Interview de Hocine Aït Ahmed parue dans Sou’al, n° 2, 1982, p. 110-133

QUESTION.- A-t-il existé une stratégie de lutte commune dans les trois pays du Maghreb ? Quels ont été les efforts déployés en vue de mettre en œuvre une stratégie commune, sur quels obstacles ces efforts ont-ils buté ?
Réponse – Je pense que nous retrouverons cette interrogation fondamentale dans la conjoncture, c’est-à-dire au fur et à mesure que les évènements se développent en Afrique du Nord. Stratégie commune, pourquoi ? Parce qu’il y a une communion affective profonde : les Maghrébins, pris collectivement ou individuellement, se sentaient liés par le même destin, et tout ce qui se passait au Maroc ou en Tunisie était profondément ressenti et suivi en Algérie. C’est là un témoignage que je puis porter. Jeune, ce qui se passait au Maroc ou en Tunisie me concernait directement, atteignait ma sensibilité de la même manière que ce qui pouvait se passer en Algérie. Nous étions pour la libération de nos pays respectifs, mais les frontières n’ont jamais été des frontières, il y avait donc communion inscrite dans l’intuition des hommes, des femmes de nos peuples. Cette communion ne tardera pas à acquérir un contenu politique.



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