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La grève des dockers en juillet secoue Alger : L’Algérie en ébullition

Article paru dans Le Bolchévik, n° 125, novembre 1993, p. 12 et 10-11

A young Algerian boy sits on a railing in front of a graffiti-covered wall during the Algerian Civil War. The graffiti reads “FIS” for the Front Islamique du Salut, or Islamic Salvation Front. (Photo by Antoine GYORI/Sygma via Getty Images)

13 octobre – Peu à peu, l’Algérie a basculé dans une guerre civile larvée entre les intégristes musulmans réactionnaires et le régime discrédité. Chaque jour, se produisent des attentats et des embuscades. Récemment, les intégristes se sont mis à mettre le feu aux usines, entre autres une entreprise d’équipement électronique, une fabrique de chaussures et une minoterie. Ils ont aussi pris pour cible particulière les militants de gauche, annonçant fin septembre qu’ils allaient assassiner un communiste tous les mardis. Quant à l’armée, elle impose son état d’urgence depuis qu’elle a pris ouvertement le contrôle en janvier 1992, chassant le régime discrédité du FLN qui était au pouvoir depuis l’indépendance, en 1962. Redha Malek, le dernier en date des premiers ministres de l’armée, est un ancien directeur de la Banque mondiale ; il a été mis en place en août dernier avec pour consigne d’accélérer la privatisation de l’industrie et de repayer la dette aux créanciers impérialistes.

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Où va l’Algérie ? Pas d’illusion dans les massacreurs d’octobre 88 ! La classe ouvrière doit écraser le FIS !

Article paru dans Le Bolchévik, n° 116, janvier-février 1992, p. 12 et 9-11

Une femme voilée passe devant un graffiti à la gloire du FIS le 14 février 1992 à Alger, Algérie. (Photo by Pool TURPIN/ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

30 janvier – En 1988, l’Algérie a été secouée par une vague de grèves ouvrières ; en octobre, la jeunesse privée d’avenir se révoltait contre l’austérité du FMI et la dictature du FLN – une révolte écrasée dans le sang par l’armée qui massacra plus de 500 personnes. Juin 1990 : victoire des intégristes du Front islamique du salut (FIS) aux élections municipales. Le 5 juin 1991 : après l’échec d’une grève générale politique appelée par le FIS, l’état de siège est déclaré, les élections sont reportées et l’armée arrête les dirigeants Abassi Madani et Ali Benhadj, ainsi que des milliers d’activistes de ce parti réactionnaire. 11 janvier 1992 : après que le FIS a remporté le plus grand nombre de sièges au premier tour des élections législatives, le président Chadli Bendjedid est démissionné, les élections sont annulées, l’armée prend directement le pouvoir pour empêcher les intégristes d’y accéder.

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Les travailleurs doivent écraser le FIS et renverser le FLN. Pour un gouvernement ouvrier et paysan en Algérie !

Article paru dans Le Bolchévik, n° 112, juillet-août 1991, p. 12 et 11

Manifestation du F.I.S. à Alger le 4 juin 1991, Algérie. (Photo by SIDALI DJENIDI/Gamma-Rapho via Getty Images)

Depuis le 5 juin à 0 heure, l’armée algérienne (ANP) exerce ouvertement la réalité du pouvoir en Algérie. Le gouvernement Hamrouche, nommé après la répression sanglante des « enfants d’octobre » 1988, est remplacé par un cabinet Ghozali qui cache son extrême faiblesse derrière l’état de siège. Un couvre-feu a été imposé sur une grande partie des villes. Les élections législatives, qui devaient « approfondir » la « démocratie », ont été reportées à une date indéterminée à la fin de l’année.

