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L’ère de l’opulence (J. K. Galbraith – Ed. Calmann-Lévy)

Article paru dans Informations Correspondance Ouvrières, n° 4, janvier 1962, p. 12-14

Pour les copains qui ont lu Whyte, Packard, Cl. Julien (I) ce nouveau bouquin sur la vie et l’économie américaine n’apportera pas grand’chose de plus comme documentation. Toutefois, il est à lire, non pas seulement parce que son auteur est un conseiller écouté de Kennedy, qui lui a confié le poste important d’ambassadeur en Inde, mais parce qu’il familiarise avec les notions économiques et complète tout de même ce que les auteurs cités ci-dessus ont exposé.

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Vance Packard : L’art du gaspillage

Article paru dans Informations Correspondance Ouvrières, n° 19, juin 1963, p. 16-17

Qui veut se faire une idée de la société américaine d’aujourd’hui peut lire les trois ouvrages de Vance Packard (Ed. Calmann-Lévy) :

« Les obsédés du standing »

« La persuasion clandestine »

« L’art du gaspillage »

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Paul Morelle : Le Zéro et l’Infini, d’Arthur Koestler

Article de Paul Morelle paru dans Franc-Tireur, 26 février 1946, p. 2

ON ne peut rencontrer âme qui lit sans qu’elle vous demande ce que l’on pense du roman d’Arthur Koestler, Le Zéro et l’Infini (1). L’auteur, qui vient de faire paraître un autre roman historique, Spartacus, après avoir publié en 1940, sous le titre d’Un testament espagnol, le fruit de ses expériences de prisonnier et de condamné à mort pendant la guerre civile, est en passe de devenir aujourd’hui, de par ce dernier livre, la coqueluche du Tout-Paris politique et littéraire. Les causes de ce légitime succès appartiennent, en effet, à, ces deux ordres — comme il faut s’y attendre en nos temps de fièvre politique et de littérature engagée.

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Maurice Nadeau : Éloge de la révolte

Article de Maurice Nadeau paru dans Gavroche, n° 76, 7 février 1946, p. 5

EN ces temps de confusion, de veulerie et de grande tolérance, où les frontières autrefois nettes s’estompent et deviennent fluctuantes dans la société comme chez les individus, où les adversaires se saluent du fleuret moucheté avant d’entreprendre un combat qui se marque surtout par un assourdissant battement de pieds sur les planches, où la résignation, l’atonie et le scepticisme ont délogé la vie et la volonté de lutte, il est urgent de restaurer la seule justification de l’homme ici-bas : la révolte. Avant de lui tracer des limites, à quoi s’emploient tous les gens « compréhensifs », il est indispensable d’en élucider le contenu et d’en marquer la nécessité.

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Maurice Nadeau : La tragédie des « repenseurs » du marxisme

Article de Maurice Nadeau paru dans Combat, 31 mars 1949, p. 4

QU’EST-CE que le marxisme ? Une idéologie, une méthode d’explication du monde, une philosophie, une stratégie de la révolution, une religion, ou tout cela à la fois ? En l’impossibilité où l’on est de le définir congrûment pourrait résider une des sources de la « tragédie » (1) où Michel Collinet estime qu’il est tombé et qui fait que des millions d’hommes s’en réclament sans en avoir toujours d’autre représentation que vante mais exclusive. En son nom, sur un sixième du globe, on régente et on blâme, on emprisonne et on commet parfois des assassinats ; ailleurs, des philosophes, historiens, économistes, politiques et artistes l’utilisent à des fins diverses, parfois excellentes, parfois nocives. Malheureusement, pour l’ensemble de ces marxistes « orthodoxes » ou hérétiques, « étroits » ou « ouverts », la lettre a souvent tué l’esprit et la référence au dogme remplacé la recherche vivante.

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Maurice Nadeau : Arthur Koestler qui vient d’arriver à Paris nous parle de « La tour d’Ezra »

Article de Maurice Nadeau paru dans Combat, 3 octobre 1946, p. 1 et 3

ARTHUR KOESTLER est arrivé de Londres mardi soir par la « Flèche d’Or ». Ses éditeurs, qui savaient qu’il devait venir à Paris ces jours-ci, furent moins favorisés qu’un petit nombre d’amis qui, prévenus, l’attendaient à la gare. Il a passé, en compagnie de ceux-ci, une nuit probablement agitée, et s’excuse, en me recevant à une heure assez matinale, de n’être pas tout à fait « dans son assiette ». Un beau désordre règne dans la chambre. On dirait que ses vêtements, doués pour un soir d’une vie autonome, l’ont quitté un à un et se sont posés au hasard des sièges.

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Maurice Nadeau : Communistes d’hier et d’aujourd’hui

Article de Maurice Nadeau paru dans Combat, 23 juin 1949, p. 4

PARMI les adversaires en stalinisme il est de bon ton d’affirmer qu’Aragon a du talent. Il est communiste, dit-on, et c’est dommage, mais de ce terrain vague qu’est la littérature on peut bien lui concéder quelque parcelle et reconnaître qu’il y exécute ses tours avec grâce. Et puis, ajoute-t-on, il nous a rendu tant de services ! Au moment où nos énergies défaillantes réclamaient un barde, il s’est présenté, en livrée de troubadour. Quand nous avons failli glisser dans la littérature malsaine, celle des Joyce, des Kafka et des Faulkner, il a courageusement revendiqué le droit d’écrire comme Octave Feuillet, un Octave Feuillet « noir ». Qu’il ait affublé de l’épithète « socialiste » le vieux réalisme exsangue du siècle dernier ne nous effraie pas. Nous avons nous aussi les idées larges et savons pratiquer le « fair play ». Alors, reconnaissons que le poète et romancier communiste Aragon possède un fichu talent !

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Maurice Nadeau : La Gauche intellectuelle et le communisme

Article de Maurice Nadeau paru dans Combat, 8 juin 1950, p. 4

COMME tout était simple, pour l’intellectuel d’Occident, il y a vingt ans ! Comme il lui était facile de choisir ! Comme il pouvait aisément se donner bonne conscience ! Quand il avait compris la nature de son rôle : lutter contre l’état de choses existant, pas moins qu’aujourd’hui injuste et fondé sur des valeurs perverties, ne lui suffisait-il pas de regarder vers l’Est pour prendre confiance en lui-même, donner à son espoir et sa révolte une signification qui le dépassait ?

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Le Zéro et l’Infini

Article paru dans Le Libertaire, n° 30, 24 mai 1946, p. 2

« La mort de tout homme me diminue, parce que je fais partie du genre humain. Ainsi donc, n’envoie donc jamais demander pour qui sonne le glas : il sonne pour toi. »

(Hemingway.)

Au moment où les écrivains américains avec Faulkner, Miller, Steinbeck, Saroyan se disputent la critique sur le seul plan technique ; l’anglais Arthur Koestler, juif hongrois d’origine, devient le sujet d’une controverse beaucoup plus profonde. « Le Zéro et l’Infini » prend l’allure d’un manifeste.