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Cinéma : « La Question » de Heynemann. Comment on réécrit l’histoire

Article paru dans Combat communiste, n° 26, du 20 mai au 20 juin 1977, p. 15

« La question » : c’est par ce nom qu’on désignait la torture sous l’Inquisition. Sous ce titre parut en 1957 un bref récit de Henri Alleg — militant du Parti Communiste Algérien — relatant les tortures que lui avaient fait subir les équipes de tortionnaires spécialisés des unités de parachutistes du général Massu. Le livre fut saisi un mois après sa parution, mais il continua à être diffusé clandestinement pas les opposants à la guerre d’Algérie. Par sa sobriété, sa précision comme par les détails sur les effroyables sévices que faisaient subir les forces de répression à leurs victimes, séquestrées en dehors de toute légalité dans des salles de tortures aménagées dans des villas, le livre eut un profond retentissement. L’indignation soulevée par ces révélations dans les milieux « libéraux » et intellectuels contribua sans doute à sauver Alleg. Pour son camarade Maurice Audin, il était trop tard : il était mon sous les coups des tortionnaires qui tentèrent de dissimuler ce crime en annonçant son évasion. Comme on peut s’en douter, les tortionnaires nommément désignés par Alleg et reconnus par lui au cours de confrontations judiciaires furent « couverts » par l’appareil militaire et judiciaire et échappèrent à toute sanction. Aujourd’hui protégés par une amnistie qui concerne tous les crimes relatifs à la guerre d’Algérie, ils coulent des jours paisibles. Certains enseignent probablement dans l’armée leurs méthodes à de jeunes recrues…

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Nicole T. : A propos de la guerre d’Algérie. « La Guerre sans nom », un film à ne pas manquer

Article de Nicole T. paru dans Le Monde libertaire, n° 865, 2 au 8 avril 1992

Un film, écrit Laura L. dans le Monde libertaire du 27 février (n° 860), doit dire « sa vérité toute intérieure ». « Il n’y a d’événements que dans et par le récit », ajoute-t-elle. Elle évoque ainsi pour « Ciné sélection » le très long métrage (4 heures) de Bertrand Tavernier et Patrick Rotman sur la guerre d’Algérie, La Guerre sans nom. Le film, selon elle, manque de réflexion, et la France y « trouve son consensus ». Ici Nicole T. pense au contraire qu’il mérite d’être vu. « Sans y chercher une œuvre d’art, mais… plutôt un témoignage et un outil d’enseignements ».

A voir, donc.

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Aristide Lapeyre : Aubervilliers de Jacques Prévert et Eli Lotar

Article d’Aristide Lapeyre paru dans Monde nouveau, n° 5, juillet 1946, p. 2

Peu de personnes, à Marseille sont parvenues à voir le dernier documentaire de Prévert : Aubervilliers. Certains films sont du genre parents pauvres, antipathiques et malsains, on nous les cache de préférence. Ce documentaire n’ayant pas l’honneur d’être patronné par quelque mouvement bien pensant : ligue bourgeoise pour le soutien de la famille, parti communiste français ou autres, sa publicité s’en ressent. Qui aurait bien pu savoir qu’il passait la semaine dernière au Capitole avec la Bataille du Rail ?

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Un film de la « gauche » : Mourir à Madrid

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n° 51, mai 1963, p. 11-12

Dès les premières minutes, la falsification historique transparaît : l’Espagne est présentée seulement comme un pays sous-développé. Il y a des seigneurs, des couvents, des paysans dans une misère semi-africaine. Il n’y a pas la bourgeoisie, il n’y a pas le prolétariat. « 8 millions de pauvres », dit le commentaire. Mais que signifie ce terme ? Ce que Rossif aurait dû montrer, c’est la survivance de la propriété parcellaire (2 millions de métayers et de tout petits propriétaires ruraux), la prolétarisation agricole (2 à 3 millions d’ouvriers agricoles), l’artisanat urbain (1 million de petits artisans), le prolétariat (2 à 3 millions d’ouvriers dans les usines et dans les mines (nous voyons seulement les mineurs des Asturies).

