Article signé Roma-Nêche paru dans L’Algérie ouvrière,première année, n° 7, juin 1930
De tous temps, et dans tous les pays, la religion a été une arme excellente dans les mains des privilégiés pour faire accepter et supporter par les grandes masses populaires la situation misérable, étriquée et sans horizon qui leur est faite.
Article d’Abdelaziz Menouer alias El Djazaïri paru dans Le Réveil colonial, Organe périodique du bureau de la main-d’œuvre coloniale de la XXe région des Syndicats Unitaires, n° 3, mai 1930 ;suivi de « Al Islam : journal impérialiste » par Salah Bouchafa
Il y a cent ans, le 14 juin 1830, le capitalisme français débarquait ses troupes à Sidi-Ferruch et envahissait l’Algérie. Cette conquête, qui était préméditée depuis longtemps, s’accomplit sous le fallacieux prétexte d’un soufflet qu’aurait reçu le Consul Deval, envoyé spécialement pour provoquer la guerre. Les mobiles du conflit étaient des plus crapuleux. Ils se résument à ces faits. La Régence d’Alger avait fourni à la France, affamée par le blocus de l’Angleterre, plus de 14 millions de fr. de blé. Les divers gouvernements français qui s’étaient succédé ne voulurent jamais payer cette dette et lorsque, après bien des pourparlers la France accepta de payer la somme réduite à 7 millions, le gouvernement de Charles X, comme ses prédécesseurs et pour des fins impérialistes, mit tant de mauvaise foi, employa tant de stratagèmes juridiques, soutint tant de voleurs du genre Bacri et Busnach, que la Régence ne reçut finalement aucun sou.
Depuis le 1er janvier se déroulent, en Algérie, les fêtes du Centenaire de l’occupation de ce pays par les Français.
A cette occasion, les propriétaires, les patrons, les banquiers, le gouvernement français essayent, sur tous les tons, de persuader les ouvriers et les paysans de France qu’ils sont alles dans votre pays pour vous donner la civilisation, que c’est avec douceur qu’ils se sont installés chez vous, que tous les Algériens sont heureux de les avoir dans leur pays.
1. L’émigration des travailleurs de leur pays d’origine leur est imposée par l’exploitation capitaliste. Les salaires de famine et les mauvaises conditions de travail, les persécutions politiques, sont autant de causes d’exode pour les prolétaires des différents pays.
Article paru dans La Vérité, 4e année, n° 135, 22 décembre 1932
La Chambre française a voté au mois d’août 1932, la loi sur la « protection de la main-d’œuvre nationale ». Cette loi a fermé la frontière aux travailleurs étrangers, mais, en grande partie par suite de l’opposition des représentants de la bourgeoisie elle n’a pas voulu fixer les limites pour l’embauche des ouvriers étrangers. Elle en a jeté pourtant les bases, en fixant la procédure à travers laquelle le pourcentage des ouvriers étrangers pourra être déterminée dans chaque branche d’industrie.
Article d’Abdelaziz Menouer alias El Djazaïri paru dansLa Voix des jeunes, n° 8, août 1931
L’ENVERS DU DECORS
La foire coloniale de Vincennes bat son plein. L’inauguration des pavillons, les cérémonies, les conférences, les banquets à 1.000 francs par tête, se poursuivent à jet continu et à grands coups de tam-tam.
Treize ouvriers ont fait la grève de la faim dans l’ancien fort turc d’Alger, transformé par la IIIe République en horrible Bastille. Treize emprisonnés politiques, au mépris de leur santé et de leur vie ont eu recours au seul affreux moyen qui leur reste pour protester contre l’intolérable régime pénitencier que leur impose le gouvernement impérialiste français.
Dans les conflits qui surgissent entre le capital et le travail, il ne peut être question de main-d’œuvre féminine distincte, et séparée du mouvement ouvrier.
Toute la presse bourgeoise s’est encore ameutée contre les « sidis ». La présence des 150.000 travailleurs nord-africains dans la métropole hante l’impérialisme français.
Quand nous appelions les ouvriers français à organiser et à éduquer les travailleurs coloniaux, nous prévoyions la concurrence inévitable qu’ils apporteraient sur le marché du travail et les dangers que cette main-d’œuvre présenterait pour les ouvriers métropolitains si elle restait à la merci du patronat. Nous ne nous sommes jamais arrêtés au sentimentalisme pour combattre les solutions démagogiques des réformistes ni les campagnes xénophobes de la bourgeoisie, mais nous avions maintes fois démontré que nous devions nous y intéresser, parce qu’elle n’était que la conséquence fatale du développement de la production capitaliste et de son impérialisme et colonialisme.
Quand le capitalisme subit une crise dans sa production, il s’attaque aux salaires des ouvriers sans distinction de leur race ou couleur. Naturellement, il commence par ceux des ouvriers inorganisés, à ceux des travailleurs socialement infériorisés et se sert de leur faiblesse pour constituer une masse de manœuvre et s’attaquer ensuite aux salaires des ouvriers organisés et socialement privilégiés. Parmi les travailleurs à la merci du capitalisme on peut distinguer les coloniaux. Dans le Peuple du 30 novembre le réformiste Jules Uhry assimile le Kabyle aux ouvriers étrangers. Nous ne voulons pas diviser les ouvriers en catégories raciales pour servir le capitalisme, nous laissons ce soin à MM. Jouhaux et consorts, mais nous analyserons ces différentes mains-d’œuvre ethniques pour comprendre comment elles sont sur le marché du travail métropolitain, jusqu’où leurs droits et libertés sociales égalent ceux des ouvriers français et jusqu’où ils peuvent combattre le capitalisme français.
La marine marchande française est militarisée. Les soldes sont fixées par circulaires d’Etat. Toute la réglementation des conditions de vie et de travail de la main-d’œuvre est déterminée par le code maritime. Le marin de commerce qui enfreindrait un article de cette jurisprudence draconienne est considéré comme un soldat : il est jugé par des tribunaux spéciaux et condamné à des peines rigoureuses.
Parmi les revendications immédiates des travailleurs indigènes d’Algérie, il en est une des plus importantes que nos syndicats unitaires ont inscrite à leur programme de lutte contre le capitalisme et qui est celle de l’abolition de l’Indigénat.
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