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Saïda Menebhi est morte

Articles parus dans Rouge, 12 décembre 1977 ; 13 décembre 1977 ; 14 décembre 1977 ; 15 décembre 1977 ; 16 décembre 1977 ; 17-18 décembre 1977 ; 19 décembre 1977 ; 20 décembre 1977 ; 21 décembre 1977 ; 23 décembre 1977 ; 26 décembre 1977 ; 27 décembre 1977

Conférence de presse du Comité de soutien aux prisonniers politiques au Maroc. A gauche, le professeur Minkowski et à droite Me Henri Leclerc (photo Peyrepertuse/Rouge)

138 prisonniers politiques font la grève de la faim au Maroc

Depuis trente-deux jours, 139 prisonniers politiques font la grève de la faim au Maroc. Dans la nuit de samedi à dimanche, une prisonnière est morte. Elle s’appelait Saïda Menebhi, elle avait 25 ans. Hassan, le grand ami de Giscard peut être fier, en ajoutant à son palmarès déjà lourd un crime de plus. Arrestations et tortures se multiplient au Maroc pendant qu’ici la grande presse applique la loi du silence. Publiquement, le gouvernement continue de palabrer sur la démocratie pendant que ses services apportent leur aide au régime sanguinaire de Rabat. A Besançon, la police recherche deux étudiants marocains pour les expulser. Comme on le voit, les relations sont très bonnes mais Saïda Menebhi est morte.

Les autres prisonniers politiques continuent la grève de la faim, leur vie est en danger, ils comptent sur notre solidarité, ils doivent pouvoir compter dessus.


Après la mort de Saïda Menebhi, des femmes lancent un appel

Saïda Menebhi, prisonnière politique au Maroc, est morte samedi des suites d’une grève de la faim de cinq semaines. Le gouvernement marocain porte la pleine responsabilité de sa mort, comme il porte la responsabilité de l’état très grave de 138 autres prisonniers qui poursuivent leur grève de la faim dans les prisons de Kénitra et de Casablanca. Face à cette situation, notre solidarité ne doit pas connaître de relâche.

Un groupe de femmes a lancé aujourd’hui un appel pour une enquête sur les conditions de détention au Maroc. Elles ont envoyé le télégramme suivant au secrétariat général de l’ONU à New York, à la commission internationale des droits de l’homme de l’ONU à Genève et au secrétariat de l’Organisation de l’unité africaine :

« Apprenons mort hôpital Casablanca Saïda Menehbi, détenue politique gréviste de la faim depuis cinq semaines. Assurons notre solidarité aux femmes marocaines en lutte, particulièrement à Fatima Oukacha et Rabea Ftouh, grévistes de la faim en danger de mort, comme plus de cent autres détenus politiques grévistes de la faim de Casablanca et Kénitra.

« Alertons opinion publique internationale et exigeons des instances internationales enquête immédiate sur les conditions de détention des prisonniers politiques au Maroc. »

Simone de Beauvoir, Claire Etcherelli, Marguerite Duras, Gisèle Halimi, Delphine Seyrig.


Les appels en faveur des prisonniers marocains se multiplient

A la suite de la mort de Saïda Menebhi des suites de sa grève de la faim dans les prisons marocaines, les comités de lutte contre la répression au Maroc « dénoncent le silence fait en France sur la répression au Maroc. Les deux régimes français et marocain cherchent aujourd’hui plus que jamais à étouffer toute information sur la situation des prisonniers politiques au Maroc. »

Les 138 autres prisonniers politiques de Kenitra et de Casablanca poursuivent leur grève de la faim maintenant dans leur cinquième semaine.

Les comités de lutte contre la répression au Maroc ont également lancé un appel aux organisations internationales : « Nous demandons à l’OMS, à la Croix rouge, à la commission des droits de l’homme de l’ONU, au secrétariat de l’OUA, aux fédérations internationales de juristes, d’envoyer des missions d’enquête au Maroc où la répression politique est bien celle décrite dans le rapport d’Amnesty International. »

Les signatures pour cet appel doivent être envoyées au comité, 14 rue de Nanteuil, 75015 Paris, avant la fin de la semaine.

D’autre part les comités de lutte contre la répression au Maroc organisent une conférence de presse jeudi à 11 h 30, à l’hôtel Lutetia à Paris, métro Sèvres-Babylone.


Serfaty et les prisonniers politiques marocains en danger de mort !

La mort rôde dans les sombres geôles marocaines. Après le décès de Saïda Menebhi, d’autres prisonniers et prisonnières qui entrent dans leur cinquième semaine grève de la faim, sont en danger. Le dirigeant révolutionnaire marxiste-léniniste Serfaty et deux prisonnières sont entre la vie et la mort dans un hôpital de Casablanca. On peut faire confiance au cynisme de leurs gardiens pour ne rien faire pour les sauver. C’est le mouvement de solidarité internationale qui devra le faire. On aura déjà remarqué qu’on peut mourir dans les prisons marocaines sans faire la une des journaux. Le silence de la presse française est éloquent à ce sujet.

