LA GRÈVE GÉNÉRALE POUR RENVERSER DOUMERGE ! Des milices antifascistes partout !
Après avoir pris leurs vacances, les capitalistes et les hommes politiques à leur service recommencent à se préoccuper des graves problèmes qui conditionnent la situation politique en France. Les statistiques montrent qu’aucune des branches de l’économie française ne s’est relevée ; dans les meilleurs des cas, c’est la stagnation.
LA fascisation du régime se développe dans tous les domaines : l’Etat-Major mène la danse ; même objectif dans les projets de domestication des instituteurs et dans ceux d’augmentation du temps de service ; il s’agit d’avoir à sa disposition un instrument militaire bien en main et une éducation nationale tout entière orientée vers la docilité et la servilité à l’égard des puissants du jour. Pour « défendre la patrie » ? Non ! Pour défendre des privilèges de classe de plus en plus menacés ! Nous verrons bientôt nos hitlériens s’accorder avec ceux d’en face pour faire cette besogne contre-révolutionnaire ! Comme en 71 ! Comme en 1918 ! L’ennemi, pour ces messieurs, c’est le prolétariat. Que cette réalité s’inscrive en lettres de feu en tête de toutes nos discussions intérieures !
Article signé Astier paru dans L’Humanité, 17 décembre 1929
UNE des caractéristiques de notre époque est, sans contredit, la fascisation rapide des Etats capitalistes qui est l’un des moyens essentiels grâce auxquels l’impérialisme espère développer une exploitation renforcée du prolétariat et se préparer à le jeter dans de prochaines boucheries.
Ces derniers temps, il est une question qui m’a été posée à plusieurs reprises : comment se fait-il que le gouvernement néerlandais ait empêché l’Internationale des Résistants à la Guerre (War Resisters’ International) de tenir, en juillet 1934, son congrès international – qui a lieu tous les trois ans dans un autre pays – sur le territoire hollandais ? Même parmi mes compatriotes, plusieurs ont été très vivement étonnés de cette interdiction, apparemment si extraordinaire. La Hollande n’est-elle pas connue depuis longtemps comme étant la forteresse de la liberté de conscience et de pensée, de la liberté d’action et d’organisation ? N’est-ce pas sur cette terre que d’innombrables réfugiés politiques et sectaires persécutés ont trouvé, depuis la guerre de l’Indépendance des Pays-Bas contre l’Espagne, un sol accueillant ? N’est-ce pas là, qu’au XVIIe et au XVIIIe siècles, les hommes à l’esprit le plus hardi, aux vues les plus avancées, de France, d’Angleterre et d’Allemagne, ont trouvé l’occasion de publier leurs œuvres les plus audacieuses ? Et depuis la fin du siècle passé, n’est-ce pas là, sur cette terre classique de la liberté, que des non-conformistes de tout genre : socialistes, anarchistes, tolstoïens, libres-penseurs et résistants à toute guerre, ont pu tenir leurs congrès et leurs conférences internationales, sans être inquiétés par les autorités politiques ?
Le parti monarchiste nommé « l’Action Française » a créé depuis bien avant la guerre ses groupes de combat : C’est l’organisation des « Camelots du Roi ».
Déclaration de la Jeunesse communiste ibérique parue dans La Révolution espagnole, n° 5, 7 octobre 1936
Jeunes ouvriers de tous les pays ! Marins et soldats ! Camarades !
La Jeunesse Communiste Ibérique, organisation des jeunesses du Parti Ovrier d’Unification Marxiste d’Espagne, s’adresse à vous pour vous exposer en toute clarté sa position révolutionnaire et pour obtenir votre appui et votre solidarité affective dans notre grande révolution prolétarienne.
Le texte ci-dessous est le résultat du travail collectif d’un certain nombre de membres des Jeunesses Socialistes de la Seine, (aidés de camarades plus âgés, membres du Parti) et qui ne constituent ni un syndicat pour la conquête des postes responsables, ni une chapelle vouée au culte d’un grand homme chargé de penser pour leur compte. Ils n’ont ni intention de manœuvre, ni prétention au « monolithisme » et à l’infaillibilité. Leur but est simplement de soumettre au jugement des militants leurs points de vue sur quelques questions de principe et sur les tâches pratiques immédiates des révolutionnaires. Ils demandent aux camarades qui se rapprochent de leurs opinions de se faire connaître. Ecrire à l’adresse de la revue.
