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Salut à l’Union des jeunes filles d’Algérie

Déclaration parue dans La Lutte Sociale, 28e année, n° 123, 4 décembre 1937 ; suivie d’une lettre parue dans La Lutte Sociale, n° 125, 18 décembre 1937

Les jeunes communistes d’Algérie ne peuvent se désintéresser du sort de leurs sœurs qui sont aussi victimes du régime.

Ils n’ignorent pas que le sort des jeunes filles de notre pays est pire encore que le leur, et ce n’est pas peu dire.

C’est pourquoi ils saluent avec joie le mouvement des jeunes filles d’Algérie où vont se concentrer tous les efforts pour lutter pour la conquête du droit d’être heureuse et de s’assurer une vie meilleure.

Nombreuses sont nos jeunes camarades dont la vie est un véritable martyre.

Couturières, ou vendeuses, ou dactylos, elles doivent consacrer une partie de leur paie à « s’arranger » pour plaire à la clientèle, mais très souvent au détriment de leur santé et de celle des petits frères et des petites sœurs qui réclament du pain à la maison.

Nos jeunes filles savent aussi qu’il faut qu’elles luttent contre l’ignorance, et recherchent tous les moyens de se défendre afin de ne pas grossir le nombre des malheureuses.

Jeunes filles, c’est avec joie que nous saluons votre beau mouvement « l’Union des Jeunes Filles d’Algérie ».

Nous sommes heureux de savoir que nos sœurs essayent de réveiller leurs sœurs, de leur donner l’éducation et la conscience qui feront d’elles des femmes prêtes à devenir des mères capables de faire de leurs enfants des êtres libres.

Nos jeunes sœurs d’Espagne nous donnent touts les jours depuis bientôt deux ans, l’exemple admirable de leur dévouement et de leur sacrifice.

Soyez dignes d’elles, montrez-vous aussi capables qu’elles d’empêcher que l’on fasse de vous des créatures de chair à canon. Empêchez que l’on empoisonne vos cœurs et vos cerveaux.

Les jeunes communistes sont avec vous, ils appellent à votre aide, toutes les femmes, toutes les jeunes filles, sans distinction d’origine de confession politique ou philosophique.

Jeunes filles d’Algérie, européennes et musulmanes, n’oubliez pas qu’en vous unissant toutes, vous assurerez une vie, plus belle et plus joyeuse.

Le secrétariat des J.C. d’Oranie.


Une lettre des jeunes filles du Ruisseau (Alger)

Aux Jeunesses Communistes d’Oranie

Chers camarades,

Nous sommes sensibles au joyeux salut et aux souhaits d’extension que vous adressez si fraternellement à notre mouvement. C’est avec tout notre cœur que nous vous en remercions.

Oui ! C’est bien ce que nous voulons ! Grouper nos soeurs d’Algerie, musulmanes et européennes. Obtenir pour elles une vie meilleure, un travail assuré, protégé par des lois justes, un foyer calme, une vie libre dans le travail et l’honnêteté. Les éduquer et les instruire, développer leur esprit et leur intelligence afin qu’elles puissent se défendre contre tous les vices, toutes les tentations et toutes les embûches, dont est parsemé le chemin de la vie qu’elles ont à parcourir. Enfin, faire de ces jeunes filles d’aujourd’hui, des femmes de demain, des mères de famille aimantes, dignes de notre pays, et en état d’acquérir pour elles et leurs enfants cette liberté si chère à nous tous.

Ce but que nous nous proposons, une jeune fille ne peut l’atteindre seule mais : « L’union fait la force » et en y travaillant toutes et de toute notre force nous verrons bientôt se dresser sur la terre d’Algérie, la statue de la jeune fille comme nous la voulons, que nous aurons modelée nous-même et à notre idée ; la jeune fille forte, travailleuse, saine, heureuse et libre.

Telles nous voulons, et ainsi seront toutes les jeunes filles d’Algérie.

Lucienne KERMABON,
Secrétaire du Groupe : Ruisseau-Hussein-Dey, de l’Union des jeunes Filles d’Algérie.


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Nedjib SIDI MOUSSA