Mais nous ne nous tairons pas. Alors que Giscard est le principal support du régime sanguinaire de Rabat, alors qu’il met lui-même la main à la pâte en expulsant de France les militants progressistes marocains, toutes les organisations ouvrières et démocratiques doivent multiplier les protestations et les actions unitaires. Il nous faut empêcher cette cynique liquidation physique de l’avant-garde révolutionnaire marocaine.


130 PRISONNIERS MAROCAINS EN DANGER DE MORT
Serfaty et deux autres prisonniers hospitalisés à Casablanca

Les nouvelles qui nous parviennent du Maroc sur la situation des prisonniers politiques qui font la grève de la faim depuis cinq semaines dans les prisons de Casablanca et de Kénitra sont de plus en plus alarmantes.

En même temps que Saïda Menehbi, morte samedi dernier des suites de la grève de la faim, trois prisonniers, dont deux femmes et le dirigeant marxiste-léniniste Serfaty, ont été transférés dans un hôpital de Casablanca tant leur état est grave. D’après des informations qui nous sont parvenues, ils seraient sous sérum et passeraient par des états comateux.

Leur vie est en danger ! Les médecins dont nous publions l’appel ci-dessous montrent bien qu’avec des traitements appropriés, Saïda n’aurait pas dû mourir. Tout porte à croire qu’on l’a laissée cyniquement s’éteindre. On a tout lieu de s’inquiéter pour Serfaty et ses deux camarades quand on sait qu’un des médecins chargés de les surveiller aurait dit à peu près : « Un type comme Serfaty ne mérite que de crever car il a entraîné trop de gens dans l’erreur. »

A Kénitra, une centaine de prisonniers politiques – ceux qui furent condamnés lors du procès de février 1977 – poursuivent leur grève de la faim entrée maintenant dans sa cinquième semaine. Il faut craindre aussi pour leur vie.

On apprend aussi aujourd’hui qu’une vingtaine de prisonniers politiques condamnés au procès de Casablanca d’août 1973 ont rejoint la grève de la faim de leurs camarades pour exiger l’amélioration de leurs conditions de détention.

Non content de laisser mourir ces prisonniers, Hassan Il continue son œuvre de répression contre tous les militants d’avant-garde du pays. Ainsi, samedi dernier, 107 personnes qui avaient été portées disparues en juin dernier auraient été présentées devant le juge d’instruction. Le bruit court que parmi cette liste de 107 suspects, deux seraient déjà morts. Les autres auraient été emprisonnés à Meknes afin de les isoler du reste des prisonniers et de rendre plus difficile le travail de leurs avocats qui sont à Casablanca.

A cette répression, s’ajoute la censure : ni le Monde ni Libération ne pénètrent au Maroc. Seuls J’informe et le Matin y sont autorisés et encore quand ce dernier titre parle du Maroc est-il lui aussi interdit.

Face à cette œuvre de liquidation pure et simple de toute l’avant-garde révolutionnaire marocaine, notre solidarité doit se démultiplier. Il faut sauver la vie de Serfaty et de ses camarades. Déjà de nombreux meetings unitaires sont prévus dans différentes villes. Cette action doit se poursuivre. Toutes les organisations ouvrières et démocratiques doivent s’élever contre ces crimes d’Etat et exiger une enquête internationale sur les conditions de détention dans les prisons marocaines. Les Comites de lutte contre la répression au Maroc ont demandé à la Croix-Rouge une démarche dans ce sens, et d’autre appels ont été lancés. On apprend ce soir que la direction du SNES dénonçait dans un communiqué la répression au Maroc. Nous devons agir sans relâche pour que protestations et actions se multiplient dans les jours à venir pour arracher à la mort Serfaty et ses camarades opprimés par un souverain qui compte parmi les très bons amis de Giscard.


Conférence de presse

Ce matin, jeudi 15 décembre à 11 h à l’hôtel Lutetia, métro Sèvres-Babylone, les Comités de lutte contre la répression au Maroc organisent une conférence de presse, avec la présence de Aziz Menebhi, président de l’Union nationale des étudiants marocains, ancien détenu politique et frère de Saïda et avec la participation de Me Henri Leclerc et du professeur Minkovski.


DES MEDECINS S’INTERROGENT SUR LA MORT DE SAIDA MENEBHI

« Nous, médecins, estimons nécessaire d’exprimer notre profonde indignation devant les conditions du décès de Saïda Menebhi, détenue politique gréviste de la faim depuis le 8 novembre dernier.

« Rien n’explique pour nous ce décès. Hospitalisée fin novembre, réalimentée le 3 décembre, elle ne semble n’avoir été placée au service de réanimation que cinq jours après. Or, avec des soins appropriés elle n’aurait eu aucune raison de succomber.