Article de René Ringenbach dit Ringeas paru dans Le Libertaire, quarante-et-unième année, n° 514, 18 septembre 1936
Bien avant la formation du Front populaire, au moment où le parti communiste et ses jeunesses réclamaient le Front unique, nous décidions dans nos congrès de travailler à la constitution du front révolutionnaire antifasciste et antiguerrier.
Article paru dans Le Libertaire, quarante-troisième année, quatrième série, n° 626, 3 novembre 1938
AU cours de la propagande antifasciste qui s’effectue au sein des pays démocratiques, on fait presque uniquement allusion à des faits qui se sont produits, des événements qui se sont déroulés dans les nations dites totalitaires. Pourtant, certains modes de comportement, certaines méthodes de domination, pouvant être constatés dans des régions qui dépendent des Etats démocratiques, dans les contrées coloniales assujetties à ces dignes pays dispensateurs de haute liberté, peuvent être considérés raisonnablement comme des procédés du plus pur, du plus net style fasciste. De cela, soit qu’on l’ignore, soit que l’on feigne de l’ignorer, l’on ne parle pas, ou si peu !
MERCREDI 7 septembre, tard dans la soirée, les collaborateurs du ministre de l’Intérieur protestaient vivement auprès de nous contre mon article intitulé « Ne lancez pas le contingent dans votre guerre », imprimé quelques heures plus tôt. Ils mettaient en cause une phrase dénonçant la répression collective. « Il n’y a pas d’Oradours, pas de fusillades collectives », disaient-ils. Je leur exprimai ma conviction, fondée sur des témoignages auxquels j’attachais foi. On me répliqua : « Quand on bombarde les mechtas par représailles, on en fait sortir tous les habitants ; si certains y restent, c’est qu’ils ont la conscience chargée ». L’argument me parut faible ; il y a la peur du côté des habitants, la passion du côté des forces de répression ; les choses ne se passent pas avec cette rigueur. Mon interlocuteur ajouta : « On ne fusille personne sans jugement. En dehors des combats, on n’abat que les fuyards. » Qui ne sait que la phrase : « Un Tel cherchait à s’enfuir, il a été abattu » a été, de tout temps, l’excuse des meurtres de prisonniers par toutes les armées du monde ?
Déclaration de l’Etoile nord-africaine parue dans El Ouma, cinquième année, n° 38, janvier-février 1936
« C’est cette liberté et cette souveraineté, en quoi réside la démocratie, que la Ligue des Droits de l’Homme, depuis qu’elle est née, s’est donné, et que l’immense Rassemblement du 14 juillet se donne pour tâche de défendre :
– De défendre contre tous ceux qui, sous des masques divers, menacent d’y attenter,
– De défendre, sur toute l’étendue du sol de France et de ses possessions coloniales, contre tous les fauteurs d’injustice et d’arbitraire ».
(Discours de M. Ferdinand Hérold, au nom de la Ligue des Droits de l’Homme, aux assises de la Paix et de la Liberté, à Buffalo).
Article paru dans La Lutte ouvrière, première année, n° 21, 20 novembre 1936
Dans ce volume, D. Guérin fait une revue serrée de l’évolution du fascisme en Italie et en Allemagne. Derrière les phrases « anticapitalistes » de Mussolini et de Hitler, il cherche la réalité : la défense du grand capital par Mussolini et Hitler, c’est-à-dire avant tout l’écrasement de la classe ouvrière au profit des trusts du capitalisme décadent.
La crise mondiale du capitalisme entraîne une crise générale de la culture et des idées. La mort apparaît à tous les tournants de la vie bourgeoise. Ce n’est pas seulement une mort de l’économie, c’est une mort d’une culture ancienne. Les clercs de la bourgeoisie sentent venir la mort et essayent de la conjurer par des moyens condamnés à l’échec.
Ainsi ils risquent de provoquer les pires catastrophes
La « Maffia fasciste » est esclavagiste. D’abord et bien entendu pour la classe ouvrière de France, qu’elle veut maintenir sous la domination du Comité des Forges, de la haute banque et de la presse pourrie. A plus forte raison encore, elle applique ses principes à nos malheureux indigènes de l’Afrique ou de l’Extrême-Orient.
Article paru dans L’Humanité paru le 14 octobre 1934 ;suivi de « Des centaines de travailleurs algériens brutalisés et arrêtés hier à Paris« ,paru dans L’Humanité, 29 octobre 1934
Hier soir, « l’Etoile Nord-Africaine » qui s’occupe de la défense des intérêts des travailleurs arabes, organisait un meeting au Palais de la Mutualité.
