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J.-M. Chambéry : Des jeux ?

Article de J.-M. Chambéry paru dans Courant alternatif, n° 79, octobre 1988, p. 32-35

1988/06/01: Demonstrators at a University in Seoul. (Photo by Gerhard Joren/LightRocket via Getty Images)

La Corée, un peuple, une langue, une culture, une même histoire jusqu’à il y a peu. Et pourtant deux Etats. Au Nord, une dictature communiste ; au Sud une dictature militaire. Au sud, des manifestations qui se multiplient contre le régime en place, contre les bases US, pour la réunification des deux Corées… Et parallèlement une répression qui s’intensifie. Que ce soient cocktails Molotov ou marches pacifistes, la réponse du pouvoir est toujours la même: les matraques, les arrestations, les tortures. Une répression que le pouvoir peut légitimer après l’élection démocratique n’est-elle pas le moyen de choisir son oppresseur ? – de Rho Dae Woo, candidat des militaires, à la tête de l’Etat.

Et c’est dans ce climat de pré-guerre civile qui agite la Corée du Sud que se sont ouverts les XXIe Jeux Olympiques. Des Jeux dits de l’amitié qui sont censés pousser à une trêve de tous les conflits !

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Une “grande muette” : l’institution sportive

Article paru dans Courant alternatif, n° 57, juin 1986, p. 9-11

Argentina player Diego Maradona outjumps England goalkeeper Peter Shilton to score with his ‘Hand of God’ goal as England defenders Kenny Sansom (top) Gary Stevens (c) and Terry Fenwick look on during the 1986 FIFA World Cup Quarter Final at the Azteca Stadium on June 22, 1986 in Mexico City, Mexico. (Photo by Allsport/Getty Images)

En 1968, le sport a été perturbé par le dysfonctionnement institutionnel généralisé mais l’institution sportive est restée un point aveugle, une oasis non contestée. Le sport apparut alors comme le seul rapport possible de l’homme à son corps. Le corps ne parla pas. L’institution sportive resta « grande muette », un ciment idéologique contre la désagrégation du « moral de la nation ».

C’est en 1968 pourtant qu’un collectif de militantes et de militants marxistes lança le mouvement de contestation de l’institution sportive au travers d’un numéro « historique » de la revue Partisans, un numéro conçu comme « la critique fondamentale » de l’idéologie bourgeoise nichée dans l’institution sportive ». Un numéro où « il importait avant tout de montrer que le sport reflète non seulement les catégories idéologiques bourgeoises ou bureaucratiques, mais encore qu’il est structurellement médiatisé par l’appareil d’Etat, car, comme le dit Marx dans l’Idéologie allemande, « toutes les institutions communes passent par l’intervention de l’Etat et reçoivent une forme politique ». (1)