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Sénégal : la majorité de la direction du M.S.D. réaffirme ses liens avec la IVème Internationale (CIR) et une politique conforme aux traditions du mouvement ouvrier et des peuples

Textes parus dans Tribune internationale, n° 51, septembre 1989, p. 22-24

Manifestation d’intégristes musulmans contre le livre de Salman Rushdie ‘Les versets sataniques’ à Paris le 26 février 1989, France. (Photo by Mohammed LOUNES/Gamma-Rapho via Getty Images)

On trouvera ci-dessous de larges extraits de la résolution intitulée “A toutes les militantes et tous les militants du M.S.D.” adoptée à Dakar le 9 août 1989 par une large majorité du Secrétariat politique permanent du Mouvement pour le socialisme et la démocratie (Sénégal). Dans le précédent numéro de Tribune Internationale (No. 50 de Juillet 1989), nous avions publié la résolution adoptée par le Conseil général de IVème Internationale (CIR) en mai 1989. Cette résolution, après avoir constaté l’absence de Mamadou Dia, régulièrement invité à cette réunion, rappelait la position de principe de la IVème Internationale (CIR) sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, de la religion comme affaire privée et de la politique. Ce rappel avait été rendu nécessaire par les prises de position de Mamadou Dia, président du M.S.D., au sujet de “l’affaire Rushdie” (voir le même numéro 50 de Tribune Internationale).

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Faillite du nationalisme du FLN, poussée de la réaction islamiste en Algérie

Article paru dans Le Bolchévik, n° 103, juillet-août 1990, p. 12, 9, 10 et 11

Défilé pour la Journée de la Femme le 8 mars 1990 à Alger, Algérie. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

Le résultat des élections locales du 12 juin a fait l’effet d’une bombe en Algérie et dans toute l’Afrique du Nord. Le Front islamique du salut (FIS) s’est emparé de la majorité des grandes villes et des villes de moyenne importance et a pris le contrôle de 32 wilayas (départements) sur les 48 que compte le pays, alors que le FLN n’a réussi à conserver qu’à peine un tiers des conseils municipaux. Certes, les réactionnaires islamistes du FIS ont obtenu cette écrasante majorité avec 35 % d’abstentions et, surtout, la majorité des femmes n’ont pu exprimer librement leur choix puisqu’à cause du système de vote par procuration institué par le FLN les chefs de famille pouvaient voler pour leur femme et leurs filles.

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Affaire Rushdie

Textes parus dans Tribune internationale, n° 50, juillet 1989, p. 24-27

DEMONSTRATION AGAINST SALMAN RUSHDIE IN BEIRUT (Photo by Maher Attar/Sygma via Getty Images)

Sur l’affaire Rushdie

La situation en Iran et la prise de position de Khomeiny

Comme on le sait, c’est avec l’intervention de l’Imam Khomeiny (et celle de l’Etat iranien en tant que tel) que l’affaire Rushdie prend une ampleur mondiale, fait les gros titres de tous les journaux, entraîne des conséquences diplomatiques (rupture des relations diplomatiques de l’Iran avec l’Angleterre, etc…)

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Islam : L’affaire Rushdie

Dossier paru dans Inprecor, n° 285, 3 avril 1989, p. 25-28

British muslims demonstrate at anti-Rushdie rally on May 27, 1989 in London, United Kingdom. (Photo by Marc DEVILLE/Gamma-Rapho via Getty Images)

Rushdie dans la tempête

LES VERSETS SATANIQUES, de Salman Rushdie ont été interdits dans la plus grande partie du monde islamique, et même en Inde et en Afrique du Sud, pays “laïques”. En France notamment, les éditeurs ont “retardé” sa parution, mais dans les pays où il est disponible, malgré (ou à cause) de la campagne pour son interdiction, ou son boycott, les ventes montent en flèche.

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Erdal Tan : Turquie. Un an sous municipalités islamistes

Article d’Erdan Tan paru dans Inprecor, n° 393, juillet 1995, p. 12-13

Refah meeting at Istanbul stadium. (Photo by SIDALI-DJENIDI/Gamma-Rapho via Getty Images)

L’année 1994 en Turquie a été incontestablement l’année du Refah Partisi (Parti de la prospérité, RP islamiste), en raison de sa victoire aux élections municipales du 27 mars 1994. Dès lors, la gestion des affaires par le RP et le spectre d’une prise de pouvoir par ce parti ont été au centre de tous les débats. Un an après, il convient de dresser un premier bilan.

