
Mon dernier texte, intitulé « Ne nous laissons plus gouverner par la peur », vient d’être mis en ligne sur le site À contretemps.

Mon dernier texte, intitulé « Ne nous laissons plus gouverner par la peur », vient d’être mis en ligne sur le site À contretemps.
Article de Maurice Catalogne dit Lashortes, suivi de « Comment réaliser le Front Unique ? » par René Frémont, textes parus dans Le Libertaire, trente-huitième année, n° 401, 30 juin 1933, p. 1

Toute lutte contre le fascisme doit en premier lieu s’inspirer d’une connaissance approfondie de la nature de ce mouvement. Le fascisme, nous l’avons dit, ne saurait être confondu avec un vague courant d’opinion tendant à la restauration de certaines valeurs politiques ou philosophiques : l’Etat, la Patrie, l’Autorité, la Famille, etc. Ses forces ne sauraient pas davantage être confondues avec certaines troupes de recrutement spécial et étroit telles que camelots du roi, jeunesses patriotes, croix de feu, etc.
Réponse de René Frémont à l’article du groupe Los Sin Pan, parus dans Le Libertaire, trente-huitième année, n° 400, 16 juin 1933, p. 1 et 2

L’article de nos camarades espagnols que nous publions en 2e page critique l’idée du front unique, qui fut posé dans le « Libertaire » à différentes reprises par notre camarade Lashortes. Nous aurions voulu trouver dans cet article des arguments démontrant l’inutilité d’un front unique du prolétariat.
Article de Maurice Catalogne dit Lashortes paru dans Le Libertaire, trente-huitième année, n° 399, 9 juin 1933, p. 1

LE congrès antifasciste qui vient de se terminer n’a pas provoqué, dans la classe ouvrière, de véritable attention. On sait pourquoi. Sous le couvert d’un comité d’organisation étendu à des personnalités diverses, comprenant des représentants de tous les partis – y compris des anarchistes ! – le Parti Communiste en avait pris la direction effective. Il en devait contrôler tous les débats et empêcher, à tout prix, que ceux-ci ne tournent à sa confusion. En fait, le congrès de Paris ne fut qu’une suite monotone de discours, une présentation de thèses bolchéviques, un appel a la réalisation d’un front antifasciste propre à plumer l’inoubliable volaille. Toute tentative de discussion fut sévèrement réprimée : les trotzkistes furent expulsés, le délégué Aulas, ayant critique la position du parti communiste allemand, ne dut son salut qu’à l’intervention du bureau qui se contenta de lui retirer la parole. Seul le député Bergery, bénéficiant, comme le dit à peu près l’ineffable Doriot, de la cote d’amour, réussit à préconiser un « front commun » antifasciste plus étendu. Mais on lui montra péremptoirement qu’il n’était pas à la page, qu’il ne devait pas abuser de l’indulgence et de la sympathie de ses bons amis bolchéviques. Et ce fut tout.
Tract du Mouvement National Algérien, diffusé en mars 1955, reproduit dans La Voix du peuple, n° 8 [avril 1955]

Un projet monstrueux du Gouvernement tend à vous priver des libertés républicaines chèrement acquises et à briser à l’avance toute velléité d’action pour un mieux-être.
Article d’Amédée Dunois paru dans le Bulletin Communiste, quatrième année, n° 24, 14 juin 1923, p. 295-296

PETITE cause, grand effet … Parce que trois hauts dignitaires – deux députés, un ancien et futur ministre – du Bloc des Gauches en formation, ont été aspergés de coaltar et de térébenthine par quelques malotrus d’Action française, on s’est mis, de tous côtés et même un tantinet chez nous, à crier au fascisme français ! Le fascisme est en effet à la mode, et tout le monde, ici, en parle d’abondance, sans se soucier toujours de la signification précise de ce vocable nouveau-né.
Article de Raphaël Valensi paru dans La Vérité, n° 194, 31 octobre 1947, p. 2

