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De la Kanaky à l’Algérie en passant par Louise Michel

Mon dernier texte intitulé « De la Kanaky à l’Algérie en passant par Louise Michel » vient d’être mis en ligne sur le site de Middle East Eye. Lien

En voici les premières lignes :

« Trente ans après les vingt et un mort des « événements » d’Ouvéa et les accords de Matignon-Oudinot, destinés à garantir une « paix durable fondée sur la coexistence et le dialogue », les électeurs de Kanaky (Nouvelle-Calédonie) se sont prononcés, avec 56,7 % des voix exprimées et plus de 80 % de participation, contre la question suivante : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? ».

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livres

Secrétariat Social d’Alger : La cohabitation en Algérie

Extrait des études du Secrétariat Social d’Alger, La Cohabitation en Algérie. A la recherche d’une communauté, Alger, éditions du Secrétariat Social d’Alger, 1956, p. 187-188


VI. Cohabitation et standard de vie.

L’Algérie est un pays sous-développé, pauvre, et, ce qui est plus grave, en voie de régression économico-sociale. Les causes de cette situation sont nombreuses et ne tiennent pas toutes à l’homme ; dans la perspective de la cohabitation, il convient d’en relever deux principales :

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presse

Al Bourquii : Algérie, d’un colonel à l’autre. « L’Algérie caporalisée »

Article d’Al Bourquii paru dans Spartacus, n° 13, mars-avril 1979, p. 5-6

En quinze jours, la presse et les medias auront consacré plus de place à l’Algérie qu’ils ne le firent en treize ans de régime boumedieniste. Hier il fallait jouer des pieds et des mains pour s’informer sur la situation algérienne. Aujourd’hui on sait pratiquement « tout » sur les difficultés du pays et le mécontentement de la population : crise économique, démographique, faillite de la réforme agraire, maigre bilan de la politique d’industrialisation.
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presse

Contre l’explosion prolétarienne, la bourgeoisie algérienne assassine, l’impérialisme approuve

Article paru dans Le Prolétaire, n° 398, octobre-novembre 1988, p. 1-2


Les émeutes qui ont enflammé durant une sanglante semaine une bonne partie du pays ne se réduisent pas à un « coup de fièvre de la jeunesse », mais sont l’expression d’un mouvement social aux origines indiscutablement prolétariennes (1).

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Mémoires torturées – Maurice Audin et les fantômes de la guerre française en Algérie

Mon dernier article intitulé « Mémoires torturées – Maurice Audin et les fantômes de la guerre française en Algérie » vient de paraître dans le mensuel de critique et d’expérimentation sociales CQFD, n° 169 (octobre 2018).

En voici la présentation par le journal :

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André Adam : Chronique sociale et culturelle (Algérie)

Extrait de l’article d’André Adam, « Chronique sociale et culturelle »,  paru dans l’Annuaire de l’Afrique du Nord, Vol. 3, 1964, p. 184-188

4. – LE PROBLEME DE LA FEMME

Encore un débat qui n’est pas près de s’achever ! N’allons pas nous imaginer que, dans cette affaire de l’émancipation de la femme algérienne, tous les vieux soient contre et tous les jeunes pour. Les choses ne sont pas aussi simples. L’Union algérienne des centres de vacances a organisé à Alger une série de débats entre lycéens des classes de seconde, première et terminales sur le problème de la « mixité », dont le compte rendu a paru dans Alger républicain des 18 à 21 février. Nombre de ces jeunes gens sont fort lucides. Il faut, dit l’un, pour que la mixité soit possible, « une reconversion des esprits et de la mentalité ».

Nous sommes nous-mêmes marqués par le passé, dit un autre, nous sommes tous des hypocrites et nous nous gargarisons de grands mots, mais, dès que nous sommes avec une femme, nous la considérons comme un simple instrument de plaisir. Certains veulent appliquer rigidement les « principes de l’Islam » : le voile est une nécessité, le supprimer, c’est « ouvrir la porte à la débauche ». « C’est la religion qui nous retient, répond un autre, comme un boulet retient un forçat… Il faut réhabiliter la femme aux yeux de l’homme… Il faut un changement total de notre conduite envers les filles »… Nous devons comprendre que plus que jamais la femme est nécessaire pour donner un supplément d’âme, de cœur à notre société ».

Dans le « courrier des lecteurs » des divers journaux continue de se déverser l’indignation des puritains contre les filles fardées, aux ongles teints et aux jupes courtes, qui sortent avec les garçons et dansent le twist et le rock-and-roll (A les lire, le « twist » serait la grande occupation de  la jeunesse algérienne). Ils trouvent des contradicteurs, cela va de soi. Mais ce qui retient davantage l’attention de l’observateur, ce sont les nombreuses lettres de jeunes filles et de jeunes femmes qui sortent pour travailler au lycée, au magasin ou au bureau, et qui ne peuvent faire cent mètres seules dans la rue sans être harcelées par des hommes (qui ne sont pas tous des jeunes gens, ajoute l’une). Les « dragueurs » paraissent être légion sur les trottoirs d’Alger [9].

Autre aspect de la crise à laquelle donne lieu l’évolution de la femme, le problème du mariage. Beaucoup de jeunes filles sont données en mariage – « vendues » serait plus exact, car le père touche la dot, – contre leur gré. « Laissez-nous choisir », s’écrient des lycéennes dans l’hebdomadaire Jeunesse (13-11), qui rapporte plusieurs cas de suicide ou de tentatives de suicide. Selon Alger républicain (14-2), 175 Algéroises auraient tenté de se suicider depuis un an pour  échapper au mariage imposé par leur famille.

