Article paru dans L’Humanité, 10 mars 1934 ; suivi de « La grève des laveurs de voitures », Le Populaire, 21 mars 1934
40 francs aux jaunes au lieu d’un salaire de 22 francs au garage de la rue Lecomte !
Sur 1.400 laveurs de voitures à Paris, 1.000 grévistes ont été réunis hier dans les meetings de secteurs. Aux garages déjà nommés se sont joints, hier matin, ceux de la Révolte, de la G-3 Cardinet, de Saint-Ouen, d’Alésia et de Mozart.
18 mois de prison et près de 50.000 francs d’amende à trois Algériens, sous le prétexte d’avoir reconstitué une organisation dissoute.
Et cela non pas en vertu du code de l’indigénat, mais en vertu code civil français. Car, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ça ne se passe ni à Constantine ni aux confins du Sahara, mais chez nous, en France, à Paris même, dans ce Paris révolutionnaire … jadis.
Trois mille Musulmans algériens réunis au Cinéma Mondial à l’appel de la section Algérienne de l’« Etoile Nord-Africaine » après avoir entendu le discours de Messali, votent à l’unanimité l’ordre du jour suivant :
Article paru dans La Lutte ouvrière, n° 32, 19 février 1937 ; suivi de « Chassons les fascistes d’Algérie » et « Contre la dissolution de l’Etoile Nord-Africaine », La Lutte ouvrière, n° 34, 5 mars 1937
Au même moment où le gouvernement lance le projet Viollette il interdit l’organisation ouvrière l’Etoile Nord-Africaine. Cette double mesure donne tout son sens à la politique du ministère Blum. La situation aujourd’hui est à nouveau menaçante. Il est possible que l’impérialisme français ait rapidement besoin de chair à canon. Il est donc nécessaire de renforcer la domination sur les colonies.
Nous l’avons dit, la préoccupation dominante de Marius Moutet, celle qui inspire et conditionne sa politique, c’est le souci de l’intérêt des populations indigènes. Sa tâche – immense et compliquée – peut se résumer en trois mots : Apporter au-delà des mers aux peuples frères ce que le peuple français revendique pour lui : le pain, la paix, la liberté ». (Populaire du 14 décembre 1936.)
Article paru dans La Commune, n° 41, 29 janvier 1937 ; suivi de « La dissolution ne frappe que les opprimés des colonies » paru dans La Commune, n° 43, 12 février 1937
DEJA les gouvernements bourgeois avaient fait dissoudre par les tribunaux à leur dévotion « L’Etoile Nord-Africaine ». Mais cette mesure, prise en 1929, n’avait pu briser la combativité de nos camarades indigènes qui continuèrent leur lutte contre l’impérialisme français.
Article paru dans La Lutte ouvrière, organe du Parti ouvrier internationaliste, 2e année, n° 30, 5 février 1937, édition spéciale
Les patrons ont tué Acherchour et les domestiques dissolvent l’Etoile Nord-Africaine ! Il faut imposer le droit pour les coloniaux de s’organiser librement ! Solidarité de classe avec les Travailleurs Nord-Africains
Mardi, 2 février, la Ligue pour la Défense des Droits des Nègres organisait, à la Mutualité, un meeting pour protester contre la dissolution de l’Etoile Nord-Africaine. Vers 19 h. 45, un imposant service d’ordre bouchait les accès de la Mutualité pour signifier que ce meeting n’aurait pas lieu. Les nombreux Nord-Africains qui étaient venus pour assister à ce meeting, durent s’en retourner.
Article de Daniel Guérin paru dans La Vague, organe de rassemblement révolutionnaire, Nouvelle série, n° 6, 1er février 1937
UN COUP DE FORCE
A la veille du Congrès de Biarritz, le gouvernement, pour amadouer messieurs les radicaux, avait fait évacuer brutalement par des forces de police, une usine parisienne. A la veille d’une interpellation au Sénat, sur l’Afrique du Nord, le gouvernement, pour amadouer messieurs les sénateurs, vient de décider la dissolution de l’Etoile Nord-Africaine. Mêmes causes, mêmes effets.
Adresse de Messali Hadj parue dans El Ouma, édition spéciale, n° 46, 1937 ; suivie d’un appel de la rédaction et d’un communiqué de l’Etoile nord-africaine
Vous n’êtes pas sans savoir que l’Etoile Nord-Africaine est frappée de dissolution. Cela vous indigne à juste titre, comme tous les hommes de cœur et d’esprit libre. En pareille circonstance, il est de mon devoir de faire appel à vous et à votre organisation pour deux choses : d’abord, pour vous pr.er de joindre votre protestation à la nôtre pour s’élever contre la dissolution qui frappe notre organisation, et puis, étant donné l’objet et le titre des votre ligue qui lutte contre le racisme, je dois et c’est mon devoir de souligner devant vous la gravité de cette mesure que rien ne justifie ; il est certain que vous avez déjà compris, mais il importe de préciser. L’Etoile Nord-Africaine est frappée de dissolution par un gouvernement issu du rassemblement populaire dont elle est membre dès le jour dès sa création.