Prenant la relève du « Pilori », « L’Epoque » réclame le « numerus clausus »
Certes, la presse réactionnaire ne peut encore se payer le luxe de manger ouvertement du juif, car les confrères qui l’ont précédée dans cette besogne sont un peu gênants. Le souvenir de « Je suis partout » et du « Pilori » est encore trop vivace. C’est pourquoi l’antisémitisme, arme traditionnelle de la réaction, n’est utilisée actuellement que d’une manière insidieuse. Lors du drame de l’« Exodus », « L’Epoque » trouva indécent que l’on pleure sur les rescapés des fours crématoires lorsque tant d’authentiques et valeureux Français moisissent encore à Fresnes.
Article de Marcel Baufrère paru dans La Vérité, n° 122, 10 mai 1946, p. 2

Cela a commencé par une attaque de Pierre Hervé, dans Fraternité, accusant les « agitateurs trotskystes » d’être composés de « 80 % de juifs ». Dans le même article, Hervé lançait une pointe contre la finance juive. Ces procédés, rappelant ceux de la propagande de Gœbbels, ont provoqué un certain émoi, y compris dans les rangs du P. C. F.
Article paru dans La Nouvelle République, 3 juin 1954, suivi d’un autre publié le même jour dans Le Courrier de l’Ouest
Hier, Niort a reçu la visite d’un certain nombre de Nord-Africains, dont une cinquantaine venus de la région parisienne en autobus pour saluer Messali Hadj à l’occasion de la fin de la période religieuse du Ramadan.
Interview de Messali Hadj recueillie par Pierre Bésanger, parue dans L’Observateur, n° 122, 11 septembre 1952, p. 9-10 et reproduite dans L’Algérie libre, n° 53, 15 septembre 1952, p. 1 et 4

Au moment où les problèmes tunisien et marocain vont se poser au gouvernement français avec une redoutable acuité, tout porte à croire que les nationalistes algériens vont se lancer à leur tour dans l’action. Provocations policières et répressions n’ont fait que renforcer la volonté de lutte des militants.
Déjà le M.T.L.D. annonce une nouvelle campagne pour la libération de son président d’honneur, Messali Hadj, toujours en résidence forcée à Niort où il a bien voulu accorder à notre envoyé spécial l’importante interview que nous reproduisons ci-dessous.
Article de Jean Rous paru dans Franc-Tireur, 7e année, n° 328, 30-31 mars 1947, p. 1 et 3

L’ALGERIE CHERCHE SA VOIE (II)
De notre envoyé spécial Jean ROUS
Alger, mars. – La grande personnalité mystérieuse de l’Algérie, le prophète de l’indépendance, Messali Hadj, a bien voulu nous recevoir dans sa résidence surveillée de Bouzaréa, petite commune près d’Alger, qui domine la verte plaine encerclée par les monts de Kabylie.
Article de Pierre Morain paru dans Le Combat syndicaliste, 26e année, Nouvelle série, n° 108, 12 juin 1953, p. 4

La répression s’étend partout. Chaque jour nous en voyons des exemples en France : menaces sur les militants ouvriers, renvois de délégués, coups de téléphone entre boîtes lors d’embauche, matraquage de manifestants, flics, C.R.S., la liste est longue.
Article de Claude Pélieu paru dans Jeune Révolutionnaire, n° 9, mars 1954, p. 4-5

La police permet à Messieurs les Ministres et Consorts inavouables de se réincarner en Policiers.
Article de René Gérard paru dans Le Libertaire, cinquante-sixième année, n° 390, 20 mai 1954, p. 1

8 mai 1945 ? Capitulation de l’armée hitlérienne.
Peuples « vaincus », peuples « vainqueurs », c’était la paix. Les canons cessant de dégueuler ce qui a déchiqueté des millions d’hommes.
Paix pour les vaincus ! Continuation de la guerre pour les vainqueurs ! Perpétuation du crime ! 8 mai 1945 ? Massacre du Constantinois ! 45.000 Nord-Africains assassinés par ordre du gouvernement français !
Mon dernier texte intitulé « Les leurs, les miens, les nôtres » a été mis en ligne hier sur le blog « Le Buisson » en soutien aux grévistes de l’éducation en Seine-Saint-Denis.

