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Algérie : La femme dans la lutte de libération nationale

Article signé F. L. paru dans Sans Frontière, n° 15, du 14 au 20 mars 1981, p. 11

A woman member of ALN -National Liberation Army- gives a glass of water to a little girl on September 13, 1962 in Algeria. (Photo by REPORTERS ASSOCIES/Gamma-Rapho via Getty Images)

C’est dans le cadre du centre de documentation de l’Université d’Oran et à l’initiative du “groupe d’étude et de recherche sur les femmes algériennes” que se sont tenues en mai 1980 les “journées de la femme algérienne”. Devant le succès de ce colloque, le groupe organisateur a décidé de poursuivre ses activités et de s’élargir à d’autres participation ; il s’est donné dans ce but diverses orientations de recherches pour l’année 1981, notamment l’étude du statut juridique des femmes, le travail féminin et l’ “analyse du discours sur les femmes algériennes”. Pour une meilleure information sur le résultat de ses réflexions et de ses travaux, le G.E.R.F.A. a enfin l’intention d’organiser la diffusion la plus large possible de ses publications. De nombreux thèmes relatifs à la condition de la femme qui furent développés lors de ces journées, nous avons retenu l’étude de Djamila Amrane sur le “rôle de la femme algérienne dans la guerre de libération nationale”.

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Paul Thibaud et Pierre Vidal-Naquet : “Le combat pour l’indépendance algérienne : une fausse coïncidence”

Entretien de Paul Thibaud et Pierre Vidal-Naquet,  “Le combat pour l’indépendance algérienne : une fausse coïncidence”, propos recueillis par Daniel Lindenberg et Olivier Mongin, Esprit, janvier 1995, p. 142-152.

 

 

PIERRE VIDAL-NAQUET – J’ai jadis, dans Vingtième Siècle, proposé une tripartition des engagements intellectuels durant la guerre d’Algérie.

 

Il y avait d’abord ceux que j’appelle les « dreyfusards » — en disant cela, je ne me pose pas personnellement en pur dreyfusard —, c’est-à-dire ceux qui parlaient du salut éternel de la France. Il y avait ensuite les « bolcheviques » qui voyaient la Révolution algérienne à l’image de la Révolution d’octobre : pour eux le mouvement révolutionnaire était indissociable d’un parti jacobin qui devait en incarner la tête. Certains pensaient même que la résistance à la guerre d’Algérie pouvait représenter le noyau d’un parti révolutionnaire en France. Enfin, troisième catégorie, il y avait les « tiers-mondistes » pour lesquels l’Algérie était le noyau historique d’une résurrection autonome de valeurs révolutionnaires : c’était l’Algérie des « damnés de la terre » de Frantz Fanon, qui prenaient dans le contexte une valeur quasi christique.