Article paru dans L’Humanité, 10 août 1935 ; suivi d‘un rectificatif paru le 11 août 1935 ; et d’un article paru le 6 novembre 1935

Un camarade Algérien, Si Djilani, gérant du journal de l’Etoile Nord-Africaine, « El Amel », a été condamné, hier, par le tribunal correctionnel, à 3 mois de prison et 100 francs d’amende. Il avait fait paraître, dans le journal, un appel pour une souscription en faveur des condamnés Nord-Africains et pour soutenir les revendications des Nord-Africains.
On lui reprochait de destiner cette souscription à payer des amendes.
Les travailleurs français, solidaires des travailleurs opprimés d’Algérie, s’indignent contre cette scandaleuse condamnation et soutiendront les Nord-Africains dans leur lutte contre l’impérialisme français.

La condamnation du gérant du journal « El Ouma »
Une erreur regrettable nous a fait écrire que le gérant du journal El Amel (le Travailleur) avait été condamné à trois mois de prison. En réalité, c’est le gérant du journal El Ouma (la Nation) qui a été scandaleusement frappé.
Nous adressons à El Ouma, en même temps que nos excuses, l’assurance de notre solidarité agissante.

LES POURSUITES CONTRE L’ETOILE NORD-AFRICAINE
Le gérant « d’El Ouma » condamné par défaut
L’affaire d’El Ouma revenait hier devant la 10° chambre de la cour.
Si Djilani, gérant du journal El Ouma, organe de l’Etoile Nord Africaine, association nationaliste arabe, avait été inculpé en vertu de l’article 40 de la loi sur la presse de 1881 pour avoir publié dans son journal un appel à une souscription de propagande. Le parquet prétendit que cette souscription devait servir à payer les amendes qui avaient été prononcées contre Messali, Imache et Radjef, dirigeants de l’Etoile nord-africaine, et le 9 août dernier, la 13e chambre correctionnelle infligea à Si Djilani une peine de trois mois de prison et de 100 francs d’amende.
L’affaire qui aurait du être appelée hier au début de l’après-midi, ne le fut qu’en fin d’audience. Si Djilani et son défenseur. Me Hajje, après cette attente démesurée, étaient partis en signe de protestation.
L’avocat général a requis le défaut contre Si Djilani. Et la cour a confirmé la peine de la première instance, – soit trois mois de prison et 100 francs d’amende.
Ce jugement prononcé dans de telles conditions ne saurait être maintenu. L’affaire doit être à nouveau appelée devant la cour.
D’autre part, des camarades nord-africains qui s’étaient rendus au siège de leur organisation pour avoir des renseignements sur le procès, ont été fouillés à la sortie par les inspecteurs « de la rue Lecomte » qui ont également relevé leur identité.
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Nedjib SIDI MOUSSA
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