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Corée : fin de la « guerre froide »

Article paru dans Socialisme ou Barbarie, n° 7, août-septembre 1950, p. 95-103

North Korean prisoners, taken by the Marines in a foothills fight, march single file across a rice paddy, 1950.

La capacité d’une direction révolutionnaire se mesure à son aptitude à juger de la signification profonde des grands événements internationaux qui constituent la trame concrète de l’évolution historique dans laquelle le prolétariat révolutionnaire doit s’insérer comme force indépendante et consciente.

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Les perspectives de la « guerre froide »

Article paru dans Quatrième Internationale, 11e année, Volume 11, n° 5-7, juillet 1953, p. 1-6

Le bilan global des événements des derniers mois, disons depuis la mort de Staline, démontre l’impossibilité de sortir de l’impasse de la « guerre froide » et d’arriver à un compromis général et durable entre les pays impérialistes et ceux dudit bloc soviétique. En ce sens, la paix à laquelle aspirent avec raison les millions des travailleurs, n’est pas certainement pour demain.

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Guerre froide et guerre de classes

Article paru dans La Vérité, n° 221, 5 novembre 1948, p. 3

La réunion de l’Assemblée générale de l’O.N.U. a déplacé le centre de gravité de la « guerre froide » de Berlin à Paris. Pour la galerie, des discours plus spectaculaires l’un que l’autre n’ont cessé de se succéder de jour en jour ; dans les coulisses se sont entre temps poursuivis les pourparlers ultra-secrets qui ont une fois de plus démontré aux peuples combien mensongers sont les procédés de propagande utilisés de part et d’autre pour maintenir en haleine l’opinion publique mondiale.

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Maroc : Le régime néocolonial déclenche la répression

Déclaration parue dans Inprecor, n° 106, 20 juillet 1981, p. 31-32

University of al-Qarawiyyin, 859, medina of Fez (UNESCO World Heritage List, 1981). Morocco, 9th century. (Photo by DeAgostini/Getty Images)

Déclaration du Secrétariat unifié de la IVe Internationale sur les événements du 20 juin

A la suite d’une hausse spectaculaire des prix des denrées alimentaires — que le gouvernement avait décidée dans le cadre d’une orientation économique imposée par le Fonds monétaire international (FMI) —, des manifestations populaires ont éclaté à Casablanca, Rabat et dans d’autres villes du Maroc.

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Joseph Hansen : Malcolm X martyr de la liberté

Articles parus dans L’Internationale, n° 31, mars 1965, p. 7

African-American Muslim minister and civil rights activist Malcolm X (1925 – 1965) on Marshall Street in Smethwick, near Birmingham, 12th February 1965. The local Conservative council is attempting to buy houses on the street for resale to white people only. (Photo by Daily Express/Archive Photos/Getty Images)

L’ASSASSINAT DE MALCOLM X est un coup sévère à la lutte pour la liberté aux USA et, avec elle, à la lutte pour le Socialisme dans le monde.

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Algérie : Premier bilan de dix années d’indépendance

Article paru dans Informations ouvrières, n° 568, du 14 juin au 20 juin 1972, p. 10

Cuban leader Fidel Castro looks unsteady while riding a camel and almost took a nose dive before being helped by Algerian President Boumedienne during an official visit to Algeria. (Photo by Christian SIMONPIETRI/Sygma via Getty Images)

1 – la révolution algérienne et sa direction

Il y a presque exactement dix ans, au terme de l’une des plus sanglantes guerres de libération nationale, l’Algérie parvenait à l’indépendance politique. En mars 1962, le cessez-le-feu était signé et, en dépit d’un dernier sursaut de la réaction colonialiste à Alger et dans les grandes villes d’Algérie, l’indépendance était proclamée le 5 juillet. Nous avons abordé, trop brièvement ici même (lire « I.O. » n° 557 du 22 mars et 558 du 29 mars, « Dix ans après Evian : quel bilan ? ») la question du bilan de dix années d’indépendance en Algérie. A la veille de l’anniversaire du 5 juillet 1962, et alors que toutes les forces intéressées au maintien du statu quo, c’est-à-dire au renforcement de l’Etat bourgeois algérien lui-même, se préparent à présenter leurs conclusions du moment, les militants révolutionnaires qui luttent partout pour reconstruire la IVe Internationale ouvrent le débat.

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Robert Lemasson : L’Algérie à l’heure de la contre-révolution

Textes publiés dans L’Internationale, n° 37, octobre 1965, p. 1, 4 et 5

Signature With The Algerian Minister Of Foreign Affairs Abdelaziz Bouteflika And Jean De Broglie, State Secretary To Algerian Affairs On July 29, 1965 In Algiers. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

LEs vagues d’arrestations massives qui ont lieu actuellement en Algérie à l’encontre des marxistes-révolutionnaire, de nombreux éléments de l’ex-PCA et de militants de l’ORP sont les signes avant-courreurs d’une répression d’envergure contre les masses et leurs conquêtes, contre les syndicats et l’autogestion. Après avoir « démantelé » l’avant-garde des militants d’opposition par les « grandes purges » de septembre, le pouvoir bureaucratique de Boumediene se trouve désormais directement confronté avec les organisations de masses, avec les étudiants et surtout avec l’U.GT.A., seule organisation de masse de la classe ouvrière. Le fait que la plupart des cadres conscients de l’UNEA, de la JFLN et du FLN aient été arrêtés, ou aient pris la fuite, montre que le pouvoir a décidé de détruire tous les foyers potentiels d’agitation et d’opposition pouvant faire naître des centres incontrôlés de direction. Si jusqu’à présent l’UGTA semble avoir échappé à la répression, cela tient à l’alliance tactique passée par la Centrale avec le secrétariat exécutif du Parti. Mais cette alliance ou ce « soutien » ne peuvent durer longtemps. Déjà le N° 2 de Révolution et Travail ne fait plus mention du secrétariat exécutif, et il semble que le N° 3 ne paraisse pas. Les congres prévus sont reportés ; le moment de la rupture approche entre le pouvoir et l’UGTA. L’envergure de la répression, l’attaque des libertés syndicales et de l’autogestion sur une grande échelle indiquent qu’un changement qualitatif dans les rapports entre la bureaucratie au pouvoir et les masses est en train de s’opérer en Algérie.