Article d’Yves Dechézelles paru dans Le Libérateur, 1ère année, n° 10, 23 mai 1954, p. 3

L’on connaît la profonde générosité de cœur de nos gouvernants et de la majorité de nos parlementaires … Aux nombreuses mesures de grâce qui ont libéré à peu près tous les collaborateurs ont succédé diverses lois d’amnistie ayant pour but de les absoudre. Se ranger aux côtés des nazis quand ils écrasaient la France et exterminaient en Europe des millions de résistants et de juifs, erreur vénielle et passagère … Le vrai patriotisme ne conseillait-il pas de réconcilier les Français et d’oublier ces querelles subalternes ? La IVe République, dans un sublime élan de générosité, a donc ouvert toutes grandes les portes de ses prisons …
Article paru dans La Vérité des travailleurs, n° 20 (anc. série n° 318), mai 1954, p. 1

Des bourgeois viennent de lancer un cri d’alarme au sujet de l’Afrique du Nord ; il s’y prépare, disent-ils, un nouveau Vietnam ; ils demandent aux autorités françaises une nouvelle politique plus conciliante envers les couches bourgeoises dirigeantes au Maroc et en Tunisie. Nous avons déjà exposé les raisons qui empêchent la bourgeoisie française de s’opposer à la politique des grands colons.
Article de Jean Rous paru dans Le Libérateur, 1ère année, n° 10, 23 mai 1954, p. 1 et 3.

1° Tout d’abord une remarque générale : nous sommes depuis quelque temps entrés dans une étape nouvelle du regroupement de la Gauche en France dont il faut prendre conscience sous peine de « louper le coche ». Nous avons d’abord connu l’hémorragie et les scissions de 1947-48 à 1951-2, ainsi que des manifestations plus récentes, mais qui participent du même phénomène (exclusion d’André Denis par le M.R.P.). Cette étape a été caractérisée par le départ de la S.F.I.O. de 200.000 militants environ sur 320.000, par l’hémorragie correspondante du M.R.P., et aussi par le fait que la masse des démissionnaires n’a pu être rassemblée. Cependant se sont constitués des groupes qui ont eu une valeur de réaction et de témoignage : tentative du Rassemblement démocratique révolutionnaire, puis du Centre d’Action des Gauches indépendantes, Groupe progressiste, Cercles divers dans toute la France, et enfin renouveau intéressant de la Jeune République.
Article de Pierre Boussel alias Pierre Lambert paru dans La Vérité, n° 334, du 23 avril au 6 mai 1954, p. 3

LES partis dirigeant la lutte nationale d’Afrique du Nord, principalement le Néo-Destour et l’Istiqlal, se sont efforcés dans une certaine mesure de trouver des solutions particulières à chacun de leurs pays durant toute une période. Une nouvelle étape sonne aujourd’hui qui exigera pour le Néo-Destour, l’Istiqlal et le MTLD l’élaboration d’une stratégie commune aux fins de répondre aux aspirations des masses.
Article d’Yves Dechézelles paru dans Le Libérateur, 1ère année, n° 6, 28 mars 1954

Le désastre auquel ont abouti huit années de guerre en Indochine va-t-il enfin réveiller l’opinion publique française ? C’est à elle et à elle seule qu’il appartient de mettre un terme à l’expérience catastrophique que les gouvernements successifs de la IVe République poursuivent avec une obstination insensée dans les territoires d’outre-mer.
Article de Joseph Gabel alias Lucien Martin paru dans La Revue socialiste, n° 24-25-26, janvier-février-mars 1949, p. 187-192

Dans la série de stupidités criminelles qui jalonnent l’histoire de ce temps, le meurtre du Comte Bernadotte mérite indiscutablement une place d’honneur. Crime incompréhensible à prime abord car d’un côté il est trop évident que ce geste aura porté préjudice à la cause du jeune état d’Israël et fourni une arme aux antisémites du monde entier et de l’autre on voit très mal les avantages que pouvaient raisonnablement en attendre ses auteurs. On aimerait pouvoir plaider la folie voire la provocation arabe. Cependant la responsabilité de l’attentat est d’ores et déjà revendiquée par un groupement extrémiste et force est d’admettre qu’une certaine pensée politique – aussi fausse qu’elle soit – a présidé à son exécution. Nous essayerons de donner une analyse objective des dessous psychologiques et politiques de cet attentat dans la genèse duquel intervinrent deux ordres de facteurs : l’extrémisme ultranationaliste juif et la politique juive du communisme mondial dont le premier semble être à l’heure actuelle l’instrument plus ou moins conscient.
Article d’Yves Dechézelles paru dans Le Libérateur, organe du Centre d’action des gauches indépendantes, n° 1, 17 janvier 1954, p. 1

