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Lucien Martin : L’âme néo-stalinienne. Esquisse d’une psychopathologie

Article de Lucien Martin paru dans Masses, n° 12, décembre 1947-janvier 1948, p. 25-28

Residents of the Rose Valley town of Kazanlik hold a great celebration in observance of the 30th anniversary of the Russian Revolution. Some of the posters read: “Long Live the Slav Unity.” The portraits are of Georgi Dimitrov, Bulgarian Communist leader: Josef Stalin, Russian Leader, and Marshal Tito, Yugoslave Communist leader (left to right).

DANS la presse « libre » d’une des “démocraties nouvelles”, l’auteur de ces lignes a lu, il y a un an, un article étonnant. Il s’agit de la « Chine victorieuse ». Le journaliste y démontrait que la Chine n’était pas victorieuse du tout, son rôle ayant consisté à gagner du temps pour permettre aux Etats-Unis, à l’Angleterre et à l’Union Soviétique de battre le Japon…

Certes, nous n’avons aucune sympathie pour le régime dictatorial du maréchal Tchang Kaï Chek. Mais de là à nier ce miracle de ténacité que constitue cette résistance de dix ans contre l’envahisseur japonais, où les Chinois, tout comme le firent les Russes, utilisèrent stratégiquement l’immensité de leur pays et à mettre cette résistance sur le même plan que l’intervention de trois jours que fit l’U.R.S.S. en Extrême-Orient pour pouvoir participer à la curée, il y a là de quoi choquer toute intelligence normalement constituée.

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Chafia : Algérie… Mots d’amour…

Article de Chafia paru dans Oiseau-tempête, n° 4, hiver 1998, p. 34

Couple Looks out Over the City of Algiers (Photo by Pascal Parrot/ Sygma/ Sygma via Getty Images)

ON NE MESURE PAS ENCORE, aujourd’hui, les traumatismes qu’a subis la société algérienne durant les années de spoliation coloniale et les sept années de guerre contre la puissance française. Et lorsque les médias français réduisent, depuis des années, l’Algérie à cette autre guerre plus récente, ignorant délibérément le refus d’un peuple de soutenir l’un ou l’autre camp, niant les résistances sociales contre les plans d’une bourgeoisie insolente aujourd’hui et plus pressée aussi d’en découdre avec les “gueux”, on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une épuration d’une mémoire coupable. Comme si les atrocités d’aujourd’hui effaçaient celles d’hier, inscrivant la violence dans les gènes d’un peuple… On construit les murs que l’on peut contre l’histoire quand elle accuse.