 

Une proposition de loi présentée par Mme Fatima Khemisti, veuve du Ministre des affaires étrangères assassiné, et votée par l’Assemblée nationale, a fixé un âge minimum du mariage, 16 ans. Mme Khemisti, dans une interview à Jeunesse (13-11), déclare qu’elle aurait souhaité que cet âge fût le même que celui de la majorité civile, « étant donné que la capacité de contracter mariage requiert la même maturité d’esprit que le droit de vote ». Elle a reculé devant les préjugés qu’elle aurait dû affronter. Un des articles les plus importants de la nouvelle loi est l’article 3 qui exige formellement le consentement des deux époux ou de leurs représentants légaux et officialise l’acte de mariage puisqu’il doit être transcrit sur les registres de l’état-civil. Cette disposition devrait mettre fin aux mariages bel fatha, qui permettent tous les abus. Mme Khemisti ne se fait pas d’illusion : « vu les structures sociales existantes »,  ce douloureux problème n’est pas encore résolu. Les femmes ont des droits – théoriques, – elles doivent maintenant « œuvrer pour la création d’un climat qui permette l’exercice des droits qu’elles possèdent ».

 

Le divorce donne lieu également à des situations de grande inégalité entre l’homme et la femme. Révolution africaine a publié sur le sujet une enquête d’un vif intérêt (26-12-64 et 2-1-65), menée auprès de magistrats algériens. En attendant la promulgation de nouvelles lois, la matière est régie par le droit coranique (rite malékite) et par les textes français : ordonnance du 4 février et décret du 17 septembre 1959. Ceux-ci apportent au droit musulman un correctif considérable : « Le mariage n’est dissous que par décision de justice », ce qui supprime la simple répudiation. Mais le mariage peut être dissous « quand le juge, saisi de la volonté unilatérale du mari de dissoudre le mariage, prononce cette dissolution », alors que la volonté unilatérale de la femme n’est pas un motif valable de divorce. Le pouvoir des juges est donc immense. Certains déboutent systématiquement les demandes injustifiées ; d’autres, au contraire, respectueux du droit musulman, considèrent qu’en matière de divorce la volonté du mari demeure souveraine. Les magistrats ne voient pas de contradictions ni d’incompatibilités entre système musulman et système français et estiment possible une législation spécifiquement algérienne « qui puiserait son inspiration aux sources mêmes de l’Islam sans pour autant sacrifier les concepts modernes introduits en Algérie par les textes de 1959 ».

Mais il y a, selon la même enquête, un grand décalage entre la loi et son application. Bien que les répudiations soient interdites, elles continuent et paraissent bien être aussi nombreuses, sinon plus, que les divorces judiciaires. Il y a aussi les séparations de fait, les abandons de famille. La femme ignore ses droits, elle répugne encore à porter plainte. Quand la justice est saisie, elle est lente. La femme se décourage, surtout si elle est pauvre. Même quand il y a divorce, les pensions ne sont pas souvent payées : « C’est dans tous les pays pareil, dit une assistante sociale. Si l’époux ne veut pas payer, il ne paie pas ». On le met en prison, « çà ne donne pas à manger aux enfants », etc. Sociologiquement, la femme reste en situation de faiblesse.

Les dissolutions de mariage, légales ou non, ont augmenté depuis l’indépendance. Le grand branle-bas de la guerre y est pour quelque chose et aussi l’exode des ruraux vers les villes. Presque tous les juges interrogés par l’enquêteur estiment que le nombre des divorces s’accroît « à mesure que l’on descend l’échelle sociale ». Il est aussi plus élevé dans les villes que dans les campagnes. Ici, la pression de l’opinion publique, de la famille, du village, de la tribu fait souvent reculer l’homme devant une répudiation injustifiée. Là, le couple est le plus souvent séparé de la famille et perdu au milieu d’inconnus, d’indifférents qui n’exercent sur lui aucune influence.

Le nombre des divorces demandés par les femmes augmente, dans les villes du moins, ce qui prouve que la femme commence à connaître ses droits. Mais, elle est encore en état d’infériorité, sauf si elle travaille et n’a pas d’enfant. Sinon, elle doit être assurée, pour demander le divorce que la famille est prête à la recueillir et à l’entretenir. Le mari peut obtenir la séparation s’il démontre que sa femme est coupable d’inconduite notoire. Certains juges acceptent trop aisément des «preuves» telles que : « on l’a vue dans la rue avec un homme ». Ici non plus, la partie n’est pas égale.

« C’est en fait l’enfant qui est condamné », conclut l’enquêteur. Et le juge des enfants estime que 9 sur 10 des jeunes délinquants ont eu à souffrir du désaccord ou de la séparation des parents.

Le nombre des divorces augmente particulièrement chez les jeunes couples, entre 18 et 25 ans. C’est que, explique un juge, dans le système traditionnel, l’homme seul exprimait sa volonté de dissoudre le mariage. Aujourd’hui, avec le « modernisme », une deuxième volonté, celle de la femme, peut se manifester. Les jeunes couples qui divorcent sont moins des couples à l’européenne que des couples « à cheval » sur le mode de vie européen et le mode traditionnel. Le « modernisme » affiché du mari ne résiste pas longtemps aux revendications de la jeune épouse. Et celle-ci, qui a été élevée en vase clos et brusquement « émancipée », n’est pas toujours à la hauteur de ses toutes fraîches responsabilités.

