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Une page de la guerre de classe du prolétariat : les « émeutes raciales » des Etats-Unis

Article paru dans Le Prolétaire, n° 46, septembre 1967, p. 1-4

Nighttime view of fires, in the wake of ongoing riots, in the northwest part of town, Detroit, Michigan, 1967. (Photo by Declan Haun/The LIFE Premium Collection via Getty Images/Getty Images)

Où est le véritable problème ?

Si même sur le moment la violence des émeutes noires effraie “le petit blanc” américain et pose quelques problèmes aux sociologues et aux politiciens qui s’interrogent sur ses causes, elle est considérés en fin de compte par l’opinion publique comme un cataclysme d’ordre naturel, qu’on taxe de racial : elle n’ébranle pas plus la société qu’un tremblement de terre et les forces de l’ordre sont suffisamment puissantes pour garantir la sécurité des citoyens bien pensants contre les éléments sporadiquement déchaînés.

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La révolte des noirs de Californie : Question raciale ? Question sociale !

Article paru dans Le Prolétaire, n° 25, octobre 1965, p. 1-2

During the Watts Riots while flames burn in the background, a police officer stands guard over a handcuffed man on the street and propped against the front wheel of a parked car, Los Angeles, California, July 1965. (Photo by Lawrence Schiller/Polaris Communications/Getty Images)

Le conformisme international aura vite enseveli les faits « regrettables » de Californie sous une épaisse couche de silence. Les bourgeois éclairés chercheront encore longtemps les causes “mystérieuses” qui ont enrayé là-bas le fonctionnement « pacifique et régulier » du mécanisme démocratique. Et les observateurs des deux bords de l’Atlantique se consoleront en pensant qu’après tout les manifestations de violence collective des hommes de « couleur » ne sont pas en Amérique une nouveauté, et que celles de 1943 à Détroit sont restées sans lendemain, quoique beaucoup plus graves.

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Achille Mbembé : À propos des écritures africaines de soi

Extrait de l’article d’Achille Mbembé, “À propos des écritures africaines de soi”, Politique africaine, n° 77 , 2000, p. 26-29.

 

 

Parallèlement à ce courant qui cherche à fonder une politique de l’africanité en s’aidant des catégories de l’économie politique marxiste et en scandant l’histoire sur le mode ternaire de l’esclavage, de la colonisation et de l’apartheid, s’est développée une configuration rhétorique dont la thématique centrale est l’identité culturelle. Ce courant s’appuie, avons-nous dit, sur trois béquilles: la race, la géographie et la tradition.