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Fatiha Ayadi : L’espoir d’être comprise

Lettre signée Fatiha Ayadi parue dans Sans Frontière, n° 7, du 17 au 23 janvier 1981 ; suivie de réponses parues dans le n° 12, du 21 au 27 février 1981 ; et le n° 13, du 28 février au 6 mars 1981

J’attire l’attention de toutes les femmes immigrées vivant la même situation que moi, mais plus particulièrement aux Maghrébines. D’origine arabe, j’ai 19 ans, fille de parents ouvriers et séparés. Depuis dix-sept ans en France, j’ai dû faire face à la la vie très jeune. Confrontée à deux mondes différents, l’européen et le musulman, un jour j’ai dû choisir, mais je n’ai pu faire mon choix ; en moi deux femmes se battent, l’européenne et la musulmane. Pour moi, l’une ne va pas sans l’autre. Sans ce contraste, mon existence n’aurait pas de sens et puis je n’aurai pas l’impression d’être moi-même à part entière.

Certaines femmes se sont européanisées ; l’ont-elles voulu, ou plutôt y ont-elles été contraintes ?

Je suis une arabe avant tout et je tiens à le rester. Mais je veux me faire accepter comme telle avec toutes mes idées ainsi que ma façon de vivre. Je ne tiens nullement à ce que l’on me compare à une européenne étant donné que je n’en suis pas une.

La plupart du temps, c’est ainsi que l’on nous voit parce que nous nous permettons de faire telle ou telle chose. Personnellement pour moi bien sûr avec toute mon optique car chacun a le droit de se faire une opinion.

Celles qui deviennent entièrement européennes et qui adoptent cette vie à mon avis n’ont pas gardé leur vraie personnalité, puisqu’elles l’ont jetée aux orties.

D’autres sous l’autorité du père ou du frère refoulent en elles tous les désirs qu’elles ont, s’avouent sans s’être battues afin de changer leur condition.

N’ayant pas de frère aîné et plus mon père, mais une mère assez rigide et qui a énormément de préjugés ; j’ai lutté afin d’obtenir ma liberté et je lutte toujours. Mais j’ai dû pour cela faire face aux pires insultes, aux coups, aux malédictions sans cesse répétées. Malgré ma grande sensibilité, j’ai tout supporté et je le fais encore. Aujourd’hui ma mère ne me frappe plus, mais elle m’insulte et me maudit toujours.

Malgré cela, je persiste tout de même encore à lui faire adopter une optique différente de la mienne et non plus celle qu’elle a toujours, dite de la femme soumise et qui est pour moi depuis toujours la femme objet et opprimée.

Le désir que j’ai, et celui de toutes celles qui vivent cela, c’est de vivre sans être mal jugées ni même condamnées. Nous ne sommes nullement une génération de femmes à part. Nous faisons partie d’une société européennes où se côtoient hommes et femmes de toute race et de toute culture à une époque où il nous est pratiquement impossible de vivre comme nos mères et nos grands-mères à la leur. Je sais que celles qui sortent le soir dans une discothèque, qui vont boire un pot dans un café, qui fument et qui surtout osent le faire dans la rue (je fais partie de celles-là) et cela ce ne sont que des exemples parmi tant d’autres, sont très mal considérées par vous, messieurs les hommes. Je peux vous dire que si nous agissons ainsi, et là je vais me répéter encore, nous n’avons rien d’exceptionnel. Nous sommes peut-être musulmanes nous savons que nos racines ne sont pas d’ici et que notre culture est différente du pays où nous vivons, mais nous ne sommes pas d’une race mieux qu’une autre ; mais des êtres humains avant tout qui ne demandent qu’expression et compréhension.

Je trouve intolérable la vie parmi des individus incompréhensifs à notre égard, qui nous rejettent comme si nous étions des pestiférés et qui se bouchent les oreilles quand nous cherchons à leur faire admettre que c’est ainsi que nous sommes et que nous tenons pas à nous plier à leur conformisme.