*
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En dépit des cris d’alarme – et des coups de frein – des conservateurs, les responsables continuent de prôner la libération de la femme, sans se faire d’illusions pour autant sur l’aridité de la tâche. Le programme du F.L.N. (16 avril 1964), après avoir rappelé sur ce point les principes affirmés dans le programme de Tripoli, ajoute : « Le parti ne peut se limiter à de simples affirmations, mais doit rendre irréversible une évolution inscrite dans les faits en donnant aux femmes des responsabilités en son sein. Mais aujourd’hui encore le poids du passé risque de freiner l’évolution dans ce sens. Il faut réaffirmer ces principes essentiels… cette action devant nécessairement être longue, étant donné le niveau actuel de la société algérienne ». La charte d’Alger veut « inscrire dans les faits l’égalité de l’homme et de la femme ».  Pour cela, « la femme algérienne doit pouvoir participer effectivement à l’action politique et à la construction du socialisme en militant dans les rangs des organisations nationales et en y assurant des responsabilités ». Le président Ben Bella reprenait ce thème dans son discours au congrès du F.L.N. : « Il ne s’agit pas pour nous de mettre seulement la femme sur un pied d’égalité avec l’homme sur le plan du droit, il faut aussi et surtout la faire participer pleinement à tous les aspects de la vie… L’U.N.F.A (Union nationale des femmes algériennes) doit… devenir une force vivante, animée par des militantes jeunes, des travailleuses de la campagne et de la ville à la lutte systématique contre les préjugés sociaux qui tendent à faire de la femme un être mineur ».

Nous ne savons pas si cela changera, mais il ne semble pas que jusqu’ici les hommes, même les « révolutionnaires conscients », aient fait beaucoup d’efforts pour appeler et admettre à leurs côtés des femmes dans les organisations politiques et syndicales. M. Amar Ouzegane (R.A., n° 98) déplore « avec amertume » l’absence de femmes dans les congrès ouvriers et dans les directions élues, dans la commission exécutive des étudiants et même dans les cellules du Parti, certaines, à Alger même, ayant refusé de les admettre. A Oran, on a créé des cellules de femmes. Dans toute l’Algérie, on ne trouve qu’une seule femme élue à un comité de gestion. L’U.N.F.A elle-même ne semble pas réunir des foules. La presse annonçait comme un succès que 300 femmes participent le 25 juin au meeting d’EI-Biar, à Alger.

« Les militantes jeunes « , dont parlait M. Ben Bella, devraient avoir plus d’enthousiasme et se libérer plus aisément du poids du passé. Si l’on en juge par la lettre publiée dans le n° 3 du Jeune algérien, organe central de la jeunesse du F.L.N., on serait bien loin du compte : « Pourquoi la jeune fille du F.L.N. n’existe-t-elle pas ? » demande cette militante. « Que veut dire l’absence… de celles qui connaissent la J.F.L.N. et qui n’y sont plus ? » Et l’absence de toutes celles qui n’y sont jamais venues et n’en manifestent pas la moindre envie ?

L’auteur de la lettre ne donne pas de réponse à ses questions. Faut-il en chercher une dans ce que EI-Djeïch, l’organe de l’A.N.P., dénonce dans son n° 13 (mai 64) comme « le poison hebdomadaire », c’est-à-dire la presse du cœur ? « En pays capitaliste, cette presse très spéciale, écrit le rédacteur, répond à un objectif précis des classes exploiteuses : détourner les femmes de prolétaires du combat de la classe ouvrière en répandant chez elles une conception  du monde n’ayant aucun rapport avec la réalité ». L’enquête menée par le  journal montre qu’une seule agence de messageries d’Alger diffuse 60 000 exemplaires de cette presse par semaine. « Il est permis de supposer que la diffusion pour le pays atteint au minimum le double ». Et de demander l’interdiction de cette presse. Mais les « femmes de prolétaires » ne sachant pas lire, on doute que ce soit la raison pour laquelle les Algériennes ont si peu de goût pour « militer ».

 


[9] Voir l’article de Rachid BENATTIA, dans Révolution africaine du 13 juin 1964.
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Daniel Guérin : L’histoire et les révolutionnaires

Texte de Daniel Guérin paru dans Front libertaire des luttes de classe, n° 83, 25 janvier 1978, p. 13-14

Voici le texte de notre camarade Daniel Guérin qui figure en tête d’un recueil qui vient de paraître aux Editions Martinsart (72, bd. de Sébastopol – Paris II). Ce recueil fait partie d’une série de huit volumes reliés, intitulés « Les Grands Révolutionnaires ». Ils ne sont pas en vente en librairie et ne peuvent être acquis que par souscription. C’est pourquoi nous avons jugé utile en détacher des extraits de la préface qui suit.

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revues

André Adam : Chronique sociale et culturelle (Algérie)

Extrait de l’article d’André Adam,  « Chronique sociale et culturelle », paru dans l’Annuaire de l’Afrique du Nord, Vol. 3, 1964, p. 176-180.


2. – LA RELIGION

 

De tous les débats engagés depuis l’indépendance sur l’Algérie nouvelle, sur « la personnalité algérienne » et sur « la culture algérienne », l’Islam n’a jamais été absent. Mais l’année 1964 se caractérise par une réaction religieuse particulièrement vive, trop profonde et trop forte en tout cas pour que le régime ait voulu courir le risque de la cantonner dans l’opposition.
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Maurice Clavel : Le jardin de Djemila

Extrait de Maurice Clavel, Le jardin de Djemila, Paris, René Julliard, 1958, p. 19-22

CHRONIQUE

 

Paris, février-avril 1957

I

J’avais quelques amis au Mouvement National Algérien et je m’en méfiais plaisamment : trop français. En eux semblaient revivre nos vieux révolutionnaires, dont il ne reste plus les noms que dans quelques rues vastes et laides, métros aériens, cœurs désuets : Barbès, Blanqui – ces gens qui ont peu agi dans leur siècle, ayant passé en prisons bourgeoises trop de leur vie, sans rien semer plus loin, la liberté s’étant faite science et police. Mes amis étaient une résurrection étrange, d’un naturel que le dépaysement accusait.