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Critique de film : « Privilège »

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n° 86, septembre-octobre 1967, p. 22

FILM DE PETER WATKINS AVEC PAUL JONES ET JEAN SHRIMPTON.

« Un film qui se situe en Angleterre en 1970. On va croire que c’est un film gentil, aimable et amusant parce que c’est un film sur les chanteurs yéyé, mais là encore j’ai essayé de montrer le conformisme d’une nation entière, d’une civilisation qui est l’esclave des loisirs, des distractions, des vedettes publicitaires qu’on lui a imposés et dont tout le comportement moral et social est déterminé par l’extérieur, par des gouvernements qui sont les maîtres de cet univers endormi.

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Cinéma : Les amours d’une blonde

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n° 78, juin 1966, p. 8

Quoi de plus banal qu’une histoire d’amour, même pas le début d’une histoire d’amour.

Une caméra qui s’attarde tendrement sur des objets apparemment sans importance et qui nous guide lentement dans le monde triste, gris, monotone de Hanna. Deux mille jeunes ouvrières campées dans une banlieue de Prague au service d’une usine de chaussures, et quelques vieux bien pensants pour les encadrer. A la sortie de l’usine, il n’y a qu’une petite pluie fine pour les accompagner à travers un paysage de boue jusqu’à leur internat, pas un sourire de garçon, pas un baiser, rien, personne ; et leur journée se noie ainsi dans un ciel encore plus triste qu’elles.

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revues

Sébastien de Diesbach : « A bout de souffle » de Jean-Luc Godard

Article de Sébastien de Diesbach alias S. Chatel paru dans Socialisme ou Barbarie, n° 31, décembre 1960-février 1961, p. 104-107

A voir des films français, qui pourrait se douter qu’il y ait eu la guerre d’Indochine, les événements d’Afrique du Nord, l’Algérie, le 13 mai ? Ceci n’est encore rien : car qui pourrait se douter même que dans ce pays les gens doivent, comme cela arrive à certains, gagner leur vie, se marier, se loger, envoyer leurs enfants l’école, assister à la mort des personnes qu’ils aiment ?

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interventions livres

L’Algérie d’hier à aujourd’hui : rencontre à Valenton, samedi 11 mai à 18h

J’ai le plaisir d’annoncer à mes amis et lecteurs que je présenterai mon dernier livre Algérie, une autre histoire de l’indépendance et qui porte sur les trajectoires révolutionnaires des partisans de Messali Hadj, ce samedi 11 mai à 18h à Valenton.

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documents

Hakima Berrada : Le « Atlal » de Djamel Kerkar ou l’historisation de la géographie

Hakima Berrada a eu la gentillesse de transmettre sa critique du film « Atlal » dont l’action se déroule à Ouled Allal dans la Mitidja. Ce texte trouve donc naturellement sa place aux côtés des nombreux autres articles de critique sociale publiés sur ce site. En vous souhaitant une bonne lecture.

 

 

« Atlal n’est pas un lieu de mémoire mais raconte les mémoires d’un lieu »Djamel Kerkar

 

« Atlal », c’est le premier long métrage du jeune Algérien Djamel Kerkar.

Et son coup d’essai est un coup de maître.

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publications

10949 femmes

Le mensuel de critique et d’expérimentations sociales CQFD a publié, dans son numéro de décembre 2016, mon petit article sur le film de Nassima Guessoum 10949 femmes.

Cet émouvant documentaire est consacré au parcours de Nassima Hablal (1928-2013), militante indépendantiste algérienne, disparue le même jour que Mustapha Ben Mohamed, ancien dirigeant du Mouvement national algérien et du Parti des travailleurs.

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publications

L’histoire et la politique hors-la-loi

On peut lire mon dernier article, « L’histoire et la politique hors-la-loi? Réflexions autour d’un film sur des indépendantistes algériens », dans la revue French Politics, Vol. 30, No. 3 Winter 2012, pp. 119-129.

 

 

En voici les premières lignes :