Article signé Abdeltif paru dans La Lutte Sociale, nouvelle série, 25e année, n° 3, du 1er au 15 juin 1934
Jean Renaud, fasciste notoire, a déclaré devant la commission du 6 février que l’organisation de matraqueurs d’ouvriers « la Solidarité française » organise à Paris une section spéciale composée d’une soixantaine de kabyles dirigés par un chef parlant leur langue.
Article paru dans La Lutte Sociale,nouvelle série, 25e année, n° 21, du 1er au 15 mars 1935
Le fascisme et ses méthodes démagogiques trouvent en Algérie un terrain d’action rendu plus facile du fait que l’impérialisme affolé favorise et encourage les campagnes qui servent sa politique d’oppression.
Article de Sadek Denden paru dans L’Ikdam, 5e année, n° 22, nouvelle série, 15 avril 1933
Dans son numéro du 5 avril, l’Action Française, sous la signature de M. Léon Daudet, écrivait en tête de son éditorial le passage suivant :
Si l’antisémitisme hitlérien soulève la réprobation des Américains, il soulève l’enthousiasme du monde musulman, à en croire les nouvelles qui parviennent de l’Afrique du Nord et de la Palestine. C’était à prévoir, après les échauffourées récentes entre Sionistes et Arabes, les seconds dépossédés par les premiers.
Article paru dans El Ouma, quatrième année, n° 29, janvier 1935
Des émeutes ? Des bagarres ? Musulmans, méfiez-vous des provocateurs
Il est de toute nécessité, et d’urgence, d’alerter immédiatement les Musulmans algériens sur les faux bruits que des gens intéressés colportent de café en café pour troubler l’opinion publique, et créer l’ambiance au meurtre et à la guerre entre Français et Arabes. Ce sont des provocations qui se préparent en silence et qui ont pour but de préparer des bagarres, comme celles qui se sont malheureusement déroulées à Constantine et qui ont permis à M. Morinaud de demander des avions pour « civiliser » les Arabes.
Article paru dans El Ouma, quatrième année, n° 34, octobre 1935
Le 3 septembre 1935, s’est tenue, à la Mutualité, une Conférence Internationale pour la Défense de l’Ethiopie. A cette conférence, étaient représentées 150 organisations, et, parmi elles, l’Etoile Nord-Africaine. Durant 3 jours, cette importante réunion a étudié, examiné tout le problème italo-abyssin d’une façon très minutieuse. De grandes personnalités politiques sont venues apporter leur concours à cette manifestation anti-impérialiste. Pour ne citer que les importantes, il convient de souligner la présence de Norman Angell, Marcel Cachin, Cudenet, Messali Hadj, Mme France Varenne, Perrin, député de Paris, etc …
Déclaration du Comité central de l’Etoile nord-africaine parue dans El Ouma, quatrième année, n° 19, février 1934
Le Comité Central de l’« Etoile Nord-Africaine », s’est réuni en séance extraordinaire pour examiner la situation due aux troubles dans la nuit du 6 au 7 février 1934.
1) La France est marquée politiquement par les caractères originaux de son XVIIIe siècle. Une aristocratie tente de regagner le pouvoir qu’elle a perdu sous Louis XIV, et fait barrage à l’évolutionnisme naturel de la bourgeoisie. Du coup : 1) les idées évolutionnistes se sont radicalisées et cette radicalisation a fourni les éléments d’une idéologie de « principes » qui peut déboucher finalement sur une idéologie révolutionnaire ; 2) la réaction aristocratique, en provoquant la convocation des Etats Généraux, a déclenché le processus de la révolution de 1789.
Image de la manifestation du 20 octobre contre l’assassinat de Lahouari Ben Mohamed
EDITORIAL
La classe ouvrière de notre pays, son peuple, mesureront forcément un jour la catastrophe qu’a été – à partir de 72-73 – la « parlementarisation » de Mai 68, le programme commun, la remise en selle de la bande à Marchais, l’ectoplasme « socialiste » de Mitterrand-Rocard. Tout cela a en partie brisé le peuple, l’a ouvert au pire, que la crise provoque : tensions internes, racismes, attentats, égoïsmes peureux.