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Claude Devilliers : Algérie. Vingt ans après l’indépendance

Article de Claude Devilliers paru dans Inprecor, n° 138, 6 décembre 1982, p. 27-31


Museler le mouvement de masse et avancer prudemment vers une « libéralisation économique » sont les deux piliers de la politique de Chadli Benjedid

IL y a vingt-huit ans, le 1er novembre 1954, les premières actions du Front de libération nationale (FLN) marquaient le début du soulèvement armé algérien contre le colonialisme français. Au terme d’une longue guerre de libération, le 3 juillet 1962, l’Algérie arrachait son Indépendance. Le peuple algérien avait payé cette victoire au prix fort : un million de morts, 400 000 détenus, 300 000 réfugiés, et plus de 3 millions de personnes déplacées. Toute la population algérienne avait été touchée et brassée par la tourmente.

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Chafia : Algérie… Mots d’amour…

Article de Chafia paru dans Oiseau-tempête, n° 4, hiver 1998, p. 34


ON NE MESURE PAS ENCORE, aujourd’hui, les traumatismes qu’a subis la société algérienne durant les années de spoliation coloniale et les sept années de guerre contre la puissance française. Et lorsque les médias français réduisent, depuis des années, l’Algérie à cette autre guerre plus récente, ignorant délibérément le refus d’un peuple de soutenir l’un ou l’autre camp, niant les résistances sociales contre les plans d’une bourgeoisie insolente aujourd’hui et plus pressée aussi d’en découdre avec les « gueux », on peut se demander s’il ne s’agit pas d’une épuration d’une mémoire coupable. Comme si les atrocités d’aujourd’hui effaçaient celles d’hier, inscrivant la violence dans les gènes d’un peuple… On construit les murs que l’on peut contre l’histoire quand elle accuse.

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Remarques sur les massacres en Algérie

Article de J. C. publié dans Echanges, n° 86, janvier-mars 1998, p. 46-50

L’horreur des massacres en Algérie amène à en chercher la raison. Deux thèses principales s’affrontent : première thèse, l’horreur aurait comme cause le fanatisme religieux ; deuxième thèse, l’horreur aurait comme cause un complot, les massacres étant commis de cette façon·là par des membres de la police ou de l’armée algérienne pour faire apparaître l’ignominie du camp islamiste, et pour empêcher ainsi toute solution négociée avec les islamistes.
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Jean-Paul Finidori : Lettre d’Alger

Lettre de Jean-Paul Finidori parue dans La Révolution prolétarienne, n° 103, mars 1956, p. 3

Dans les trois semaines que je viens de vivre ici, j’ai eu l’occasion de me rendre compte qu’un choc terrible – entre les deux communautés : arabe et européenne – est inévitable.

 

L’insécurité est totale dans l’intérieur du pays. A quand le tour des villes, même côtières ? La pression des « rebelles » est si forte que les Européens seront obligés de se battre, s’ils ne veulent pas être jetés à la mer. Or les Européens, enracinés en Algérie depuis bien plus longtemps qu’en Tunisie et au Maroc, considèrent que l’Algérie est leur chose, sans aucune réserve. Ils se battront résolument, car le privilège n’exclut pas le courage. Quant à celui des Arabes, on le connaît ; il n’est pas inférieur.
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Lettres sur l’Algérie (comités de gestion)

Lettres publiées dans Informations Correspondance Ouvrières, n ° 27, mars 1964, p. 17-21.

ALGERIE :
A la suite des deux lettres publiées dans le N° 25 et d’une brève réponse figurant dans le N° 26, nous avons fait quelque mises au point et reçu d’autres réponses. C’est ce dossier que nous publions intégralement, malgré sa longueur. Si le débat s’élargissait, nous envisagerions une brochure centrée sur les comités de gestion.

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A propos des lettres d’Algérie

Textes parus dans Informations Correspondance Ouvrières, n° 26, février 1964, p. 15-16

A la suite de la publication de deux lettres de camarades d’Algérie (ICO N° 25 – Janvier 64) nous avons reçu la lettre suivante d’un camarade de France :

« Je ne peux lire sans consternation le passage de la lettre d’Algérie page 14, où l’on dit que le « départ des français est plutôt une catastrophe… et les paysans préféreraient travailler pour des européens que pour des comités de gestion ! « 

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Lettres d’Algérie

Lettres parues dans Informations Correspondance Ouvrières, n° 25, janvier 1964, p. 12-15

Nous ouvrons ici, avec deux lettres de camarades partis comme enseignants en Algérie un dossier et un débat sur la réalité algérienne et sur la société prétendue par certains « socialiste » qui prend la place de la société de type colonial.

Si l’on reprend toute la collection d’ICO on peut voir que nous n’avons jamais eu d’illusions sur ce que serait « l’indépendance » algérienne et que nous avons essayé d’analyser, notamment par des critiques de livres ce que sont les structures politiques et sociales des pays dits « sous-développés » (ou tiers-monde), pays placés dans la compétition impérialiste URSS-USA, et par voie de conséquence, aux prises avec une classe dirigeante qui tend à donner aux problèmes économiques et sociaux les solutions qui maintiennent sa domination et accroissent sa puissance.

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Le P.C.F. et le mythe du « socialisme » benbelliste