« Nous exigeons une enquête internationale sur cette mort suspecte. Nous alertons les milieux médicaux marocains et du monde entier sur l’état des deux autres femmes hospitalisées dans les mêmes conditions que Saïda Menebhi et sur celui des 100 autres détenus politiques qui entament leur cinquième semaine de grève de la faim illimitée. Eux aussi ils sont en danger de mort ».

Cet appel est signé par les professeurs de médecine et docteurs dont les noms suivent : Behar, Camus, Shapiro, Kahn, Krivine, Larivière, Monguauraz, Minkovski, Orengo, Rougeot, Taillon.


UN SILENCE QUI TUE

Il est des silences oppressants. Tel celui qui entoure le sort des 138 prisonniers politiques marocains qui, en menant depuis cinq semaines une grève de la faim, nous lancent un cri de détresse, mais aussi un appel au combat contre ce régime qui les laisse mourir à petit feu.

Tristement, il faut remarquer que la mort d’une des prisonnières, Saïda Benebhi, laissée sans soin pendant plusieurs jours à l’hôpital de Casablanca, n’aura pas permis de briser de mur du silence. Aucune réaction de ceux qui, habituellement, ne manquent jamais une occasion de nous donner des leçons sur les droits de l’homme. Un excès de réserve inquiétant et scandaleux des partis réformistes qui se veulent les champions des libertés.

Le silence du gouvernement français ne nous étonnera pas, lui qui soutient financièrement et militairement le régime de Rabat avec lequel il mène ses sales opérations contre le peuple sahraoui ; lui qui pousse la sollicitude jusqu’à mettre directement la main à la pâte de la répression en France en expulsant les militants progressistes marocains.

Mais il n’est pas admissible que le cri lancé du fond de la geôle de Kenitra ne trouve pas toutes les forces ouvrières et démocratiques françaises prêtes à la riposte. Il faut connaître l’isolement total des prisonniers marocains, l’absence de tout soutien dans leur pays du fait de la répression, la pratique systématique de la torture comme l’a dénoncée Amnesty International, pour mesurer leur courage et nos responsabilités.

Saïda est morte des silences qui les entoure. Fatimah Oukacha, Rabea Ftouh, jeune lycéenne de Rabat, et Abraham Serfaty, dirigeant révolutionnaire marxiste-léniniste, risquent le même sort. Ils sont eux aussi hospitalisés, dans le coma, confiés à de sinistres médecins dont les traitements vous soignent à vous en faire crever. Leurs camarades poursuivent la grève et sont eux aussi en danger.

Nous n’aurons de trêve avant de les avoir arrachés à une mort voulue par Hassan qui aime à se dire copain de Giscard. C’est une question de jours.

Anna Libera


IL FAUT BRISER LE MUR DU SILENCE SUR LA REPRESSION AU MAROC

Beaucoup de monde à la conférence de presse des comités contre la répression au Maroc tenue à Paris jeudi en fin de matinée (1). La libération prochaine des Français détenus par le Front Polisario a permis de situer politiquement les raisons de l’acharnement de la répression du régime marocain contre les militants marxistes-léninistes emprisonnés pour délit d’opinion, et tout particulièrement pour leur solidarité avec la lutte du peuple sahraoui.

Ils sont en tout cent trente-neuf à faire la grève de la faim. Cent trente-huit depuis la mort de Saïda Menebhi. Pour l’essentiel, ils sont regroupés dans la prison de Kenitra. Quatre autres se trouvaient à la prison de Casablanca : Saïda Menebhi, Fatima Oukacha, Rabea Ftouh, une lycéenne de Tanger et le dirigeant révolutionnaire marxiste-léniniste Abraham Serfaty.

Après cinq semaines de grève de la faim, les trois survivants de Casablanca ont fini par être transportés à l’hôpital. D’après les dernières informations reçues, ils passent par des états comateux et leur cerveau pourrait déjà être atteint. Si l’on s’en tient au « traitement » auquel a été soumise Saïda Menebhi – jusqu’à en mourir – il y a tout lieu de craindre le pire pour leur vie.

Le directeur de la prison n’a-t-il pas déclaré qu’il faudra encore quelques morts pour qu’il commence à s’occuper des grévistes de la faim ? Le médecin responsable ne s’est-il pas déclaré convaincu de l’opportunité de la mort probable d’Abraham Serfaty ? Le black-out n’est-il pas maintenu au Maroc sur toutes les informations concernant les détenus en lutte ?

C’est si vrai que la préoccupation des autorités marocaines n’est pas de maintenir les détenus en vie mais de tout faire pour qu’aucune information ne filtre sur les conditions de l’actuelle lutte des grévistes de la faim marxistes-léninistes, emprisonnés à Casablanca et Kenitra.

Dès que l’annonce de la mort de Saïda Menebhi a filtré, les familles des autres détenus se sont rendues à Rabat pour visiter sa famille, elles voulaient exprimer par là leur solidarité et faire de son enterrement une manifestation politique. Interceptées à leur arrivée dans la capitale, elles ont reçu des menaces sur le sort qui serait réservé à leurs proches encore détenus si elles ne se cantonnaient pas dans les logements qu’elles avaient pu trouver.

