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Alain Bihr : l’Ecole de Francfort et le marxisme

Article d’Alain Bihr paru dans Spartacus, n° 13, mars-avril 1979, p. 2

Horkheimer (à g.) et Adorno (à dr.). A l’arrière plan, main dans les cheveux, Habermas. Heidelberg, avril 1964. Jeremy J. Shapiro/CC BY-SA 3.0

Les lecteurs des collections SPARTACUS sont familiers des principales thèses du “communisme de gauche” ou “communisme des conseils” qui, notamment par l’intermédiaire de livres d’Anton Pannekoek, a su, après la défaite du mouvement révolutionnaire en Europe occidentale et orientale, conserver la mémoire du plus haut moment pratique de ce mouvement : la première réalisation, sous la forme des “conseils ouvriers” et de leur association, de l’autonomie de classe du prolétariat. Ces mêmes lecteurs connaissent moins bien cependant les travaux des héritiers de ce qu’il convient d’appeler “l’Ecole de Francfort” qui, dans les mêmes années 20 et 30, et dans le même contexte global de défaite et de recul du mouvement révolutionnaire, ont entrepris de sauver du désastre le plus haut moment théorique de ce mouvement, à savoir la “Théorie critique” de la société capitaliste esquissée par l’œuvre de Marx.

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Kostas Axelos : Adorno et l’école de Francfort

Article de Kostas Axelos suivi de “Fragments” parus dans Arguments, n° 14, 2e trimestre 1959, p. 20-25

Theodor W. Adorno. Photography. 1958. (Photo by Imagno/Getty Images) [Theodor W. Adorno. Photographie. 1958.]

En ces temps où “la” pensée se fait rare, ses sous-produits inondant le marché mondial de la production et de la consommation des biens culturels, il faut savoir reconnaître et saluer un penseur lorsqu’on le rencontre. Theodor Wiesengrund Adorno n’est pas un grand penseur, un fondateur ; il a néanmoins le mérite d’essayer de penser, aujourd’hui même, où l’effort de penser se trouve écrasé par l’anodine, accablante et multicolore érudition académique et par les segmentations technicistes, quand il n’est pas pris, ailleurs, dans l’engrenage des rotatives du journalisme énervé et superficiel ou quand il ne succombe pas sous la vague de platitude et de vulgarisation qui déferle de tous côtés.