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Luiza Toscane et Nadia Tlili : Femmes, féminisme et islamisme

Article de Luiza Toscane et Nadia Tlili paru dans Inprecor, n° 422, mars 1998, p. 29-31

DEU, Germany, Dortmund, 1998: Milli Goerues event in the Westfalen Stadium.- A German Moslem. (Photo by Yavuz Arslan/ullstein bild via Getty Images)

La question des femmes et de l’islamisme est emblématique à plusieurs titres. D’abord parce que c’est bien autour du rôle social de la femme, de sa sexualité et de son corps que s’articule une grande partie du discours islamiste. Ensuite parce que c’est à travers les femmes que ce courant a acquis une visibilité politique. Enfin parce que la question des « droits des femmes » a été instrumentalisée par des régimes autoritaires pour légitimer leur guerre ouverte contre l’islamisme, régimes dont l’engagement féministe est plus que douteux. Dans ce contexte propice à toutes les ambiguïtés et toutes les récupérations, formuler un positionnement féministe et révolutionnaire n’a rien d’évident. Cet article ne vise évidemment pas à proposer des réponses élaborées et cohérentes, mais à montrer qu’on sous-estime souvent la complexité des problèmes et des solutions.

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Luiza Maria : Libye. Kadhafi à l’épreuve de l’intégrisme

Article de Luiza Maria paru dans Inprecor, n° 319, du 23 novembre au 6 décembre 1990, p. 7

Monument à l’effigie de Mouammar Kadhafi à Tripoli, circa 1990, Libye. (Photo by Christian SAPPA/Gamma-Rapho via Getty Images)

« Le Koweït est une partie du Nedj (1) (…). L’Arabie saoudite est une partie de l’Irak, l’Irak est une partie de la Syrie, elle-même partie intégrante de la Palestine (…). Nous sommes tous partie intégrante les uns des autres et formons une terre arabe et un seul peuple arabe (…). Ce qui est arrivé entre le Koweït et l’Irak est négatif pour le projet d’unité arabe. Je suis contre l’invasion et contre l’exode des femmes et des enfants. » Ainsi s’exprimait le colonel Kadhafi, le 1er septembre 1990, devant le Congrès général du peuple libyen (2).

Un mois après, il appelait à boycotter le pèlerinage annuel à la Mecque et, le 1er novembre 1990, il s’instituait “dirigeant du monde islamique”.

Luiza MARIA

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Nawal El Saadawi et Shérif Hetata : Egypte. Vieux frères, vieux ennemis

Article de Nawal El Saadawi et Shérif Hetata paru dans Inprecor, n° 389, mars 1995, p. 14-16

(Fundamentalist) Muslim Brotherhood supreme spiritual ldr. Mohammed Hamed Abu Nasr (C) during TIME interview in his world map adorned office. (Photo by Barry Iverson/The LIFE Images Collection via Getty Images/Getty Images)

L’organisation des Frères musulmans a été fondée en 1928 par un instituteur nommé Hassan El Banna (1906-1949). Ce dernier avait commencé à prêcher dans la ville d’lsmaileya, bastion de la Compagnie du canal de Suez et quartier général des troupes d’occupation britannique. Ses premières armes ont donc été faites dans les « bras de l’ennemi » pour ainsi dire, un détail qui mérite notre attention.

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Dossier : Féminisme et islamisme

Dossier paru dans Inprecor, n° 284, 20 mars 1989, p. 12-19

Women weaving carpets, Central Anatolia, Turkey, 1989. (Photo by Dario Mitidieri/Getty Images)

FEMMES-TURQUIE

AVANT LE COUP D’ÉTAT de septembre 1980, des milliers de femmes militaient dans les rangs de groupes de gauche et d’extrême-gauche, aussi bien que dans les groupes intégristes et fascistes. Mais la question de l’oppression des femmes n’avait jamais été réellement discutée, étant soit simplement ignorée, soit reléguée au second plan au nom d’autres “priorités”. Ce n’est qu’avec l’apparition d’un mouvement autonome des femmes, au milieu des années 80, que cette question a pu s’imposer à l’ordre du jour, grâce, notamment, à des publications féministes comme Kaktüs ou Feminist .