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Henri Dumoulin : Algérie, la révolution enrayée

Article d’Henri Dumoulin paru dans L’Internationale, n° 36, septembre 1965, p. 6

A tank is seen after the bloodless coup by colonel Houari Boumedienne on June 19, 1965 in Algiers, Algeria. (Photo by The Asahi Shimbun via Getty Images)

Notre numéro de juillet ainsi que le numéro 25 de Quatrième Internationale ont été saisis à Alger. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls organes dans ce cas. Même Le Monde, qui avait publié des articles de Legris favorables au régime de Boumedienne, s’est vu saisir lorsqu’il publiait, à titre informatif, des textes d’opposants aux fauteurs du coup d’Etat du 19 Juin. Les saisies avaient d’ailleurs commencé avec le bulletin de Prensa Latina lorsqu’il avait publié le remarquable discours de Fidel Castro sur le coup d’État d’Alger. Ces saisies caractérisent la « démocratie » du nouveau régime.

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Changement de pouvoir en Algérie

Dossier paru dans L’Internationale, n° 35, juillet-août 1965, p. 4-5

A tank is seen at the city center after the bloodless coup by colonel Houari Boumedienne on June 19, 1965 in Algiers, Algeria. (Photo by The Asahi Shimbun via Getty Images)

Un pouvoir personnel sans liens avec les masses

DU 19 juin, jour du coup d’Etat d’Alger, il a fallu attendre jusqu’au 5 juillet, soit plus de quinze jours, pour que le dirigeant du coup d’Etat, Boumedienne, par le truchement de Radio-Alger, fasse connaître et la composition du « Conseil national de la révolution » qui aurait pris l’initiative de l’opération et le programme qu’il entend suivre comme chef du gouvernement.

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Algérie : L’Islam et la religion

Article signé B.C. paru dans L’Internationale, n° 34, juin 1965, p. 7

Vue de la nouvelle cathédrale d’Alger, Algérie, le 12 février 1965. (Photo by Keystone-France\Gamma-Rapho via Getty Images)

Alger, le 28-5-65.

UN phénomène curieux étonne le mi­litant qui vient visiter l’Algérie : la continuelle référence à l’Islam. A chaque pas, en ville, à la campagne, il sent l’emprise quotidienne de la religion sur la vie. Le décalage entre les textes prévoyant la liberté de pensée et la réalité est si grand que l’on doit, si l’on veut arriver à une connaissance exacte de l’état actuel de la Révolution algérienne, ne pas se contenter d’une exégèse des lois, textes et résolutions officielles, mais aussi, et surtout peut-être, réfléchir sur des exemples concrets.

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La rébellion berbère secoue le régime militaire de Bouteflika

Article paru dans Le Bolchévik, n° 157, automne 2001, p. 11-15

The Front for Socialist Forces organized demonstration in Algiers In Algiers, Algeria On May 31, 2001. (Photo by Georges MERILLON/Gamma-Rapho via Getty Images)

28 août – Cela fait maintenant plus de quatre mois que l’Algérie est secouée par une révolte populaire contre le régime répressif du président Abdelaziz Bouteflika. Cela a commencé au mois d’avril par des manifestations contre la terreur policière qui sévit en Kabylie (à l’est d’Alger) vis-à-vis de la minorité opprimée berbère, mais cela s’est rapidement étendu aux masses de jeunes chômeurs et déshérités arabes de villes et bourgades dans tout le pays. Loin de calmer la révolte, la réaction brutale du régime militaire, qui a fait une centaine de victimes et des milliers de blessés, n’a fait qu’intensifier la colère des masses, et en particulier de la jeunesse chez qui le taux de chômage s’élève à 80 %. « Vous ne pouvez pas nous tuer, nous sommes déjà morts ! » disait une des banderoles de la manifestation du 14 juin à Alger. Un million de personnes ont participé à cette manifestation, ce qui en fait la plus grande manifestation de toute l’histoire de l’Algérie. Le Quotidien d’Oran, un journal bourgeois, disait que le pays est « au bord de l’insurrection. » Le gouvernement n’a pu empêcher qu’une telle mobilisation de masse ne se reproduise à Alger le 5 juillet puis le 8 août, qu’en bouclant toute la Kabylie avec un énorme dispositif policier. Le 20 août, le gouvernement nationaliste bourgeois n’a pu tenir la commémoration traditionnelle du congrès de la Soummam de 1956 (en pleine guerre d’Algérie) en raison d’une manifestation de centaines de milliers de Kabyles, qui se revendiquent des traditions de ce congrès du FLN contre le régime décrépit actuel. A bas la répression du gouvernement algérien contre les Berbères ! Libération immédiate des jeunes emprisonnés !

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Terreur militaire, réaction islamique, austérité du FMI : La guerre civile saigne l’Algérie

Article paru dans Le Bolchévik, n° 145, printemps 1998, p. 20 et 16-19

This family lived in the Kasbah. They decided to flee in the face of the masacres. (Photo by Pascal Parrot/Sygma/Sygma via Getty Images)

Depuis que les massacres macabres se suivent en Algérie, la région au sud d’Alger, la capitale, est maintenant surnommée le « triangle de la mort ». Des centaines de villageois sans défense ont été tués et mutilés et un grand nombre de femmes ont été kidnappées dans les dernières semaines, portant le nombre de victimes à plus de 100 000 morts dans la guerre civile qui oppose depuis cinq ans le régime nationaliste appuyé sur l’armée aux intégristes musulmans.

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Les femmes, les militants de gauche, les travailleurs en danger ! L’armée algérienne en quête d’un accord avec les islamistes

Article paru dans Le Bolchévik, n° 130, septembre-octobre 1994, p. 16 et 13-15

08/05/1994. ALGER: MANIF « DIALOGUE + RECONCILIATION ». (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

25 septembre – Après deux ans et demi de guerre civile de plus en plus ouverte, le régime militaire algérien a engagé des négociations avec la direction du Front islamique du salut (FIS), l’objectif étant de former un gouvernement de coalition. Les intégristes islamiques se rapprochent rapidement de leur but : instaurer un Etat théocratique dans lequel les femmes devront porter le voile, dans lequel les militants de gauche seront dénoncés comme apostats et abattus sans merci et dans lequel un obscurantisme moyenâgeux régnera sans partage. Le Haut Comité d’Etat (HCE), soutenu par l’armée, avait cherché à éliminer les intégristes en annulant le second tour des élections législatives de janvier 1992 (où le FIS était sur le point de remporter une victoire écrasante) et en instaurant l’état d’urgence. Les dirigeants du FIS et plusieurs milliers de leurs partisans avaient alors été jetés en, prison et dans des camps de concentration installés en plein désert. Mais la terreur gouvernementale n’a fait que pousser des secteurs toujours plus larges de la population dans les bras des réactionnaires islamistes.

