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L’Algérie entre mosquées et casernes

Entretien paru dans les Cahiers du féminisme, n° 58, automne 1991, p. 30-32

Un vendeur de quotidiens en français à Alger en juillet 1991, Algérie. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

En juin dernier, à trois semaines des premières élections législatives pluralistes en Algérie, les rues d’Alger étaient le théâtre de violents affrontements entre manifestants intégristes du Front islamique du salut (FIS), auxquels se joignaient de nombreux jeunes des quartiers populaires, et forces de l’ordre. Le 5 juin, l’état de siège était instauré pour une durée de quatre mois, et les chars prenaient le contrôle des principaux carrefours. Les élections étaient reportées à une date ultérieure. Elles sont aujourd’hui annoncées, en principe, pour la fin de l’année. Fin juillet, nous avions rencontré Nawal Zien, militante du Parti socialiste des travailleurs (PST) et du mouvement des femmes, de passage à Paris. Nous avons fait le point avec elle.

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Algérie : les femmes en première ligne

Dossier paru dans les Cahiers du féminisme, n° 53, été 1990, p. 13-26

Manifestation de la ‘Journée internationale des droits des femmes’ à Alger, le 8 mars 1990, Algérie. (Photo by Nacerdine ZEBAR/Gamma-Rapho via Getty Images)

L’avenir n’est pas joué

En Algérie les élections municipales vont avoir lieu le 12 juin. A coup sûr, elles constitueront un test décisif. Pour le FLN au pouvoir, d’abord, qui depuis la répression sanglante des émeutes d’octobre 1988 est à jamais discrédité auprès de la population, sans même parler des scandales dans lesquels les dignitaires du régime sont impliqués : début avril, un ancien Premier ministre a accusé certains dirigeants d’avoir profité de pots de vin d’un montant de vingt-six milliards de dollars, c’est-à-dire plus que la dette totale de l’Algérie, tandis que, dans le même temps, la population doit faire face aux pénuries et à la spéculation sur les produits de première nécessité ! Mais ce sera également un test pour le Front islamique de salut (FIS), principale organisation islamiste qui, le 20 avril dernier, a fait descendre cent mille hommes dans la rue après avoir fait plier le gouvernement qui, lui, renonça à organiser des contre-manifestations.