Si nous nous révoltons c’est parce qu’on en a assez de nous voir dirigées par nos proches. J’estime que notre existence nous appartient et que nous avons le droit de la mener comme bon nous semble. A nous de savoir où est le bien et le mal !

Pour le mariage arrangé et prévu entre nos familles, je le refuse totalement, je pense que nous sommes capables de choisir celui avec qui nous voulons faire notre vie. La religion musulmane a sa grande importance, pour moi j’ai la foi en elle-même si je ne la pratique pas entièrement (ex. prières).

Je respecte certaines coutumes parce qu’elles me semblent justifiées mais j’en rejette certaines incohérentes pour moi (ex. interdire à la femme de sortir).

Si je me suis permis de faire cet article, c’est dans l’espérance d’être comprise par tous ceux qui le liront. Ceux qui désirent me donner leur avis et même leur critique peuvent m’écrire au journal qui transmettra : Mlle Ayadi Fatiha, journal Sans Frontière, 33 bd St Martin. 75003 Je leur répondrai

Fatiha Ayadi


COURRIER

La lettre de Fatiha Ayadi, publiée dans le No 7 de « Sans Frontière-Hebdo » nous a valu un abondant courrier.

Nous publions cette semaine deux lettres de lecteurs


Un soupçon de liberté

Chère Fatiha

Des personnes de mon entourage m’avaient souvent parlé du journal « Sans Frontière », mais malheureusement, j’ai eu du mal à le trouver dans les kiosques ou librairies. Malgré tout, il y a deux semaines, j’ai réussi à l’acheter et à apprécier son contenu sur l’actualité étrangère, et plus particulièrement, les problèmes que rencontrent les filles ou femmes maghrébines face aux familles et aux traditions.

J’admire la façon dont tu l’as expliqué et dis-toi que ce problème est malheureusement banal, si je puis dire ainsi, dans une famille où se mélangent, traditions, culture, et modernisme. Je suis âgée de 20 ans, je suis secrétaire dans une multinationale, mais malgré ce beau cadre, je suis comme toi, confrontée chaque jour à des problèmes qui, parfois, poussent au désespoir. J’ai l’impression d’être assise sur deux chaises et ne pas savoir laquelle choisir. Je suis musulmane avant tout, par ma façon de voir les choses et ma façon de réagir devant certains évènements. Je vis chez mes parents, au début, aucun problème lorsque j’étais au lycée, je ne cherchais pas à comprendre pourquoi la femme aux yeux de ses proches, doit être soumise et s’humilier parfois.

Je n’avais pas le temps de penser à cela, ces choses ne me touchaient pas encore, il n’y avait que les études qui avaient de l’importance à mes yeux.

Et un jour, j’ai réalisé, j’ai essayé de comprendre mes problèmes et ceux de certaines amies. C’est à ce moment-là que j’ai remarqué que même chez moi, je n’avais pas le droit de dire ce que je pense, de m’exprimer en toute liberté, de dire que j’existe, que je suis quelqu’un à part entière, on m’a répondu par des coups et des insultes.

J’ai persévéré, je me suis révoltée tout en gardant la foi. J’ai eu d’autres optiques, des projets qui meurent et qui renaissent. Je ne veux pas faire partie de celles qui sous le toit de leurs parents, n’attendent que le moment d’être mariée et de continuer la chaîne qui a commencé, celle des femmes objets. Je dis NON à ce système de vie, je veux être égale par ma façon d’agir et de penser. Je VEUX être libre de tous mes mouvements, je veux rencontrer des gens, discuter sans être traitée de « débauchée ».

Le fait de travailler ne me rend pas plus libre, au contraire, je suis surveillée, épiée, questionnée pour cinq minutes de retard et même malgré mes 20 ans.

J’ai pris mon courage à deux mains, après le travail, nous nous réunissons dans un milieu d’immigrés et j’en ai profité pour leur demander de m’expliquer leurs façons de voir les femmes, leurs idées, leurs opinions m’ont convaincue qu’il existait des gens compréhensifs.