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La grève des dockers en juillet secoue Alger : L’Algérie en ébullition

Article paru dans Le Bolchévik, n° 125, novembre 1993, p. 12 et 10-11

A young Algerian boy sits on a railing in front of a graffiti-covered wall during the Algerian Civil War. The graffiti reads « FIS » for the Front Islamique du Salut, or Islamic Salvation Front. (Photo by Antoine GYORI/Sygma via Getty Images)

13 octobre – Peu à peu, l’Algérie a basculé dans une guerre civile larvée entre les intégristes musulmans réactionnaires et le régime discrédité. Chaque jour, se produisent des attentats et des embuscades. Récemment, les intégristes se sont mis à mettre le feu aux usines, entre autres une entreprise d’équipement électronique, une fabrique de chaussures et une minoterie. Ils ont aussi pris pour cible particulière les militants de gauche, annonçant fin septembre qu’ils allaient assassiner un communiste tous les mardis. Quant à l’armée, elle impose son état d’urgence depuis qu’elle a pris ouvertement le contrôle en janvier 1992, chassant le régime discrédité du FLN qui était au pouvoir depuis l’indépendance, en 1962. Redha Malek, le dernier en date des premiers ministres de l’armée, est un ancien directeur de la Banque mondiale ; il a été mis en place en août dernier avec pour consigne d’accélérer la privatisation de l’industrie et de repayer la dette aux créanciers impérialistes.

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Où va l’Algérie ? Pas d’illusion dans les massacreurs d’octobre 88 ! La classe ouvrière doit écraser le FIS !

Article paru dans Le Bolchévik, n° 116, janvier-février 1992, p. 12 et 9-11

Une femme voilée passe devant un graffiti à la gloire du FIS le 14 février 1992 à Alger, Algérie. (Photo by Pool TURPIN/ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

30 janvier – En 1988, l’Algérie a été secouée par une vague de grèves ouvrières ; en octobre, la jeunesse privée d’avenir se révoltait contre l’austérité du FMI et la dictature du FLN – une révolte écrasée dans le sang par l’armée qui massacra plus de 500 personnes. Juin 1990 : victoire des intégristes du Front islamique du salut (FIS) aux élections municipales. Le 5 juin 1991 : après l’échec d’une grève générale politique appelée par le FIS, l’état de siège est déclaré, les élections sont reportées et l’armée arrête les dirigeants Abassi Madani et Ali Benhadj, ainsi que des milliers d’activistes de ce parti réactionnaire. 11 janvier 1992 : après que le FIS a remporté le plus grand nombre de sièges au premier tour des élections législatives, le président Chadli Bendjedid est démissionné, les élections sont annulées, l’armée prend directement le pouvoir pour empêcher les intégristes d’y accéder.

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Les travailleurs doivent écraser le FIS et renverser le FLN. Pour un gouvernement ouvrier et paysan en Algérie !

Article paru dans Le Bolchévik, n° 112, juillet-août 1991, p. 12 et 11

Manifestation du F.I.S. à Alger le 4 juin 1991, Algérie. (Photo by SIDALI DJENIDI/Gamma-Rapho via Getty Images)

Depuis le 5 juin à 0 heure, l’armée algérienne (ANP) exerce ouvertement la réalité du pouvoir en Algérie. Le gouvernement Hamrouche, nommé après la répression sanglante des « enfants d’octobre » 1988, est remplacé par un cabinet Ghozali qui cache son extrême faiblesse derrière l’état de siège. Un couvre-feu a été imposé sur une grande partie des villes. Les élections législatives, qui devaient « approfondir » la « démocratie », ont été reportées à une date indéterminée à la fin de l’année.

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Sénégal : la majorité de la direction du M.S.D. réaffirme ses liens avec la IVème Internationale (CIR) et une politique conforme aux traditions du mouvement ouvrier et des peuples

Textes parus dans Tribune internationale, n° 51, septembre 1989, p. 22-24

Manifestation d’intégristes musulmans contre le livre de Salman Rushdie ‘Les versets sataniques’ à Paris le 26 février 1989, France. (Photo by Mohammed LOUNES/Gamma-Rapho via Getty Images)

On trouvera ci-dessous de larges extraits de la résolution intitulée « A toutes les militantes et tous les militants du M.S.D. » adoptée à Dakar le 9 août 1989 par une large majorité du Secrétariat politique permanent du Mouvement pour le socialisme et la démocratie (Sénégal). Dans le précédent numéro de Tribune Internationale (No. 50 de Juillet 1989), nous avions publié la résolution adoptée par le Conseil général de IVème Internationale (CIR) en mai 1989. Cette résolution, après avoir constaté l’absence de Mamadou Dia, régulièrement invité à cette réunion, rappelait la position de principe de la IVème Internationale (CIR) sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, de la religion comme affaire privée et de la politique. Ce rappel avait été rendu nécessaire par les prises de position de Mamadou Dia, président du M.S.D., au sujet de « l’affaire Rushdie » (voir le même numéro 50 de Tribune Internationale).

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Faillite du nationalisme du FLN, poussée de la réaction islamiste en Algérie

Article paru dans Le Bolchévik, n° 103, juillet-août 1990, p. 12, 9, 10 et 11

Défilé pour la Journée de la Femme le 8 mars 1990 à Alger, Algérie. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

Le résultat des élections locales du 12 juin a fait l’effet d’une bombe en Algérie et dans toute l’Afrique du Nord. Le Front islamique du salut (FIS) s’est emparé de la majorité des grandes villes et des villes de moyenne importance et a pris le contrôle de 32 wilayas (départements) sur les 48 que compte le pays, alors que le FLN n’a réussi à conserver qu’à peine un tiers des conseils municipaux. Certes, les réactionnaires islamistes du FIS ont obtenu cette écrasante majorité avec 35 % d’abstentions et, surtout, la majorité des femmes n’ont pu exprimer librement leur choix puisqu’à cause du système de vote par procuration institué par le FLN les chefs de famille pouvaient voler pour leur femme et leurs filles.

