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M. Derval : Le procès du régime

Article de M. Derval paru dans L’Internationale, n° 1, juin 1962, p. 5

Me Tixier-Vignancour (à droite) et Me Menuet, les deux défenseurs de l’ex-général Raoul Salan, chef de l’OAS, manifestent leur joie après le verdict de la prison à vie, dans les couloirs du Palais de Justice, à Paris, France, le 24 mai 1962. (Photo by KEYSTONE-FRANCE/Gamma-Rapho via Getty Images)

Le verdict du procès Salan prononcé, bien des Français se sont réveillés en découvrant le régime du 13 mai dans sa vérité toute nue. Salan est à un tel point couvert de crimes qu’il est évident pour tout le monde qu’il méritait dix fois la mort. Cependant le régime ne pouvait que lui faire un procès truqué. Honnête, le procès aurait été celui du régime. Truqué, mais raté, il révèle peut-être encore plus crûment la nature du gaullisme. En effet, Salan et ses défenseurs avaient raison de vouloir prendre les choses par le commencement. Ce procès aurait dû être d’abord celui des « sales » guerres coloniales dont la veuve de Lattre est venue faire l’éloge en même temps que celui du bon condottière Salan ; celui des « oradours » algériens et de la torture qui ne sont ni plus ni moins des crimes hier qu’aujourd’hui et auxquels l’aumônier des assassins, le sinistre tartuffe Delarue, est venu apporter la confirmation de sa bénédiction ; le procès aussi du droit au coup de force militaire que les juges de De Gaulle ne refusent que lorsque le putsch échoue et qu’ils n’en sont pas les profiteurs ; le procès enfin du meurtre comme moyen d’action politique ordinaire que Tixier-Vignancour avait beau jeu de retourner contre le pouvoir et dont Debré ne pouvait se sortir que du droit du plus fort. Que de circonstances atténuantes !

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Le procès Salan

Article paru dans La Voix du peuple, mai 1962, p. 3

Francois MITTERRAND arriving at Paris law courts for General SALAN’s trial. He was summoned to a hearing, as a witness. Raoul SALAN was juged for his activities at the head of the O.A.S. (a French terrorist organization) and for his participation in the coup d’etat by Alger generals in 1961. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

On se souvient qu’on a voulu, à tout prix, coller le M.N.A. à l’O.A.S. La presse inspirée a mené une grande campagne autour de cette soit disant collusion. Bien que le M.N.A. ait publié plusieurs démentis cette accusation montée de toute pièce n’a pas moins continué. Une feuille intitulé « MINUTE » a dépassé en mensonges les autres journaux. En vérité cette orchestration avait pour but d’appâter l’O.A.S. et leur chef le Général SALAN.

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Procès Salan

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n° 40, mai 1962, p. 1-2

Aujourd’hui on juge Salan pour les crimes qu’il a commis en tant que chef de l’O.A.S.

On ne le juge pas pour les crimes qu’il a commis en tant que général de l’armée française en Algérie, car s’il devait être jugé pour ces crimes-là, il ne serait pas seul. L’ « élite de la Nation » serait aussi dans le box : généraux, ex-ministres de droite ou de gauche, députés, administrateurs, chefs de parti, industriels, évêques, directeurs de journaux, policiers…

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Daniel Guérin : Algérie. La honte du pardon aux généraux criminels

Article de Daniel Guérin paru dans Lutter !, n° 4, janvier-février 1983, p. 32

Il est certes un peu tard, mais dans de tels cas il n’est jamais trop tard, pour revenir sur la réintégration des huit généraux qui ont trempé dans le putsch algérien de 1961, puis dans le carnage de l’OAS.

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Le peuple algérien en a assez de l’O.A.S.

Article paru dans La Voix du peuple, février 1962, p. 1 et 4

En ce début de l’année 1962, le monde entier est plus que jamais convaincu du caractère inéluctable de l’indépendance algérienne. Les soucis de tous les gouvernements, conscients de leurs responsabilités internationales, concernent bien plutôt les moyens et méthodes d’obtenir rapidement le rétablissement de la paix en Algérie, que l’issue finale du conflit. Car personne ne doute plus de la volonté des Algériens de vivre libres et de reprendre leur place au sein des nations souveraines. En France même, l’immense majorité du peuple appelle de tous ses vœux la paix et l’ouverture d’une nouvelle ère de coopération entre les deux rives de la Méditerranée.

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Peut-il y avoir un « putsch » ?

Article paru dans Tribune ouvrière, n° 81, janvier 1962, p. 2-4

Parisians Displaying Banners Accusing The Secret Army Organization (Oas) Of Fascism During A Demonstration Of Opposition In Paris On January 24, 1962. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

Pour que le fascisme ne passe pas les organisations ouvrières nous font crier dans la rue « qu’il ne passera pas ». D’un côté des gens armés de plastic et de mitraillettes avec des complices dans la police, l’armée, le gouvernement, avec 80 députés qui les soutiennent ; de l’autre des ouvriers dignes et calmes qui de temps en temps se réunissent pour chanter la Marseillaise.

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La situation algérienne

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n° 2, janvier 1959, p. 7-9.

 

 

1° En Algérie, l’ objectif des grands capitalistes est de liquider la forme arriérée d’exploitation qu’est la colonisation. Actuellement l’exploitation des Algériens se fait de deux manières et profite à deux catégories de la bourgeoisie : en tant que travailleurs, les Algériens subissent l’exploitation directe ou indirecte des grands propriétaires terriens (« colons ») ; en tant que consommateurs, ils éprouvent celle des Compagnies commerciales qui monopolisent le marché algérien. Cette forme d’exploitation na permet pas aux gros banquiers et industriels métropolitains d’investir leurs capitaux en Algérie de façon profitable.

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De l’indépendance à la démocratie

Éditorial publié dans La Nation socialiste, n°57, juillet-août 1962.

 

 

Quand nos lecteurs recevront ce numéro, l’indépendance de l’Algérie sera chose acquise, légalement, « démocratiquement » et vraisemblablement à une énorme majorité des suffrages exprimés. Nous autres, à la Nation Socialiste, qui avons toujours préconisé cette solution du bon sens et de la nécessité et qui, depuis sept ans, réclamons cette prise en mains par le peuple d’Algérie de son propre destin, nous ne pouvons que nous réjouir. Mais pourquoi, à l’heure où tout semble prêt pour les grandes fêtes de la liberté et les vastes entreprises d’un État jeune, ne pouvons-nous nous empêcher d’une certaine amertume et de beaucoup d’inquiétude?