A partir de ce moment-là, j’ai provoqué au sein de ma famille un malaise, on me regardait différemment, on avait peur des « qu’en dira-t-on ». Mon père avait pris l’habitude de m’attendre sur le parking de la société. Mon frère s’en est mêlé et m’a envoyé dernièrement à l’hôpital après une dépression nerveuse. J’ai essayé d’expliquer que le fait de rentrer deux heures plus tard me permettait seulement de me défouler, sans pour autant coucher avec tout le monde. Eh bien non ! J’étais d’après mes parents, vouée à faire « comme les autres », c’est-à-dire fonder un foyer, et aller de nouveau souffrir sous le joug du mari.

De ce côté, je n’ai pas gâté mes parents. Je n’ai pas fait mon devoir de fille modèle, puisque dernièrement, après une demande en mariage, comme une période où tout allait de pire en pire avec mes parents, en espérant être heureuse plus tard. Et puis j’ai réalisé que le futur mari, malgré ses 23 ans, voulait à tout prix que je lui sois soumise, me traitait comme une idiote, le fait que je sois une femme ne me donnait aucun droit.

Ce qui devait arriver arriva, j’ai réussi malgré beaucoup d’hésitations, à dire NON à trois jours de la fête. Quel déshonneur, quel drame, j’ai provoqué.

Tout allait plus mal, après cet évènement, mais j’ai persisté, et cela continue encore.

Je me réfugie auprès des poèmes que j’écris et la musique qui m’attire beaucoup.

Pourtant, je vis, je respire, je pense, je peux aimer, mais si on ajoutait à tout ceci un soupçon de liberté, un autre de tendresse, vous obtiendrez un être heureux, et c’est ce qui nous manque à toutes.

Nous côtoyons tous les jours des hommes, des femmes qui nous apportent à tout moment quelque chose de nouveau, nous avons toutes besoin d’apprendre à connaître d’autres façons de penser, sans pour autant renier notre race.

Voilà en quelques lignes, car je pourrais en raconter des pages, ma vie, ta vie, leurs vies.

J’ai lu ton article qui m’a vraiment émue, et la chose la plus importante à mes yeux, c’est la solidarité.

Car comment veux-tu qu’il y ait un changement s’il n’y a pas solidarité entre femmes elles-mêmes. J’espère que par ce petit article, toutes les lectrices de « Sans Frontière » et les autres, comprennent que nous savons nous défendre.

Malika Rahou


Tendre la perche

Bonjour,

J’ai lu tes écrits. Ce n’est que par un débat permanent, qu’il est possible de faire prendre conscience aux hommes et aussi aux femmes de leur condition. Tu n’es pas la seule dans ton cas, malheureusement. Il y a beaucoup de femmes et d’hommes. Certes, ce sont eux qui détiennent les clefs des pouvoirs, qui régissent notre vie ; mais les femmes, elles ont une partie de responsabilité dans l’éducation de leurs filles.

Nous vivons dans l’immigration avec toutes les influences culturelles, idéologiques que nous subissons. Et souvent, nous réagissons sur notre vie d’immigré(e) dans les métropoles capitalistes, sans prendre en compte la réalité du pays d’origine. Or ta « libération », ne peut se faire sans l’homme et ton pays d’origine. Car l’immigré(e) est exposé en permanence aux lois bonnet, Stoleru, etc., et du jour au lendemain, il ou elle se retrouve expulsé.

En allant dans une « boîte », ou prendre un pot dans un café et fumer, ce n’est pas, à mon sens, une libération. Mais plutôt un « désir ». Dans les capitales Arabes, cela se fait quotidiennement par les femmes de la bourgeoisie. La première chose à faire, c’est d’amener l’homme sur le terrain de l’auto-critique, à se remettre en cause, et non de tomber dans le panneau de la différence, de la séparation et du ghetto. Nous ne pouvons aller chercher ailleurs nos buts et nos aspirations. Cet ailleurs qui est l’Occident.

La lutte des femmes concerne tout le monde. Ce n’est qu’avec tout le monde. Ce n’est qu’avec tout le monde hommes et femmes, que c’est possible de remettre les choses en cause.

Le « désir » n’est qu’une manifestation individuelle et entre l’individualité et la bourgeoisie, il n’y a qu’un pas.