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Affaire Rushdie

Textes parus dans Tribune internationale, n° 50, juillet 1989, p. 24-27

DEMONSTRATION AGAINST SALMAN RUSHDIE IN BEIRUT (Photo by Maher Attar/Sygma via Getty Images)

Sur l’affaire Rushdie

La situation en Iran et la prise de position de Khomeiny

Comme on le sait, c’est avec l’intervention de l’Imam Khomeiny (et celle de l’Etat iranien en tant que tel) que l’affaire Rushdie prend une ampleur mondiale, fait les gros titres de tous les journaux, entraîne des conséquences diplomatiques (rupture des relations diplomatiques de l’Iran avec l’Angleterre, etc…)

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Islam : L’affaire Rushdie

Dossier paru dans Inprecor, n° 285, 3 avril 1989, p. 25-28

British muslims demonstrate at anti-Rushdie rally on May 27, 1989 in London, United Kingdom. (Photo by Marc DEVILLE/Gamma-Rapho via Getty Images)

Rushdie dans la tempête

LES VERSETS SATANIQUES, de Salman Rushdie ont été interdits dans la plus grande partie du monde islamique, et même en Inde et en Afrique du Sud, pays « laïques ». En France notamment, les éditeurs ont « retardé » sa parution, mais dans les pays où il est disponible, malgré (ou à cause) de la campagne pour son interdiction, ou son boycott, les ventes montent en flèche.

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Erdal Tan : Turquie. Un an sous municipalités islamistes

Article d’Erdan Tan paru dans Inprecor, n° 393, juillet 1995, p. 12-13

Refah meeting at Istanbul stadium. (Photo by SIDALI-DJENIDI/Gamma-Rapho via Getty Images)

L’année 1994 en Turquie a été incontestablement l’année du Refah Partisi (Parti de la prospérité, RP islamiste), en raison de sa victoire aux élections municipales du 27 mars 1994. Dès lors, la gestion des affaires par le RP et le spectre d’une prise de pouvoir par ce parti ont été au centre de tous les débats. Un an après, il convient de dresser un premier bilan.

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Luiza Toscane et Nadia Tlili : Femmes, féminisme et islamisme

Article de Luiza Toscane et Nadia Tlili paru dans Inprecor, n° 422, mars 1998, p. 29-31

DEU, Germany, Dortmund, 1998: Milli Goerues event in the Westfalen Stadium.- A German Moslem. (Photo by Yavuz Arslan/ullstein bild via Getty Images)

La question des femmes et de l’islamisme est emblématique à plusieurs titres. D’abord parce que c’est bien autour du rôle social de la femme, de sa sexualité et de son corps que s’articule une grande partie du discours islamiste. Ensuite parce que c’est à travers les femmes que ce courant a acquis une visibilité politique. Enfin parce que la question des « droits des femmes » a été instrumentalisée par des régimes autoritaires pour légitimer leur guerre ouverte contre l’islamisme, régimes dont l’engagement féministe est plus que douteux. Dans ce contexte propice à toutes les ambiguïtés et toutes les récupérations, formuler un positionnement féministe et révolutionnaire n’a rien d’évident. Cet article ne vise évidemment pas à proposer des réponses élaborées et cohérentes, mais à montrer qu’on sous-estime souvent la complexité des problèmes et des solutions.

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Luiza Maria : Libye. Kadhafi à l’épreuve de l’intégrisme

Article de Luiza Maria paru dans Inprecor, n° 319, du 23 novembre au 6 décembre 1990, p. 7

Monument à l’effigie de Mouammar Kadhafi à Tripoli, circa 1990, Libye. (Photo by Christian SAPPA/Gamma-Rapho via Getty Images)

« Le Koweït est une partie du Nedj (1) (…). L’Arabie saoudite est une partie de l’Irak, l’Irak est une partie de la Syrie, elle-même partie intégrante de la Palestine (…). Nous sommes tous partie intégrante les uns des autres et formons une terre arabe et un seul peuple arabe (…). Ce qui est arrivé entre le Koweït et l’Irak est négatif pour le projet d’unité arabe. Je suis contre l’invasion et contre l’exode des femmes et des enfants. » Ainsi s’exprimait le colonel Kadhafi, le 1er septembre 1990, devant le Congrès général du peuple libyen (2).

Un mois après, il appelait à boycotter le pèlerinage annuel à la Mecque et, le 1er novembre 1990, il s’instituait « dirigeant du monde islamique ».

Luiza MARIA

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Nawal El Saadawi et Shérif Hetata : Egypte. Vieux frères, vieux ennemis

Article de Nawal El Saadawi et Shérif Hetata paru dans Inprecor, n° 389, mars 1995, p. 14-16

(Fundamentalist) Muslim Brotherhood supreme spiritual ldr. Mohammed Hamed Abu Nasr (C) during TIME interview in his world map adorned office. (Photo by Barry Iverson/The LIFE Images Collection via Getty Images/Getty Images)

L’organisation des Frères musulmans a été fondée en 1928 par un instituteur nommé Hassan El Banna (1906-1949). Ce dernier avait commencé à prêcher dans la ville d’lsmaileya, bastion de la Compagnie du canal de Suez et quartier général des troupes d’occupation britannique. Ses premières armes ont donc été faites dans les « bras de l’ennemi » pour ainsi dire, un détail qui mérite notre attention.

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Dossier : Féminisme et islamisme

Dossier paru dans Inprecor, n° 284, 20 mars 1989, p. 12-19

Women weaving carpets, Central Anatolia, Turkey, 1989. (Photo by Dario Mitidieri/Getty Images)

FEMMES-TURQUIE

AVANT LE COUP D’ÉTAT de septembre 1980, des milliers de femmes militaient dans les rangs de groupes de gauche et d’extrême-gauche, aussi bien que dans les groupes intégristes et fascistes. Mais la question de l’oppression des femmes n’avait jamais été réellement discutée, étant soit simplement ignorée, soit reléguée au second plan au nom d’autres « priorités ». Ce n’est qu’avec l’apparition d’un mouvement autonome des femmes, au milieu des années 80, que cette question a pu s’imposer à l’ordre du jour, grâce, notamment, à des publications féministes comme Kaktüs ou Feminist .