Motion parue dans Jeunesse, du 25 avril au 1er mai 1946 ; suivi de « Lettre ouverte à la jeunesse démocratique », Jeunesse, du 9 au 15 mai 1946 ; « Unité d’action antifasciste de la jeunesse ! », L’Humanité, 15 mai 1946 ;Roger Didier, « La J.C.I. et le Front laïque de la jeunesse antifasciste », La Vérité, 7 juin 1946 ;« Programme d’action », Jeunesse, du 27 juin au 3 juillet 1946 ;Gill, « Premier meeting du Front laïque et antifasciste de la jeunesse », La Jeune garde, 20 novembre 1946
Le congrès national des J.S. réuni à Perpignan après avoir pris connaissance des propositions du mouvement laïque des « Auberges de la Jeunesse » tendant à la création d’un front laïque de la jeunesse antifasciste décide d’apporter sa participation totale à ce front et demande à toutes les organisations de jeunesses laïques et antifascistes sans exception d’y adhérer.
Article d’André Chouraqui paru dans La Jeune Garde, n° 3, 29 août 1936
N.D.L.R.
La lutte contre le colonialisme est une des tâches des révolutionnaires dont le souci est d’affaiblir, pour le mieux écraser, leur propre impérialisme. Les questions coloniales seront donc régulièrement traitées dans la Jeune Garde. Dès maintenant notre camarade André Chouraqui délégué à la propagande de la fédération des J. S. d’Alger, nous écrit : « Nous collaborons régulièrement à votre journal, pour décrire dans tous les détails la situation du peuple d’Algérie : sa misère effroyable, le sort lamentable physique et moral de sa jeunesse, ses aspirations, ses volontés ».
Article de Mercer Cook paru dans Vendredi, 4e année, n° 145, 12 août 1938, p.5
Il y a treize ans, dans un grand hôtel, à Washington, Vachel Lindsay lisait devant des personnalités de la capitale quelques poèmes, dont trois d’un jeune Américain de couleur. Ce poète noir n’était autre que Langston Hughes, qui travaillait dans le même hôtel comme plongeur (bus boy).
Article signé B. Landau paru dans Le Réveil des jeunes, organe de la jeunesse socialiste juive « Bund », nouvelle série, n° 36, 1er août 1946, p. 1 et 3
L’ATTENTAT récent au Quartier Général Britannique à King David Hôtel à Jérusalem a causé une grande émotion, non seulement en Palestine même, mais dans le monde juif et tous les cercles qui s’intéressent à la solution du problème juif. Cet « exploit » terroriste qui coûta la vie à plusieurs dizaines de personnes innocentes a provoqué à juste raison l’indignation générale. Seuls quelques actes isolés de sauvagerie comme celui de jeunes gens jouant des airs de swing pendant l’enterrement des victimes sont à déplorer.
Editorial paru dans Le QuotidienRouge,n° 9, 3 mai 1974; suivi de « Les hommes de main de Giscard » et « Oui : Le Pen a torturé »
Même « Le Figaro » s’en est ému après le meeting de Nice !
Faut dire que le Valéry, aux bonnes manières du grand monde, trimballe dans ses valises une sacrée collection de supporters et de gardes du corps. Soustelle, Médecin, le maire de Nice, qui a quelques placements à l’extrême-droite ; les ex-OAS Sergent et Dupont ; les nervis d’ON et du GAJ, réunis pour la circonstance ; l’inévitable mercenaire Le Cavelier. Et bien d’autres, moins en vue dans les basses besognes. L’hebdomadaire d’extrême-droite Minute, un moment tenté par la candidature Royer, a vite rectifié le tir : le cheval étant mauvais ; pour l’heure, la vraie droite, c’est Giscard.
Article signé F. L. paru dans Rouge, n° 213, 13 juillet 1973, p. 8-9
La campagne d’Ordre Nouveau contre « l’immigration sauvage » n’est pas tombée du ciel. Elle est la manifestation d’une poussée de racisme que les groupuscules fascistes et la presse d’extrême-droite se sont appliqués à entretenir.
Editorial paru dans Lutte ouvrière, n° 253, semaine du 3 au 9 juillet 1973
SOLIDARITE AVEC LA LIGUE COMMUNISTE ! LIBEREZ KRIVINE ET SES CAMARADES !