Enfin, dans l’immigration, ainsi que dans les pays d’origine, il y a des hommes assez conscients des « problèmes » de la femme. Il suffit de tendre la perche et s’accepter dans un mouvement d’unité.

Amicalement

Mohand


Réponse à Fatiha Ayadi

Sans commentaire…

Les réponses à la lettre de Fatiha Ayadi continuent d’arriver nombreuses au journal. La première semble caricaturale : elle ne fait malheureusement qu’exprimer une position des plus ordinaires sur nombre de nos concitoyens. La seconde est belle, tout simplement, et c’est pourquoi nous avons voulu que vous la lisiez.


A toi, Mlle Ayadi Fatiha

Je me permets de vous répondre en émettant quelques critiques si vous le désirez bien : j’ai relevé quelque chose de curieux dans votre lettre, des contradictions qui reviennent sans cesse dans vos propos, ne sachant sur quoi en tenir.

Vous optez pour un principe et vous enchaînez en démontrant le contraire de ce dernier. Quel désordre dans vos réflexions.

Mlle Ayadi, vous vous cherchiez. Mais faites vite, trouvez vous en vous fixant les idées sur lesquelles vous vous baseriez dans l’avenir.

Ce qui ressort de votre texte, c’est une certaine peur de l’avenir. Cela est compréhensible car vous avez mal débuté dans la vie. La question qui plane en permanence dans votre esprit est la suivante : laquelle des deux vies qu’il faut prendre pour assurer une vie harmonieuse autrement dit, fallait-il opter pour le style européen et s’en passer des critiques de ses proches, ou bien se résigner du sort que Dieu nous a donné.

Rassurez-vous, Fatiha, que le chemin désigné avec insistance et sagesse par votre mère et le meilleur qui puisse être. La réponse que vous cherchiez vous a été murmurée par celle qui vous veut du bien : votre mère. Quoique vous faites un tableau non honorable de cette femme, pourtant très sincère. Le mieux est de l’écouter.

Nos parents ne se sont pas inspirés des écrits des philosophes, ni des écrits chevronnés qui, parfois, ne décrivent que des états imaginaires, par conséquent irréalisables, et non conformes au réel, mais par la réalité de la vie. Ils ont construit en silence leur façon de vivre et acceptent timidement et lentement la beauté des choses. En somme, leur théorie est fondée sur la pratique. Et nous devrons faire confiance à leur pratique qui engendre sans équivoque le bonheur et la joie de vivre.

Il est vrai que parfois, on se trouve face à des propos enfantins, un manque de pertinence, qui relatent une mentalité rétrograde et arriérée, mais il est injuste de les juger de cet angle.

A 19 ans, vous avez déjà connu un échec grave, conséquence d’un manque de contrôle de soit. Cela pourra vous marquer et manifestera des développements de révoltes catastrophiques qui aboutiront à un échec total de votre vie. Pour votre intérêt maîtrisez vous, et essayez de conclure vous-même en introduisant une logique dans vos réflexions. Aujourd’hui vous êtes une fille révoltée, qui essaye de justifier sa conduite, déjà mise en cause.

Vous avez lancé un appel dans le but de trouvez un réconfort et une contenance, peut-être tester vos démarches par rapport aux jeunes filles immigrées de votre âge. Je souhaite que beaucoup de jeunes filles vous ont répondu pour approuver ou désapprouver votre façon de vivre, sinon, il faut comprendre que vos pensées ont été condamnées sans réserve. Déjà à la marge de la vie.

_ essayez d’aimer, pour échapper à ce calvaire qui vous torture sans cesse. Car quand on aime, on veut plaire, on veut faire plaisir à celui qu’on aime, et vous trouverez votre rôle de femme.

Au fond de vous-même vous éprouvez une envie des jeunes couples qui s’entendent et que chaque partenaire joue complètement son rôle. La femme doit se plier aux critères que l’homme pose et l’homme respecte certaines réalités qu’il ne faut pas dépasser. Ce n’est pas une honte. Une femme qui fume, aux yeux de tous les peuples, est un acte méprisable, qui conduit en toute évidence à la détresse. Une femme doit se distinguer par sa féminité pour marquer sa différence par rapport à l’homme. Une femme qui fume manque de décence et de caractère. Une rocailleuse qui arrivera à une impasse et dictera beaucoup de malheur.