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Fuat Orcun : Turquie. Montée de l’intégrisme islamique

Article de Fuat Orcun paru dans Inprecor, n° 238, 16 mars 1987, p. 19-21

A Female Classroom For Leaning The New Alphabet The Latin Or English Kind As Ordered By Mustapha Kemal During The 1920’S. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

LE mouvement intégriste a récemment fait une démonstration de force en Turquie, en prenant prétexte d’une décision du Conseil supérieur de l’enseignement (CSE), interdisant aux étudiantes le port du « turban », version moderne du tchador. Il s’agissait d’une ruse des étudiantes intégristes pour se couvrir la tête, en contournant la précédente réglementation édictée par le CSE qui avait aussi interdit les moustaches et les barbes « idéologiques » (1) pour les hommes ainsi que les décolletés pour les femmes. Toute une série d’actions de protestation ont été organisées par les groupes d’étudiants intégristes. Ce mouvement, qui avait débuté dans les universités s’est ensuite étendu à d’autres couches sociales. Erbakan, le Président du Parti du salut national (islamiste, dissout après le coup d’Etat de 1980) a participé à une manifestation interdite à Istanbul regroupant 4 000 personnes, où l’on pouvait entendre « On ne peut interdire le tchador », « Turquie musulmane », « Nous voulons la charia (2) ».

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Souad Benani : France. L’intégrisme islamiste, une menace mortelle pour les femmes

Article de Souad Benani paru dans Inprecor, n° 389, mars 1995, p. 22-25

DEMONSTRATION FOLLOWING THE MURDER OF CHEIKH SAHRAOUI IN PARIS (Photo by Maher Attar/Sygma via Getty Images)

La montée de l’intégrisme islamiste au Maghreb, principalement en Algérie, constitue un péril mortel pour les femmes de ces pays. Les assassinats de femmes, certaines exécutées publiquement pour avoir refusé de porter le voile islamique ou pour être sorties bras nus, se comptent par centaines. Enlèvements, viols collectifs, égorgements sont, pour les femmes, l’actualité ordinaire d’un pays déchiré entre la dictature sanguinaire des actuels dirigeants de l’armée et les abominations des intégristes. L’évolution de la situation en Algérie ne peut manquer de retentir sur la situation de l’émigration en Europe et particulièrement en France où la population d’origine algérienne est nombreuse (800 000 Algériens plus tous ceux qui, même de nationalité française, se sentent des liens étroits avec leur pays d’origine).

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Algérie : la révolution bloquée. Une interview de Sami Naïr

Editorial suivi d’une interview de Sami Naïr par Daniel Bensaïd parus dans Critique Communiste, revue mensuelle de la Ligue communiste révolutionnaire, n° 35, novembre 1984, p. 3-4 et p. 21-27

Photos publiées dans El Djeich, novembre 1984, p. 98


Il y a trente ans en Algérie
Le 1er novembre des parias et des opprimés

EN ce jour de Toussaint 1954. quelques centaines de militants nationalistes algériens attaquaient, à travers toute l’Algérie, des commissariats de police et des postes de gendarmerie. Leurs moyens étaient dérisoires face à la puissance de l’impérialisme français. Pourtant, le 1er novembre 1954 reste dans l’histoire comme le lancement de la guerre de libération. L’action du 1er novembre répondait à l’attente du peuple algérien dominé, exploité et humilié depuis la conquête française. Ce peuple, dont la lutte pour sa libération n’avait pas cessé, désespérait devant l’attentisme ou le légalisme de ses dirigeants nationalistes. Le 1er novembre 1954 fut l’étincelle qui mit le feu à la plaine, au lendemain de la défaite du colonialisme français en Indochine et tandis que s’intensifiait la lutte pour l’indépendance au Maroc et en Tunisie, sous protectorat français.

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Progrès et problème de la révolution africaine

Extrait du document préparé par le Secrétariat Unifié pour le Congrès Mondial de la IVe Internationale (5-12 décembre 1965) paru dans Quatrième Internationale, n° 27, février 1966, p. 43-51

Jeunes filles défilant pour célébrer le 12ème anniversaire de la Révolution à Alger en novembre 1966, Algérie. (Photo by Keystone-France/Gamma-Rapho via Getty Images)

LA RÉVOLUTION ALGÉRIENNE

Sans revenir en détail sur les analyses précisées dans plusieurs textes de l’Internationale, on peut synthétiser comme suit les traits fondamentaux de la révolution algérienne avant l’indépendance :

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Edwy Plenel : Autogestion ouvrière et pouvoir politique en Algérie de 1962 à 1965

Article d’Edwy Plenel signé Joseph Krasny paru dans Quatrième Internationale, n° 1, nouvelle série, 15 janvier 1972, p. 55-58

Curieusement, alors que la Révolution algérienne fut pendant plusieurs années à l’avant-garde de la Révolution africaine, rares — et même inexistantes — sont les tentatives de bilan, complet et détaillé, de l’histoire mouvementée de l’Algérie indépendante. Il est pour le moins significatif, alors qu’études, articles, ouvrages, fleurissaient avant le 19 juin 1965, de voir depuis le silence régner, seulement rompu par l’« Histoire de la guerre d’Algérie » en trois tomes d’Yves Courrière, intéressante malgré son caractère anecdotique, peu politique et non marxiste. En ce sens, l’ouvrage de Monique Laks représente un important pas en avant. Une lecture approfondie dissipe vite l’impression d’une étude limitée que semble cacher le titre, l’autogestion ouvrière représentant alors moins de 10 % du total des travailleurs employés dans l’industrie et le bâtiment.

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Larbi Hamdane : Algérie, planification et deuxième réforme agraire

Article de Larbi Hamdane paru dans Quatrième Internationale, n° 44, juillet 1970, p. 39-46

Femmes et enfant de la tribu des Touareg Kel Ihérir dans la région de Djanet en janvier 1970, Algérie. (Photo by Jean-Marie ADAMINI/Gamma-Rapho via Getty Images)

Plan Quadriennal et « Révolution Agrai­re » sont certainement les deux mesures les plus importantes prises par le régime issu du coup d’Etat du 19 juin 1965. Le Plan Quadriennal 1970-1973 est la première tentative de réelle planification de l’économie algérienne : le Plan Triennal qui l’a précédé ne fut en fait qu’une vague programmation indicative, permettant de récolter l’appareil statistique nécessaire au lancement de la planification, mais qui n’arriva aucunement à réduire la pagaille bureaucratique qui règne dans le secteur industriel. La « Révolution Agraire », dont un « Projet de Charte » très imprécis et restant au niveau des principes a été publié en avril, innove également : les Dé­crets de mars 1963 sur l’Autogestion, première Réforme Agraire, n’avaient touché que le secteur dit « moderne », c’est-à-dire les terres ayant appartenu aux colons (1/3 de la surface cultivable, les meilleures terres, les plus profondes et les mieux situées, faisant vivre 1/6 de la population agricole) ; mais ils avaient laissé intact le secteur dit « traditionnel», qui fait vivre les 5/6 de la population agricole.

