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Fuat Orcun : Turquie. Montée de l’intégrisme islamique

Article de Fuat Orcun paru dans Inprecor, n° 238, 16 mars 1987, p. 19-21

A Female Classroom For Leaning The New Alphabet The Latin Or English Kind As Ordered By Mustapha Kemal During The 1920’S. (Photo by Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images)

LE mouvement intégriste a récemment fait une démonstration de force en Turquie, en prenant prétexte d’une décision du Conseil supérieur de l’enseignement (CSE), interdisant aux étudiantes le port du « turban », version moderne du tchador. Il s’agissait d’une ruse des étudiantes intégristes pour se couvrir la tête, en contournant la précédente réglementation édictée par le CSE qui avait aussi interdit les moustaches et les barbes « idéologiques » (1) pour les hommes ainsi que les décolletés pour les femmes. Toute une série d’actions de protestation ont été organisées par les groupes d’étudiants intégristes. Ce mouvement, qui avait débuté dans les universités s’est ensuite étendu à d’autres couches sociales. Erbakan, le Président du Parti du salut national (islamiste, dissout après le coup d’Etat de 1980) a participé à une manifestation interdite à Istanbul regroupant 4 000 personnes, où l’on pouvait entendre « On ne peut interdire le tchador », « Turquie musulmane », « Nous voulons la charia (2) ».

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Algérie : après l’assassinat de Boudiaf

Article paru dans Le Prolétaire, n° 417, juillet-août-septembre 1992, p. 8

ASSASSINATION OF PRESIDENT MOHAMED BOUDIAF (Photo by Pascal Parrot/Sygma/Sygma via Getty Images)

Qui a tué Boudiaf ? Voilà la grande question qui est au centre des cogitations des journalistes et des discussions de café du commerce au moment où nous écrivons. Pourtant cette question est bien secondaire par rapport aux problèmes que connaissent les prolétaires et les masses exploitées d’Algérie et qui ne changeront pas par la disparition d’un Président.

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Les trotskystes algériens et le coup d’Etat

Article paru dans Le Prolétaire, n° 415, mars-avril 1992, p. 8

L’armée dans les rues d’Alger après la démission du président algérien Chadli Bendjedid le 13 janvier 1992 à Alger, Algérie. (Photo by Jean-Michel TURPIN/Gamma-Rapho via Getty Images)

Le drame de la situation en Algérie est que dans cette période où les conditions sociales et économiques sont très tendues, la classe ouvrière n’a pas eu la possibilité d’apparaître comme une force indépendante avec ses objectifs propres, capable d’apporter sa solution aux masses souffrant sous le joug du capitalisme. Et c’est au contraire la réaction islamique anti-prolétarienne qui a en grande partie réussi à capter le mécontentement social et à apparaître comme le porte-parole et le défenseur des masses énormes de chômeurs, de couches petites-bourgeoises prolétarisées, de petits fonctionnaires et de travailleurs aux salaires rongés par l’inflation.

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Le coup d’Etat militaire en Algérie et le régime de Boumedienne

Article paru dans Quatrième Internationale, n° 26, novembre 1965, p. 55-59

Salle des opérations pendant la mise en orbite du premier satellite français ‘A-I’, à Hammaguir, Algérie, le 27 novembre 1965. (Photo by Keystone-France\Gamma-Rapho via Getty Images)

I. LA SIGNIFICATION DU COUP D’ETAT

Le coup d’Etat du colonel Boumedienne constitue indiscutablement un tournant vers la droite dans le développement de la révolution algérienne. Les principales conquêtes de la révolution, en particulier l’institution de l’autogestion ouvrière dans les entreprises socialisées, sont maintenant gravement menacées.

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A la défense de la révolution algérienne !

Déclaration parue dans Quatrième internationale, n° 25, juillet 1965, p. 8-9

Après l’annulation de la Conférence afro-asiatique, les drapeaux des pays invités flottent toujours à côté d’un panneau politique dans les rues de la ville le 28 juin 1965 à Alger, Algérie. (Photo by Keystone-France\Gamma-Rapho via Getty Images)

Le coup d’Etat militaire d’Alger du 19 juin met fin à l’alliance entre l’aile du FLN dirigée par Ben Bella, orientée vers le socialisme et liée aux masses au moyen de l’autogestion, et « l’armée des frontières » dirigée par Houari Boumedienne favorable à un « socialisme arabe » islamique. C’est cette alliance qui avait permis à la combinaison Ben Bella-Boumedienne d’écarter l’ancienne équipe du GPRA dans l’été 1962. Le coup d’Etat constitue une grave atteinte à l’aile gauche de la révolution algérienne et met en danger l’acquis principal de cette révolution, l’autogestion ouvrière des entreprises nationalisées.