La police a bouclé le quartier où vit la famille de Saïda Menebhi et a encerclé la maison de ses parents pour empêcher toute visite. Trois perquisitions ont été opérées dans cette même maison, la première après le décès de Saïda, et les deux autres dans les jours qui ont suivi. Ce fut pour les policiers l’occasion de montrer la vraie préoccupation de toutes ces manœuvres d’intimidations. Le cortège funèbre ne devait pas dépasser quatre-vingt personnes, et surtout une question : comment a pu filtrer l’annonce des conditions de la mort de Saïda à l’hôpital de Casablanca ?

Elle avait suspendu sa grève de la faim depuis le dimanche 27 novembre, vu son état de grande faiblesse, les autorités l’ont laissée jusqu’au jeudi 1er décembre, sans réanimation, les médecins très spéciaux de Casablanca lui ont administré simplement du valium, de l’atropil et du dogmatil. Ce n’est que lorsqu’elle a sombré dans le coma, jeudi, qu’elle a été mise en réanimation. Trop tard. Elle est morte dimanche à 5 h 30 du matin sans avoir repris connaissance.

Aujourd’hui, ce sont cent trente-huit détenus politiques, dont Abraham Serfaty, qui connaissent peut-être le même sort. Il faut les sauver avant qu’il ne soit trop tard.


(1) Comités contre la répression au Maroc, 14 rue de Nanteuil, 75015 Paris.


LA GREVE DE LA FAIM DES DETENUS MAROCAINS SE POURSUIT A KENITRA

Des 110 grévistes de la faim de la prison de Kenitra, 40 se trouvent déjà à l’infirmerie de la prison et 24 à l’hôpital de la ville en raison de leur état de santé.

Une entrevue entre trois avocats des détenus et le directeur de la prison n’a rien donné. Le directeur s’est refusé à accepter les revendications des grévistes de la faim : droit de recevoir leurs avocats, droit de poursuivre des études (ce sont en majorité des étudiants), droit de lire les journaux, notamment.

Enfin, on apprenait que l’état de santé d’Abraham Serfaty, considéré comme le dirigeant des groupes clandestins marxistes-léninistes « Ilal Aman » (« En avant »), condamné à la prison à perpétuité, est considéré comme grave.

Les familles des détenus empêchées de participer à l’enterrement de Saïda Menebhi par la police et qui s’étaient réfugiés dans la mosquée Assouna à Rabat, ont fini par en être délogées par la police. Le journal « l’Opinion », lié au parti de l’Istiqlal, rallié au gouvernement depuis la marche verte sur le Sahara occidental, a dû donner la nouvelle, ce qui constitue la première brèche dans le black-out de la presse sur cette affaire.


Saïda Menebhi : « Ma sœur, ma camarade »

Lors de la conférence de presse des comités contre la répression au Maroc tenue à Paris jeudi, le frère de Saïda Menebhi est intervenu longuement pour évoquer la signification de la mort de sa sœur.

Abdelaziz Menebhi est le dernier président élu, en 1972, de l’Union nationale des étudiants marocains (UNEM). Arrêté avec le vice-président Abdelawed Belkebir, en janvier 1973, il a disparu et est resté détenu au secret dans les centres clandestins de torture de Rabat et de Casablanca pendant plus d’un an. Il fut finalement acquitté en août 1976 après avoir passé quatre ans en prison.

« La mort de ma sœur n’est pas un événement isolé de la répression sauvage qu’a connue le Maroc depuis l’indépendance formelle. On se souvient des massacres du Rif en 1959, des massacres de mars 1965 à Casablanca, des hécatombes de paysans en 1970, des tueries de 1973. L’assassinat de ma sœur Saïda a bien sûr une signification sur le stade qu’a atteint la répression au Maroc.

« C’est cette répression que le pouvoir marocain cherche à cacher par sa démagogie et le silence. Saïda a donné sa vie pour briser le silence fait sur la situation des emprisonnés politiques. C’est là le sens de son sacrifice.

« Le combat et la mort de Saïda met en évidence le rôle que la femme marocaine, militante, joue actuellement dans les luttes que mène notre peuple. Le pouvoir réactionnaire veut laisser la femme dans un état d’infériorité, de suivisme et de privation de ses droits, qu’ils soient économiques, sociaux ou culturels. On veut faire de la femme un simple corps, une simple poupée qu’on utilise pour perpétuer les valeurs réactionnaires.

« Ma sœur, ma camarade Saïda, avec laquelle j’ai partagé un combat, des principes et des objectifs politiques, est morte, mais en fait elle n’est pas morte, parce que le combat pour lequel elle a donné sa vie continue.

« En plus des détenus marxistes-léninistes grévistes de la faim, il ne faut pas oublier les dizaines d’étudiants marocains qui sont encore dans les maisons de torture et qui risquent leur vie aussi.