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La révolution algérienne de 1962 à 1969

Résolution du Comité exécutif international de décembre 1969 parue dans Quatrième Internationale, n° 42, mars 1970, p. 50-56

People’s Democratic Republic of Algeria. Chairman of the Presidium of the Supreme Soviet of the Soviet Union Nikolai Podgorny (L) and Chairman of the Revolutionary Council Houari Boumediene are greeted by Algerians. Vladimir Musaelyan/TASS (Photo by TASS via Getty Images)

I

Six mois après le coup d’Etat qui renversa Ahmed Ben Bella, le 8e Congrès Mondial de la IVe Internationale, réuni en décembre 1965, faisait le point de la situation en Algérie dans sa résolution sur les « Progrès et Problèmes de la Révolution Africaine » en indiquant les aspects suivants de l’évolution de la révolution algérienne de 1954 à 1965 :

1. La révolution algérienne avant l’indépendance s’est traduite par une profonde mobilisation des masses. L’instrument politique de la révolution, le F.L.N., se forma en tant que front multiclasses sans contours politiques précis.

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En Algérie, le syndicat instrument de l’Etat

Article signé F. C. paru dans Quatrième Internationale, n° 38, juillet 1969, p. 28-30

Photos publiées dans El Djeich, juin 1969, p. 36-37


Le 3e Congrès de l’Union Générale des Travailleurs Algériens (U.G.T.A.) a eu lieu au mois de mai à Alger au Palais des Conférences Internationales du Club des Pins. Il s’est déroulé en présence de toutes les personnalités du régime. La presse algérienne en a largement parlé. Pourtant, le Congrès eut pratiquement lieu à huis clos. Pour la première fois, aucune délégation étrangère n’avait été invitée au Congrès.

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Larbi Hamdane : La crise en Algérie (signification et perspectives)

Article de Larbi Hamdane paru dans Quatrième Internationale, n° 33, avril 1968, p. 22-26

Le ministre algérien des Affaires étrangères Abdelaziz Bouteflika interrogé par les journalistes à sa sortie de l’hôtel Matignon, à Paris, France, le 26 juillet 1968. (Photo by KEYSTONE-FRANCE/Gamma-Rapho via Getty Images)

Dans la nuit du 14 au 15 décembre, quelques unités de chars font route vers Alger, avec à leur tête Tahar Zbiri, chef d’état-major de l’A.N.P., et plusieurs officiers. Elles sont stoppées à El-Affroun, après intervention de l’aviation ; le chef de la première région militaire Saïd Abid se suicide dans des conditions pour le moins obscures (certains prétendent même qu’il aurait été fusillé tout à fait réglementairement). Voilà pour les faits les plus spectaculaires et les plus connus qui ont marqué la crise. Simple épisode d’une bataille pour le pouvoir au sein de la même famille, celle qui avait éliminé Ben Bella le 19 juin 1965, ou bien crise plus profonde ? Nous considérons, pour notre part, qu’il n’y a pas de lutte pour le pouvoir, même au sein d’un appareil très bureaucratisé, qui se situe en dehors de la dynamique des forces sociales, de leurs luttes, et du rapport des forces à un moment déterminé. Aussi, nous analyserons la signification de cette crise à la lumière de l’évolution de l’Algérie depuis 1962, et plus spécialement de l’évolution des rapports entre les classes depuis la crise du Moyen-Orient.

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Le coup d’Etat militaire en Algérie et le régime de Boumedienne

Article paru dans Quatrième Internationale, n° 26, novembre 1965, p. 55-59

Salle des opérations pendant la mise en orbite du premier satellite français ‘A-I’, à Hammaguir, Algérie, le 27 novembre 1965. (Photo by Keystone-France\Gamma-Rapho via Getty Images)

I. LA SIGNIFICATION DU COUP D’ETAT

Le coup d’Etat du colonel Boumedienne constitue indiscutablement un tournant vers la droite dans le développement de la révolution algérienne. Les principales conquêtes de la révolution, en particulier l’institution de l’autogestion ouvrière dans les entreprises socialisées, sont maintenant gravement menacées.

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A la défense de la révolution algérienne !

Déclaration parue dans Quatrième internationale, n° 25, juillet 1965, p. 8-9

Après l’annulation de la Conférence afro-asiatique, les drapeaux des pays invités flottent toujours à côté d’un panneau politique dans les rues de la ville le 28 juin 1965 à Alger, Algérie. (Photo by Keystone-France\Gamma-Rapho via Getty Images)

Le coup d’Etat militaire d’Alger du 19 juin met fin à l’alliance entre l’aile du FLN dirigée par Ben Bella, orientée vers le socialisme et liée aux masses au moyen de l’autogestion, et « l’armée des frontières » dirigée par Houari Boumedienne favorable à un « socialisme arabe » islamique. C’est cette alliance qui avait permis à la combinaison Ben Bella-Boumedienne d’écarter l’ancienne équipe du GPRA dans l’été 1962. Le coup d’Etat constitue une grave atteinte à l’aile gauche de la révolution algérienne et met en danger l’acquis principal de cette révolution, l’autogestion ouvrière des entreprises nationalisées.

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Algérie : déclaration du PST

Déclaration du PST parue dans Inprecor, n° 423, avril 1998, p. 14-15

Algerian Women Demo Against Terrorism and Integrism during Woman Day In Algiers , Algeria In March, 1998. (Photo by Georges MERILLON/Gamma-Rapho via Getty Images)

Le Parti socialiste des travailleurs (PST) a réuni plus de 600 délégués provenant de 35 willayas (départements) lors de son congrès extraordinaire le 5 mars 1998 à Alger. Parmi les invités présents qui ont salué le congrès on remarquait une délégation du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), celle de l’Association pour l’émancipation des femmes (AEF) et celle de la Fédération nationale des travailleurs retraités de l’UGTA. Outre la présence d’un représentant de la LCR de France, le congrès a reçu des messages de solidarité d’organisations européennes et américaines.