L’on pourrait définir l’Union Française comme un immense espace où s’exercent avec une entière liberté toutes les entreprises de l’impérialisme. Depuis que le mot « colonie » a disparu de notre terminologie institutionnelle, il n’est pas un peuple dépendant de la prétendue « Union Française » qui n’ait été l’objet d’une impitoyable répression.
Article de Marcel Péju paru dans Franc-Tireur, 12e année, n° 2466, 3 juillet 1952, p. 4

POUR se poser avec une évidence moins brutale, et de manière différente, qu’aux Etats-Unis, le problème noir existe également en France. Plus insidieux, plus subtil, voilé d’un libéralisme paternaliste et bon enfant, le préjugé racial, ici comme ailleurs, constitue l’une des tares de la conscience blanche et civilisée.
Article de Léonard Sainville paru dans Les Lettres françaises, 11e année, n° 425, du 1er au 8 août 1952, p. 3

A propos de . . .
Peau noire, masques blancs par Frantz Fanon (Editions du Seuil)
POUR l’observateur averti des différentes manifestations du comportement antillais, soit aux lieux où il trouve son point d’appui, c’est-à-dire aux Antilles mêmes, soit n’importe où ailleurs, un fait semble vouloir s’imposer dès maintenant, comme vérité d’évidence. Il s’inscrit dans la réalité d’un devenir qui commence avec l’irruption de la liberté formelle, dans le monde créole, comme un deuxième stade, celui où ces hommes de couleur, citoyens français, plus ou moins imprégnés de culture française, face à la France, juridiquement mère patrie, se mettent en révolte ouverte contre la civilisation occidentale et son contenu latent ou déclaré de préjugés raciaux, d’éthique et de mythologie spécifiquement blanches.
Textes parus dans Le Libertaire, n° 473, 5 avril 1956, p. 1

NOTRE camarade Pierre MORAIN, condamné à un an de prison pour sa lutte anticolonialiste, est sorti de la prison de la Santé. Pierre Morain a subi, dès son incarcération, le régime cellulaire, ce qui explique sa sortie, au bout de 9 mois de détention. Mais il ne fait aucun doute, camarades, que notre action a contribué à faire capituler la réaction : les initiatives du Comité de Libération P. Morain, qui nous ont attiré beaucoup de sympathie ; l’action dynamique et tenace du M.L.A. qui a secoué l’opinion partout, et à travers tout cela, la lutte journalière – la plus difficile à mener – de tous les militants et sympathisants de la F.C.L., chacun dans leur secteur.
Textes parus dans Le Libertaire, n° 454, 24 novembre 1955 ; n° 455, 1er décembre 1955 ; n° 456, 8 décembre 1955 ; n° 459, 29 décembre 1955 ; n° 460, 5 janvier 1956 ; n° 466, 16 février 1956

– Pour que le régime politique soit reconnu à P. Morain,
– Pour la révision du procès Morain,
– Pour la libération de notre camarade,
AIDEZ LE COMITE MORAIN !
Adhérez et souscrivez pour que notre campagne puisse se développer.
Le Comité P. Morain.
Adresse : Jacques Danos, Af. Inf., 5, rue Lamartine, Paris.
Communiqué du Mouvement de Lutte Anticolonialiste paru dans Le Libertaire, n° 443, 8 septembre 1955, p. 1 et 2

Paris, le 30 août 1955.
Arrêté le 23 juin, Pierre Morain a commencé son troisième mois de prison. Nous avons appris que le représentant du gouvernement avait fait appel devant la cour de Douai du jugement qui le condamne à 5 mois de prison, parce qu’il a jugé que la peine infligée par le tribunal de Lille était trop faible ! Morain a été avisé d’autre part qu’il doit être transféré à Paris pour y être jugé en vertu de l’article 80.
Textes parus dans Le Libertaire, n° 442, 1er septembre 1955, p. 1 et 2

PIERRE MORAIN vient d’être avisé par les autorités judiciaires que le représentant du gouvernement avait fait appel devant la Cour d’Appel de Douai du jugement qui le condamne à 5 mois de prison. Ainsi, le gouvernement considère que la peine infligée à Morain n’est pas assez inique. Il veut maintenir le militant communiste libertaire P. Morain le plus longtemps possible en prison !
Textes parus dans Le Libertaire, n° 440, 21 juillet 1955, p. 1