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Fuat Orcun : Turquie. Montée de l’intégrisme islamique

Article de Fuat Orcun paru dans Inprecor, n° 238, 16 mars 1987, p. 19-21

A Female Classroom For Leaning The New Alphabet The Latin Or English Kind As Ordered By Mustapha Kemal During The 1920’S. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

LE mouvement intégriste a récemment fait une démonstration de force en Turquie, en prenant prétexte d’une décision du Conseil supérieur de l’enseignement (CSE), interdisant aux étudiantes le port du « turban », version moderne du tchador. Il s’agissait d’une ruse des étudiantes intégristes pour se couvrir la tête, en contournant la précédente réglementation édictée par le CSE qui avait aussi interdit les moustaches et les barbes « idéologiques » (1) pour les hommes ainsi que les décolletés pour les femmes. Toute une série d’actions de protestation ont été organisées par les groupes d’étudiants intégristes. Ce mouvement, qui avait débuté dans les universités s’est ensuite étendu à d’autres couches sociales. Erbakan, le Président du Parti du salut national (islamiste, dissout après le coup d’Etat de 1980) a participé à une manifestation interdite à Istanbul regroupant 4 000 personnes, où l’on pouvait entendre « On ne peut interdire le tchador », « Turquie musulmane », « Nous voulons la charia (2) ».

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Souad Benani : France. L’intégrisme islamiste, une menace mortelle pour les femmes

Article de Souad Benani paru dans Inprecor, n° 389, mars 1995, p. 22-25

DEMONSTRATION FOLLOWING THE MURDER OF CHEIKH SAHRAOUI IN PARIS (Photo by Maher Attar/Sygma via Getty Images)

La montée de l’intégrisme islamiste au Maghreb, principalement en Algérie, constitue un péril mortel pour les femmes de ces pays. Les assassinats de femmes, certaines exécutées publiquement pour avoir refusé de porter le voile islamique ou pour être sorties bras nus, se comptent par centaines. Enlèvements, viols collectifs, égorgements sont, pour les femmes, l’actualité ordinaire d’un pays déchiré entre la dictature sanguinaire des actuels dirigeants de l’armée et les abominations des intégristes. L’évolution de la situation en Algérie ne peut manquer de retentir sur la situation de l’émigration en Europe et particulièrement en France où la population d’origine algérienne est nombreuse (800 000 Algériens plus tous ceux qui, même de nationalité française, se sentent des liens étroits avec leur pays d’origine).

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Algérie : la révolution bloquée. Une interview de Sami Naïr

Editorial suivi d’une interview de Sami Naïr par Daniel Bensaïd parus dans Critique Communiste, revue mensuelle de la Ligue communiste révolutionnaire, n° 35, novembre 1984, p. 3-4 et p. 21-27

Photos publiées dans El Djeich, novembre 1984, p. 98


Il y a trente ans en Algérie
Le 1er novembre des parias et des opprimés

EN ce jour de Toussaint 1954. quelques centaines de militants nationalistes algériens attaquaient, à travers toute l’Algérie, des commissariats de police et des postes de gendarmerie. Leurs moyens étaient dérisoires face à la puissance de l’impérialisme français. Pourtant, le 1er novembre 1954 reste dans l’histoire comme le lancement de la guerre de libération. L’action du 1er novembre répondait à l’attente du peuple algérien dominé, exploité et humilié depuis la conquête française. Ce peuple, dont la lutte pour sa libération n’avait pas cessé, désespérait devant l’attentisme ou le légalisme de ses dirigeants nationalistes. Le 1er novembre 1954 fut l’étincelle qui mit le feu à la plaine, au lendemain de la défaite du colonialisme français en Indochine et tandis que s’intensifiait la lutte pour l’indépendance au Maroc et en Tunisie, sous protectorat français.

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Progrès et problème de la révolution africaine

Extrait du document préparé par le Secrétariat Unifié pour le Congrès Mondial de la IVe Internationale (5-12 décembre 1965) paru dans Quatrième Internationale, n° 27, février 1966, p. 43-51

Jeunes filles défilant pour célébrer le 12ème anniversaire de la Révolution à Alger en novembre 1966, Algérie. (Photo by Keystone-France/Gamma-Rapho via Getty Images)

LA RÉVOLUTION ALGÉRIENNE

Sans revenir en détail sur les analyses précisées dans plusieurs textes de l’Internationale, on peut synthétiser comme suit les traits fondamentaux de la révolution algérienne avant l’indépendance :

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Edwy Plenel : Autogestion ouvrière et pouvoir politique en Algérie de 1962 à 1965