La tenue de ce congrès a été imposée au PST par une nouvelle loi sur les partis politiques, qui exige qu’ils fassent preuve d’au moins 100 adhérents dans au moins 25 willayas sur les 48 que compte l’Algérie, pour prétendre à une existence légale. Le PST a dû présenter à cette occasion au contrôle administratif la preuve de plus de 4000 adhésions de soutien qu’il a recueillies dans 44 willayas. Pour une organisation petite dont le fiancement dépend entièrement de ses militants et sympathisants, alors que la situation dans le pays est marquée par une paupérisation croissante, répondre à ces exigences administratives représentait un véritable défi. Nous publions ci-dessous la déclaration politique adoptée par ce congrès.

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Chawki Salhi : Panique à Alger

Article de Chawki Salhi paru dans Inprecor, n° 417, octobre 1997, p. 34-33

Gravestones stand in a cemetery October 22, 1997 in Baraki, Algeria. Angered by the suppression of the Islamic Salvation Front (FIS) when elections were suspended in 1992, militant Muslims, most notably the Armed Islamic Group (GIA), have used extreme measures to undermine the government including attacking members of the military and government as well as individuals expressing secular or non-Muslim views like journalists, teachers and members of the clergy. (Photo by Scott Peterson/Liaison)

Alger ne dort plus depuis le massacre de plusieurs centaines de personnes à Haouch Rais dans la dangereuse banlieue est de la capitale. Et ce n’est pas une figure de style. Les rumeurs sur « les militaires qui tuent » étaient colportées par tous les milieux sociaux, toutes les tendances politiques et tous les spécialistes internationaux avant que le soutien américain « aux mesures militaires » prises par le régime, proclamé il y a quelques jours par l’ambassadeur US à Alger, ne provoque ralliement des gouvernements étrangers et apaisement des élites politiques algériennes.

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Réda Mohamed : Algérie. Le dialogue reprend, la crise continue

Article de Réda Mohamed paru dans Inprecor, n° 402, mai 1996, p. 21-22

An Algerian policeman in plain clothes stands guard at the entrance of a polling station 28 November in Sidi Moussa, near Algiers. Algerians turned out in small numbers today to vote in a constitutional referendum rejected by the opposition, amid tight security to prevent violence by armed Moslem fundamentalists. (Photo credit should read HZ/AFP via Getty Images)

Depuis le 6 avril 1996, le président Zeroual a entamé une série de contacts avec des personnalités et des partis pour discuter des futures échéances politiques, presque 6 mois après sa triomphale élection aux présidentielles. Cette fois-ci, il s’agit de discuter des législatives et des conditions de relance d’une nouvelle période qui consacrerait le retour à une vie politique « normalisée ».

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Samira Fellah : Algérie. L’armée, la crise et les partis

Article de Samira Fellah paru dans Inprecor, n° 399, février 1996, p. 6-7

THE ELECTORAL CAMPAIGN IN ALGERIA (Photo by © Patrick Robert/Sygma/CORBIS/Sygma via Getty Images)

ON SE SOUVIENDRA QUE L’ARMÉE a pris tout son temps pour désigner son dauphin aux élections présidentielles alors que le général Zeroual, placé par ses pairs à la tête du pays en 1994, semblait tout désigné. A un mois des élections fixées au 16 novembre 1995, les candidats n’étaient pas encore connus. Puis, la situation s’accélère : les élections données pour intenables, sont menées tambour battant, le paysage électoral ayant été épuré par le conseil constitutionnel et les conditions réunies au prix d’une extraordinaire mobilisation militaire et médiatique. Et Zeroual est élu, dès le premier tour, à la majorité.

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Algérie. Rétablir la vérité : entretien avec Redouane Osman

Entretien de Sonia Leith avec Redouane Osman paru dans Inprecor, n° 390, avril 1995, p. 34-35

THE ELECTORAL CAMPAIGN IN ALGERIA (Photo by © Patrick Robert/Sygma/CORBIS/Sygma via Getty Images)

Redouane OSMAN membre de la direction nationale du Parti socialiste des travailleurs (PST, organisation en solidarité avec la Quatrième internationale en Algérie) fait, dans l’interview qui suit, le point sur la situation algérienne.

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Samira Fellah : Algérie. Les femmes refusent la résignation

Textes parus dans Inprecor, n° 389, mars 1995, p. 17-21 et p. 32-35

Nabila Djahnine

L’Algérie est venue, ces dernières années, s’ajouter aux dures expériences iranienne, afghane pour éclairer la question des rapports entre femmes et intégrisme, question caractérisée par une violence exceptionnelle. Pourquoi les femmes se retrouvent-elles cibles privilégiées des islamistes, pourquoi servent-elles d’instrument d’affirmation de mouvements politico-religieux ? Qu’a-t-elle de si spécifique, cette place des femmes, pour qu’il faille leur nier tous les droits, les faire payer de leur vie, des combats politiques pour des projets de société qui les excluent presque autant les uns que les autres ? Pourquoi servent-elles de chair à canon dans ses guerres d’un nouveau type ? A ces questions devront répondre toutes celles et tous ceux que touche cette réalité. De la même manière que, d’action en analyse, le mouvement féministe occidental et la réflexion marxiste ont construit les thèses sur l’oppression des femmes, le rapport au marché du travail, il nous faudra, à partir de l’histoire que nous forgeons, au jour le jour, décrire, comprendre, expliquer, théoriser, pour que d’autres puissent continuer notre action. Pour le moment, nous en sommes à quelques bribes de réponses et à des masses de constats.

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Chawki Salhi : La tragédie algérienne

Article de Chawki Salhi paru dans Inprecor, n° 380, mai 1994, p. 5-6

Manifestation contre le terrorisme et l’intégrisme islamiste à Alger, 22 Mars 1994, Algérie. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

De l’aggravation de la guerre civile à l’accord avec le Fonds monétaire international (FMI), de la détérioration de la situation économique au changement de gouvernement, de tous les événements de ces derniers mois, ce qui émerge est sûrement le fragile espoir que fait naître en chacun le retour aux manifestations de masses.

