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Grève à la MITEX-FITEX de Birtouta

Articles parus dans Tribune algérienne, n° 8, novembre 1976, p. 28-30

“Une des conséquences multiples de la bureaucratie. Des heures d’attente et souvent pour rien” (photo publiée dans El Djeich, n° 161, octobre 1976, p. 11)

Le 8 Septembre, les travailleurs de l’usine de textile MITEX-FITEX de Birtouta envoient une délégation à la direction pour demander la reconnaissance de la section syndicale dans l’entreprise, comme l’exige la législation du travail.

Le patron refuse et met à pied le délégué syndical. Riposte immédiate des travailleurs : occupation de l’entreprise et mise en place d’un piquet de grève.

Comme il est difficile d’envoyer la police contre les ouvriers qui demandent l’application de la loi, une réunion de “médiation” se tient avec les délégués du patron et des ouvriers et en présence “du chef de la daïra, du coordinateur de la Kasma, du directeur de l’Inspection du travail de Blida, l’Union Territoriale, le responsable fédéral de l’UGTA, le commandant du Darak-el-Watani de Boufarik (!), le commissaire adjoint de la Sûreté Nationale (!).” (El Moudjahid 1/2 octobre 1976).

Curieuse commission de “conciliation” avec tout le gratin de l’appareil politique, administratif, militaire et policier pour appliquer la législation du travail et les principes énoncés dans la Charte elle-même, votée à 99,51 %.

El Moudjahid continue :

“L’ensemble de ces personnalités ont écouté avec attention le directeur de l’Inspection du travail et ont approuvé les points de vue juste qu’il a développés.

Malgré toute la bonne volonté de tout ce monde, la direction s’est
systématiquement appliquée à faire de l’obstruction au point que les instances locales présentes n’ont pu que se résigner à accepter la prolongation de la grève pour aussi longtemps qu’il faudra.”

Les choses sont claires : le pouvoir sévit durement contre les travailleurs lorsqu’ils réclament des augmentations de salaires, car cela remet en question la bataille de la production et le plan. Mais il se garde de sévir contre le patronat, ce qui révèle bien son caractère de classe et ridiculise les distinctions fumeuses de la Charte “socialiste” sur bourgeoisie exploiteuse ou non exploiteuse.

“Tribune Algérienne” soutient le combat que mènent les travailleurs
contre le plan d’austérité, contre les institutions corporatistes de la charte et de la G.S.E. par leur organisation dans l’UGTA. Le combat mené à Birtouta participe du combat mené par le prolétariat pour se rassembler dans une organisation de classe indépendante du pouvoir, de l’armée, de la police et de la Sûreté Nationale. C’est le sens du combat que mène “Tribune Algérienne” pour un Congrès extraordinaire et démocratique de l’UGTA !


A la C.B.T.P. (chantiers de travaux publics) de Réghaïa : grève illimitée et occupation !

Le 6 Août 76, 82 travailleurs de la C.B.T.P. de Réghaïa se mettaient en grève illimitée avec occupation de leur chantier sur les revendications suivantes :

– augmentation de salaire de 30 %

– le 13e mois, indemnité de prime de transports

– augmentation des œuvres sociales, etc.

Devant la détermination des travailleurs, la direction de la C.B.T.P. (Belkhadi), accordait immédiatement :

– 0,20 DA de l’heure pour les manœuvres, 0,10 DA pour les O.S., l’indemnité de prime de transports.

Ces propositions de la direction ont été jugées inacceptables par les travailleurs en grève… Ils continuent la grève et l’occupation !

Cette grève appelle quelques remarques :

– elle a été déclenchée après l’ “approbation” par 98,51 % des voix de la “Charte Nationale” qui déclare la guerre à l’ “ouvriérisme”. L’ “ouvriérisme” pour Boumediene et sa “Charte” c’est la lutte pour les revendications des travailleurs ! L’expression de la Charte au niveau de la lutte contre la classe ouvrière algérienne, c’est la direction de l’UGTA, qui dans une réunion de la Commission exécutive assimile la grève… à un sabotage économique ; c’est le budget et la loi de finance 76 qui instaurent l’augmentation de la durée du travail (cf TRIBUNE n° 6), l’augmentation des cadences, l’austérité générale.

– Ce qui frappe dans cette grève c’est l’écart entre les exigences des
travailleurs et… ce que la direction a immédiatement accordé (que les travailleurs ont refusé).

Les exigences se refusent à tenir compte des possibilités de la direction et du budget.

En définitive cette grève est une réponse cinglante à la Charte, au budget, à la loi de finances !

Enfin, et cela est d’une importance primordiale, cette grève a été déclenchée par la section UGTA, qui est soutenue par la totalité des personnels et des grévistes (82).

En ce sens, le rôle joué par la section syndicale et les délégués va a
l’encontre de la direction de l’UGTA qui s’est ouvertement, lors des débats et des élections sur la Charte, mise au service de la politique de l’appareil d’Etat.

La section syndicale U.G.T.A. de la C.B.T.P. entend clairement défendre, jusqu’au bout, les intérêts des travailleurs.

Par cette prise de position sana équivoque, la section syndicale et ses
responsables posent le problème du rôle que doit jouer l’U.G.T.A. comme organisation syndicale des travailleurs au service des seuls travailleurs ; le problème de l’INDEPENDANCE DE L’U.G.T.A. par rapport à l’Etat.

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