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André Priore : En Algérie (mars 1965 – automne 1965). Lutte des classes et syndicalisme

Article d’André Priore paru dans La Révolution prolétarienne, n° 208, octobre 1965, p. 16-18.

Press Conference of President Houari Boumediene after the presentation of new Algerian government on August 8, 1965 in Algiers, Algeria. (Photo by Gamma-Keystone via Getty Images)

Depuis la déposition de Ben Bella par la fraction bureaucratique hétérogène que conduit Boumedienne, les luttes ouvrières en Algérie – qui s’expriment avant tout dans l’action syndicale – n’ont fondamentalement pas changé de nature. Les congrès syndicaux qui se sont tenus depuis le 19 juin ne sont pas qualitativement différents des congrès antérieurs, du moins de ceux qui ont suivi le « congrès-pilote » des cheminots algériens (juin 1964). Pendant un an, jusqu’en juin 1965, la lutte des classes a connu ses développements les plus conscients lors des congrès syndicaux, au niveau des A.G. d’usines et de fermes, des U.L., des U.R. mais surtout à celui des fédérations corporatives ainsi que de la Centrale elle-même (fin mars 1965). En l’absence d’un parti d’avant-garde du prolétariat des villes et des campagnes (ce dernier étant numériquement le plus important), c’est le mouvement syndical qui joue, dans l’Algérie révolutionnaire d’aujourd’hui, l’Algérie des ouvriers et des paysans pauvres, le rôle de canalisateur de la pression des masses.

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Lettre d’un comédien algérien à “Tribune algérienne”

Lettre publiée dans Tribune algérienne, n° 8, novembre 1976, p. 6-7.

Chers Camarades,

La prise de position de la direction du Théâtre National Algérien (TNA) (avec à sa tête Mohammed BOUDIA assassiné en 73 par les services secrets israéliens à Paris), au lendemain du coup d’Etat militaire de Boumediene du 19 Juin 65, a entraîné comme vous le savez sans doute, l’exil de la majeure partie de la direction du TNA, des animateurs et des comédiens.

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PRS : L’opportunisme de droite

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, n° 7, février 1977, p. 16-18.

 

 

Dans le numéro précédent de notre journal, nous avions dénoncé le PRS (Parti de la Révolution Socialiste) comme un parti nationaliste petit-bourgeois. Nous avions montré que le PRS n’avait pas rompu quant au fond avec la politique du FLN ; le même populisme, le même langage socialisant, et aussi, et c’est le principal, le même nationalisme…

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Algérie

Article paru dans Perspectives anarchistes-communistes, n° 1, février 1967

Le président algérien Boumédiene inaugure les séances de reboisement dans la commune de Rivet, en Algérie, le 1er février 1967. (Photo by KEYSTONE-FRANCE/Gamma-Rapho via Getty Images)

Pour ce premier texte, nous choisissons l’ALGERIE parce qu’elle est proche de nous, et pas seulement dans le temps et dans l’espace, mais nous connaissons mieux les problèmes de nos camarades algériens qui viennent de publier un texte dont le préambule est :

 
“Nous souhaitons qu’il soit pour tous les révolutionnaires, une contribution qui nous aidera à la clarification nécessaire aux luttes en cours.”

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Être femme en Algérie

Article publié dans La Charte, organe du F.L.N. clandestin, Rassemblement Unitaire des Révolutionnaires (RUR), n° 35, février-mars 1973, p. 15-18.

 

 

Lors de la journée internationale de la femme (8 mars), BOUMEDIENNE s’adressant aux militantes de l’Union Nationale des Femmes Algériennes (UNFA) devait notamment déclarer : “Au nom du pouvoir révolutionnaire, je proclame que nous sommes pour un progrès qui ouvre devant la femme toutes les portes menant à une participation effective, afin qu’il lui soit permis d’accéder pleinement à la place qui lui revient dans tous les domaines et à tous les niveaux”.

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Rien à foot de la démocratie

Article paru dans Alarme, organe du Ferment Ouvrier Révolutionnaire en France, n° 15, janvier-février-mars 1982, p. 12-13.

 

 

Bientôt la coupe de monde de Foot en Espagne. Où est le C.O.B.E. (Comité organisateur du Boycott de la coupe du monde en Espagne) ? Y’en a pas encore ? M’enfin, qu’est-ce qui se passe ? On a pourtant eu le COBA et le COBOM pour l’Argentine et pour Moscou. Ah ! … D’accord ! Fallait le dire plutôt : l’Espagne, c’est une Démocratie, alors forcément : pas de Boycott.