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Chawki Salhi : Algérie. Le dilemme du pouvoir

Article de Chawki Salhi paru dans Inprecor, n° 375, décembre 1993, p. 4-6

Ninja’ anti-terrorist unit in Algiers, Algeria on October 28, 1993. (Photo by Pool MERILLON/TURPIN/Gamma-Rapho via Getty Images)

C’est la presse impérialiste qui a mis au devant de l’actualité la situation algérienne, en ce deuxième semestre de 1993. Le cycle macabre de la répression et des assassinats intégristes a connu des moments plus importants, et la tentative, jusqu’à son éviction fin août 1993, d’échapper au diktat du Fonds monétaire international (FMI) par le populiste Bélaïd Abdesselam a passé inaperçu hors du pays. Mais il y a plus préoccupant que l’assassinat de deux dizaines d’intellectuels francophones et l’enlèvement de trois français dans un pays qui compte les morts et les déportés par milliers, les torturés par centaines, les condamnations à mort par dizaines. Les hommes ne naissent décidément pas égaux.

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Chawki Salhi : Algérie. Les crimes de la « démocratie »

Article de Chawki Salhi paru dans Inprecor, n° 346, du 14 au 27 février 1992, p. 36

Une femme voilée passe devant un graffiti à la gloire du FIS le 14 février 1992 à Alger, Algérie. (Photo by Pool TURPIN/ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

Au lendemain de la démission de Chadli, les intégristes du Front islamique du salut (FIS) avaient le profil bas, et la direction Hachani n’a finalement eu aucune peine à convaincre sa base de l’inutilité de s’affronter au nouveau pouvoir – la leçon de juin 1991 avait été bien apprise (1). M. Boudiaf, installé par l’armée à la tête du Haut comité d’Etat, dans le rôle du « sauveur de la nation », annonçait alors que les partis ne seraient pas interdits, pas même le FIS. Mais l’étau se resserrait sur les intégristes : chaque déclaration grandiloquente était suivie d’arrestations ; les meetings-prières du vendredi était progressivement empêchés. Alors que la consigne était de ne pas donner prétexte à l’interdiction du FIS, la riposte est venue des jeunes des quartiers.

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Algérie : Avec ou sans le FIS ?

Interview de Chawki Salhi réalisée par Cecilia Garmendia et parue dans Inprecor, n° 342, du 6 au 19 décembre 1991, p. 11-13

Prière de rue à Alger en décembre 1991, Algérie. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

Les élections législatives qui devaient se tenir en juin 1991, avaient été suspendues suite à l’instauration de l’état de siège par le gouvernement du Front de libération nationale (FLN), incapable de contrecarrer les manifestations intégristes par d’autres moyens (voir Inprecor n° 334 du 5 juillet 1991). Le nouveau Premier ministre algérien, Sid Ahmed Chozali, a fixé le scrutin au 26 décembre 1991.

Un seul des dirigeants du Front islamique du salut (FIS) incarcérés en juin dernier, Mohammed Saïd, a été libéré ; mais, malgré des menaces de boycott et des louvoiements, la direction intégriste actuelle semble s’apprêter à participer au processus électoral.

Inprecor a interviewé Chawki Salhi, porte-parole du Parti socialiste des travailleurs (PST).

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Chawki Salhi : Algérie. L’état de siège

Article de Chawki Salhi paru dans Inprecor, n° 332, du 7 au 20 juin 1991, p. 28

Chars sur la Place du 1er mai après des émeutes à Alger le 8 juin 1991, Algérie. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

A trois semaines des premières élections législatives pluralistes, le président Chadli Benjedid décrète l’état de siège, change de chef de gouvernement et reporte le scrutin sine die. Pourtant, quelques jours auparavant, tout semblait aller au mieux pour le régime.

Le porte-parole du Parti socialiste des travailleurs (PST) qui, dès l’annonce de l’état de siège s’est prononcé contre cette mesure, nous envoie une première réaction.

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Algérie : Congrès sur fond d’élections

Article paru dans Inprecor, n° 331, du 24 mai au 6 juin 1991, p. 27

Manifestation du F.I.S. à Alger le 4 juin 1991, Algérie. (Photo by SIDALI DJENIDI/Gamma-Rapho via Getty Images)

Du 1er au 3 mai 1991, s’est tenu, à Tipaza, le premier congrès légal du Parti socialiste des travailleurs (PST). En présence de près de 700 personnes, ce congrès s’est déroulé dans un contexte politique dominé par la préparation des prochaines élections législatives du 27 juin 1991.

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Algérie : Grève générale / Solidarité avec les femmes algériennes

Articles parus dans Inprecor, n° 327, du 29 mars au 11 avril 1991, p. 28

Grève générale des Islamistes le 25 mai 1991 à Alger, Algérie. (Photo by SIDALI DJENIDI/Gamma-Rapho via Getty Images)

Grève générale

C’est à l’appel du principal syndicat algérien, lié au pouvoir, l’Union générale des travailleurs algérien (UGTA), qu’a eu lieu la grève générale des 13 et 14 mars 1991, provoquée par une hausse importante des prix. Ce mouvement a été largement suivi dans l’ensemble du pays et a mis en difficulté le syndicat islamiste, qui n’appelait pas à la grève. Dans certaines entreprises où celui-ci avait réussi — devant les faiblesses de l’UGTA, mal organisée à la base — à gagner du terrain, beaucoup de travailleurs ont quand même cessé le travail, et comme chez les cheminots, certains dirigeants favorables à la grève ont été mis à la porte du syndicat islamiste. Le succès de cette grève, qui a largement dépassé la base de l’UGTA — de nombreuses initiatives, organisation d’assemblées générales, vote du mouvement, ont été prises en charge à la base —, a redonné une certaine confiance aux travailleurs et a marqué un recul du Front islamique du salut (FIS), à quelques mois des élections générales.

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Algérie : solidarité et pétrole

Interview de Saïd, membre de la direction du Parti socialiste des travailleurs, réalisée par Cecilia Garmendia et parue dans Inprecor, n° 316, du 12 au 25 octobre 1990, p. 24

Louiza Hanoun lors de la manifestation de protestation contre la présence américaine dans le Golfe devant l’ambassade des Etats-Unis le 9 septembre 1990 à Alger, Algérie. (Photo by SIDALI-DJENIDI/Gamma-Rapho via Getty Images)

La crise du Golfe secoue toute la région arabe. La société algérienne est aussi percutée en profondeur. Nous avons interviewé Saïd, membre de la direction du Parti socialiste des travailleurs (PST) (1).