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Hocine Aït Ahmed : Bandoeng, trente ans après

Article de Hocine Aït Ahmed paru dans Jeune Afrique, n° 1272, 22 mai 1985

Aït Ahmed, qui représentait les Algériens là-bas, raconte les heures qu’il a vécues. Que reste-t-il aujourd’hui des espoirs allumés en ce temps-là en Indonésie ?


La lutte des peuples tunisien, marocain et algérien a contribué, de façon déterminante, à la convocation de la Conférence de Bandoeng, qui devait se tenir du 18 au 24 avril 1955. Au niveau de l’Organisation des Nations unies, dès l’année 1950, les affaires de la Tunisie et du Maroc avaient fait sentir aux jeunes pays d’Afrique et d’Asie la nécessité d’une solidarité mieux organisée. L’intervention spectaculaire de Zaffrulah Khan, le ministre pakistanais des Affaires étrangères, devant le Conseil de sécurité, à propos du Maroc, en butte aux pressions et aux menaces françaises, avait alors démontré l’impact psychologique de pareils actes de foi. Cependant, on démasquait l’inégalité et les blocages résultant du droit de veto et des automatismes de la solidarité coloniale, elle avait fait ressortir l’absence d’instruments de soutien permanents et unis aux luttes anticolonialistes. Un an plus tard, le ministre des Affaires étrangères égyptien, Mohammed Salah Eddine, chef de file de l’aile gauche du parti Wafd, fut un des protagonistes du groupe afro-asiatique décidé à promouvoir la défense de la cause tunisienne à l’occasion de la session de l’Assemblée générale de l’ONU à Paris (6 novembre 1951-10 février 1952). « Au même moment, je chargeai le Dr Sayeed Mahmoud, ministre d’Etat indien pour les Affaires étrangères, de suggérer à Nehru la convocation d’une conférence afro-asiatique », nous affirmera Fadhel El Djamali, émissaire du premier ministre irakien, la veille de la rencontre de Bandoeng.

L’irruption de la guerre froide en Asie, l’obscure et angoissante réalité d’Hiroshima, sans cesse rappelée par les expériences nucléaires, inscrivent à l’ordre du jour des opinions publiques le problème du droit des peuples à l’autodétermination. Les Indonésiens n’oublient pas que la mobilisation, par Nehru, de la conscience asiatique aux côtés du gouvernement révolutionnaire proclamé dans les maquis indonésiens a été le tournant décisif dans leur guerre d’indépendance. Alors que, malgré la trêve, les troupes britanniques avaient débarqué à Surabaya pour appuyer le redéploiement de l’armée hollandaise à la faveur du subtil distinguo entre le « cessez-le-feu » et le « cessez-le-mouvement », l’appel de Delhi : « Les Asiens (1) ne laisseront pas massacrer les Asiens » avait renversé le rapport de forces international et stoppé la reconquête. Egalement, l’aide apportée par le camp communiste au combat libérateur des peuples d’Indochine enrichit ce terreau nourricier que sont les consciences collectives. Résultats d’une longue maturation. La pensée politique finit par accéder à l’objectivité, la rationalité et l’historicité. L’exemple du Maghreb illustre cette constatation historique : le niveau des luttes nationales conditionne celui de la solidarité internationale et vice-versa. A preuve, ces témoignages quasi anecdotiques sur des faits mal connus marquant les phases préparatoire et opératoire de la Conférence de Bandoeng.

Janvier 1952. Tayeb Slim pour le Néo-Destour, Miss Margaret Pope pour l’Istiqlal, et moi pour le PPA-MTLD, assistons, en tant qu’observateurs, à la Conférence socialiste asienne qui se tient à Rangoon, en Birmanie. Y participent les partis et tendances socialistes du Japon, d’Indonésie, de l’Inde, du Pakistan, d’Israël, du Liban et de l’Egypte. Le problème de la décolonisation est inscrit à l’ordre du jour. Le privilège nous est accordé d’intervenir aussi bien en séance d’ouverture que devant la commission chargée d’examiner les questions nous intéressant directement. Etaient également présents, en qualité d’observateurs, le Britannique Clement Attlee et le Suédois Olof Palme, respectivement ex- et futur premier ministre, et Milovan Djilas pour la Ligue communiste de Yougoslavie.

