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Un meeting du Secours Rouge international avec le concours de toutes les tendances antifascistes

Article paru dans Lyon Républicain, 19 janvier 1935

Hier soir, à la mairie du 6e arrondissement, sous l’égide du Secours Rouge International, avait lieu un grand meeting.

Le S. R. I. étant une organisation d’aide aux prisonniers politiques de tous les pays, une foule dense, composée de travailleurs étrangers et français, se pressait pour venir entendre les orateurs.

Sur l’estrade avaient pris place : Pillet, qui présidait ; Vivier, Ben Ali, Brunet, la citoyenne Caifxtat, Chaintreuil était excusé. La réunion avait été placée sous la présidence d’honneur de Thaelmann, leader communiste emprisonné en Allemagne, et de Largo Caballero, leader socialiste emprisonné en Espagne.

Successivement prirent la parole, Reymond, au nom du parti socialiste S. F. I. O. ; Cazade, au nom du S. R. I : Bellot, au nom de la C. G. T. U. ; le professeur Philip, au nom de la Ligue internationale contre l’antisémitisme ; Beddek, au nom des travailleurs nord-africains (Comité Messali Hadj) ; un réfugié politique italien, et Ferrat, du Comité central du parti communiste.

Tous les orateurs dénoncèrent les injustices flagrantes des gouvernements français successifs vis-à-vis des travailleurs étrangers demeurant en France, et des peuples coloniaux. Plus particulièrement Philip et Ferrat exposèrent des problèmes moins connus de la masse.

Philip traita du « Droit d’asile ». Il montra comment, à une époque déterminée, le capitalisme français avait provoqué la venue dans notre pays de travailleurs étrangers pour concurrencer les salaires des ouvriers français, et comment maintenant il voulait les rejeter à nos frontières sous prétexte du chômage qui, à la vérité, est son propre fait.

Il protesta avec véhémence contre les expulsions inhumaines des réfugiés politiques. La France, autrefois terre d’asile, ne l’est plus sous la troisième République.

Ferrat parla de la misère actuelle en Algérie et en Tunisie, régions qu’il vient de visiter, et même d’où il a été expulsé.

Il montra pourquoi les travailleurs français devaient épauler, dans leurs revendications, les travailleurs nord-africains et pourquoi les ennemis de ces derniers n’étaient pas les Français, mais la bourgeoisie musulmane, qui s’était faite la domestique du capitalisme français.

« On a essayé d’opposer une race supérieure a une race inferieure, s’écria-t-il, c’est une erreur de fait et historique en même temps.

« Chaque race a eu, à une certaine époque, une civilisation plus avancée qu’une autre, et l’exemple le plus frappant est celui de la Russie : les moujiks et les ouvriers russes étaient presque tous ignares en 1917 ; en 1934, le peuple russe est à l’avant-garde d’une humanité nouvelle ! »

Les auditeurs n’ont pas ménagé leurs applaudissements aux conférenciers et un ordre du jour réclamant la non expulsion d’André Curato, la libération de Messali Hadj, fut voté à l’unanimité.


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Nedjib SIDI MOUSSA