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Aimé Patri : Philosophie de la police politique. A propos d’A. Koestler et de M. Merleau-Ponty

Article d’Aimé Patri paru dans Masses, n° 7-8, février-mars 1947, p. 28-30

English writer Arthur Koestler and his wife playing a game of chess. (Photo by Pat English/The LIFE Images Collection via Getty Images/Getty Images)

Monsieur Maurice Merleau-Ponty publie actuellement dans les “Temps Modernes” (Nos 13 et 14, le reste est à suivre), une bien étrange réponse au recueil d’essais de Koestler : « Le Yogi et le Commissaire » (1). Cette réponse est intitulée : « Le Yogi et le Prolétaire », Il s’agit en réalité, bien plus que de répondre au “Yogi et le Commissaire”, de reprendre la question posée dans “Zéro et Infini” (2), à propos des procès de Moscou. M. Merleau-Ponty a soigneusement compulsé les dossiers des procès, notamment celui de Boukharine et il a entrepris de prononcer un plaidoyer rétrospectif… en faveur des juges. On ne s’attendait guère à voir Kierkegaard et Heidegger appelés à témoigner dans cette affaire, en se disant au surplus “marxistes”, mais.c ‘est pourtant un fait. M. Merleau-Ponty, philosophe, “existentialiste” de son état, est aujourd’hui “marxiste” aussi bien que M. E. Mounier, théoricien du “personnalisme” spiritualiste. Lorsqu’on dit “marxiste” il faut naturellement entendre « stalinien » ou mieux “stalinophile”, puisqu’il ne s’agit que de velléités néophytes accueillies avec la réserve qui convient, par les services inquisiteurs.