbs, 1971 in La Grande Borne, France. (Photo by Francois LE DIASCORN/Gamma-Rapho via Getty Images)

Chacun sait que les difficultés surgies entre la France et l’Algérie au sujet du prix du pétrole ont inauguré une demande de hausse plus générale de la part des pays producteurs. La bourgeoisie des grands pays capitalistes crie son indignation tandis qu’en face on parle de pillage et d’impérialisme.

Parions cependant que les adversaires parviendront à un résultat « honorable pour tous ». En effet, les moyens de pression des Compagnies pétrolières sont puissants et leurs soi-disant opposants, trop corrompus pour être vraiment dangereux.

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Alain : La peur de l’autre

Articles parus dans Informations et réflexions libertaires, n° 58, janvier-février 1985, p. 4-8

Arrivée de la marche anti-raciste Convergence 84 a Paris composée de plusieurs milliers de personnes le 1er décembre 1984 a Paris, France. (Photo by Patrick AVENTURIER/Gamma-Rapho via Getty Images)

Car il savait (…) que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu’il peut rester pendant des dizaines d’années endormi dans les meubles et le linge, qu’il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l’enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse.
Albert Camus (La Peste)

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Habib : Les élections municipales ou le « programme commun » contre les immigrés

Article d’Habib paru dans Informations et réflexions libertaires, n° 50, avril-mai 1983, p. 5

Immigrants, the city of red butte in Chatenay-Malabry, France on April 14, 1983. (Photo by Mohamed LOUNES/Gamma-Rapho via Getty Images)

La foire électorale qu’à vécue la France depuis quelques semaines a été un sujet de polémiques et de discussions diverses alimentées par des dizaines de sondages sur les chances de telle ou telle liste de remporter les municipales. Dans une telle ambiance, on serait tenté de penser qu’effectivement les programmes diffèrent d’un parti à l’autre et qu’il y aurait sûrement des gagnants parmi eux.

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Minguettes

Articles parus dans Informations rassemblées à Lyon, n° 41, novembre 1981, p. 7-11

CITE DES MINGUETTES A VENISSIEUX APRES LES EMEUTES
(Photo by Dominique BARRIER/Gamma-Rapho via Getty Images)

Les Minguettes ce n’est pas Manchester
mais c’en est peut-être la banlieue…

C’était un étrange début d’été ; les soirées lourdes et orageuses alternaient avec de sombres journées de déluge. Bref, les vacances n’arrivaient pas vite.

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Zaâma de banlieue

Articles parus dans Informations rassemblées à Lyon, n° 40, été 1981, p. 5-11

Jeunes issus de l’immigration jouant au pied de leur immeuble dans la cité des Minguettes en juillet 1981 à Vénissieux, France. (Photo by Dominique BARRIER/Gamma-Rapho via Getty Images)

 » Un jour, un jeune immigré discutait avec le BON DIEU.
– Pourquoi tu m’as fait les cheveux noirs et frisés ?
– Pour te protéger des rayons brillants du soleil…
– Pourquoi tu m’as fait la peau bronzée ?
– C’est pour te protéger des rayons du soleil…
– Pourquoi tu m’as fait de grandes jambes ?
– C’est pour que tu puisses courir dans la savane quand un lion veut t’attaquer…
– Mais alors, pourquoi tu m’as fait naître à Villeurbanne ? »

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Anti-racisme

Articles parus dans Informations rassemblées à Lyon, n° 29, été 1979, p. 10-11

Aujourd’hui les expulsions, demain les déportations

La grève entamée il y a deux mois et demi par les 50 femmes de ménages immigrées de l’INSA pour obtenir des meilleures conditions de travail « transport, salaires décents, travail toute l’année ou chômage technique etc » se poursuit actuellement, au rythme de deux heures par jour, dans l’indifférence quasi-générale. L’enjeu de cette grève est particulièrement important. En effet, elle a lieu au moment où les lois Stoleru et Bonnet adoptées dernièrement par l’assemblée nationale, les pratiques policières racistes « rafles, tabassages, et contrôles » et les mesures d’expulsion qui se généralisent, ainsi que les prises de position nationalistes de certains partis ou syndicats, marquent l’offensive délibérée du pouvoir à l’encontre des immigrées, la recrudescence des idéologies racistes et l’instauration de l’arbitraire en matière sociale. C’est pourquoi des luttes comme celle de l’INSA, dans l’immédiat et à plus long terme, resterons révélatrices et à plus d’un titre. C’est un combat qui avec d’autres, permettra, notamment à l’Etat, d’apprécier le degré de mobilisation et de résistance du mouvement anti-raciste et donc déterminera d’une certaine façon, l’application des mesures répressives prises par rapport à l’immigration.