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Maxime Rodinson : Sur l’intégrisme islamique

Extrait de l’entretien de Maxime Rodinson avec Gilbert Achcar réalisé en 1986 et paru dans Mouvements, n° 36, novembre-décembre 2004, p. 75-76

Political prisoners, who have recanted their views and now support the Islamic Republic, take part in a press conference at the high security Evin Prison in Tehran, Iran, 10th February 1986. (Photo by Kaveh Kazemi/Getty Images)

L’intégrisme islamique est une idéologie passéiste. Les mouvements intégristes musulmans ne cherchent pas du tout à bouleverser la structure sociale, ou ne le cherchent que tout à fait secondairement. Ils n’ont modifié les bases de la société, ni en Arabie Saoudite, ni en Iran. La « nouvelle » société que les « révolutions islamiques » établissent ressemble de façon frappante à celle qu’elles viennent de renverser. Je me suis fait réprimander en 1978 lorsque j’ai affirmé, de manière très modérée, que le cléricalisme iranien ne laissait présager rien de bon. Je disais « au mieux, Khomeiny sera Dupanloup, au pire Torquemada ». Hélas, c’est le pire qui est arrivé.

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Le nouveau pouvoir algérien

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n° 72, juillet-août 1965, p. 1-5.

 

 

Le renversement de Ben Bella a surpris tout le monde, y compris les Algériens. Mais ce qui peut étonner davantage, c’est l’absence de riposte. Il y a eu des réactions mais pas de contre-offensive d’un parti ben belliste. C’est qu’il n’y avait pas de partisans de Ben Bella. Le pouvoir de ce dernier était fait de prestige et de népotisme. Il n’avait réussi à construire ni un État ni un parti.

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Les luttes de classes en Algérie

Tract diffusé en Algérie à la fin de l’année 1965 et reproduit dans Internationale situationniste, n° 10, mars 1966, p. 12-21

A tank is seen at the city center after the bloodless coup by colonel Houari Boumedienne on June 19, 1965 in Algiers, Algeria. (Photo by The Asahi Shimbun via Getty Images)

On pourrait croire que le nouveau régime algérien s’est donné pour unique tâche de confirmer l’analyse sommaire que l’I.S. a présentée de lui, dès les jours qui suivirent son putsch inaugural, dans l’Adresse aux révolutionnaires que nous avons alors publiée à Alger. Liquider l’autogestion, c’est tout le contenu du boumediennisme, c’est sa seule activité réelle ; et elle commence à l’instant même où l’État, par le déploiement de la force militaire qui était sa seule cristallisation achevée sous Ben Bella, son seul organisme solide, a proclamé son indépendance en face de la société algérienne. Les autres projets de l’État, la réorganisation technocratique de l’économie, l’extension de la base de son pouvoir, socialement et juridiquement, dépasse les capacités de la classe dirigeante actuelle dans les conditions réelles du pays. La foule des indécis, qui n’avait pas été les ennemis de Ben Bella mais ceux qu’il a déçus, et qui ont attendu pour juger le nouveau régime sur ses actes, peuvent voir que finalement, ce régime ne fait rien, excepté son acte constituant la dictature autonome de l’État, qui est du même coup sa déclaration de guerre à l’autogestion. Même énoncer des accusations précises contre Ben Bella, ou l’abattre publiquement, semble être au-dessus de ses forces pour une longue période. Le seul reste de «socialisme» professé en Algérie est précisément ce noyau du socialisme renversé, ce produit de la réaction générale dans le mouvement ouvrier même que la défaite de la révolution russe a légué comme modèle positif au reste du monde, y compris à l’Algérie de Ben Bella : la contre-vérité policière du pouvoir. C’est ainsi que l’ennemi politique n’est pas condamné pour ses positions réelles, mais pour le contraire de ce qu’il a été ; ou bien même il se dissout soudainement dans un silence organisé, il n’a jamais existé, ni pour le tribunal ni pour l’historien. Et c’est ainsi que Boumedienne, un des principaux responsables depuis toujours du fait que l’autogestion algérienne n’est qu’une caricature de ce qu’il lui faut être, la traite officiellement de «caricature» afin de la réorganiser autoritairement. Au nom d’une essence de l’autogestion idéologiquement garantie par l’État, Boumedienne rejette les manifestations réelles ébauchées de l’autogestion.

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presse tracts

Adresse aux révolutionnaires d’Algérie et de tous les pays

Ce tract a été diffusé en Algérie après le coup d’État du 19 juin 1965 et reproduit dans la revue Internationale situationniste, n°10, mars 1966, p. 43-49

Défilé militaire pour célébrer le 12ème anniversaire de la Révolution à Alger en novembre 1966, Algérie. (Photo by Keystone-France/Gamma-Rapho via Getty Images)

« Les révolutions prolétariennes… raillent impitoyablement les hésitations, les faiblesses et les misères de leurs premières tentatives, paraissent n’abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et se redresser à nouveau formidable en face d’elles, reculent constamment à nouveau devant l’immensité infinie de leurs propres buts, jusqu’à ce que soit créée enfin la situation qui rende impossible tout retour en arrière. »
Marx (Le 18 Brumaire de Louis Napoléon Bonaparte).