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Pour la défense de l’Empire français, le Front Populaire fait dissoudre et matraquer l’Etoile Nord-Africaine

Article paru dans La Lutte ouvrière, organe du Parti ouvrier internationaliste, 2e année, n° 30, 5 février 1937, édition spéciale

Les patrons ont tué Acherchour et les domestiques dissolvent l’Etoile Nord-Africaine !
Il faut imposer le droit pour les coloniaux de s’organiser librement !
Solidarité de classe avec les Travailleurs Nord-Africains

Mardi, 2 février, la Ligue pour la Défense des Droits des Nègres organisait, à la Mutualité, un meeting pour protester contre la dissolution de l’Etoile Nord-Africaine. Vers 19 h. 45, un imposant service d’ordre bouchait les accès de la Mutualité pour signifier que ce meeting n’aurait pas lieu. Les nombreux Nord-Africains qui étaient venus pour assister à ce meeting, durent s’en retourner.

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Amar Imache : Les exilés volontaires. L’ « invasion des Kabyles »

Article d’Amar Imache paru dans El Ouma, n° 17, décembre 1933

Etrange coïncidence … Je préparais justement un article où je voulais mettre en parallèle notre misérable existence avec celle de tous les étrangers venus en notre pays. Et je voulais dédier cet article à tous mes frères. A ceux qui souffrent là-bas, en Afrique du Nord, de l’oppression impérialiste, obligés de courber la tête sous l’autorité féodale au XXe siècle, sous la République démocratique qui fait couler à flots la « justice et la paix », et aussi à mes frères expatriés comme moi, aux exilés volontaires, à ceux qui fuient devant l’odieux code de l’Indigénat et qui paient cher le droit d’aller en exil. Oui, j’étais là, dans mes méditations, m’efforçant de garder mon calme à l’évocation de ces scènes tragiques de notre vie brisée où je poyais tour à tour la silhouette cauteleuse et cynique de l’usurier, le visage fermé de l’impitoyable caïd et la hautaine attitude de l’administrateur, autoritaire et despotique au milieu de sa séquelle de soldats, de gendarmes et de mokhaznis, puis les images chères dans l’humble logis où apparaissent les terribles conséquences de toutes ces forces administratives. Je pensais à la douleur qui étreint les cœurs à la veille du départ et au déchirement à l’heure de se séparer, car pour nous la seule solution est de partir : à côté du colon heureux et riche d’une terre qu’il a volé, il n’y a pas de place pour nous.