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Salah Jaber : Algérie. Qui sème le vent…

Article de Salah Jaber paru dans Inprecor, n° 311, du 15 au 28 juin 1990, p. 36

Clenched fist raising young woman among feminists calling for democracy & repeal of family law during Women’s Day march. (Photo by Thomas Hartwell/The LIFE Images Collection via Getty Images/Getty Images)

Les élections locales (conseils communaux et départementaux) du 12 juin, en Algérie, se sont soldées par un score impressionnant des intégristes du Front Islamique du salut (FIS) : ils ont arraché la plupart des grandes villes du pays au Front de libération nationale (FLN), jusque-là parti unique à tous les échelons du pouvoir. Ces élections étaient les premières, depuis l’indépendance algérienne en 1962, à se dérouler sur fond de libertés politiques réelles et de multipartisme. L’opposition libérale et l’opposition de gauche avaient cependant appelé au boycott, jugeant que la partie était inégale contre le FLN. Le résultat des élections, malgré un taux d’abstention de près de 40 %, permet de s’interroger sur l’opportunité de ce choix.

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Algérie. La montée de l’intégrisme islamique et la lutte pour la laïcité de l’Etat

Textes parus dans Inprecor, n° 143, 14 février 1983, p. 15-18

View of an unidentified mosque, Algiers, Algeria, 1983. (Photo by Gianni Ferrari/Cover/Getty Images)

LE 2 novembre 1982, des affrontements violents éclataient entre étudiants progressistes et intégristes à la cité universitaire de Ben-Aknoun, près d’Alger. L’étudiant Amzel Kamel était tué par les nervis intégristes, et quinze autres étaient sérieusement blessés. Protestant contre les agissements meurtriers des activistes intégristes, 7 000 personnes accompagnaient les funérailles du jeune Kamel. En riposte, les intégristes organisaient à leur tour un rassemblement de 8 000 personnes, le 12 novembre, devant la Faculté centrale d’Alger, malgré la présence d’un fort dispositif policier.

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Maxime Rodinson : Sur l’intégrisme islamique

Extrait de l’entretien de Maxime Rodinson avec Gilbert Achcar réalisé en 1986 et paru dans Mouvements, n° 36, novembre-décembre 2004, p. 75-76

Political prisoners, who have recanted their views and now support the Islamic Republic, take part in a press conference at the high security Evin Prison in Tehran, Iran, 10th February 1986. (Photo by Kaveh Kazemi/Getty Images)

L’intégrisme islamique est une idéologie passéiste. Les mouvements intégristes musulmans ne cherchent pas du tout à bouleverser la structure sociale, ou ne le cherchent que tout à fait secondairement. Ils n’ont modifié les bases de la société, ni en Arabie Saoudite, ni en Iran. La « nouvelle » société que les « révolutions islamiques » établissent ressemble de façon frappante à celle qu’elles viennent de renverser. Je me suis fait réprimander en 1978 lorsque j’ai affirmé, de manière très modérée, que le cléricalisme iranien ne laissait présager rien de bon. Je disais « au mieux, Khomeiny sera Dupanloup, au pire Torquemada ». Hélas, c’est le pire qui est arrivé.