Article paru dans Le Prolétaire, n° 28, janvier 1966


Dans une résolution adoptée après le coup d’Etat de Boumedienne, le C.C. du P.C.F. déclarait : « Le comité central, en se gardant de toute ingérence dans les affaires intérieures de l’ Algérie, constate que la Constitution a été violée et qu’un coup sérieux a été porté à la cause algérienne, ainsi qu’au mouvement de Libération nationale des peuples ». Ne nous étonnons pas de ce « respect » du P.C.F. pour une Constitution typiquement bourgeoise, ni de ses protestations de « non-ingérence ». Cela répond parfaitement au légalitarisme qu’il affiche depuis des dizaines d’années. Ne nous étonnons pas davantage qu’il déplore la chute d’un pouvoir qui, en novembre 1962, décrétait la dissolution du « Parti communiste d’Algérie », c’est-à-dire d’un parti-frère : Moscou n’avait-elle pas accueilli le « socialiste » Ben Bella comme un « ami », un « camarade » et comme » « le plus grand révolutionnaire d’Afrique » ? On n’est pas plus royaliste que le roi… Mais voyons quelle est donc cette « cause algérienne » que le P.C.F. juge si gravement compromise. Pour nous qui avons déjà vu Ben Bella l’invoquer contre les dockers algérois en grève, les choses sont claires : ça n’était plus la cause d’un mouvement révolutionnaire, mais une raison d’Etat, un principe d’ordre bourgeois, et dès lors, un Boumedienne est à priori tout aussi indiqué qu’un Ben Bella pour la défendre et l’illustrer. Mais le P.C.F., lui, ne croit pas aux faits : il croit aux mots ; pour lui, le « programme » du benbellisme est, et reste celui de la Charte d’Alger, approuvé en avril 1964 au 1er Congrès du F.L.N. : « ne pas laisser compromettre la victoire historique sur l’impérialisme et mettre en cause l’option socialiste » « assurer dans la liberté le développement de l’Algérie nouvelle, démocratique et progressiste ». C’est sa phrase socialiste, qui attache le P.C.F. au souvenir du benbellisme. Ce que valait cette phrase, nous allons le voir.

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Paul Thibaud et Pierre Vidal-Naquet : « Le combat pour l’indépendance algérienne : une fausse coïncidence »

Entretien de Paul Thibaud et Pierre Vidal-Naquet,  « Le combat pour l’indépendance algérienne : une fausse coïncidence », propos recueillis par Daniel Lindenberg et Olivier Mongin, Esprit, janvier 1995, p. 142-152.

PIERRE VIDAL-NAQUET – J’ai jadis, dans Vingtième Siècle, proposé une tripartition des engagements intellectuels durant la guerre d’Algérie.
Il y avait d’abord ceux que j’appelle les « dreyfusards » — en disant cela, je ne me pose pas personnellement en pur dreyfusard —, c’est-à-dire ceux qui parlaient du salut éternel de la France. Il y avait ensuite les « bolcheviques » qui voyaient la Révolution algérienne à l’image de la Révolution d’octobre : pour eux le mouvement révolutionnaire était indissociable d’un parti jacobin qui devait en incarner la tête. Certains pensaient même que la résistance à la guerre d’Algérie pouvait représenter le noyau d’un parti révolutionnaire en France. Enfin, troisième catégorie, il y avait les « tiers-mondistes » pour lesquels l’Algérie était le noyau historique d’une résurrection autonome de valeurs révolutionnaires : c’était l’Algérie des « damnés de la terre » de Frantz Fanon, qui prenaient dans le contexte une valeur quasi christique.
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Saïd Akli : De l’infitah à l’état de siège

Article de Saïd Akli paru dans Inprecor, n° 274, 17 octobre 1988, p. 3-5


POUR LA PREMIERE FOIS depuis le coup d’Etat militaire du 19 juin 1965, I’Algérie connaît l’état de siège et l’armée a tiré sur les manifestants dans plusieurs villes du pays. La sauvagerie de la répression militaire a dépassé toutes les limites de l’imaginable, pour une population traditionnellement habituée à voir la presse et le télévision nationales dénoncer de telles pratiques en Israël, en Afrique du Sud, au Chili et ailleurs.

En seulement 6 jours, le soulèvement national de la jeunesse algérienne s’est déjà soldé par près de 500 morts (176 selon les sources officielles), des centaines de blessés et des centaines d’arrestations. Ce bilan provisoire très lourd exprime mieux que toute analyse, la consommation totale de la rupture politique entre les masses populaires et le pouvoir.

Saïd AKLI

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Algérie, nation indépendante

Article paru dans Alarme, organe du Ferment ouvrier révolutionnaire, n° 40, avril à décembre 1988, p. 14-15

« Les Ferhat Abbas et Ho Chi Minh, tout à fait comparables aux Massu métropolitains et aux colons, ne peuvent agir que par le recul de la révolution, et par les innombrables manigances inter-impérialistes du marchandage entre les deux blocs. »

« La fin de l’éternité ». G. Munis, 1959.

 

La vague de grèves, aboutissant aux journées d’émeutes d’octobre 88, souligne nettement la nature de quelques conceptions sur l’Algérie et les « nations indépendantes ».

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Ali : Lettres d’Alger

Lettres publiées dans Le Brise-Glace, n° 2-3, printemps 1989, p. 28.

Début octobre 1988

Bonjour,

(…) J’ai passé une dizaine de jours au bord de la mer (…) la mer ici c’est tout ce qui reste de beau. Notre pays est en train de vivre un moment très difficile, une grande crise économique. L’inflation bat son plein, ce qui augmente le nombre des corrompus d’un chiffre considérable. La corruption est partout. Ça touche même les couches du peuple. Le peuple souffre et se lamente avec un silence qui se fera entendre bien haut tôt ou tard. Car il y a ici un vrai ras-le-bol. Mais voilà, malheureusement, les leaders manquent, l’organisation des masses populaires n’existe pas.

