Déclaration de Hocine Aït Ahmed parue dans Sans frontière, n° 56, du 2 au 8 avril 1982 ; suivie du communiqué de Hocine Aït Ahmed et de Mohammed Harbi paru dans Sans frontière, n° 57, du 9 au 16 avril 1982

Je déplore les affrontements qui ont eu lieu à Belfort, ils ne peuvent nuire qu’à l’émigration.
Je réprouve les pratiques d’obstruction utilisées par « L’Amicale » elles relèvent du style fasciste, incompatible avec les droits de l’homme et les libertés publiques.
Le problème qui confronte l’Algérie, est celui de la démocratisation de toute la société, et pas seulement du pouvoir politique. Aussi bien il est fondamental de rompre avec les méthodes autoritaires et intolérantes qui depuis vingt ans ont crée un véritable sous-développement politique et affaibli la conscience nationale. Il faut créer ici et maintenant des mœurs de débat pacifique et de dialogue. Tous les Algériens et Algériennes doivent pouvoir s’exprimer librement et pacifiquement.
Hocine Aït Ahmed
Communiqué de H. Aït Ahmed et M. Harbi
Les incidents de Belfort, au cours desquels les représentants de « l’Amicale des Algériens en France » ont empêché par la force Ahmed Ben Bella de s’exprimer, traduisent un état d’esprit dangereux : il consiste à transposer en France, terre d’asile et de démocratie, les pratiques d’intolérance et d’étouffement de la liberté d’expression qui se sont malheureusement abattues sur le peuple algérien depuis son indépendance.
Ceci est d’autant plus fâcheux que, selon nous, personne ne peut renoncer à ses responsabilités à l’égard de son peuple, ni abdiquer sa liberté d’expression, quelles que soient les pressions ou les menaces qui s’exercent sur lui.
Tous les hommes soucieux de démocratie, doivent réagir devant ces pratiques et faire front ensemble pour conquérir les libertés fondamentales sans lesquelles aucun développement n’est possible.
Communiqué du 7 avril

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.