Les Maghrébins font surtout un travail de couloirs, d’information écrite et de contacts avec toutes les délégations. Sur notre initiative, est créé un Bureau anticolonial (2) chargé de coordonner les activités diplomatiques et de publication pour mettre en application les résolutions de soutien précis et fervent aux luttes anticoloniales, notamment en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Il siégera dans les locaux du Secrétariat permanent de la Conférence, à Wingaba Road, dans les faubourgs de la capitale birmane pénétrés par la jungle. Jim Markam, représentant du parti de Kwame Nkrumah, le Convention People’s Party de la Gold Coast (aujourd’hui le Ghana), présent à la Conférence, est désigné pour le diriger sur la base d’une rotation annuelle entre les divers pays en lutte pour leur indépendance. Alors que je suis pressenti pour lui succéder l’année suivante, je propose Kacem Zidoun, originaire d’Oran, un militant actif et politisé, pratiquement membre de la délégation algérienne au Bureau du Maghreb au Caire. Malheureusement, étant rentré en Algérie auprès de sa famille après avoir réussi à ses examens de licence, il sera surpris par les événements du 1er novembre, arrêté, torturé et mis à mort dans des conditions atroces.

L’ardeur anticolonialiste des socialistes indonésiens et birmans formés dans les maquis révolutionnaires a quelque chose de pathétique, mais elle se double d’un réel sens de l’organisation. Révolutionnaires, ils veulent promouvoir une autre voie mondiale fondée sur le non-alignement, la démocratie, les principes d’égalité et de coopération. Le trio qui dirige le jeune pouvoir socialiste de Birmanie, U Nu (qui rappelle Ben Boulaïd par sa sagesse et son effacement), U Cho Nein, le théoricien du régime (benjamin qui a la vivacité et la finesse de Ben M’hidi mais en plus cultivé), enfin U Ba Swe (dont la poigne de fer évoque Abbane Ramdane, l’esprit de système en moins), m’invite à rester quelques jours après la Conférence. C’est le début de ma première tournée en Asie ; les Tunisiens Rachid Driss et Tayeb Slim, délégués respectivement à Jakarta et à New Delhi, sont déjà à pied d’œuvre ; avant moi ou avec moi, ils organisent, dans tous les pays du Sud-Est asiatique, des « All Maghreb Committees » (Comités pour tout le Maghreb). Hamid Elgadri et le Dr Soltan Shahrir, tous deux leaders de la révolution indonésienne avant de participer à la création du parti nationaliste PSI (Parti Sarekat Islam), m’ouvrent leur maison et l’ouvriront à tous les Maghrébins. Ils me font rencontrer le président Soekarno et Mohammed Hatta, le vice-président, qui ont gardé de Messali Hadj et de l’Etoile nord-africaine un souvenir lié à la Conférence anticoloniale de Bruxelles (1927). L’espoir est exprimé, de part et d’autre, que la prochaine rencontre tienne ses assises dans un pays décolonisé.

Avril 1954. Les chefs d’Etat de cinq pays : Birmanie, Inde, Indonésie, Pakistan et Ceylan (Sri Lanka) se réunissent à Colombo, la capitale cinghalaise. C’est le moment où la guerre froide se durcit en Asie, où la guerre chaude fait rage en Indochine. Aucun de ces pays n’est associé formellement au rétablissement de la paix dans la péninsule indochinoise. Ils ne participeront d’ailleurs pas à la Conférence de Genève (26 avril – 20 juillet) qui mettra fin au conflit. Staline est mort, mais le stalinisme subsiste dans l’imaginaire collectif et chez les gouvernants. Ceux de Birmanie sont des rescapés d’un commando communiste qui, en 1947, a assassiné la plupart des ministres en plein conseil de cabinet … après avoir été des rescapés de la résistance contre les Japonais et contre les Britanniques. Quant au PIK, le parti communiste indonésien, il n’est pas près de faire oublier sa tentative de coup d’Etat perpétrée lors de la guerre de libération à Madiun, en 1947. Soekarno s’efforce de le réhabiliter pour une raison majeure de politique extérieure (se rapprocher de la Chine communiste) et pour une question de pouvoir personnel : c’est contre le PSI et le Masjumi, puissant mouvement islamique d’opposition, dont il est prisonnier au Parlement, qu’il veut appliquer sa « démocratie dirigée », préparant un renversement d’alliances qui aboutira à la déstabilisation de la vie publique, à l’épouvantable massacre des communistes et à la dictature.

