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Encore une fois sur Mohamed

Lettre parue dans Tout !, 29 juillet 1971, p. 2

Charlton Heston is forced into a cage in a scene from the film ‘Planet Of The Apes’, 1968. (Photo by 20th Century-Fox/Getty Images)

Après lecture de la lettre de Mohamed (cf. “Tout” n° 14), nous tenons à faire les remarques suivantes ;

Notre camarade ne se base que sur des tentatives de rapports sexuels pour prouver le racisme des filles (françaises).

Nous répondons donc à ces (ses) quelques arguments par ce qui suit :

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Réponses à la lettre de Mohammed

Textes parus dans Tout !, n° 15, 30 juin 1971, p. 2

1968: American actor Charlton Heston (centre) stands before the judicial council of Orangutans while American actor Kim Hunter, as Dr Zira, and British actor Roddy McDowall (1928 – 1998) as Dr Cornelius, look over the charges in a still from director Franklin J. Schaffner’s film, ‘Planet of the Apes’. (Photo by Hulton Archive/Getty Images)

J’ai couché avec un Arabe, ou plutôt, j’ai eu une liaison avec un Arabe : je ne me suis jamais posé de problèmes à ce sujet. Il me plaisait, j’étais bien avec lui, lui aussi, c’est tout. Mais j’ai pris la mesure du racisme à cette occasion… en étant avec lui dans les lieux publics. C’est dans le regard des gens, à certains sourires déplaisants, voire carrément hostiles que je me rendais compte que l’homme qui était avec moi était un Arabe. Lui savait, sentait, moi pas, au début. C’est quand il m’a dit : “C’est toujours comme ça…” que j’ai réalisé que je couchais avec un Arabe – et que c’était pas dans l’ordre normal des choses – On a essayé d’en sourire et d’en rire ensemble – pour moi c’était facile, pour lui pas – et cette différence de réaction due aux gens extérieurs à nous, a créé un peu un malaise entre nous. Quand je lui disais : “T’occupes pas, ce sont des cons, laissons tomber”. Il disait : “Oui, mais moi je n’arrive pas, je le vis, pas toi”.

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Lettre de Mohamed

Textes parus dans Tout !, n° 14, 7 juin 1971, p. 5

Charlton Heston (1923–2008), US actor, kissing Kim Hunter (1922–2002), who is dressed in an ape costumes, in a publicity still issued for the film, ‘Planet of the Apes’, 1968. The science fiction film, directed by Franklin J Schaffner (1920–1989), starred Heston as ‘Colonel George Taylor’, and Hunter as ‘Dr Zira’. (Photo by Silver Screen Collection/Getty Images)

Ce texte est grave. Et même provocateur, si on en juge les violences qu’il a déclenchées avant même d’être imprimé. Pour beaucoup d’entre nous, ce qui est dit ici est dur à avaler. Et même certains et certaines estiment que ce texte exprime un racisme de mâle au moment même où il dénonce un racisme de couleur.

Dans ce journal, des femmes, des homosexuels, des jeunes ont parlé. Ils ont parlé de leur vie, de leur oppression et de leur colère, de leur lutte. Ils ont dit ce qu’ils voulaient. Aujourd’hui, des camarades arabes parlent de leur vie aussi. Et leur vie remet en question les mêmes femmes qui tiennent les discours les plus radicaux et qui se battent avec le plus d’acharnement. On est pleins de contradictions, on s’en fout. On les assume… Ce qui nous intéresse c’est que ces contradictions, elles nous font avancer dans la mesure où on les explicite. On espère ne pas en rester là, et que des femmes et des hommes « européens » répondront pour mettre leurs tripes sur la table, parler de leur racisme et l’expliquer.

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Chafia : Algérie… Mots d’amour…

Article de Chafia paru dans Oiseau-tempête, n° 4, hiver 1998, p. 34

Couple Looks out Over the City of Algiers (Photo by Pascal Parrot/ Sygma/ Sygma via Getty Images)

ON NE MESURE PAS ENCORE, aujourd’hui, les traumatismes qu’a subis la société algérienne durant les années de spoliation coloniale et les sept années de guerre contre la puissance française. Et lorsque les médias français réduisent, depuis des années, l’Algérie à cette autre guerre plus récente, ignorant délibérément le refus d’un peuple de soutenir l’un ou l’autre camp, niant les résistances sociales contre les plans d’une bourgeoisie insolente aujourd’hui et plus pressée aussi d’en découdre avec les “gueux”, on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une épuration d’une mémoire coupable. Comme si les atrocités d’aujourd’hui effaçaient celles d’hier, inscrivant la violence dans les gènes d’un peuple… On construit les murs que l’on peut contre l’histoire quand elle accuse.