LA demande de mise en liberté provisoire déposée par les avocats de Pierre Morain ne permet aucun espoir, car elle sera presque certainement refusée.
Cependant, les avocats ont pu obtenir que le jugement ait lieu rapidement, certainement fin juillet, avant les vacances des tribunaux. De cette façon, au cas où notre camarade serait acquitté, le temps de détention préventive sera limité au maximum.
Textes parus dans Le Libertaire, n° 439, 14 juillet 1955, p. 1

NOUS expliquions dans notre numéro saisi comment notre camarade Pierre MORAIN avait été écroué à la maison d’arrêt de Loos (Nord) sous l’inculpation de participation à la reconstitution du M.T.L.D. ! Et nous démontrions d’autre part tout ce que cette accusation pouvait avoir d’invraisemblable.
Article paru dans Le Libertaire, n° 437, 30 juin 1955, p. 1

Alors que notre camarade Pierre Morain, militant communiste libertaire, de Roubaix, distribuait des tracts du Mouvement de Lutte Anti-colonialiste à Wattrelos, mercredi soir 22 juin, il a été interpellé par la douane (!). Les douaniers, bien que ce ne soit nullement leur travail et bien que n’en ayant nullement le droit, s’empressèrent de faire un rapport à la police !
Article paru dans Le Libertaire, n° 429, 5 mai 1955, p. 2 ; suivi d’un complément paru dans Le Libertaire, n° 431, 19 mai 1955, p. 1

A LILLE, les dirigeants P.C.F. et S.F.I.O. ont donné publiquement la preuve de leur trahison, tandis que les travailleurs algériens leur démontraient qu’un 1er Mai est une journée de lutte pour la classe ouvrière, de chiasse pour les bourgeois.
Article paru dans Nouvelle Gauche, 2e année, n° 20, 27 janvier au 10 février 1957

UNE REVOLUTION NATIONALE ET SOCIALISTE
Nous avons reçu d’un ami algérien un texte qui précise le sens de la lutte que mènent les nationalistes algériens.
POUR faire oublier la lutte des peuples d’Afrique du Nord et « l’expédition » de Suez, on raconte que les peuples arabes veulent supprimer Israël.
Article paru dans Le Libertaire, 57e année, n° 422, 17 mars 1955, p. 1

LE 6 novembre 1954, à 6 h. 15 du matin, une douzaine de policiers, conduits par un commissaire, se présentaient rue Cadeau, à Roubaix, au domicile de Debah Tahar, tenant un café algérien.
Article paru dans Nouvelle Gauche, 1ère année, n° 6, 24 juin 1956

TOUS les militants nationalistes algériens se réclament de deux organisations : le F.L.N. et le M.N.A.
Ces mouvements, qui ont pour objectif l’indépendance de l’Algérie, n’en poursuivent pas moins l’un contre l’autre une lutte souvent sanglante et qui paraît incompréhensible aux Français mal renseignés sur tous les aspects du problème algérien.
Article de Lucien Kiner paru dans Nouvelle Gauche, 1ère année, n° 2, 30 avril 1956

DEPUIS plusieurs semaines, à tour de rôle, les travailleurs algériens en France débrayent dans les diverses régions.
Le branle a été donné par la manifestation du 9 mars à Paris, organisée par le MNA. Les deux mots d’ordre essentiels sont : « Indépendance de l’Algérie », « Libérez Messali Hadj ».
Article de Mohammed Dib paru dans La Nouvelle Critique, 6e année, n° 54, avril 1954, p. 97-108

M. ETIEMBLE a publié dernièrement, dans la n.N.R.F., un essai inattendu sur quelques écrivains nord-africains, qu’il a intitulé « Barbarie ou Berbérie ? » (1).
J’aurais voulu répondre, sur les points qui me concernent d’abord, d’une manière moins confuse à Etiemble, mais je reste saisi devant, sinon ses intentions, du moins son propos, qui me paraît tortueux ! A la première lecture, on comprend tout de suite qu’il est contre. Mais contre quoi ? Il ne le dit nulle part, pourtant il est résolument « contre ». Contre tout, à ce qu’il m’a semblé de prime abord ; sans le dire tout en le laissant entendre, il est contre.
Rapport de Michel Lequenne, Gérard Sender et Daniel Jacoby paru dans le Bulletin d’information du Mouvement Uni de la Nouvelle Gauche, n° 7, 10 juillet 1957, p. 7-8

