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Le PCF, champion du racisme anti-immigrés

Article paru dans Le Prolétaire, n° 323, 4 au 27 novembre 1980, p. 1-4

Manifestation d’immigrés à Paris, en mai 1980, France. (Photo by Remi BERLI/Gamma-Rapho via Getty Images)

Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Hauts-de-Seine, ces départements à direction PCF composant la ceinture ouvrière de Paris, sont désormais interdits à l’immigration. Par la voix de ses représentants municipaux, le PCF exige l’arrêt de l’immigration et l’envoi des immigrés… à Neuilly.

Ces mesures sont en parfaite continuité et en totale logique avec la nature et la politique du PCF. La seule donnée nouvelle, c’est que racisme, chauvinisme, pro-capitalisme ne sont plus recouverts d’un quelconque vernis ouvrier ou “socialiste”. Aujourd’hui au PC – mais aussi au PS, comme à Villeurbanne – on parle franc, on dit : “Bienvenue aux flics, dehors les immigrés” ! Le choix est clair, logique et en accord avec la bourgeoisie.

Celle-ci, avec son plan “Sécurité et Liberté”, ses expulsions, ses assassinats, vise directement à intimider l’ensemble de la classe ouvrière, à lui montrer le bâton pour la faire filer droit. Il est donc logique que le PC, dans son souci d’ordre et d’équilibre social, emboîte le pas à ses maîtres, les bourgeois. Et on peut affirmer en toute certitude que lorsque l’équilibre social risquera ouvertement de basculer, quand la classe ouvrière retrouvera son instinct de classe et sa haine de l’ordre bourgeois pour les fondre dans la préparation d’une riposte organisée, le PCF, lui, passera sur le terrain de l’action directe pour mater physiquement les travailleurs. Ce passage à un affrontement physique confirmé aujourd’hui par l’ensemble de sa politique, s’inscrit inévitablement dans la nature de cette milice anti-ouvrière qu’est le PCF. Ce ne sont donc pas, comme l’affirme la CFDT – qui trouve ainsi le moyen de se dédouaner sans la moindre critique sur le fond -, des causes contingentes et électoralistes qui poussent le PC à cela. Ce ne sont pas des causes contingentes qui ont poussé pendant la guerre le PC à fusiller lui-même les militants restés fidèles à l’internationalisme, ce ne sont pas des causes électorales qui ont fait du PCF le complice des bombardements de Sétif le 8 mai 1945 et de tous les massacres des révoltes anti-coloniales.

Aujourd’hui, les déclarations des municipalités comme celle d’Ivry par exemple, sont édifiantes et les révolutionnaires doivent se réjouir de telles déclarations, car elles montrent dans les faits ce que nous ne cessons d’affirmer invariablement.

Dans Le Travailleur du 24-10-1980 (organe du PC pour le Val-de-Marne), le PC déclare : “Trop d’immigrés, c’est mauvais pour les Français et les immigrés”. La cause du racisme est attribuée aux victimes elles-mêmes ! “Nous nous prononçons pour l’arrêt réel de l’immigration.” Arrêt réel, ça veut dire que le PC est d’accord avec l’Etat qui stoppe l’immigration, mais qu’il lui reproche de ne pas prendre des mesures efficaces ! Avec le PC au gouvernement, on peut lui faire confiance, plus un immigré ne passerait la frontière.

“Nous exigeons [que patronat et sociétés d’HLM] cessent d’attribuer les HLM aux immigrés […] et s’il le faut nous appellerons à l’occupation des logements pour y reloger des mal-logés ivryiens.” Et de fait, le PC a déjà réussi à faire expulser six familles “qui étaient à l’origine de troubles” (Le Travailleur du 17-10-1980). Ne cherchons pas la nationalité de ces familles !

Mais l’abjection du PC de Vitry est elle aussi édifiante. Dans Vitry H.A.D. d’octobre 1980, le PC dénonce le jeune camarade immigré qui s’était fait le porte-parole de la haine des flics et des bourgeois manifestée par les habitants d’une cité où avait été assassiné le jeune Kader : le voilà qualifié de “jeune voyou, très connu pour les actes répréhensibles [on imagine sans peine le bureaucrate cravate-attaché-case écrivant cela] dont il s’est rendu coupable, et nous pensons qu’isoler [gageons que demain le PC écrira : éliminer] ces éléments est l’affaire de tous”.

Pour les ouvriers, le PC ? Communiste, le PC ? C’est justement dans les villes de la banlieue parisienne, traditionnellement habitées par les ouvriers – mais une politique de construction destinée aux cadres et à l’aristocratie ouvrière les pousse à quitter même cette banlieue – qu’on voit que pour le PC, comme pour le PS, comme pour les bourgeois, la misère est un crime, la couleur de la peau une tare, et la haine de l’exploitation une déviation insupportable qu’il faut isoler.

Il est évident (sauf pour les trotskystes ultra-dégénérés qui appellent dans Rouge du 1er novembre à l’unité PC-PS contre le racisme !) que l’action du PC vise à renforcer les derniers remparts de l’ordre capitaliste : défense de la famille, défense du bon travail, défense de l’armée, de la police, de la patrie. Ces objectifs ne sont pas seulement un aplatissement complet devant les capitalistes, mais aussi et surtout une politique dirigée contre l’ensemble de la classe ouvrière.

Pour pouvoir détruire les chaînes que lui a forgées le capitalisme, la classe ouvrière devra aussi faire sauter les menottes que lui ont passées les partis soi-disant ouvriers.

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