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Réponse à « El Ouma »

Article paru dans El Amel, mai 1934

Dans son numéro d’avril, El Ouma publie, accompagnée de commentaires de son cru, une lettre émanant d’un soi-disant groupe de grévistes et que nous avions reçue au Syndicat des Laveurs, lors de la fin du mouvement.

Cette lettre qui contient une série d’affirmations calomnieuses a pour but de continuer la politique de division chère aux dirigeants de l’Etoile et d’écarter de leur syndical unitaire les travailleurs nord-africains. Cette politique a servi les patrons de garages en divisant les exploités. Elle a été cause de la défaite des laveurs puisque ceux-ci ont engagé une lutte très grave sans être organisés, elle vise à les empêcher d’obtenir satisfaction pour leurs légitimes revendications en les isolant des autres travailleurs.

Les grévistes ont condamné à l’unanimité cette lettre. Celui qui nous l’avait remise et qui revendiquait d’en être l’auteur, quoique ne sachant ni lire ni écrire, s’en est désolidarisé également quand il a compris le rôle qu’on lui faisait jouer. Nous avons invité l’auteur anonyme à venir dans nos réunions essayer de justifier sa position, il s’en est bien gardé.

L’Etoile fait grand bruit des 60 francs qu’elle a versés à la grève. Elle oublie d’ajouter que c’est parce qu’elle sentait son prestige décroitre qu’elle a fait ce geste après avoir pris plus de dix fois la parole dans nos réunions. Nous avons du reste, eu un geste plus loyal qu’elle puisqu’elle ne nous autorisait pas à causer dans ses réunions (exemple la réunion rue Ordener pour les chauffeurs. nord-africains).

L’Etoile et ses dirigeants palabrent, le syndicat agit. C’est nous qui avons fait condamner la G-7 aux prud’hommes. C’est nous qui faisons inscrire les laveurs en chômage. C’est nous qui préparons méthodiquement les prochaines luttes des laveurs de voitures.

Les Nord-Africains laveurs l’ont compris et 200 des leurs ont adhéré à leur syndicat, et ils y restent. Le mot « Fakou » ne s’applique pas au syndicat qui lutte et réalise, ni aux syndiqués qui ont pris la tête de la grève et ont mené la lutte de toutes leurs forces. Il s’applique à ceux qui depuis des années ont divisé les forces ouvrières et qui essaient de continuer leur sale besogne pour le plus grand bien des De Valesky, du Comité des Forges et de l’impérialisme français.

Pour le Syndicat unitaire des Laveurs :
Le secrétaire : R. CAZALA.