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“Les Versets sataniques” doivent être traduits et publiés !

Article paru dans Le Bolchévik, n° 91, mars 1989, p. 5

Indian Moslem writer Salman Rushdie in cluttered study going through book before going into hiding after writing SATANIC VERSES for which the Ayatollah Khomeini would soon sentence him to death. (Photo by Terry Smith/The LIFE Images Collection via Getty Images/Getty Images)

24 février – La mobilisation réactionnaire autour du roman de Salman Rushdie, les Versets sataniques, jugé « blasphématoire » par Khomeiny, est devenue en quelques jours un monstrueux délire meurtrier. A peine les derniers soldats soviétiques partis d’Afghanistan, les intégristes islamistes se sont senti le vent en poupe. L’imam Khomeiny avait déjà préparé le Xe anniversaire de son régime obscurantiste par le massacre de milliers d’opposants iraniens dans ses prisons. Aujourd’hui, le maître de Téhéran vient de lancer l’ordre ahurissant de traquer et tuer Salman Rushdie et ses éditeurs, avec en prime un à trois millions de dollars et la promesse d’être élevé à la condition de « martyr »… « La flèche est déjà lancée vers son objectif », déclare un de ses lieutenants. Et ces fous de dieu ne plaisantent guère !

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Alain : La liberté de sacrilège

Article d’Alain paru dans Informations et réflexions libertaires, n° 81, avril-mai 1989, p. 3

DEMONSTRATION AGAINST SALMAN RUSHDIE IN PARIS (Photo by Alain Nogues/Sygma/Sygma via Getty Images)

Que des écrivains ou des artistes risquent leur vie à cause de ce qu’ils expriment, les replace soudain sur le plan de la commune humanité. La littérature et l’art ne sont pas des souffles agitant l’air de façon inconséquente et intemporelle. Ils sont faits de souffrances et de bonheurs concrets qui engagent la vie de ceux qui en sont les auteurs, comme de ceux qui les apprécient. L’art, en soi, a une valeur subversive, au même titre que la raison qui permet aux individus de ne pas être seulement victimes, mais de porter un regard critique sur ce qu’ils vivent, seul gage que cette vie peut, peut-être, changer.

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Pierre Mertens : L’écrivain public n° 1

Article de Pierre Mertens paru dans Lignes, n° 6, 1989/2, p. 29-40

The 14th evening of the “Cesars” in Paris, France in February, 1989 – Claudia Cardinale, Isabelle Adjani, Cesar for the best actress with “Camille Claudel” by Bruno Nyutten, Michel Drucker. On this occasion Isabelle Adjani, voted the best actress for the third time in her career, reads an excerpt from “Vesrets Sataniques” by Salman Rushdie. (Photo by Pool ARNAL/SIAUD/Gamma-Rapho via Getty Images)

Bien sûr, l’imam Khomeiny n’a pas lu les Versets sataniques. Depuis quand les tyrans prendraient-ils la peine de lire des romans ?

Son hégémonie se voit, seulement, un peu contestée, depuis quelque temps, au sein du grand empire islamique. C’est à partir de l’automne 88 qu’en Inde, au Pakistan, au Arabie Saoudite, et même à Bradford, en Grande-Bretagne, le livre impie remue les fidèles, et qu’on le brûle publiquement.

Le suprême ayatollah laisserait-il aux sunnites l’initiative de l’intolérance ? Aux Saoudiens qui sont, en priorité, ses rivaux ?

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Maurice Audebert : Quousque tandem…

Chronique de Maurice Audebert parue dans Raison présente, n° 90, 2eme trimestre 1989, p. 126-128

Protesting Against Salman Rushdie’s book in Paris, France on February 26, 1989. (Photo by Mohamed LOUNES/Gamma-Rapho via Getty Images)

D’après les informations d’hier “les tueurs sont en marche”. J’ignore ce qu’il en sera dans quelques semaines, quand paraîtra cette chronique : peut-être déjà arrivés puisque, par ces temps, la barbarie s’affiche en toute bonne conscience ; sans compter que, comme ils le promettent, si ce n’est pas demain ce sera plus tard car la police se lassera bien un jour de protéger le “criminel”. Salman Rushdie, comme on l’aura compris. D’après ces mêmes informations, un millier de musulmans ont manifesté dans les rues de Paris, et dont certains criaient “à mort !” ; dans la foule, on voyait des gamins, particulièrement véhéments ; sur le petit écran. Monsieur Le Pen, qui se frottait les mains : “ce que vous voyez là, ce n’est que l’avant-garde ; demain ils seront des millions et c’en sera fait de vos libertés.” Pendant ce temps d’autres condamnent mais s’interrogent car il paraît qu’il faut laisser leur chance aux “libéraux” de là-bas.