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Racisme/anti-racisme : Une même campagne contre les ouvriers immigrés !!!

Article paru dans Action communiste, n° 4, mai 1981, p. 11-13

A placard in the shape of Mrs Thatcher with the slogan ‘Deport Her Now’ during a rally to protest against the proposed Nationality Bill, 6th April 1981. More than 10,000 people marched through Central London from Hyde Park to Trafalgar Square. (Photo by Simon Dack/Keystone/Getty Images)

Ces dernières années, alors que le racisme a toujours été soigneusement entretenu et maintenu latent dans la société, les luttes raciales resurgissent avec vigueur. Les haines raciales éclatent pour donner caution à des expulsions massives de prolétaires immigrés, ou pour aboutir à l’organisation de milices-commandos qui sillonnent les quartiers à forte concentration d’immigrés, pour y mener les ratonnades et y maintenir un climat de terreur. Si la campagne du P.C.F. en est un exemple caricatural, ailleurs cela se fait parfois encore de manière plus discrète. En Belgique, par exemple, sous un climat de campagne de démocrates anti-racistes, les expulsions sont nombreuses, mais l’information en est encore soigneusement filtrée.

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Ouvriers immigrés : contre les divisions, une seule classe ouvrière

Article paru dans Action communiste, n° 3, janvier 1981, p. 9-11

In 1980, the Bonnet law, which hardened the conditions of entry into France and facilitated the expulsion of illegal immigrants, provoked hunger strikes and demonstrations. (Photo by Christine Spengler/Sygma/Sygma via Getty Images)

Depuis 1974 la politique de l’immigration dans les pays européens a pris un nouveau tournant. La crise que connaît le capitalisme demande, devant la surproduction de main-d’oeuvre qu’il a engendrée, le repli de chaque Etat sur ses frontières pour assurer sa survie économique. Pour alléger les frais croissants qu’occasionne le chômage, l’expulsion des travailleurs immigrés s’impose, de même que le développement d’une campagne raciste pour pouvoir réaliser les expulsions. La bourgeoisie, toujours soucieuse de préserver les intérêts du capital, emploie ou renvoie les prolétaires selon ses besoins.

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Le Capital organise le racisme

Article paru dans Alarme, n° 10, octobre-novembre-décembre 1980, p. 11-12

In 1980, the Bonnet law, which hardened the conditions of entry into France and facilitated the expulsion of illegal immigrants, provoked hunger strikes and demonstrations. (Photo by Christine Spengler/Sygma/Sygma via Getty Images)

Nombreux sont les commentaires et réactions de la présence d’ouvriers immigrés, surtout algériens, en France. Aujourd’hui, leur présence dans les cités ouvrières dans les municipalités de gauche, et en fait, leur présence tout court, semble « gêner » quelque peu les fractions politiques du jeu démocratique.

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Les libertés selon le PCF

Article paru dans Tribune algérienne, n° 10, juin 1977, p. 20-22

Georges Marchais répond aux question de journalistes en septembre 1977, Paris, France. (Photo by Gilbert UZAN/Gamma-Rapho via Getty Images)

OU

Comment être pour les libertés en France, dans les pays de l’Est, en Amérique latine, mais pas en

ALGERIE

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Le P.C.F., Robert LAMBOTTE, Francis COHEN, François HINCKER : VIVE BOUMEDIENE ! VIVE LA CHARTE !

Article paru dans Tribune algérienne, n° 8, novembre 1976, p. 8-13

Discours de Georges Marchais à la tribune du 22e congrès du Parti communiste français en février 1976 à Saint-Ouen, France. (Photo by Alain MINGAM/Gamma-Rapho via Getty Images)

Décidément le Parti Communiste Français s’ « intéresse » beaucoup, depuis quelques temps, à ce qui se passe en Algérie… Qu’on en juge !

