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George Orwell : Grandeur et décadence du roman policier anglais

Article de George Orwell paru dans Fontaine, n° 37-40, janvier 1944, p. 69-75

The Scarlet Claw, lobbycard, (aka SHERLOCK HOLMES AND ), from left, Basil Rathbone, Nigel Bruce, 1944. (Photo by LMPC via Getty Images)

C’EST de 1920 à 1940 que fut lu et écrit le plus grand nombre de romans policiers et c’est précisément durant cette période que le roman policier en tant que genre littéraire devint décadent. Au cours de ces années inquiètes et utiles, les “crime stories” comme on les appelait (en désignant ainsi le roman détective proprement dit aussi bien que le “thriller” où l’auteur utilise la formule grand-guignolesque) constituaient en Angleterre un palliatif universel au même titre que le thé, l’aspirine, les cigarettes et la radio. Ces ouvrages parurent en quantité industrielle et l’on ne peut qu’être surpris de compter parmi leurs auteurs des professeurs d’économie politique et des prêtres tant catholiques qu’anglicans. L’amateur que jamais l’idée d’écrire un roman n’avait effleuré se sentait de taille à taquiner le roman policier qui n’exige que de très vagues connaissances de toxicologie et un alibi plausible derrière lequel dissimuler le coupable. Bientôt pourtant le roman policier tendait à se compliquer : il demandait à l’auteur plus d’ingéniosité car il fallait satisfaire chez le lecteur un appétit de violence et une soif de sang toujours croissants. Les crimes devinrent plus sensationnels et plus difficiles à déceler. Mais il n’en reste pas moins que dans cette multitude d’ouvrages l’on n’en trouve point ou presque qui vaille la peine d’être relus.

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Breffel : Réflexions sur le “Zéro et l’Infini”

Article de Breffel paru dans Le Libertaire, n° 63, 10 janvier 1947, p. 3

Hungarian-born British writer Arthur Koestler, right, at the head office of publishers Jonathan Cape with G Wren Howard. Original Publication: Picture Post – 1671 – Do We Read Better Books In Wartime – pub. 1944 (Photo by Felix Man & Kurt Hutton/Picture Post/Hulton Archive/Getty Images)

La traduction du livre de Koestler a suscité en France une double querelle : certains y ont cherché la psychologie des victimes des Procès de Moscou ; d’autres y ont vu une critique du régime soviétique. Le choix exclusif d’un point de vue est ici assez vain. Les deux se justifient, s’il est vrai qu’il y a dans un livre, outre l’apport de l’auteur, ce que le lecteur y ajoute.

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Le Zéro et l’Infini

Article paru dans Le Libertaire, n° 30, 24 mai 1946, p. 2

« La mort de tout homme me diminue, parce que je fais partie du genre humain. Ainsi donc, n’envoie donc jamais demander pour qui sonne le glas : il sonne pour toi. »

(Hemingway.)

Au moment où les écrivains américains avec Faulkner, Miller, Steinbeck, Saroyan se disputent la critique sur le seul plan technique ; l’anglais Arthur Koestler, juif hongrois d’origine, devient le sujet d’une controverse beaucoup plus profonde. « Le Zéro et l’Infini » prend l’allure d’un manifeste.

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Pierre Mertens : L’écrivain public n° 1

Article de Pierre Mertens paru dans Lignes, n° 6, 1989/2, p. 29-40

The 14th evening of the “Cesars” in Paris, France in February, 1989 – Claudia Cardinale, Isabelle Adjani, Cesar for the best actress with “Camille Claudel” by Bruno Nyutten, Michel Drucker. On this occasion Isabelle Adjani, voted the best actress for the third time in her career, reads an excerpt from “Vesrets Sataniques” by Salman Rushdie. (Photo by Pool ARNAL/SIAUD/Gamma-Rapho via Getty Images)

Bien sûr, l’imam Khomeiny n’a pas lu les Versets sataniques. Depuis quand les tyrans prendraient-ils la peine de lire des romans ?

Son hégémonie se voit, seulement, un peu contestée, depuis quelque temps, au sein du grand empire islamique. C’est à partir de l’automne 88 qu’en Inde, au Pakistan, au Arabie Saoudite, et même à Bradford, en Grande-Bretagne, le livre impie remue les fidèles, et qu’on le brûle publiquement.

Le suprême ayatollah laisserait-il aux sunnites l’initiative de l’intolérance ? Aux Saoudiens qui sont, en priorité, ses rivaux ?

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Maurice Audebert : Quousque tandem…

Chronique de Maurice Audebert parue dans Raison présente, n° 90, 2eme trimestre 1989, p. 126-128

Protesting Against Salman Rushdie’s book in Paris, France on February 26, 1989. (Photo by Mohamed LOUNES/Gamma-Rapho via Getty Images)

D’après les informations d’hier “les tueurs sont en marche”. J’ignore ce qu’il en sera dans quelques semaines, quand paraîtra cette chronique : peut-être déjà arrivés puisque, par ces temps, la barbarie s’affiche en toute bonne conscience ; sans compter que, comme ils le promettent, si ce n’est pas demain ce sera plus tard car la police se lassera bien un jour de protéger le “criminel”. Salman Rushdie, comme on l’aura compris. D’après ces mêmes informations, un millier de musulmans ont manifesté dans les rues de Paris, et dont certains criaient “à mort !” ; dans la foule, on voyait des gamins, particulièrement véhéments ; sur le petit écran. Monsieur Le Pen, qui se frottait les mains : “ce que vous voyez là, ce n’est que l’avant-garde ; demain ils seront des millions et c’en sera fait de vos libertés.” Pendant ce temps d’autres condamnent mais s’interrogent car il paraît qu’il faut laisser leur chance aux “libéraux” de là-bas.

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presse

Mourad Saber, l’agent SM 15

Article paru dans El Jarida, organe du Parti de la révolution socialiste, date en cours de vérification.

Sauvage et baveux comme une hyène, le gangster Gobbe se jette sur Farida. La jeune femme se défend, mais son rival est trop fort. En mission secrète à Rome, au service d’El Fath, elle est tombée dans un piège des agents israéliens aidés par la C.I.A. et la Mafia. Soudain, des coups de feu claquent. Sionistes et mafiosi s’écroulent. Un athlète au regard ténébreux apparaît et libère la belle. Mourad Saber, l’agent SM 15, a une fois de plus mis l’ennemi en échec.

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publications

Roman réaliste – Anars d’Espagne : les années Paname

Mon dernier article intitulé “Roman réaliste – Anars d’Espagne : les années Paname” vient de paraître dans le mensuel de critique et d’expérimentation sociales CQFD, n° 173 (février 2019).

En voici la présentation par la rédaction de CQFD :

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livres

Mohamed Kacimi el-Hassani : Le Mouchoir

Extraits de Mohamed Kacimi el-Hassani, Le Mouchoir, Paris, L’Harmattan, 1987, p. 18-21.

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Dimanche

Il est des signes annonciateurs de déconvenues. Ce matin, en allant aux toilettes, j’y fus surpris par une odeur forte, brûlante même. (…) quand soudain, je vis, là, sur la faïence, à hauteur de ma taille et jusqu’à la pointe de mes pieds, une longue et visqueuse traînée blanchâtre et fumante, répartie en largeur sur deux ou trois carreaux et dont les éclaboussures atteignaient mêmes les angles des deux côtés : quelqu’un venait de se masturber ici!