Il y a des rumeurs qui disent qu’il y aurait cinq morts parmi les quelques cinq cents étudiants arrêtés pendant la campagne répressive qui a duré d’avril à juillet 1977. »

Abdelaziz Menebhi


L’Association des femmes marocaines communique :

L’Association des femmes marocaines en France dénonce la répression qui s’abat sur le peuple marocain, dénonce les conditions illégales de détention des prisonniers politiques au Maroc, en grève de la faim depuis cinq semaines, s’élève contre l’assassinat de Saïda Menebhi, morte à la suite de cette grève de la faim et de la non-assistance médicale.

Nous assurons de notre solidarité avec la lutte des femmes des sœurs et des mères des prisonniers politiques entrés en grève de la faim illimitée depuis le 15 novembre 1977.

Sauvons la vie des autres militantes, Fatimah Okacha et Rabea Fthouh dont la vie est en danger !


Protestation de la CGT

Dans un communiqué publié vendredi, la CGT déclare « qu’au moment où le pouvoir marocain se réclame des principes démocratiques que connaissent de nombreux pays dans le monde, la mort de Saïda Menebhi démontre douloureusement que les centaines de patriotes et démocrates détenus au Maroc continuent à subir la répression et l’arbitraire le plus odieux ».

Cette prise de position de la CGT est d’autant plus importante que la presse ouvrière, et notamment « l’Humanité », s’est montrée particulièrement silencieuse sur la conférence de presse des comités contre la répression au Maroc, seuls « Libération » et « Rouge » en ayant fait mention.


La FEN dénonce la répression au Maroc

La commission exécutive de la FEN (Fédération de l’Education nationale) a voté une motion condamnant la répression au Maroc au cours de sa réunion du vendredi 16. Le texte de cette motion sera remis à la presse lors de la conférence de presse que la FEN doit tenir à Paris le 21 décembre.


Encore un meeting interdit !

Le Comité de lutte contre la répression au Maroc, les Amis de la République arabe sahraouie démocratique et le comité de soutien aux luttes des soldats de Toulouse avaient appelé mercredi soir à une projection-débat autour du film de Med Hondo « Nous aurons toute la mort pour dormir ».

La préfecture a interdit et la projection et le débat en disposant force policiers à l’entrée du cinéma Espoir où devait se tenir cette initiative.

Une réunion unitaire a décidé de la rédaction d’un tract et d’une pétition protestant contre l’interdiction de toute initiative de solidarité avec le peuple sahraoui sur la ville (une manifestation avait été interdite au mois de novembre). Tract et pétition doivent être largement diffusés sur la ville ces prochains jours.

Correspondant


SOUTIEN AUX DETENUS POLITIQUES MAROCAINS

Bordeaux, de notre correspondant.

150 personnes environ, dont une grande majorité d’étudiants marocains, ont participé vendredi dernier à un meeting de la LCR à la fac de lettres de Bordeaux pour la libération des prisonniers politiques au Maroc et le soutien à la lutte du peuple sahraoui.

Comme il était prévisible, un débat passionné a partagé le salle entre ceux qui refusent la politique « d’unanimité nationale » autour du boucher Hassan et les partisans de la politique réformiste de l’UFSP (PS marocain) et du PPS (PC marocain). La discussion a duré jusqu’à 2 h 30 du matin et, sans la fatigue physique des participants, était bien partie pour durer jusqu’à l’aube.

Nous avons pu ainsi mesurer les retombées de la ligne réformiste. Que penser de ce militant de l’UFSP qui tentait de justifier la position du bureau fédéral de l’UNEM qui a exigé de Saïd Smihi, militant marxiste-léniniste expulsé de France, une déclaration de non appartenance au Front Polisario pour le défendre ?

Toujours au nom de la « marocanité » du Sahara, les militants de l’UFSP expliquèrent, pas gênés, qu’ils ne défendraient pas les deux étudiants de l’UNEM de Besançon menacés d’expulsion, à cause de leurs positions de soutien à l’autodétermination du Sahara occidental.

La LCR n’a jamais exigé de l’UFSP qu’elle abandonne ses positions chauvines pour lutter pour la libération de ces militants emprisonnés. Mais le refus des partis ouvriers marocains d’engager une campagne de masse pour la libération de tous les prisonniers politiques devient criminelle à l’heure où Serfaty et deux autres camarades sont aux portes de la mort. Cet abandon de la plus élémentaire solidarité de la part de l’UFSP, du PPS et de la direction de l’UNEM rendent encore plus considérable l’irresponsabilité des organisations françaises. Nous nous sommes engagés pour notre part à créer le plus vite possible, dans l’unité la plus large, un comité de lutte contre la répression au Maroc. Pour que les 137 camarades emprisonnés qui font la grève de la faim ne connaissent pas le sort de Saïda Menehbi.