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Le voyage de Marchais en Algérie

Article paru dans Tribune algérienne, n° 1, novembre 1974, p. 8-10

Georges Marchais (1920 – 1997), General Secretary of the French Communist Party, 1974. (Photo by Fox Photos/Hulton Archive/Getty Images)

A l’invitation du F.L.N., une délégation du P.C.F. conduite par MARCHAIS a séjourné en ALGERIE du 11 au 15 septembre 1974.

Précisons le cadre et le caractère de ce voyage, le contenu de l’accord P.C.F.-F.L.N. et ses premières retombées.

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Répression du 14 juillet 1953 : rencontre à Paris, samedi 13 juillet à 19h30

J’ai le plaisir d’informer mes amis et lecteurs que je participerai à la rencontre en hommage aux victimes de la répression du 14 juillet 1953, ce samedi 13 juillet à partir de 19h30 à Paris.

Communist-led demonstrators, using broken-down wooden fences and sticks as weapons, prepare to clash with police on nation Square, as other rioters (background) battle police reinforcements. The riots took place following the end of the traditional ‘Bastille Day’ Communist parade from nation to Bastille Squares. Seven persons were killed and 126 policemen and demonstrators were wounded in the riots, the worst in France since 1947.

L’événement se tiendra place de la Nation, autour du kiosque, face au lycée Arago : 4 Place de la Nation, 75012 Paris. Les autres intervenants seront Sadek Hadjeres, Gilles Manceron et Rosa Moussaoui. Un extrait du film de Daniel Kupferstein, Les Balles du 14 juillet 1953, sera projeté.

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Algérie : La lutte de libération nationale (suite)

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, n° 33, juillet-août 1979, p. 8-11.

Dans le numéro précédent de « TIL », nous avions donné une rapide appréciation de la lutte de libération nationale en Algérie, et de son principal instigateur, le FLN (Front de Libération Nationale). D’autres mouvements ont cependant participé à cette lutte. Le Parti Communiste nous intéresse ici, car il est important de tirer le bilan de son attitude, et de donner l’appréciation des révolutionnaires sur une politique nationaliste, qui n’avait de communiste que le nom. Il est nécessaire aussi de montrer comment cette politique bourgeoise du Parti Communiste en Algérie amena ses militants, après bien des revirements, à un suivisme total vis-à-vis du FLN. Suivisme qui préfigure d’ailleurs le soutien « critique » du PCA (maintenant le PAGS), au gouvernement bourgeois issu de la guerre d’Algérie,

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Les révolutionnaires et les mots d’ordre démocratiques en Algérie

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, n° 28, 15 janvier-15 février 1979, p. 5-8.

Dans un pays soumis à une sévère dictature comme l’Algérie, la lutte pour les « libertés démocratiques » des masses opprimées, c’est-à-dire le droit pour les ouvriers, paysans pauvres, chômeurs de s’organiser, de se réunir, de s’exprimer, de faire grève, manifester, est un problème de première importance. Cette lutte ne se sépare d’ailleurs pas de la lutte pour la révolution socialiste et l’instauration de la dictature du prolétariat. Elle correspond en effet aux aspirations et aux besoins profonds de tous les exploités et les révolutionnaires et la classe ouvrière doivent se faire l’expression de cette aspiration pour prendre la tête de la lutte contre la dictature.

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Contre l’explosion prolétarienne, la bourgeoisie algérienne assassine, l’impérialisme approuve

Article paru dans Le Prolétaire, n° 398, octobre-novembre 1988, p. 1-2

Pillages et incendies lors des émeutes le 6 octobre 1988 à Alger, Algérie. (Photo by SIDALI-DJENIDI/Gamma-Rapho via Getty Images)

Les émeutes qui ont enflammé durant une sanglante semaine une bonne partie du pays ne se réduisent pas à un « coup de fièvre de la jeunesse », mais sont l’expression d’un mouvement social aux origines indiscutablement prolétariennes (1).