Article signé Naceur paru dans El Ouma, n° 39, mars-avril 1936
Leo Poldès, l’actif directeur du Club du Faubourg, avait organisé, le mercredi 18 mars, un débat sur le malaise algérien.
L’Etoile Nord-Africaine, toujours à la pointe du combat quand il s’agit de défendre les Nords-Africains, avait délégué le Docteur Ben Sliman pour exposer son point de vue sur la question.
Lettre de l’Etoile Nord-Africaine parue dans L’Algérie Ouvrière, Organe des Travailleurs de l’Afrique du Nord, publié sous le contrôle des Syndicats Réunifiés d’Algérie, Nouvelle Série, n° 105, du 21 janvier au 7 février 1936
ETOILE NORD-AFRICAINE Association des Musulmans Algériens, Tunisiens et Marocains 19, rue Daguerre – PARIS
Le Gouvernement LAVAL complice des factieux, et ennemi du Peuple, vient de lancer une poursuite en dissolution contre l’ETOILE NORD-AFRICAINE.
Article paru dans La Lutte Sociale, organe bi-mensuel du Parti Communiste Algérien, Nouvelle série, 25e année, n° 13, du 1er au 15 novembre 1934
Après les poursuites contre les dirigeants de l’Etoile Nord-Africaine et la dissolution de cette organisation, un autre groupement s’était constitué sous le nom de la « Glorieuse Etoile Nord-Africaine ».
Appel de l’Etoile Nord-Africaine paru dans La Lutte Sociale, n° 451, 22 avril 1927 ; suivi d’une lettre de l’Etoile Nord-Africaine parue dans L’Humanité, 17 mai 1927
Une nouvelle restriction vient d’être apportée aux droits politiques, déjà si minimes, des indigènes algériens. Un arrêté du Conseil d’Etat déclare non éligibles aux fonctions de maires et d’adjoint les indigènes non naturalisés français.
Lettre de la Commission exécutive de l’Etoile Nord-Africaine parue dans La Lutte Sociale, journal du Parti Communiste de la Région Algérienne, n° 411, 4 septembre 1926 ; parue dans sa version intégrale dans L’Humanité, 25 août 1926
Nous avons reçu de l’ « Etoile Nord-Africaine », association des musulmans algériens, tunisiens et marocains, dont le siège social est sis 3, rue du Marché-des-Patriarches et le président d’honneur l’Emir Khaled, communication d’une pétition adressée par cette association au Ministre de l’Intérieur.
Article d’Amar Imache paru dans El Ouma, n° 17, décembre 1933
Etrange coïncidence … Je préparais justement un article où je voulais mettre en parallèle notre misérable existence avec celle de tous les étrangers venus en notre pays. Et je voulais dédier cet article à tous mes frères. A ceux qui souffrent là-bas, en Afrique du Nord, de l’oppression impérialiste, obligés de courber la tête sous l’autorité féodale au XXe siècle, sous la République démocratique qui fait couler à flots la « justice et la paix », et aussi à mes frères expatriés comme moi, aux exilés volontaires, à ceux qui fuient devant l’odieux code de l’Indigénat et qui paient cher le droit d’aller en exil. Oui, j’étais là, dans mes méditations, m’efforçant de garder mon calme à l’évocation de ces scènes tragiques de notre vie brisée où je poyais tour à tour la silhouette cauteleuse et cynique de l’usurier, le visage fermé de l’impitoyable caïd et la hautaine attitude de l’administrateur, autoritaire et despotique au milieu de sa séquelle de soldats, de gendarmes et de mokhaznis, puis les images chères dans l’humble logis où apparaissent les terribles conséquences de toutes ces forces administratives. Je pensais à la douleur qui étreint les cœurs à la veille du départ et au déchirement à l’heure de se séparer, car pour nous la seule solution est de partir : à côté du colon heureux et riche d’une terre qu’il a volé, il n’y a pas de place pour nous.
