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Il y a un an, les étudiants manifestaient à Alger

Article paru dans le Bulletin de liaison, n° 11, février 1967, p. 9

Il y a un an, le 29 janvier 1966, les étudiants d’Algérie avaient réussi à tenir tête au pouvoir d’Alger, par leurs manifestations et leur grève de trois jours.

Depuis lors, malgré les efforts déployés, le pouvoir avait échoué dans toutes ses tentatives de domestication du mouvement étudiant. Tous les comités fantoches ont été boycottés et les étudiants unanimes ont continué d’exiger la tenue de leurs congrès et le fonctionnement démocratique de leur organisation.

Le pouvoir semble être reparti à l’offensive pour décapiter 1’UNEA. Il s’y emploie de deux manières :

I) par la création de la FEMP (Fédération des Etudiants Membres du Parti) ;

2) par l’ unification des mouvements de jeunesse.

La FEMP demeure suspect aux yeux des étudiants qui ne la rejoindraient certainement pas si cette association bidon n’avait mis l’accent sur les problèmes matériels des étudiants : bourses, logements, etc… Certains avantages ne sont obtenus que sur présentation de la carte. Notons, cependant, que la tactique adoptée dernièrement par la section d’Alger risque de faciliter cette tâche.

L’unification des mouvements de jeunesse, sous le contrôle de Chérif Belkacem, permettra, si d’aventure la direction de l’UNEA se découvre des velléités d’indépendance, d’annuler par des votes et le poids des SMA et de la JFLN, ces velléités.

De toute façon, les étudiants ne semblent guère goûter ces procédés et ont réclamé l’élection par tous les étudiants, de délégués responsables, ce à quoi, bien évidemment, s’est opposée la FEMP ; et de nombreuses grèves ont eu lieu à Alger et Oran depuis le début de l’année scolaire.

Et, si l’on en croit l’enquête faite par le professeur Teitler de l’université de Berkeley – à la demande des services du plan algérien ! – les étudiants sont loin d’être satisfaits du régime présent : 80% trouvent que l’armée a trop d’influence et que l’administration ne cherche pas à “résoudre les difficultés de la vie publique”. Pour la majorité, les structures les plus révolutionnaires en Algérie sont l’UGTA (et le Parti ?!…) et l’autogestion.

Enfin, Ho Chi Minh et Mao sont les leaders les plus populaires : perspective d’avenir ?…

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