LA Ligue Communiste est dissoute. Les perquisitions de la police, tant au siège de la Ligue qu’au domicile de ses militants, se multiplient. Alain Krivine, son principal dirigeant, est arrêté et incarcéré. Inculpé au titre de la loi « anti-casseurs », il risque entre un et cinq ans d’emprisonnement et une énorme amende, puisque, d’après cette loi, les dirigeants de la Ligue Communiste peuvent être tenus pour responsables de tous les dégâts occasionnés par qui que ce soit (y compris, bien sûr, la police elle-même) au cours d’une manifestation à laquelle ils ont appelé.
Ordre du jour paru dans La Vérité,organe du Groupe bolchevik-léniniste de la S.F.I.O., n° 227, 1er décembre 1934, p. 5
Les membres de l’Alliance antifasciste des travailleurs de Royan et des environs réunis en assemblée plénière le 3 novembre 1934, après discussion constatent :
Que depuis l’arrivée au pouvoir du Cabinet Doumergue et sous le couvert de la trêve des partis, les organisations fascistes n’ont cessé de se développer, de s’armer et de s’entraîner au maniement des armes, provoquant et à l’occasion assassinant les travailleurs anti-fascistes.
Article de Jean Cotereau paru dans La Pensée socialiste, n° 6, juillet 1946, p. 20-23
LE but du socialisme est la libération de l’homme. Libération économique mais aussi intellectuelle. Ce but s’accommode de tout idéal philosophique et religieux. A deux conditions toutefois : d’abord, que cet idéal ne mette pas en cause l’opportunité de cette libération, en prétendant par exemple qu’elle est contraire aux desseins d’une Providence, que la destinée de l’homme est de gagner le bonheur du ciel par sa résignation devant ses épreuves terrestres, ensuite que cet idéal ne jette pas l’anathème comme entaché de perversité à un quelconque autre idéal.
Article paru dans L’Arme de la critique, supplément à Alarme, n° 3, mai 1987, p. 7-13
Deux facteurs visibles dominent les années 30 pour la classe ouvrière. D’une part la crise économique, d’autre part la référence à la révolution russe et sa répercussion mondiale. Mais le facteur déterminant, pressenti et dénoncé par quelques minorités seulement, et qui fait basculer de tout son poids vers la guerre, c’est la contre-révolution, initiée en Russie développée par le stalinisme et qui s’étend silencieusement au monde entier, relayée par les appareils syndicaux, socio-démocrates et fascistes.
Sans sombrer dans un anti-fascisme de pure forme – voie de garage facile pour un radicalisme en mal de perspectives – nous ne pouvons contourner le problème d’une effective remontée de l’extrême droite et, plus largement, des thématiques dont elle est traditionnellement le vecteur ; racisme, poujadisme, idéologie sécuritaire. Par-delà le phénomène médiatique et (donc) électoral que constitue Le Pen, ce renouveau d’une droite autoritaire s’articule sur plusieurs niveaux différenciés, lui donnant un caractère d’opération politique d’ensemble, qui n’a rien à voir avec le phantasme d’un coup d’État ou un simple péril activiste fasciste.
« A Dreux, nous avons refusé le silence. Et nous nous sommes battus, parfois physiquement contre ces jeunes gens en treillis et rangers, protège-dents aux mâchoires et matraque à la ceinture. Depuis des mois. Aussi, lorsqu’à la fin du scrutin quand nous avons vu et entendu le premier secrétaire du parti socialiste dire sur nos écrans de T.V qu’il n’y a pas aujourd’hui de danger fasciste en France, nous avons regretté qu’il ne soit pas venu faire un tour à Dreux… Faut-il rappeler que dans les années trente déjà, la SFIO tentait de minimiser la montée du nazisme parce que la France n’était pas l’Allemagne » (Nouvel Obs. 22/09/1983).
Lettre parue dans L’Union prolétarienne, n° 6, novembre-décembre 1984, p. 1-7
Nous tenons d’abord à vous dire que beaucoup de choses nous ont motivés pour rédiger ce texte. La conjoncture bien sûr. A travers elle, il s’agit avant tout de déterminer quelle doit être notre intervention. Pour cela, une conception relativement claire de la situation globale s’affirme de plus en plus comme étant nécessaire. Ce qui ne signifie pas, bien entendu, qu’il ne faille rien envisager et ne pas intervenir avait de disposer d’une vue complète de la situation. Dans la question qui nous concerne aujourd’hui, le racisme et le fascisme, il convient très certainement de situer cette offensive du capital dans une perspective beaucoup plus vaste de la bourgeoisie : celle qui consiste à empêcher toute constitution de la classe ouvrière en classe organisée, organisée pour ses propres buts, organisée en classe pour soi.
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