Article signé Amar ben Ali paru dans El Ouma, organe national central de l’Etoile nord-africaine, troisième année, n° 9, janvier-février 1933 ;suivi de « Les grands reportages des faiseurs d’opinion »
Paris et ses environs sont occupés
La crainte de provoquer une grande émotion parmi la population indigène, nous empêche de sonner l’alerte, car nous aurions voulu donner un communiqué plus détaillé, à savoir que les régions les plus importantes de France seront avant peu sous l’autorité musulmane.
J’aurai l’honneur de participer au colloque pour le centenaire de l’Etoile nord-africaine qui se tiendra à la Bourse du travail de Paris (29, boulevard du Temple75003) le samedi 25 avril de 13h30 à 18h.
Article de Chedly Khairallah paru dans L’Ikdam nord-africain, n° 3, août-septembre 1927 ; suivi de « Le banquet de l’Etoile nord-africaine » par Mustapha
Pendant les séances du congrès anti-colonial de Bruxelles, nous avons assisté – de la part de la presse réactionnaire – à une véritable conspiration du silence.
Article paru dans L’Ikdam nord-africain, n° 1, mai 1927 ; suivi de « Un appel de l’Etoile à l’opinion française »
Au cours du mois dernier, l’Etoile Nord-Africaine a tenu un grand meeting pour permettre à ses délégués au Congrès de Bruxelles de rendre compte de leur mission.
Article paru dans Al-Raïat Al-Hamra, organe du Parti Communiste (S.F.I.C.), n° 2, mars 1927 ; suivi de « La signification du congrès de Bruxelles » par I. Ifriqui
Au Congrès contre l’oppression coloniale et l’impérialisme, « L’Etoile Nord-Africaine » fut représentée par 3 délégués. Cette association de Musulmans de Tunisie, d’Algérie et du Maroc a comme président d’honneur l’Emir Khaled. Par la voix d’un de ses délégués, M. Messali, elle fit, d’une façon magistrale, le procès de la colonisation française en Algérie. Nos camarades ouvriers algériens la connaissent assez pour qu’il nous soit utile de publier le réquisitoire prononcé par le secrétaire général de « L’Etoile Nord-Africaine », M. Messali.
La dissolution de l’Etoile Nord-Africaine ayant été décrétée, alors que rien ne la laissait prévoir, il nous a paru intéressant de connaître l’opinion du président de cette organisation dont l’attitude, depuis l’avènement du Front populaire, permettait précisément de croire que l’action de l’Etoile faciliterait les rapports entre les masses musulmanes et le peuple français.
Ainsi, Messali, que la décision ministérielle avait ramené à Paris en l’obligeant à interrompre une série de meetings dans la région lyonnaise, nous a déclaré :
Article signé Abdellah, paru dans El Ouma, n° 46 [janvier 1937]
La crise mondiale du capitalisme et ses douloureuses répercussions sur le sort déjà manifestement misérable de notre peuple, victime depuis 1830 d’un colonialisme dépossesseur et sanglant, jointes aux derniers événements à caractère évolutif du peuple de France que celui d’Algérie appelle à l’aide à la compréhension, restent pour notre jeunesse autant de sujets d’attention d’un enseignement utile, d’une influence bien marquante.
« Les messalistes et la gauche française. Alliances, ruptures et transactions dans l’entre-deux-guerres« , mon dernier article à lire dans Vingtième siècle. Revue d’histoire (juillet-septembre 2016), numéro où l’on trouvera aussi mon compte rendu du livre de Pierre Nora Les Français d’Algérie. L’ensemble se trouve dans un dossier coordonné par Céline Marangé et intitulé « Les gauches et les colonies ».
Résumé de ma thèse paru dans la revue Présence d’Albert Camus, n°6, 2014, pp. 93-94
Consacrée aux dirigeants messalistes, ma thèse propose une sociologie de l’engagement révolutionnaire et, plus singulièrement, des trajectoires révolutionnaires en « situation coloniale » – en référence aux travaux de Georges Balandier – et des trajectoires coloniales en « situation révolutionnaire » – pour reprendre l’expression de Charles Tilly. Son objectif a été de comprendre comment des Algériens colonisés deviennent révolutionnaires, comment ils font la révolution et comment ils cherchent à lui rester fidèles à l’indépendance de l’Algérie.
J’ai choisi de partager ce texte de la philosophe française Simone Weil (1909-1943) dans lequel elle prend position contre la dissolution de l’Etoile nord-africaine (ENA) par le gouvernement de Front populaire. L’ENA, dirigée par Messali Hadj, est surtout présente dans l’émigration algérienne en France et représente le courant politique le plus avancé dans la lutte indépendantiste. Le texte de Simone Weil permet de comprendre les arguments et engagements de ces intellectuels français en solidarité avec les causes algérienne et anticolonialiste, bien avant le 1er novembre 1954.
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