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Le procès Salan

Article paru dans La Voix du peuple, mai 1962, p. 3

Francois MITTERRAND arriving at Paris law courts for General SALAN’s trial. He was summoned to a hearing, as a witness. Raoul SALAN was juged for his activities at the head of the O.A.S. (a French terrorist organization) and for his participation in the coup d’etat by Alger generals in 1961. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

On se souvient qu’on a voulu, à tout prix, coller le M.N.A. à l’O.A.S. La presse inspirée a mené une grande campagne autour de cette soit disant collusion. Bien que le M.N.A. ait publié plusieurs démentis cette accusation montée de toute pièce n’a pas moins continué. Une feuille intitulé « MINUTE » a dépassé en mensonges les autres journaux. En vérité cette orchestration avait pour but d’appâter l’O.A.S. et leur chef le Général SALAN.

On a utilisé le M.N.A. pour procéder à une vaste opération politico-policière. D’un côté on a beaucoup parlé du M.N.A. pour appâter l’O.A.S. et de l’autre pour le salir. Cette même presse qui a monté cette opération de mensonges et d’accusations ne se cachait pas pour dire que le M.N.A. n’existait plus ; elle était toujours la première soit à minimiser soit à mettre en épingle notre parti pour lui imputer « tous les péchés d’Israël ».

Dans sa conférence de Presse, MESSALI HADJ, preuve en main, a flétri et stigmatisé cette machination.

On se souvient que le Général SALAN avait cité MESSALI HADJ comme témoin parmi les autres personnalités militaires et civils lors de son interrogatoire. A ce sujet également la presse n’a pas manqué d’épiloguer. En réponse à toutes ces manœuvres et à cette citation MESSALI HADJ a écrit une lettre qu’on lira ci-après au président du Haut Tribunal militaire de Paris.

La lecture de cette lettre se passe de tout commentaire et prouve une fois de plus que le M.N.A. pas plus que MESSALI HADJ n’ont eu de contacts ou de rapports quelconques avec l’O.A.S.


Monsieur le Président
du Haut Tribunal Militaire
Palais de Justice – PARIS

Monsieur le Président,

Je vous prie de vouloir bien m’excuser de ne pas répondre à la citation qui m’a été délivrée à la requête de M. SALAN en vue de comparaître comme témoin le 15 mai prochain devant le Haut Tribunal Militaire.

En effet, ni le M.N.A., ni moi-même ne connaissons M. SALAN.

La politique du M.N.A. dont je suis le Président, comme je l’ai été de l’Etoile Nord-Africaine, du P.P.A. et du M.T. L.D., a toujours eu pour objectif l’indépendance de l’Algérie. Cette politique que nous avons proclamée dès les lendemains de la première guerre mondiale, a été et demeure la nôtre. Pour elle, nous avons donné le meilleur de nous-même et enduré souffrances, emprisonnements, déportations et exil sous tous les régimes.

Notre conception de l’indépendance de l’Algérie qui, sur le plan politique, est essentiellement démocratique et s’accompagne par ailleurs, d’un vaste programme de transformations économiques et sociales est à l’opposé de la politique de l’O.A.S. qui vient maintenir l’Algérie sous la domination colonialiste par les pires moyens fascistes et racistes.

Ainsi, tout nous oppose à la politique et aux méthodes de l’O.A.S. avec laquelle, est-il besoin de le dire, nous n’avons jamais eu le moindre contact, ni direct, ni indirect.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments déférents.

MESSALI HADJ.
Le 14 mai 1962

Une réponse sur « Le procès Salan »

Une déclaration d’une clarté indiscutable, totalement en accord avec l’histoire.

Pour moi citoyen algérien, la lire en juin 2022, permet de mieux comprendre l’histoire contemporaine de l’Algérie et la nature du système de l’arbitraire en place.

Le stalinisme en tant que demarche politique dont les fondements avérés sont la falsification, le mensonge et la calomnie a pénétré tous les rouages de l’État. Nous subissons encore les conséquences.

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