Article d’Edwy Plenel signé Joseph Krasny paru dans Quatrième Internationale, n° 1, nouvelle série, 15 janvier 1972, p. 55-58

Curieusement, alors que la Révolution algérienne fut pendant plusieurs années à l’avant-garde de la Révolution africaine, rares — et même inexistantes — sont les tentatives de bilan, complet et détaillé, de l’histoire mouvementée de l’Algérie indépendante. Il est pour le moins significatif, alors qu’études, articles, ouvrages, fleurissaient avant le 19 juin 1965, de voir depuis le silence régner, seulement rompu par l’« Histoire de la guerre d’Algérie » en trois tomes d’Yves Courrière, intéressante malgré son caractère anecdotique, peu politique et non marxiste. En ce sens, l’ouvrage de Monique Laks représente un important pas en avant. Une lecture approfondie dissipe vite l’impression d’une étude limitée que semble cacher le titre, l’autogestion ouvrière représentant alors moins de 10 % du total des travailleurs employés dans l’industrie et le bâtiment.

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Larbi Hamdane : Algérie, planification et deuxième réforme agraire

Article de Larbi Hamdane paru dans Quatrième Internationale, n° 44, juillet 1970, p. 39-46

Femmes et enfant de la tribu des Touareg Kel Ihérir dans la région de Djanet en janvier 1970, Algérie. (Photo by Jean-Marie ADAMINI/Gamma-Rapho via Getty Images)

Plan Quadriennal et « Révolution Agrai­re » sont certainement les deux mesures les plus importantes prises par le régime issu du coup d’Etat du 19 juin 1965. Le Plan Quadriennal 1970-1973 est la première tentative de réelle planification de l’économie algérienne : le Plan Triennal qui l’a précédé ne fut en fait qu’une vague programmation indicative, permettant de récolter l’appareil statistique nécessaire au lancement de la planification, mais qui n’arriva aucunement à réduire la pagaille bureaucratique qui règne dans le secteur industriel. La « Révolution Agraire », dont un « Projet de Charte » très imprécis et restant au niveau des principes a été publié en avril, innove également : les Dé­crets de mars 1963 sur l’Autogestion, première Réforme Agraire, n’avaient touché que le secteur dit “moderne”, c’est-à-dire les terres ayant appartenu aux colons (1/3 de la surface cultivable, les meilleures terres, les plus profondes et les mieux situées, faisant vivre 1/6 de la population agricole) ; mais ils avaient laissé intact le secteur dit « traditionnel», qui fait vivre les 5/6 de la population agricole.

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La révolution algérienne de 1962 à 1969

Résolution du Comité exécutif international de décembre 1969 parue dans Quatrième Internationale, n° 42, mars 1970, p. 50-56

People’s Democratic Republic of Algeria. Chairman of the Presidium of the Supreme Soviet of the Soviet Union Nikolai Podgorny (L) and Chairman of the Revolutionary Council Houari Boumediene are greeted by Algerians. Vladimir Musaelyan/TASS (Photo by TASS via Getty Images)

I

Six mois après le coup d’Etat qui renversa Ahmed Ben Bella, le 8e Congrès Mondial de la IVe Internationale, réuni en décembre 1965, faisait le point de la situation en Algérie dans sa résolution sur les « Progrès et Problèmes de la Révolution Africaine » en indiquant les aspects suivants de l’évolution de la révolution algérienne de 1954 à 1965 :

1. La révolution algérienne avant l’indépendance s’est traduite par une profonde mobilisation des masses. L’instrument politique de la révolution, le F.L.N., se forma en tant que front multiclasses sans contours politiques précis.

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En Algérie, le syndicat instrument de l’Etat

Article signé F. C. paru dans Quatrième Internationale, n° 38, juillet 1969, p. 28-30

Photos publiées dans El Djeich, juin 1969, p. 36-37


Le 3e Congrès de l’Union Générale des Travailleurs Algériens (U.G.T.A.) a eu lieu au mois de mai à Alger au Palais des Conférences Internationales du Club des Pins. Il s’est déroulé en présence de toutes les personnalités du régime. La presse algérienne en a largement parlé. Pourtant, le Congrès eut pratiquement lieu à huis clos. Pour la première fois, aucune délégation étrangère n’avait été invitée au Congrès.