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Anne-Marie Granger : Des femmes d’immigrés aux femmes immigrées

Article d’Anne-Marie Granger paru dans les Cahiers du féminisme, n° 26, automne 1983

En 1980, à Marseille, après l’assassinat d’un jeune immigré par un policier, elles sont descendues dans la rue, elles ont manifesté devant la préfecture. Dans la cité de Pierre-Collinet, près de Meaux, elles se sont regroupées pour prendre en charge l’animation et la vie collective de ce quartier-ghetto, elles ont organisé des ateliers de tricot, de couture, mais aussi de menuiserie et d’électricité. A Gennevilliers cette année, elles se sont retrouvées près de 400, venues de toutes les banlieues de Paris pour participer à une fête de femmes, à la suite d’un appel lancé sur les ondes de Radio-G dans l’émission « spéciale femmes » (cf. l’article sur cette émission dans ce dossier). Lors des luttes pour la régularisation des immigrés sans-papiers, en 1982, elles ont créé un « Collectif de soutien aux femmes sans papiers ». Aujourd’hui, au sein de différentes associations, elles préparent activement la Marche contre le racisme et pour l’égalité des droits.

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Algérie : Est-il possible de penser l’avenir ?

Entretien paru dans les Cahiers du féminisme, n° 71-72, Hiver 1994/Printemps 1995, p. 39-44


Les intégristes l’avaient annoncé, le mois du ramadan serait, cette année encore, marqué par leurs actions. Ainsi, un nouveau palier dans la violence a été franchi. Du côté des intégristes comme du côté du pouvoir et de l’armée, aucune trêve ne semble envisagée. Les chiffres les plus couramment cités parlent maintenant d’une trentaine de morts par jour. Au moment où nous mettons sous presse, nous apprenons avec une douleur particulière l’assassinat de Nabila Djahnine, présidente de l’association Thighri N’Tmtout (« Cri de femmes »), à Tizi-Ouzou (cf. p. 44). A travers elle, c’est toute la révolte des femmes qui est visée.

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Algérie : la montée des périls

Entretien paru dans les Cahiers du féminisme, n° 59-60, hiver 1991-printemps 1992, p. 42-45


Comme en octobre 1988, à nouveau, la police et l’armée algériennes ont tiré sur de jeunes manifestants. Un mois à peine après son installation, le bilan du Haut comité d’État (HCE) est déjà d’au moins cinquante morts et près de trois cents blessés. Sanglant démenti apporté à tous ceux qui avaient vu, dans le coup d’État militaire du 11 janvier et dans l’annulation du processus électoral, après la victoire intégriste du premier tour des législatives, le seul moyen pour l’Algérie d’éviter la guerre civile.

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L’Algérie entre mosquées et casernes

Entretien paru dans les Cahiers du féminisme, n° 58, automne 1991, p. 30-32


En juin dernier, à trois semaines des premières élections législatives pluralistes en Algérie, les rues d’Alger étaient le théâtre de violents affrontements entre manifestants intégristes du Front islamique du salut (FIS), auxquels se joignaient de nombreux jeunes des quartiers populaires, et forces de l’ordre. Le 5 juin, l’état de siège était instauré pour une durée de quatre mois, et les chars prenaient le contrôle des principaux carrefours. Les élections étaient reportées à une date ultérieure. Elles sont aujourd’hui annoncées, en principe, pour la fin de l’année. Fin juillet, nous avions rencontré Nawal Zien, militante du Parti socialiste des travailleurs (PST) et du mouvement des femmes, de passage à Paris. Nous avons fait le point avec elle.