Vous voulez prouver que vous êtes meilleure que celles qui acceptent les contraintes que vous méprisée, en vous disant que vous n’avez rien d’exceptionnel, ou bien vous manquez de tendresse, et vous incitez les gens à venir vers vous. Certes, ils viennent mais toujours avec l’idée de passer le temps. Et cela est mortel pour votre avenir. Croyez-moi. Vous vous mettiez au-dessus des hommes quand vous leur parlez (même à Sans Frontière) vous êtes hautaine vis à vis de ces derniers le tic des jolies filles. Si vous en êtes une, essayez d’épanouir votre beauté avec de jolis sourires accompagnés d’un peu de timidité. Vous trouverez certainement ce qui vous manque.

Je ne veux pas détailler ma critique en l’illustrant avec des exemples concrets. Néanmoins, je souhaite que votre discussion se continuera et aboutira sans doute à un résultat fructueux.

Je suis un jeune algérien de 27 ans, qui a observé toutes les étapes de la vie en les étudiant de très près.

Votre lettre tombe bien car je suis en train de tourner un film sur l’intégration des émigrés en France.

Et jusque-là, nous avons recueilli que toutes les jeunes filles immigrées souhaitent un retour aux sources.

Je vous invite à la compréhension et votre correspondance nous permet un enrichissement.

A Boucherit


Histoire banale

Je lis depuis peu votre journal tout y est traité et bien expliqué. Je suis marocaine et je pense que c’est un journal vraiment pour nous.

Ci-dessous, une histoire dédiée à toutes les lectrices de « Sans Frontière »

C’est l’histoire d’un monde, d’un pays, d’une ville, d’une famille enfin celle d’une fille …

C’est l’histoire d’une fille qui a quitté sa famille, traversée la ville, parcouru le pays, à la découverte du Monde.

Rejetée pour la seule cause d’avoir voulu découvrir, bannie pour avoir essayé de s’exprimer, de s’opposer à tout ce qui était imposé, seul le rêve lui était accordé.

Elle ne supportait plus d’être l’objet de caprices inventés, et d’être en faute à chaque fois qu’on la regardait.

Le Cendrillon des temps modernes en avait assez d’être persécutée moralement.

Pourtant, elle le savait, un seul geste suffirait pour mettre fin à une vie inutile, une vie sans but, une vie sans avenir, mais le manque de courage l’arrêtait.

Elle a imploré Dieu, l’a supplié de lui pardonner ses désirs de vengeance, et le seul espoir qui lui reste, c’est d’être entendue, et d’être promise à une vie meilleure.

Depuis longtemps, elle ne faisait plus partie de la famille, c’était l’intruse dans une famille dite « unie ». Elle ne pouvait pas s’empêcher de verser des larmes lorsqu’on lui faisait des remarques qu’on aurait pas fait un enfant. Ce problème est peut-être de tous les jours, elle n’en sait rien, elle ne connaît pratiquement rien du monde qui l’entoure.

Elle n’est pas comme vous le prétendez, une enfant martyre.

Il n’y a qu’un pas pour pénétrer dans le monde des « tout-permis » que lui importe si on lui dit que vivre d’amour et d’eau fraîche, n’est plus qu’un vieux dicton, mais vivre d’amour et de violence, c’est lui qui conviendrait à notre temps, que vivre de tendresse, d’air pur, d’amitié et de charité, n’est plus qu’une phrase sans valeur, que vivre d’égoïsme et de l’hypocrisie est un slogan de tous les jours, vivre en vagabond comme au bon vieux temps, en traversant les champs et les près, est maintenant une chose démodée, que vivre seule et renfermé est le résultat de nos méfaits. Et bien tant pis.

Pourquoi ne pas ouvrir pour toujours cette fenêtre restée fermée depuis une éternité ?

Malika