La plate-forme de revendications des grévistes de la faim de Kenitra
DOUZE RAISONS DE MOURIR AU MAROC

Le détail des revendications des détenus politiques marxistes-léninistes en grève de la faim a fini par être connu. Quand on sait que la seule réponse du directeur de la prison de Kenitra à trois avocats des détenus a été un non catégorique, on mesure un peu mieux le cynisme de la campagne d’anéantissement dans laquelle s’est lancé le régime marocain, avec la bénédiction de ses alliés et particulièrement le gouvernement français.

– Abolition des tortures, mises à nu, isolements sans alimentation, enlèvements policiers, brimades et pressions contre les familles.
– Transfert d’Abraham Serfaty de Casablanca à Kenitra.
– Cessation des vexations contre les camarades filles détenues à Casablanca.
– Amélioration de l’assistance médicale.
– Levée de la censure sur les livres, revues et journaux.
– Permission d’écouter la radio.
– Fin de la censure sur le courrier.
– Faculté pour les détenus de poursuivre des études.
– Fin de l’isolement force des détenus politiques.
– Rétablissement et amélioration du droit de visite, pour les familles, les avocats et les amis.
– Amélioration de l’alimentation et permission de se doter des vêtements nécessaires.
– Permission pour les détenus de se doter d’un réchaud électrique.

C’est pour ces raisons que 137 détenus politiques luttent aujourd’hui dans les prisons marocaines, c’est pour que leur voix parvienne à être entendue qu’est déjà morte Saïda Menebhi.


Le PS pour la libération des détenus politiques

C’est le 16 décembre que Lionel Jospin, secrétaire national du Parti socialiste chargé du Tiers-Monde a fait publier un communiqué engageant le PS, officiellement, dans la campagne de dénonciation de la « grave situation des libertés au Maroc ».

Il ne restera bientôt plus que le PCF, parmi les organisations du mouvement ouvrier, pour garder le silence sur la répression au Maroc.


Meeting Maroc à Lyon

Le comité de lutte contre la répression au Maroc de Lyon a tenu un meeting, le vendredi 16 décembre. L’essentiel de l’assistance était composé par des travailleurs et des étudiants marocains, quelques 150 personnes en tout. Après la mort de Saïda Menebhi, l’accent a été mis sur les risques qui pesaient sur les grévistes de la faim. La complicité du gouvernement français a été mise en évidence, comme à l’époque de l’affaire Ben Barka, par le silence de la presse bourgeoise ; par les tentatives d’expulsion de militants da l’Union nationale des étudiants marocains (UNEM) à Dijon et à Besançon, par l’expulsion du camarade Smihi de France. Cette politique est cohérente avec l’aide technique et militaire inconditionnelle du gouvernement Giscard-Barre au Maroc et à la Mauritanie dans leur guerre sans merci contre le peuple sahraoui.

La projection du film d’Yves Boisset « l’Attentat » devait précéder un débat sur la situation politique au Maroc, avec les militants de l’UNEM.

Le comité de lutte annonce sa participation au meeting qui se tiendra mercredi 21 à la mairie du VIe arrondissement de Lyon.

Correspondant


La maison du tourisme marocain occupée hier soir

Occupation hier soir de la maison du tourisme marocain, place du Palais-Royal, par une centaine de militants en solidarité avec les 138 grévistes de la faim à Kenitra. « Au Maroc, le régime tue ; le silence de la France tue aussi ! » Tel était le titre du tract distribué par les comités contre la répression au Maroc (14, rue de Nanteuil) qui participaient à cette initiative soutenue par le PSU, la LCR, l’Ecole émancipée, le PCR, l’OCT et la commission antirépression du mouvement des femmes. Pendant ce temps, à Saint-Etienne, 70 étudiants marocains continuent la grève de la faim qu’ils ont entamée dans la hall de la résidence universitaire du quartier de la Métare.


A la fin de la cinquième semaine de leur grève de la faim
LA LUTTE DES DETENUS POLITIQUES ENFIN CONNUE AU MAROC

Après plus d’un mois de lutte dans l’isolement complet, la grève de la faim des détenus marxistes-léninistes de Kenitra et de Casablanca commence à être connue et dénoncée au Maroc même.

Pour cela il aura fallu que meure Saïda Menebhi, que plusieurs détenus – dont Abraham Serfaty – tombent dans le coma, que la campagne internationale de dénonciation et de soutien se développe, particulièrement en France où elle a été animée par les comités contre la répression au Maroc. Dans l’indifférence et la réticence des organisations du mouvement ouvrier, dans le silence glacé d’une presse bourgeoise peu empressée à ternir l’image de marque d’un régime marocain que Giscard-Barre et compagnie appuient de tous leurs efforts.

Les organisations ouvrières ont leur part de responsabilité dans l’affaire, elles qui ont trop longtemps attendu pour faire entendre leur voix. Il faut dire que le ralliement de la gauche traditionnelle marocaine à la politique d’Hassan II au Sahara occidental embarrassait un peu leurs organisations sœurs en France.

Aujourd’hui alors qu’une commission d’enquête a pu vérifier sur place à ses dépens le maintien des détenus au secret, le pouvoir marocain tente de démobiliser l’opinion en faisant croire que la quasi totalité des détenus en lutte ont cessé leur grève.

