Communiqué de la Maison des travailleurs immigrés paru dans Tribune immigration, n° 1, janv.-fév. 1981 ; suivi de « Femmes Arabes »

Aujourd’hui mardi 31/03/81 une conférence de presse a eu lieu, annonçant et appelant à la manifestation du 4 avril.
Les journaux présents :
La Croix, Informations Ouvrières, l’Humanité, Rouge, Témoignage Chrétien, Lutte Ouvrière, Le Matin de Paris, Sans Frontière, l’Etincelle, Commission Episcopale, Bulletin du CEDETIM, JOC-Immigrée, Parisien Libéré, Jonction, CIEMM.
Le communiqué de presse suivant a été envoyé à la presse :
Ce matin a eu lieu à la Maison des Travailleurs Immigrés (46, rue de Montreuil) une conférence de presse ayant pour objet la manifestation du 4 avril 1981.
En premier lieu, il a été rappelé pourquoi et par qui cette manifestation avait été appelée, de même que son historique.
Cette manifestation est une suite de la mobilisation qui avait regroupé 15 000 personnes le 10 mai 1980, et plus de 1 000 personnes à un meeting à la Mutualité, le 23 novembre 1980. Elle répond à :
– l’aggravation de la situation des travailleurs immigrés, surtout après les lois Barre-Bonnet, Stoleru et leurs applications qui dépasse de loin l’interprétation officielle des textes ;
– le contexte de la crise structurelle renforcée par la conjoncture des élections présidentielles qui privait 4 millions d’hommes et de femmes du droit à la parole et de tout choix politique et permet à certains de faire des travailleurs immigrés les boucs émissaires qui sauveraient l’emploi en France ;
– l’attitude du PCF et la politique de certaines municipalités, qui ne fait que renforcer le jeu de la droite pour la division de la classe ouvrière.
Les signataires de l’appel à la manifestation du 4 avril tiennent à avancer les revendications des travailleurs immigrés qui passent par :
l’égalité des droits ; contre les lois et les circulaires anti-immigrés ; contre les rafles et les expulsions ; contre la division, les quotas ; contre le fascisme et les actes racistes ; pour la défense des libertés ; pour l’unité entre Français et immigrés.
Dans cette conférence de presse, les organisations, associations, collectifs, syndicats appelant ont tenu à souligner certains faits :
– la précarisation des travailleurs immigrés dans l’emploi (chômage, intérim, contrat à durée déterminée) ;
– la précarisation des travailleurs immigrés dans les accords entre Etats (ex. Accords franco-algérien et la non-application du minimum qui avait été concédé à l’Etat algérien) ;
– la précarisation des travailleurs immigrés dans le logement, par exemple, dans les hôtels meublés et foyers dans le 11e, 15e, 18e (Goutte-d’or), Saint-Denis etc. ;
– la précarisation des travailleurs immigrés par le fait qu’ils ne peuvent plus se regrouper en famille (refoulement quotidiens aux frontières) ;
– la double pénalisation de certains membres de la « deuxième génération », qui sont condamnés à des peines de prison, puis à l’expulsion. Le problème la « deuxième génération » a été également souligné dans les droits à la culture, à l’Education et à l’identité.
A la fin de la conférence de presse, on a attiré l’attention des journalistes sur les faits suivants :
– hier (30 mars), une trentaine de travailleurs immigrés ont été expulsés par une centaine de policiers du Foyer de Fondary, à 6 heures du matin ;
– aujourd’hui (31 mars), 372 résidents du foyer AFTAM de Persan (Val d’Oise) passaient au Tribunal de Grande Instance pour le refus de payer les augmentations de loyer ; ces résidents se sont rassemblés devant le Tribunal de Pontoise.
Paris, le 31 mars 1981.
P.S. : la liste des signatures appelant et soutenant est jointe dans le dossier.
D’autres initiatives seront prises au niveau des provinces :
– Dijon : rassemblement le 2 avril et diffusion de tracts.
– Chalon-sur-Saône et Strasbourg : manifestation le 4 avril.
– Colmar : du 6 au 11, conférence de presse plus rassemblement.
– Lyon : grève de la faim, tracts de quatre pages (80 000 exemplaires).
– Bretagne : autours du 20 avril, rassemblements et manifestations : Angers, Rennes, Laval etc.
Femmes Arabes
A l’occasion du 8 Mars, journée internationale des femmes, le groupe femmes marocaines avec la participation du groupe femmes algérienne, ont organisé un débat sur la lutte des femmes dans le monde arabe et la nécessité d’un mouvement autonome des femmes et ce à la Maison des Travailleurs Immigrés. Il est important de souligner que cette journée eût lieu à l’initiative de femmes autonomes, non chapeautées par des groupes politiques ou des organisations alibi telle que Union Nationale des Femmes Algériennes ou Union Nationale des Femmes Marocaines.
Nous avons été soutenu dans notre action par la trope Ibn Khaldoun qui a joué la pièce « Mohamed Trarotta », cette pièce abordant les problèmes de l’immigration a eu beaucoup de succès.
Suite à cette manifestation qui a permis la rencontre d’un certain nombre de femmes immigrées, de nombreuses propositions ont été faites en vue de centraliser nos luttes dans l’immigration et notamment pour notre participation à la marche du 4 avril pour l’immigration à laquelle nous appelons toutes les femmes à participer massivement et à avancer nos revendications spécifiques :
– droit au travail pour les femmes immigrés ;
– avortement, contraception libre et gratuite ;
– information sexuelle dans la langue d’origine ;
– travailleurs, travailleuses immigrés solidarité ;
– Français(es), Immigré(es)s Solidarité.
Groupe femmes Marocaines
Groupe femmes Algériennes

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