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Abdelkader

Article paru dans l’Encyclopédie des nuisances, n° 6, février 1986, p. 124-127

Comme pour venger l’affront qu’il lui infligea durant quinze années, en combattant ses troupes avec peu de moyens et dans des conditions nettement défavorables, la France n’a retenu d’Abdelkader que le souvenir de sa reddition ; de même qu’elle a prétendu en avoir fait un « ami fidèle ». Si l’oubli de ce personnage peut s’expliquer en partie par le temps, la France officielle nous rappelle aujourd’hui qu’elle a toujours eu la mémoire courte, l’amitié mesquine et la fidélité trompeuse à l’égard de ceux qui l’ont servie loyalement. Et, par exemple, ne se souvient de l’existence des harkis, autres amis fidèles, que le temps d’une campagne électorale.
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ALGERIE : Une victoire des intégristes musulmans. Linda de Suza ne chantera pas

Article de Frédéric Fritscher paru dans Le Monde, 16 décembre 1989


ALGER

de notre correspondant

Linda de Suza ne chantera pas à Alger. Les deux concerts, prévus de longue date et annoncés à grand renfort d’affichage public, qu’elle devait donner les 14 et 15 décembre dans la soirée, ont été annulés in extremis par le Centre de culture et d’information (CCI), qui les avait pourtant organisés avec bonheur puisque toutes les places étaient louées à l’avance. Les « difficultés techniques majeures » invoquées par les organisateurs n’ont convaincu personne. Les Algérois ont compris que l’organisme d’Etat, qui gère la salle Atlas (l’ancien Majestic) où devaient se dérouler les deux spectacles, a cédé aux pressions des intégristes.

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Lettre d’Algérie

Lettre publiée dans Informations Correspondance Ouvrières, n° 28, avril 1964, p. 11

Lettre d’Algérie :

« … Il semble que l’activité intellectuelle se développe un peu ici mais c’est assez orienté selon les idées de Frantz Fanon, la revendication des peuples sous-développés, mort à l’Europe, vive l’Arabisme, ce n’est pas tellement satisfaisant, intellectuellement parlant.

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« El Oumami » : Du léninisme au nationalisme ouvert

Article paru dans Le Communiste, n° 15, novembre 1982, p. 35-37

Le groupe « El Oumami » (« L’Internationaliste ») section du « P .C. I. » (« Le Prolétaire » ‑ « Programme Communiste ») pour l’Algérie vient de quitter avec « armes et bagages » cette organisation. Conséquence d’une « crise larvée (qui) ronge le parti communiste international depuis au moins un an », c’est sur l’appréciation des événements du Liban (1) et plus particulièrement sur la « légitimité du sentiment national arabe », sur le soutien plus ou moins ouvert au nationalisme palestinien impliquant de facto la participation à la boucherie capitaliste, que s’est effectuée cette scission organisationnelle.

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presse

Vigilance face aux provocateurs racistes

Appel paru dans Résistance, bulletin édité par la délégation extérieure du Parti de l’avant-garde socialiste (O.R.P.), n° 26, juin-juillet 1968, p. 18.

Après les graves incidents qui ont eu lieu dans le quartier de Belleville à Paris, la Délégation Extérieure du Parti de l’Avant-Garde Socialiste (O.R.P.) se félicite de ce que les travailleurs et commerçants algériens et maghrébins du quartier aient refusé dans leur majorité de céder aux provocations, à la violence.

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presse

Algérie : une situation de blocage grosse d’avenir

Article paru dans Jeune Taupe, n° 20, avril-mai 1978, p. 17-18.

 

 

Contrairement aux autres pays arabes, l’Algérie apparait comme le seul Etat où il ne se « passerait rien ». Une véritable conspiration du silence sur la situation sociale de l’Algérie s’est installée, scellée par l’alliance de tous les organes d’information, de la droite à l’extrême gauche (cf. par exemple « Libération »). Pour ce qui est du journal « Le Monde », il faut savoir lire entre les lignes pour se rendre compte de l’existence de « malaises ». On s’épanche d’autant plus facilement sur le conflit du Sahara Occidental (où l’Algérie joue un rôle de premier plan (1) ) que l’on tait la situation interne de l’Algérie.

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presse

Islam et socialisme étatique, un difficile équilibre : l’Algérie

Article paru dans Courant alternatif, mensuel édité par l’Organisation communiste libertaire, n° 37, juin 1984, p. 12-13.

 

 

A l’heure où il devient de bon ton de parler de la « montée de l’intégrisme musulman » – même C.A. s’y met – il convient d’être prudent dans l’analyse d’un phénomène qui nous est très étranger. Deux dangers : le premier, la généralisation : puisqu’il y a montée de l’intégrisme musulman, la montée serait le fait de tous les pays islamisants ; le second, le manque de rigueur dans la définition du mot « intégrisme ». L’intégrisme n’est pas la pratique ou la présence d’une religion ; il s’agit bien de fanatisme et de sectarisme. En ce sens, l’Algérie me parait une situation particulière dans le monde musulman ; situation intéressante à étudier, tout en restant prudent quant à l’analyse très fragile puisque sujette à remise en question permanente (l’Algérie n’est pas à l’abri d’une flambée d’intégrisme).

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Conférence de presse sur les incidents sanglants du 14 Juillet 1953

Texte de la conférence de presse du MTLD à Paris, le 29 juillet 1953.

Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques en Algérie (M. T. L. D.)

Conférence de presse sur les incidents sanglants du 14 Juillet 1953 et le problème de l’émigration algérienne en France

Paris, le 29 juillet 1953

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presse

Travailleurs, il faut mettre fin aux assassinats

Déclaration de la Fédération anarchiste parue dans Le Libertaire, n° 369, 30 juillet 1953 

LE 14 JUILLET 1953 a été l’occasion, à Paris, d’un coup de force de la police, sur l’ordre de l’impérialisme français, contre les travailleurs nord-africains.

Le caractère prémédité de la fusillade qui a fait SEPT MORTS ne fait aucun doute. L’impérialisme français ne peut plus tolérer que des travailleurs venus des pays coloniaux affichent, au coude à coude avec les travailleurs français, leur volonté de se libérer, de conquérir leur dignité et leur indépendance.

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presse

René Lustre : La presse aux ordres salit les victimes du 14 juillet

Article de René Lustre paru dans Le Libertaire, n° 369, 30 juillet 1953.

