Catégories
presse

Paul Thibaud et Pierre Vidal-Naquet : “Le combat pour l’indépendance algérienne : une fausse coïncidence”

Entretien de Paul Thibaud et Pierre Vidal-Naquet,  “Le combat pour l’indépendance algérienne : une fausse coïncidence”, propos recueillis par Daniel Lindenberg et Olivier Mongin, Esprit, janvier 1995, p. 142-152.

 

 

PIERRE VIDAL-NAQUET – J’ai jadis, dans Vingtième Siècle, proposé une tripartition des engagements intellectuels durant la guerre d’Algérie.

 

Il y avait d’abord ceux que j’appelle les « dreyfusards » — en disant cela, je ne me pose pas personnellement en pur dreyfusard —, c’est-à-dire ceux qui parlaient du salut éternel de la France. Il y avait ensuite les « bolcheviques » qui voyaient la Révolution algérienne à l’image de la Révolution d’octobre : pour eux le mouvement révolutionnaire était indissociable d’un parti jacobin qui devait en incarner la tête. Certains pensaient même que la résistance à la guerre d’Algérie pouvait représenter le noyau d’un parti révolutionnaire en France. Enfin, troisième catégorie, il y avait les « tiers-mondistes » pour lesquels l’Algérie était le noyau historique d’une résurrection autonome de valeurs révolutionnaires : c’était l’Algérie des « damnés de la terre » de Frantz Fanon, qui prenaient dans le contexte une valeur quasi christique.
Catégories
évocations presse

Juliette Minces : Lettre à mes amis algériens

Texte paru dans la revue Sou’al, n° 7, septembre 1987, p. 153-154

Lyon, France – 11 May 1987, Klaus Babrie during his trial for crimes against humanity. His lawyer, Jacques Vergès, has back to camera. , (Photo by Francis Apesteguy/Getty Images)

Les journalistes algériens – donc l’État – sont-ils devenus à ce point amnésiques pour oser ainsi falsifier l’Histoire ? Pour nous qui, au nom d’un certain nombre de valeurs que nous croyions communes, avions soutenus les Algériens durant leur lutte, leurs propos concernant le procès de Klaus Barbie sont à la fois consternants et révoltants. De même que l’expression de leur racisme antijuif digne des “meilleures” pages de Brasillach.