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Le P.C.F. et le mythe du « socialisme » benbelliste

Article paru dans Le Prolétaire, n° 28, janvier 1966

Algerian president Ahmed Ben Bella’s visit in Constantine with colonel Houari Boumediene on November 11, 1963 in Constantine, Algeria. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Dans une résolution adoptée après le coup d’Etat de Boumedienne, le C.C. du P.C.F. déclarait : « Le comité central, en se gardant de toute ingérence dans les affaires intérieures de l’ Algérie, constate que la Constitution a été violée et qu’un coup sérieux a été porté à la cause algérienne, ainsi qu’au mouvement de Libération nationale des peuples ». Ne nous étonnons pas de ce « respect » du P.C.F. pour une Constitution typiquement bourgeoise, ni de ses protestations de « non-ingérence ». Cela répond parfaitement au légalitarisme qu’il affiche depuis des dizaines d’années. Ne nous étonnons pas davantage qu’il déplore la chute d’un pouvoir qui, en novembre 1962, décrétait la dissolution du « Parti communiste d’Algérie », c’est-à-dire d’un parti-frère : Moscou n’avait-elle pas accueilli le « socialiste » Ben Bella comme un « ami », un « camarade » et comme » « le plus grand révolutionnaire d’Afrique » ? On n’est pas plus royaliste que le roi… Mais voyons quelle est donc cette « cause algérienne » que le P.C.F. juge si gravement compromise. Pour nous qui avons déjà vu Ben Bella l’invoquer contre les dockers algérois en grève, les choses sont claires : ça n’était plus la cause d’un mouvement révolutionnaire, mais une raison d’Etat, un principe d’ordre bourgeois, et dès lors, un Boumedienne est à priori tout aussi indiqué qu’un Ben Bella pour la défendre et l’illustrer. Mais le P.C.F., lui, ne croit pas aux faits : il croit aux mots ; pour lui, le « programme » du benbellisme est, et reste celui de la Charte d’Alger, approuvé en avril 1964 au 1er Congrès du F.L.N. : « ne pas laisser compromettre la victoire historique sur l’impérialisme et mettre en cause l’option socialiste » « assurer dans la liberté le développement de l’Algérie nouvelle, démocratique et progressiste ». C’est sa phrase socialiste, qui attache le P.C.F. au souvenir du benbellisme. Ce que valait cette phrase, nous allons le voir.

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André Mistral : Sur le petit commerce marxo-universitaire comme brève réflexion non théorique sur la production marxiste contemporaine

Article d’André Mistral paru dans Spartacus, n° 89, février-mars 1978, p. 18-19

Louis Althusser, professeur à l’Ecole Normale Supérieure, militant communiste depuis 48, philosophe du P.C.F. dénonce, dans une série d’articles publiés par « Le Monde », le mode d’organisation et le modèle « militaire » du P.C.F. le 26 avril 1978, à Paris, France. (Photo by Alain MINGAM/Gamma-Rapho via Getty Images)

 
Les lignes qui suivent se présentent comme une autocritique dans la mesure où, d’une certaine façon, nous sommes ou avons été impliqué dans ce que nous critiquons. Autocritique et avertissement plutôt que mise en jugement, car notre propos n’est pas de préserver la pureté théorique du marxisme.

 

 

Aujourd’hui, pour un intellectuel qui veut être reconnu comme se situant du « bon côté » de la lutte des classes, il semble qu’il suffise de citer Marx et le Capital. Or, cela est quelquefois insuffisant, d’autant plus que certaines fractions de la bourgeoisie n’hésitent plus à récupérer certaines terminologies marxistes, voire même maoïstes – et il convient aussi d’affirmer la primauté de la pratique, la volonté d’échapper à l’économisme, etc. Enfin, il faut (comme s’il existait chez certains éditeurs un centre politico-théorique qui vérifie le caractère des manuscrits et leur donne « l’imprimatur marxiste ») publier, par exemple, chez Maspéro. Encore qu’avec l’élargissement  du marché marxiste, il soit souhaitable aujourd’hui, pour bien gérer ses intérêts et sous le prétexte politique d’élargir et de mieux faire connaître ses écrits, de se faire éditer par une maison mieux établie (d’autant plus que l’éditeur nommé connaît quelques difficultés).

 

Lorsqu’ils font de la théorie, « nos » théoriciens s’imaginent, comme le note F. Georges (1), qu’il n’y a pas d’autre effort à faire que de commenter le Capital au lieu de Bergson pour s’identifier au destin du monde et même pour exercer sur lui, surtout si l’on a une carte en poche, un pouvoir de direction digne de ses capacités. Comme le note Georges, en fait, ce qui de Marx agit dans l’histoire, ce n’est pas tant son œuvre que son nom, précisément. D’une certaine façon, le Marx réel est un Marx imaginaire. Quand ils ne commentent pas ou ne paraphrasent pas Marx, ce qui est d’essentiel de leur « pratique théorique », les théoriciens réfutent les nouvelles formes des vieux discours de l’économie politique bourgeoise. Il convient ici de constater que ces discours n’intéressent que les seuls universitaires, qu’en outre la critique est toujours externe, enfin qu’elle permet d’éviter de faire une analyse concrète (2).