Faute de moyens financiers, je ne peux me rendre à cette rencontre, comme me l’a suggéré le Bureau anticolonial de Rangoon. Le Tunisien Salah Ben Youssef, secrétaire général du Néo-Destour, fait le voyage ; sa présence facilite l’intégration des problèmes marocain et tunisien dans le communiqué final de la Conférence. Le premier ministre d’Indonésie, Sastroamidjojo, y fait adopter son projet de rencontre afro-asiatique. Il vient à bout des réticences de Nehru et de Mohammed Ali, chef du gouvernement pakistanais. Le premier veut bien changer la face du monde, mais avec qui ? Les Asiens ? Ils sont fort divisés. Les Africains ? Ils sont encore sous domination ou trop arriérés. « C’est attacher un char d’assaut à un âne. »

Le leader indonésien ne manque pas d’arguments : l’opinion publique en Asie attend d’eux une solution de rechange réelle à la guerre froide et aux pactes militaires. Il faut libérer la Chine du syndrome de l’encerclement. L’inviter, c’est la responsabiliser et pacifier ses relations avec l’Asie.

La solidarité anticoloniale sera un dénominateur commun solide. Quant à Mohammed Ali, outre que son pays est membre de l’OTASE (Organisation du traité de l’Asie du Sud-Est), pacte militaire sous l’égide américaine, il sait que John Foster Dulles compte sur le Pakistan pour réaliser son projet d’endiguement du communisme, une ligne Maginot d’autant plus défensive qu’elle sera offensive par l’impact qu’elle ne manquera pas d’avoir sur les musulmans d’Union soviétique. Rendez-vous est pris pour une seconde conférence des Cinq, en décembre 1954, à Bogor, non loin de Jakarta (Indonésie). L’ordre du jour, les critères de participation et les modalités de convocation de la Conférence de Bandoeng y seront fixés.

Entre-temps, la révolution algérienne a éclaté le 1er novembre 1954. Dans les capitales arabes et asiatiques, les délégués ou les comités du Maghreb relaient l’événement, tant auprès de l’opinion que des responsables. Le Bureau du Maghreb au Caire décide l’unité d’action diplomatique et informative des trois sections. Il faut que les Algériens soient présents à Bogor, le mois suivant. Alerté en notre faveur par Azzam Pacha, ex-secrétaire général de la Ligue arabe, le prince Fayçal d’Arabie saoudite nous fait débloquer, séance tenante, l’équivalent de 100 millions de francs français de l’époque (les centimes d’aujourd’hui). M’hammed Yazid et moi arrivons donc à Bogor. Tahar Amira, chargé du Bureau tunisien à Jakarta en remplacement de Driss muté à Karachi, organise pour nous contacts, conférences de presse et interviews. Nous sommes reçus par tous les chefs de délégation, à l’exception de Nehru et de Sir John Kotelawala, premier ministre de Ceylan, mais nous transmettons notre littérature et nos revendications aux staffs et à la presse des deux pays. La Conférence de Bogor, dans le communiqué qui clôture ses assises, annonce que trente gouvernements seront invités à Bandoeng le 18 avril 1955 pour participer à la Conférence afro-asiatique. La sécheresse de la déclaration confine au style télégraphique : il y est question d’examiner la situation dans les pays coloniaux, mais pas de référence à l’Algérie.