C’est que la lutte des détenus de Kenitra a fini par filtrer et que leur combat a été ovationné par les participants d’un meeting de l’USFP réformiste, pourtant ralliée au régime. C’est que cette organisation a dû donner la parole aux avocats des prisonniers politiques dans la dernière édition de son journal Libération. C’est qu’en solidarité des grèves sont actuellement déclenchées dans l’université de Rabat, sur la base de tracts diffusés clandestinement de la main à la main.

Cette première brèche dans le mur du silence et l’isolement doit s’élargir ; jusqu’à ce que leur isolement soit levé et que leur revendications soient satisfaites.


Unité des organisations ouvrières à Marseille

Les UD CGT et CFDT, la FEN départementale, l’AGEM (Association générale des étudiants marocains), l’UNEF et l’UNEM (section de Marseille) ont adressé au ministre de l’Intérieur français un télégramme exigeant l’annulation des mesures d’expulsion envers deux responsables de l’UNEM à Dijon et à Besançon. Ces organisations dénoncent aussi la répression au Maroc et soutiennent les détenus politiques de Casablanca et de Kénitra dans leur grève de Marseille.

D’autre part, les organisations citées ci-dessus ont rendu public le communiqué suivant : « Au Maroc, la répression règne en maître, les bandes policières enlèvent, torturent et assassinent les militants dévoués à la cause du peuple marocain ( … ) Cette répression trouve ses débouchés même en France. Ainsi le gouvernement français mène une campagne sauvage contre les militants progressistes maghrébins. Ainsi, après l’expulsion de Saïd Smihi, ancien responsable de l’UNEM, le gouvernement français cherche à expulser deux militants responsables de l’UNEM à Besançon et à Dijon. C’est dans ce contexte que les organisations signataires s’élèvent contre les mesures d’expulsion qui bafouent les libertés les plus élémentaires, soutiennent la lutte des détenus politiques en grève de la faim et exigent la libération de tous les détenus politiques au Maroc. »


Contre l’expulsion de Karmoudi

Le collectif universitaire contre l’expulsion de Karmoudi, responsable de l’UNEM à Besançon, a organisé une conférence-débat mardi. Outre les organisations d’extrême gauche et l’UNEM on notait la présence de représentants du Syndicat de la magistrature qui ont dénoncé les atteintes aux libertés en France, du secrétaire de l’UL CFDT, du président bisontin de la Ligue des droits de l’homme, etc. Karmoudi étant actuellement caché par le mouvement ouvrier bisontin, la mobilisation continue. Des permanences sont assurées pendant les vacances par le collectif universitaire contre l’expulsion et rendez-vous est pris à la rentrée pour réussir toutes les initiatives de lutte fixées dès maintenant pour janvier dont nous rendrons compte


Solidarité Maroc à Lyon

Au meeting sur les travailleurs immigrés qui a regroupé plusieurs centaines de personnes mercredi soir à Lyon, l’accent de la discussion a porté sur la solidarité avec les victimes de la répression au Maroc.

Plusieurs organisations (l’Union des travailleurs sénégalais, l’Association des travailleurs d’origine malgache, le Comité des travailleurs algériens, le Groupe révolution socialiste – Antilles -, le Comité de lutte contre la répression au Maroc) ont insisté sur la nécessaire solidarité de toute la classe ouvrière contre les mesures racistes et la nécessité d’imposer sa prise en charge par les partis et syndicats ouvriers.

Un communiqué de l’Union nationale des étudiants marocains, des prisonniers politiques au Maroc et la déclaration commune des organisations soutenant le meeting ont été lus. Le débat a porté en particulier sur les positions de la « gauche marocaine » et des organisations réformistes en France. Appel a été lancé pour une manifestation à l’occasion du troisième festival immigré à Lyon, en janvier.


Après six semaines de grève de la faim
VICTOIRE POUR LES PRISONNIERS POLITIQUES MAROCAINS

Des nouvelles qui nous parviennent du Maroc, ce matin 25 décembre, nous apprennent que le gouvernement marocain a cédé à toutes les revendications des 139 prisonniers en grève de la faim depuis six semaines.

La joie que nous apporte cette nouvelle ne peut effacer la rage qui nous envahit à la pensée qu’il faille mourir pour obtenir un second jour de visite pour sa famille, un réchaud dans les cellules, le droit de voir ses avocats, de recevoir des livres, d’être soigné correctement …

Cette victoire des prisonniers est avant tout le fruit de leur courage. Soumis aux persécutions, à l’isolement et à la torture, ils étaient déterminés à aller jusqu’au bout pour obtenir satisfaction. « Jusqu’au bout », ce n’est pas une image littéraire : Saïda Menebhi est morte, Serfaty, Fatima Oukacha et Rabea Ftouh sont encore entre la vie et la mort.