 

 

L’ASSASSINAT des sept Nord-Africains sur la place de la Nation, le 14 juillet, a soulevé l’indignation populaire. Malgré toute la bonne volonté déployée par la presse dite d’information pour enlever la responsabilité directe aux forces policières de l’impérialisme, personne ne put croire aux versions données et toutes différentes.

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presse

Une lettre de M. Albert Camus (juillet 1953)

Lettre d’Albert Camus parue dans Le Monde, 19-20 juillet 1953.

 

 

M. Albert Camus nous a adressé la lettre suivante :

« Monsieur le directeur,

« Un certain nombre de vos lecteurs, dont je suis, n’auront pas appris sans une certaine admiration qu’en conclusion de la tuerie du 14 juillet le gouvernement avait ouvert une information contre X pour violences à agents. Il y a là en effet un assez bel exemple de cynisme.

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livres

Gilbert Meynier : L’Algérie révélée

Extrait de Gilbert Meynier, L’Algérie révélée. La guerre de 1914-1918 et le premier quart du XXe siècle, 2010, Alger, El Maarifa, p. 692-695

Le 1er mai est dans toutes les villes l’occasion de grandes démonstrations unitaires surpassant en ampleur les manifestations de l’année précédente. Plus qu’en 1919, l’atmosphère est à la fête : fête-dérivatif plus que célébration de la force ouvrière pour un mouvement ouvrier minoritaire et isolé. Mais les Algériens sont plus nombreux aux manifestations qu’en 1919. L’ordre colonial s’émeut de ces fêtes intercommunautaires.

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presse

PRS : Remarques critiques à propos de la « charte nationale »

Extrait de la brochure du Parti de la révolution socialiste, Remarques critiques à propos de la « charte nationale », collection El Jarida, 1976, p. 25-29


(…) Mais les aspects les plus réactionnaires de la « charte » apparaissent lorsqu’on aborde les questions idéologiques et culturelles. Dans ces domaines s’affirme d’une façon éclatante le caractère totalitaire de l’idéologie officielle : par le refus de la diversité, le terrorisme intellectuel, l’intolérance érigée en système. Le but visé est d’étouffer la contestation, de tuer l’initiative créatrice, de créer la passivité en imposant un conformisme intellectuel au nom duquel tout ce qui n’est pas dans la norme établie par le pouvoir doit être condamnée, rejetée.

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presse

Banditisme : Un résultat de la politique de la bourgeoisie

Article paru dans El Jarida, organe du Parti de la révolution socialiste, n° 14, août-septembre 1973, p. 27

La situation de la jeunesse est à l’ordre du jour en Algérie. Nous avons déjà abordé ce problème sous l’angle de la scolarisation dans notre numéro 10-11 du 15 juin 1971. Il est repris aujourd’hui en liaison avec le développement du banditisme et la généralisation de l’insécurité dans les villes.

Face à ce problème, les responsables s’alarment et la presse, aux ordres, ne manque pas d’imagination pour dégager la responsabilité du pouvoir.

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presse

Football et politique

Article paru dans La Charte, organe du FLN clandestin – Rassemblement Unitaire des Révolutionnaires (RUR), n° 33, décembre 1972, p. 12-14

Dans la presse algérienne, il est fréquent de voir des « pavés » publicitaires de ce genre :

En 10 concours

15 MULTIMILLIONNAIRES

Votre tour est peut-être pour cette semaine

FAITES COMME EUX…

JOUEZ NOTRE GRILLE

P.S.A.
(1)
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presse

Frères Musulmans : Un mouvement au service du capitalisme (suite)

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, mensuel de l’Organisation communiste révolutionnaire internationaliste d’Algérie, n° 45, novembre 1980, p. 5-7.

Nous avons établi dans notre précédent numéro la collusion existant entre la Fraternité Musulmane et la monarchie ; il nous faut aussi évoquer ses liens avec les représentants du colonialisme britannique.

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presse

Frères Musulmans : Un mouvement au service du capitalisme

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, mensuel de l’Organisation communiste révolutionnaire internationaliste d’Algérie, n° 44, octobre 1980, p. 3-4

Depuis quelques années, on constate dans l’ensemble des pays arabes une recrudescence des activités des groupes se réclamant de l’Islam. La victoire de la « révolution islamique » en Iran a donné un véritable coup de fouet à l’intégrisme religieux.

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Hakima Berrada : Le « Atlal » de Djamel Kerkar ou l’historisation de la géographie

Hakima Berrada a eu la gentillesse de transmettre sa critique du film « Atlal » dont l’action se déroule à Ouled Allal dans la Mitidja. Ce texte trouve donc naturellement sa place aux côtés des nombreux autres articles de critique sociale publiés sur ce site. En vous souhaitant une bonne lecture.

« Atlal n’est pas un lieu de mémoire mais raconte les mémoires d’un lieu »Djamel Kerkar

 

« Atlal », c’est le premier long métrage du jeune Algérien Djamel Kerkar.

Et son coup d’essai est un coup de maître.

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presse

Boumédiène est mort, mais la bourgeoisie reste

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte, mensuel de l’Organisation communiste révolutionnaire internationaliste d’Algérie, n° 26, décembre 1978, p. 3-4

Depuis son retour d’URSS, Boumédiène est dans un coma profond ; deux caillots de sang lui obstruent le cerveau, et il est atteint d’une maladie rare, la maladie de Waldenström, dans sa forme aiguë. Autant dire que, malgré sa survie artificielle, Boumédiène est mort, et physiquement et politiquement.

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presse

La médecine gratuite en Algérie : un mythe !

Article paru dans Travailleurs immigrés en lutte. Mensuel ouvrier révolutionnaire, n° 19, mars 1978, p. 12-13

Voilà quelques années que le pouvoir a promulgué la « gratuité des soins ». Il prétendait de cette façon résoudre les carences du système de santé. La « gratuité des soins » était (elle l’est encore) présentée comme une preuve de la nature socialiste du régime.