Nehru n’a accepté de faire une concession sur l’affaire palestinienne qu’en échange du silence sur l’Algérie. De toute façon, a-t-il ajouté, les problèmes du colonialisme seront abordés.

Dès l’annonce de la Conférence de Bandoeng, l’opinion la récupère, l’amplifie et l’adapte à ses aspirations. Même les formules laconiques du communiqué de Bogor, destinées à rassurer les copains du Commonwealth, sont transformées par l’imaginaire populaire en symboles libérateurs d’énergie et d’espérance. Ce sont 60 % de l’espèce humaine qui veulent conquérir leur droit à la paix et à l’autodétermination. Les Européens intelligents voient là une perspective intéressante pour desserrer l’étau des deux Superpuissances et, par le jeu d’un non-alignement progressif, imposer l’amorce d’un désarmement et d’une véritable détente internationale. Les milieux réactionnaires, d’abord tentés par le sarcasme : « le péril jaune », « communiqué nègre-jaune », « Evacuons les Blancs d’Australie vers le Canada », « film en technicolor pour amuser les peuples-enfants », changent de ton. Eisenhower incite son ministre des Affaires étrangères. John Foster Dulles, a plus de Realpolitik. De ce fait, ce dernier ne découragera pas ses amis africains de se rendre à Bandoeng, et il poussera même le Liberia à y être présent. L’Union soviétique, elle, choisit le silence devant son exclusion de cette rencontre, qu’elle estime discriminatoire puisque certaines de ses républiques sont asiatiques.

C’est pourtant bien pour échapper à cette accusation de discrimination que Nehru a plaidé et obtenu l’invitation de la Fédération d’Afrique centrale (Rhodésie du Nord, Rhodésie du Sud et Nyassaland) (3), bien connue pour son régime raciste – invitation d’ailleurs déclinée, de sorte qu’il n’y aura que vingt-neuf, et non trente, pays représentés. La suite lointaine des événements montrera que les deux Grands ont préféré laisser passer le raz-de-marée. L’émergence de la Chine en tant que troisième puissance est une donnée irréversible, l’irruption des masses afro-africaines dans le champ politique est parfaitement réversible. Il suffit d’interdire l’exercice du droit à l’autodétermination dans la vie publique en privant les citoyens et les citoyennes de leurs libertés d’information, d’expression, d’association et de participation démocratique. Les dictatures de droite et de gauche seront les relais nécessaires à la mondialisation du condominium esquissé à Yalta.

Ruslan Abd Ulghani, le secrétaire général de la Conférence de Bandoeng, réserve un traitement officiel à la délégation du Maghreb. Salah Ben Youssef et moi devançons de plus d’une semaine l’arrivée du Caire d’Allal El Fassi, le président de l’Istiqlal, accompagné d’Abd El Madjid Ben Djelloun, représentant de ce parti au Bureau du Maghreb, et de M’hammed Yazid. Le 15 avril, la délégation du Maghreb est au complet, Tahar Amira se trouvant pratiquement sur place (à Jakarta), Miss Pope et Tayeb Slim étant venus de New Delhi. Le gros du travail de contact ayant déjà été fait par les premiers arrivés grâce au concours des camarades indonésiens, nous tenons une longue réunion de travail pour préparer la conférence de presse que nous devons tenir le lendemain, dimanche 17 avril.

