Article signé E. paru dans Der Republikaner, Sozialistisches Organ für den Ober-Rhein, 23 September 1931
Voilà bien un beau, un magnifique sujet de dissertation. Beaucoup de jeunes camarades ont demandé à ce qu’il soit traité à cette place, mais aussi attrayant qu’il soit, aussi téméraire et audacieux serait-il, de vouloir le traiter à fond, ou même de vouloir le concentrer dans deux colonnes de journal. Certes, les définitions ne manquent pas. On en trouve de bonnes et de vraisemblables, mais on en trouve autant de saugrenues. Le Grand Larousse dit :
LA fascisation du régime se développe dans tous les domaines : l’Etat-Major mène la danse ; même objectif dans les projets de domestication des instituteurs et dans ceux d’augmentation du temps de service ; il s’agit d’avoir à sa disposition un instrument militaire bien en main et une éducation nationale tout entière orientée vers la docilité et la servilité à l’égard des puissants du jour. Pour « défendre la patrie » ? Non ! Pour défendre des privilèges de classe de plus en plus menacés ! Nous verrons bientôt nos hitlériens s’accorder avec ceux d’en face pour faire cette besogne contre-révolutionnaire ! Comme en 71 ! Comme en 1918 ! L’ennemi, pour ces messieurs, c’est le prolétariat. Que cette réalité s’inscrive en lettres de feu en tête de toutes nos discussions intérieures !
Ces derniers temps, il est une question qui m’a été posée à plusieurs reprises : comment se fait-il que le gouvernement néerlandais ait empêché l’Internationale des Résistants à la Guerre (War Resisters’ International) de tenir, en juillet 1934, son congrès international – qui a lieu tous les trois ans dans un autre pays – sur le territoire hollandais ? Même parmi mes compatriotes, plusieurs ont été très vivement étonnés de cette interdiction, apparemment si extraordinaire. La Hollande n’est-elle pas connue depuis longtemps comme étant la forteresse de la liberté de conscience et de pensée, de la liberté d’action et d’organisation ? N’est-ce pas sur cette terre que d’innombrables réfugiés politiques et sectaires persécutés ont trouvé, depuis la guerre de l’Indépendance des Pays-Bas contre l’Espagne, un sol accueillant ? N’est-ce pas là, qu’au XVIIe et au XVIIIe siècles, les hommes à l’esprit le plus hardi, aux vues les plus avancées, de France, d’Angleterre et d’Allemagne, ont trouvé l’occasion de publier leurs œuvres les plus audacieuses ? Et depuis la fin du siècle passé, n’est-ce pas là, sur cette terre classique de la liberté, que des non-conformistes de tout genre : socialistes, anarchistes, tolstoïens, libres-penseurs et résistants à toute guerre, ont pu tenir leurs congrès et leurs conférences internationales, sans être inquiétés par les autorités politiques ?
Ce projet de plateforme est simplement une esquisse générale de la situation des J.C. dans le mouvement ouvrier en France et d’un examen succinct des tâches qui incombent aux jeunes militants. Chaque situation et chaque tache seront étudiées séparément dans les numéros suivants de la Vérité qui engagera la discussion autour de cet essai de plateforme pour l’action de tous les jeunes communistes. Les camarades exclus et membres des Jeunesses pourront participer à la discussion puisque notre journal leur sera ouvert. Et c’est après avoir discuté d’une politique claire que nos camarades se rallieront à une plateforme définitive, pour le redressement de la Jeunesse communiste. Les camarades adultes de l’opposition de gauche ont compris l’importance de la jeunesse, et c’est grâce à eux que nous pouvons ouvrir un large débat de clarification.
L’impérialisme français, l’un des plus belliqueux et des mieux armés, défenseur repu du traité spoliateur de Versailles, chien de garde réactionnaire de l’Europe bourgeoise, à la tête de ses vassaux (Yougoslavie, Pologne, Tchécoslovaquie, Roumanie), a mis un soin particulier à trouver dans la jeunesse un auxiliaire fidèle. Les adultes qui ont connu la guerre savent ce que c’est et n’ont guère envie de recommencer. Mais les jeunes !
Août 1924 est le 10e anniversaire de la guerre impérialiste. Le prolétariat ne doit pas oublier ce jour affreux où le capitalisme a perpétré le crime le plus abominable que connaisse l’histoire. Les appétits déchaînés de quelques magnats de la finance et de la grosse industrie, leur lutte acharnée pour l’accaparement du marché mondial ont lancé le prolétariat entier dans le plus affreux carnage.
L’enseignement militariste affirme que la discipline fait la force principale des armées, ce qui est son rôle. Laissons lui ce privilège, nous qui sommes convaincus que l’autorité de la contrainte (à ne pas confondre avec celle de la science et du talent) en dotant d’une vaine puissance celui qui l’exerce, mutile la personnalité de celui qui la subit sans que la collectivité au nom de laquelle sont lancées de si flambantes formules en tire le moindre profit. Il n’en demeure pas moins qu’en raisonnant ainsi le militarisme est envers lui-même d’une logique rigoureuse, puisque sa raison d’être est le maintien entre les hommes des barrières artificielles de sa hiérarchie.
Voici comment le Giornale d’Italia répond au député socialiste Turati qui attribue à la guerre en Tripolitaine l’accroissement de misère dans la classe ouvrière :
« Elle a (la guerre), sinon augmenté, du moins nullement diminué le mouvement économique en Italie, car des centaines et des centaines de millions ont été dépensés dans le pays en pro-visions, équipements, etc… »
A l’heure où ce bulletin paraîtra, il ne restera plus que 2 ou 3 camarades emprisonnés pour démoralisation de l’armée entre autre (dont vraisemblablement 2 libertaires).
L’avenir nous dira si le pouvoir poursuivra son offensive en inculpant d’autres militants. Ce qui est certain, c’est que les actions contre l’armée, elles, continueront. Du mouvement national de solidarité qui s’est développé, nous pouvons déjà tirer quelques remarques ;
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