Les efforts incessant des familles des prisonniers sont aussi pour beaucoup dans cette victoire. Malgré les intimidations et les menaces, elles n’ont cessé de frapper à toutes les portes, de sortir dans la rue pour attirer l’attention sur le sort de leurs enfants. Elles ont ainsi été arrêtées à plusieurs reprises et détenues par la police. Elles se sont rendues deux fois au ministère de la Justice où elles furent accueillies par les flics ; par deux fois également elles ont été manifester à la mosquée et s’y sont fait également arrêter ; le 15 décembre, elles se rendaient chez le gouverneur de Kenitra pour qu’il achète des draps et du mazout pour les prisonniers à l’hôpital. Cet hôpital, où se trouvaient trois grévistes de la faim dans le comas, était d’ailleurs transformé en place forte : un policier armé sur chaque marche et six tentes de policiers dans la cour. Le 19 décembre, les familles remettaient des lettres à l’AFP et au correspondant du Monde, qui n’en ont pas rendu compte ! Le 21 décembre enfin, elles étaient reçues par le représentant de l’ONU à Rabat qui prenait leurs revendications en considération.

Les grèves des cours dans les facultés de Rabat témoignent aussi du soutien dont jouissaient les prisonniers politiques malgré le lourd climat d’intimidation et de répression. La victoire des prisonniers ne doit pas faire oublier la chape de plomb de silence maintenue sur leur lutte dans la presse française. Chape de plomb qui ne s’est même pas levée quand Saïda est morte.

La satisfaction de toutes les revendications des prisonniers politiques marocains ne doit pas faire diminuer notre vigilance. Nous n’avons aucune confiance dans la parole d’Hassan II et tant que les prisonniers marocains restent entre ses mains, ils sont virtuellement en danger de mort. Il faut les arracher à la prison.

Avant de mourir, Saïda écrivait un poème à une petite fille marocaine pour lui expliquer sa lutte :

Peut-être la maîtresse t’a parlé
de prisons hideuses
de maisons de correction
où l’on met les méchants
qui volent les enfants
Dans ta petite tête s’est alors posée
une question
Comment et pourquoi
moi qui suis si pleine d’amour
pour toi
et tous les autres enfants
suis-je là-bas ?
Parce que je veux que demain
la prison ne soit plus là »


De nombreux communiqués de soutien aux grévistes de la faim marocains nous sont parvenus ce week-end.

L’UIS-CFDT : Le Puy

« Contre les crimes en préparation dans les prisons marocaines, après le rappel de la situation des prisonniers politiques au Maroc et la mort de l’une d’entre eux, l’UIS dénonce l’attitude du régime marocain, allié de Giscard, qui est décidé à aller jusqu’au crime pour faire taire ses oppositions.

« La CFDT soutient les grévistes de la faim qui ont pris position contre le génocide organisé par le gouvernement marocain contre le peuple sahraoui. Nous ne pouvons accepter un nouveau crime dans les prisons d’Hassan et appelons tous les travailleurs et leurs organisations à prendre position pour éviter que d’autres militants progressistes marocains ne meurent.

« L’UIS-CFDT, en même temps qu’elle réaffirme son soutien au peuple sahraoui qui vient de libérer les prisonniers français, exige la libération des prisonniers politiques marocains et demande le respect des droits de l’homme au Maroc ».

Le 22 décembre 1977


Les syndicats de l’ex-ORTF :

Après la mort de Saïda Menebhi suite à sa grève de la faim dans les prisons marocaines, ou d’autres camarades sont en danger de mort, les sections SURT/CFDT et SNRT/CGT du Giratev (ex-ORTF) :

1) tiennent à dénoncer la complicité du gouvernement français qui n’hésite pas à expulser des syndicalistes et des étudiants marocains, dont le seul crime est de soutenir la juste lutte du peuple sahraoui.

2) appellent toutes les organisations ouvrières, étudiantes et démocratiques nationales et internationales à mettre tout en œuvre pour le respect des droits de l’homme au Maroc et la libération de tous les prisonniers politiques marocains.

– Halte aux expulsions arbitraires !
– Halte à la répression au Maroc !


Communiqué des comités de lutte contre la répression au Maroc

En dépit des informations contradictoires parues dans la presse ces derniers jours, la grève de la faim de plus de cent prisonniers politiques des prisons de Casablanca et Kénitra a continué jusqu’au samedi 24 décembre. Elle a cessé après une négociation avec une commission formée de parlementaires et d’avocats pour la satisfaction de toutes leurs revendications.

Cette première victoire s’explique par la longueur et la dureté de la grève, par l’envoi d’une commission d’avocats et de médecins mandatés par les plus hautes instances internationales, par la mort tragique de Saïda Menebhi et par l’émotion et le scandale qu’elle a provoqués dans l’opinion publique internationale.

Celle-ci doit maintenant exiger la présentation immédiate à la justice des centaines de personnes arrêtées et enlevées en mai, juin et juillet 1977 et dont on est toujours sans nouvelle et relancer la campagne la plus large pour la libération de tous les détenus politiques au Maroc.