Il est prévu de présenter unitairement les problèmes de nos trois pays : un Marocain ou un Algérien répondront à une question portant sur la Tunisie, un Tunisien ou un Marocain attraperont au vol une question sur l’Algérie. Premier évènement de la Conférence qui ne s’ouvre officiellement que le lendemain, notre rencontre avec la presse provoque une énorme curiosité chez les dizaines de journalistes venus de tous les points du globe. C’est un succès spectaculaire, commandé au sein de toutes les délégations. Nous leur remettons notre mémoire. Zhou En Lai nous reçoit avec une chaleur particulière. Il saluera, dans son discours d’ouverture, la « lutte héroïque des peuples algérien, marocain et tunisien ». L’Irakien Fadhel El Djamali intervient fougueusement contre la politique de répression dans les trois pays maghrébins, qu’il cite nommément. Dans son discours d’ouverture, Nasser apporte son appui aux peuples d’Afrique du Nord, mais sans insistance particulière. L’intention dont il nous fera part, c’est d’agir dans les coulisses pour infléchir, dans le bon sens, la position de Nehru sur l’Algérie. Tous les pays arabes ont apprécié l’approche maghrébine comme une expression d’unité dont ils feraient mieux de s’inspirer. Sans être chefs de délégation, le Syrien Salah Bitar et le Libanais Kamal Djoumblatt mènent une campagne militante pour le Maghreb, à l’exemple des Birmans et des Pakistanais.

Nous nous partageons les tâches, en vue de faire adopter une résolution claire et vigoureuse avec des engagements pratiques. Nous assistons aux séances non publiques ainsi qu’aux travaux des commissions. Pour la circonstance, Allal El Fassi devient membre de la délégation irakienne, tandis que Salah Ben Youssef et moi allons respectivement avec le Yémen et l’Arabie saoudite. Le prince Fayçal, notre voisin à l’hôtel et dans la salle, se préoccupe à tout instant de l’évolution de notre « cause ».

Comme convenu avec les délégations concernées, juste après l’adoption de la résolution dont le projet nous a été soumis par Abdel Khalek Hassouna, secrétaire général de la Ligue arabe, et que nous avons amendé au maximum, le Dr Sunario, ministre des Affaires étrangères d’Indonésie, devait proposer la création d’un comité permanent pour suivre et soutenir les luttes anticolonialistes, en particulier au sein de l’ONU ; ensuite la Birmanie devait proposer qu’un délai soit donné au gouvernement français pour satisfaire les aspirations du Maghreb ; pour compléter le tableau, le prince Sihanouk s’était engagé à proposer des sanctions politiques, diplomatiques et économiques contre la puissance coloniale au cas où elle ne respecterait pas les délais impartis pour un règlement pacifique.

Je suis à côté du Dr Sunario à l’instant précis où la résolution sur l’Algérie, le Maroc et la Tunisie est ovationnée. Alors qu’il lève la main pour demander la parole, Sir John Kotelawala est en train de la prendre, pour lancer sa fameuse diatribe contre cet autre colonialisme que constitue le communisme. Le premier ministre de Ceylan s’estime d’autant plus fondé à le faire qu’il n’a pas laissé planer d’équivoque sur son hostilité au colonialisme traditionnel. Il ne se rend pas compte qu’il vient de contrarier une stratégie patiemment et passionnément mise au point pendant une semaine de lobbying. La sérénité des débats étant pour la première fois rompue, Zhou En Lai, que Sir John défie du regard pour lui signifier que c’est bien lui qu’il prend à partie, contre-attaque aussi violemment. Après la traduction du chinois en anglais, d’une surprenante longueur, la séance est clôturée.

Pour le Maghreb, et particulièrement pour l’Algérie, Bandoeng a incarné une étape décisive dans la Conférence au niveau mondial. Mais après la décolonisation politique, l’esprit de Bandoeng a été progressivement étouffé. Le non-alignement est mort à la faveur même des résolutions et des discours non alignés. Le droit à l’autodétermination interne dont les peuples et les citoyens sont les véritables titulaires est confisqué par les gouvernements. Le droit à l’autodétermination externe ne pouvant longtemps lui survivre, nous assistons à un autre retour des protectorats étrangers. Avec l’état de guerre larvée, la course aux armements, les grandes manœuvres diplomatiques, le problème du Sahara porté à Moscou, à Paris et à Washington …

Où est le Maghreb uni ? A quand un Bandoeng des droits de l’homme au Maghreb ?

Par HOCINE AÏT AHMED


(1) Le terme « asiatique » était alors jugé péjoratif.

(2) Le terme « anticolonialiste » ne naîtra que trois ans plus tard.

(3) Aujourd’hui respectivement : Zambie, Zimbabwe et Malawi.