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presse

Jean-François Lyotard : L’Algérie évacuée

Extrait de Jean-François Lyotard, « L’Algérie évacuée », Socialisme ou Barbarie, n° 34, mars-mai 1963, p. 1-7


Les lignes qui suivent n’ont pas pour objet de définir une politique révolutionnaire en Algérie. La question du sort de ce pays ne se pose plus et ne se pose pas encore de cette manière. Plus, parce que l’élan qui animait les masses au cours de la lutte nationale est maintenant brisé : il n’y a pas eu de révolution. Pas encore, parce que les problèmes qui assaillent les travailleurs et que la politique de la direction actuelle est incapable de résoudre, finiront par amener à maturité les conditions d’une nouvelle intervention des masses : la révolution reste à faire.

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presse

Daniel Guérin : A l’écoute de l’autogestion industrielle en Algérie

Extraits de l’article de Daniel Guérin paru dans La Révolution prolétarienne, n° 193, mai 1964, p. 7-10


Les lecteurs de la R.P. trouveront ci-dessous le texte du compte rendu que j’ai publié, à Alger, dans l’hebdomadaire Révolution Africaine du 4 avril 1964. J’ai rétabli dans ce texte les quelques formulations un peu appuyées que la Rédaction m’avait demandé, pour l’usage interne de l’Algérie, d’adoucir.

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presse

Bernard Lecache : Musulmans, nos frères…

Éditorial de Bernard Lecache, Le Droit de vivre, 18 juillet 1936

Je vous ai vus, et bien vus, mardi dernier, quand vous défiliez en rangs serrés.

Je vous ai vus, les uns et les autres, pressés derrière vos chefs, tendant le poing, saluant passionnément les foules passionnées. Et j’ai compris que nous étions, vous les Musulmans et nous les hommes de la L.I.C.A., des sots.

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livres

Amar Yaïche : Dansons sur les cadavres

Extrait d’Amar Yaïche, Dansons sur les cadavres, Montreuil, L’Insomniaque, 2005, p. 5-6.

 

 

QUOI? Me parler à moi de ce qui nous pousse à fuir le pays? Pourquoi soulever des questions qui me brisent les klaouis? Plus d’espoir, mon frère! Macache! Regarde-les autour de toi. Moi, je les vois, je vis avec eux. Et ne m’énerve pas, nous sommes rue Myrrha. J’ai peut-être rien, mais ici c’est moi qui règle.

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évocations presse

Rachid Mimouni : L’Algérie traumatisée

Extraits de l’entretien de Rachid Mimouni avec Thierry Fabre et Olivier Mongin, Esprit, n° 152-153, juillet-août 1989, p. 72-74.

Olivier Mongin : Est-ce que ce retour à une mémoire que tu revendiques sans nostalgie peut être partagé par le jeune urbain qui a rompu tous les fils avec le passé ? La jeunesse algérienne est-elle capable de faire ce travail de mémorisation ?

Rachid Mimouni : Capable je ne sais pas, mais je crois que ce travail de mémorisation est nécessaire parce que cette jeunesse est complètement déboussolée et sans racines.

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livres

Herbert R. Lottman : Albert Camus

Extraits de Herbert R. Lottman, Albert Camus, Paris, Le Seuil, 1978, p. 605-608.

 

 

Une autre fois, Roblès vint à Paris prévenir Camus qu’un ami musulman sollicitait son aide pour son frère âgé de dix-huit ans, qui avait tiré sur un ultra et s’était entendu condamner à la peine capitale alors que sa victime s’en était sortie. A cette époque, le général de Gaulle était revenu au pouvoir. Et Camus avait justement rendez-vous avec lui. Il ouvrit un tiroir de son bureau et montra à Roblès une pile de lettres : « Voilà tout ce que j’ai à donner à De Gaulle. Donne-moi ton dossier. »

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livres

Abdelkader Chaker : La jeunesse algérienne en France

Extrait d’Abdelkader Chaker, La jeunesse algérienne en France. Éléments d’étude de l’émigration familiale, Alger, SNED, 1977, p. 192.

 L’option de l’Algérie en faveur du parti unique a condamné à l’exil tous les partis d’opposition qui, à l’exception du Mouvement National Algérien (MNA), émanent du FLN historique. Ces mouvements d’opposition tentent de trouver une audience au sein de l’immigration algérienne, mais il faut bien admettre qu’ils n’y parviennent guère.

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livres

Mohamed Kacimi el-Hassani : Le Mouchoir

Extraits de Mohamed Kacimi el-Hassani, Le Mouchoir, Paris, L’Harmattan, 1987, p. 18-21

mouchoir

Dimanche

Il est des signes annonciateurs de déconvenues. Ce matin, en allant aux toilettes, j’y fus surpris par une odeur forte, brûlante même. (…) quand soudain, je vis, là, sur la faïence, à hauteur de ma taille et jusqu’à la pointe de mes pieds, une longue et visqueuse traînée blanchâtre et fumante, répartie en largeur sur deux ou trois carreaux et dont les éclaboussures atteignaient mêmes les angles des deux côtés : quelqu’un venait de se masturber ici!

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évocations presse

Le secrétaire général adjoint de l’USTA abattu rue d’Enghien

Article paru dans Combat, 10 octobre 1957.

C’est le quatrième dirigeant parisien de l’U.S.T.A. condamné à mort par l’U.G.T.A. (pro-F.L.N. et membre de la C.I.S.L.)

Le secrétaire général adjoint de l’Union syndicale des travailleurs algériens (U.S.T.A.), M. Filali Abdallah, a été victime d’un attentat rue d’Enghien. Atteint de quatre balles dans le dos, le syndicaliste algérien a été transporté dans un hôpital parisien. Son état est critique.