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René Ringenbach : Front révolutionnaire des jeunes

Article de René Ringenbach dit Ringeas paru dans Le Libertaire, quarante-et-unième année, n° 514, 18 septembre 1936

Bien avant la formation du Front populaire, au moment où le parti communiste et ses jeunesses réclamaient le Front unique, nous décidions dans nos congrès de travailler à la constitution du front révolutionnaire antifasciste et antiguerrier.

Notre position que nous n’avons jamais abandonnée était nette : Front unique pour des buts bien déterminés, chaque organisation gardant son autonomie en dehors de la liaison occasionnelle. Les partis républicains et marxistes nous ont devancés en procédant à la création d’une alliance purement électorale qui dans le cadre du Front populaire devait accoucher de la combinaison gouvernementale actuelle.

Toujours loyaux, après avoir refusé de participer au gouvernement malgré les promesses faites en période électorale, les Staliniens torpillent le Front populaire dont ils ont été les initiateurs.

Pour mener à bien cette œuvre en appliquant les ordres du gouvernement russe, les chefs du P. C. sont devenus les ardents propagandistes du Front Français qui doit réunir tous les bons patriotes fidèles au pays et qui ne veulent pas la guerre civile.

Le danger est double. Indépendamment de la psychose chauvine, de l’Union sacrée effectivement réalisée, de l’acceptation et de la provocation à la guerre, la tentative du « Front Français » porte en elle une autre menace.

S’adressant à des éléments nationaux, les chefs nacos grouperaient dans leur front unique ceux à qui ils tendent si fraternellement la main.

La réconciliation nationale serait la seconde édition du « Front National » antirévolutionnaire. Accepter ou tolérer cette politique conduirait le prolétariat directement à la guerre et au fascisme. Il faut réagir immédiatement.

Pour déterminer l’attitude de la classe ouvrière, face à ce double danger, il suffit de se rapporter aux précédentes expériences.

Il suffit de se rappeler l’exemple de l’Italie et de l’Allemagne.

Allons-nous recommencer les mêmes criminelles erreurs ?

Ceux qui, dans la jeunesse prolétarienne, pensent qu’on n’écrasera le fascisme et qu’on ne supprimera la guerre qu’en brisant le cadre du régime condamné doivent s’unir pour vaincre.

Quand les circonstances ordonnent la Révolution, laissons pérorer ceux qui parlent de l’intérêt national et fermons la gueule à ceux qui voudraient nous entraîner dans la tuerie fratricide au nom de cet intérêt qui est celui de nos exploiteurs.

Contre la guerre le Front révolutionnaire des jeunes devra prendre une attitude nette et mettre son action en accord avec cette attitude en éclairant les masses et en travaillant à la révolution prolétarienne.

Il devra également refuser aux fascistes le droit d’être fascistes.

Des groupes de combat doivent s’organiser. Malgré leur dissolution légale, les ligues continuent d’exister réellement. C’est à nous qu’il appartient de prendre l’offensive et de nous préparer à riposter à un coup de force éventuel des stipendiés du capitalisme.

Camarades des Jeunesses socialistes, camarades des J. S. R., militants révolutionnaires qui ne voulez pas sacrifier vos intérêts de classe aux intérêts du pays, la question vous est posée.

Devons-nous crever victimes de la trahison et de nos propres hésitations ? Etes-vous prêts à supporter la responsabilité de laisser entraîner le prolétariat français à la dictature et à la guerre par esprit de discipline ?

Nous sommes persuadés, qu’au contraire vous êtes prêts à lutter de toutes vos forces, avec tous les révolutionnaires internationalistes pour la libération de la classe ouvrière internationale.

Contre les ennemis du peuple :
Front révolutionnaire

Contre tous les patriotes provocateurs de guerre :
Front révolutionnaire

Front révolutionnaire de la jeunesse qui ne veut pas reprendre à son compte les fautes de ses aînés.

RINGEAS.


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Nedjib SIDI MOUSSA