 

L’analyse concrète est toujours absente lorsqu’ils font de la théorie, celle-ci étant toujours grande… Car pour s’identifier au destin du monde, il faut le surplomber. C’est pourquoi l’objet de la recherche est, soit le capitalisme mondial, le capital financier, etc., soit des objets apparemment plus réduits tels qu’une formation sociale (Etats-Unis, France, URSS, Japon… ) analysée à travers toutes ses dimensions. On le voit, nos théoriciens sont, d’une certaine façon des mégalomanes. A un tel niveau, la production théorique ne repose à aucun moment sur ce que l’on nomme « analyse concrète de la situation concrète » et n’est faite que de compilations difficilement vérifiables. L’on se trouve donc en face d »un modèle que l’on acceptera ou non en fonction de ses seuls fantasmes idéologico-politico-théoriques.

 

Quand les théoriciens vont chercher la réalité sociale (et ils le font d’autant plus que le théoricisme commence à être dévoilé), c’est pour y trouver quelques données propres à s’intégrer au modèle qu’ils ont en tête. L’un des plus théoricistes s’est mis depuis peu à intégrer dans sa production des données statistiques – ce qui peut laisser supposer une rupture dans sa « pratique théorique » – sans pour autant changer celle-ci. La réalité sociale reste très secondaire et ne sert éventuellement qu’à justifier et à rendre crédible le modèle. D’une certaine façon, la réalité sociale n’intéresse pas nos théoriciens et au fond elle peut être dangereuse dans la mesure où, si elle était confrontée aux productions théoriques, celles-ci seraient complètement remises en cause. L’analyse étant faite à l’avance. on colle sur chaque nouvelle réalité à examiner un schéma pré-établi : certains, après avoir établi un premier schéma qui les fit connaître et reconnaître. le plaquent à un nouvel objet que. de fait, ils n’étudient pas. L’important est d’aboutir à un discours théorique séduisant, ayant l’air « beau ». La théorie devient exercice d’esthétique.

 

Comme le travail d’analyse concrète est très long, si on le supprime, on a du temps pour rédiger et, dès lors, on peut avoir une production abondante… A moins, bien entendu, que le problème essentiel soit de publier sans cesse (pour son image de marque, pour faire de l’argent), ce qui impliquerait d’écrire vite, quitte à délaisser l’analyse. Il convient aussi de noter qu’avoir une production abondante et régulière est difficilement compatible (du point de vue du temps) avec une pratique politique réelle. Qu’enfin, et toujours du point de vue du temps, il y a une incompatibilité entre, d’une part un travail scientifique sérieux et lié à un travail militant et, d’autre part, la fréquentation de tous les « cercles » (3) qui réunissent certains théoriciens parisiens je dis bien tous les cercles, car il semble que certains « convives » soient présents partout : cette ubiquité leur est sans doute profitable…). 

 

Pour le petit nombre qui se livre à quelques analyses concrètes, la lutte des classes est généralement absente. Comment alors échapper à l’économisme que, précaution de style, ils dénoncent par ailleurs ? Même si l’on parle de luttes de classes, le plus souvent au niveau d’un titre ou d’une introduction, nulle trace ailleurs, si ce n’est parfois – et ce n’est pas négligeable – de lutte de classes de la bourgeoisie. Mais se voulant du côté du prolétariat, nos théoriciens rechignent à étudier la bourgeoisie.

 

Face à des problèmes économico-politiques qui peuvent se poser, nos théoriciens sont incapables d’avancer une seule analyse probante (4). Ce qui ne veut pas dire qu’ils vont se priver de nous livrer leur pensée, comme nous le montre par exemple l’imposante production sur la « crise », qui n’a pas pour autant permis d’avancer une seule analyse un tant soit peu correcte  : une des explications à cet état de choses réside simplement dans le fait que personne ne s’est donné les moyens et le temps nécessaires à une véritable analyse.