LORS d’un Conseil fédéral de la Seine, plusieurs camarades ayant exprimé des points de vue assez divergents sur les problèmes intérieurs de la résistance algérienne, une Commission de trois membres a été désignée pour présenter un rapport sur cette question. Ce rapport est soumis à la discussion des sections et fédérations.
Discours de Daniel Guérin prononcé le 27 janvier 1956 à Paris, lors du meeting du Comité d’action des intellectuels contre la poursuite de la guerre en Afrique du Nord, reproduit dans Guerre d’Algérie & colonialisme, Paris, 1956, p. 18-21, Correspondance Socialiste Internationale, n° 60, février 1956, p. 10-12 et partiellement dans Le Libertaire, n° 466, 16 février 1956, p. 1 et 2

Mes chers amis,
Mes chers camarades,
Et, si vous le permettez, mes Frères,
Nos gouvernants s’obstinent à prétendre que l’Algérie c’est la France. Robert Barrat, en se plaçant du point de vue du présent, vient de vous démontrer que ce mythe est un mensonge, un mensonge qui fait aujourd’hui couler le sang. Je voudrais, moi, au risque de paraître « académique », remonter avec vous dans le passé et vous convaincre que l’Algérie n’a jamais été la France, que la nation algérienne est un fait historique caché ou défiguré par les historiens à gages. Je voudrais aussi réfuter ceux qui soutiennent que la prise de conscience nationale du peuple algérien est de fraîche date.
Lettre ouverte de Daniel Guérin parue dans Le Libertaire, n° 464, 2 février 1956, p. 1 et 2

NOTRE ami Daniel Guerin nous a fait parvenir une « lettre ouverte aux membres du Comité d’Action contre la poursuite de la guerre en Afrique du Nord ». La nécessité affirmée par D. Guérin de servir avant tout la cause du peuple algérien, en lutte pour son indépendance, en dehors de toutes autres considérations ne peut que rencontrer l’adhésion de tous les anticolonialistes.
Article de Maurice Clavel paru en deux parties dans Combat, 7 et 12 juin 1957

I. – HISTOIRE ET IDEOLOGIE
L’ARTICLE de Gilles Martinet sur le M.N.A. et le F.L.N. apporte une confirmation éclatante aux thèses que j’avançais. L’auteur nous y expose la baisse et les reculs d’un mouvement nationaliste dont il avait omis de nous signaler, en temps utile, la force et la prospérité. Il doute que le M.N.A. puisse organiser encore des manifestations de masse comme celle du 9 mars 1956 à Paris, que nous avions crue F.L.N. : qu’elle fût M.N.A., sur le moment, on ne l’avait pas crié sur les toits. Qui trompe-t-on ? Et quand nous a-t-on trompés ? Et pourquoi diable cette préférence obscure pour un des deux mouvements ? Surtout pour celui qui compte, dans ses victimes, le plus de petits enfants ? Fascination sanguine des âmes tendres, des esprits faibles ? Mystère. M. Claude Bourdet, dans le même numéro, voit dans le massacre de Melouza « une conséquence de la politique des ralliements à tout prix et par tous les moyens » ; autrement dit pas de M.N.A. dans l’affaire : et responsabilité de l’armée française atténuant la culpabilité du F.L.N., auquel, par ailleurs, on adresse de vifs reproches dans le style « Mes amis, mes amis, ah ! que vous me gênez ! » Coup double.
Article de Louis Houdeville paru dans Nouvelle Gauche, 1ère année, n° 9, 9 septembre 1956, p. 2

Après deux mois et demi d’emprisonnement, Claude Gérard a été remise en liberté. Liberté provisoire d’ailleurs, car comme certains journaux se sont plus à le souligner, dès le mois de septembre le juge Pérez reprendra l’instruction.
Article de Daniel Renard paru dans La Vérité, n° 418, 13 juillet 1956, p. 1 et 4

DEPUIS le vingt-six mai – bientôt deux mois ! – Claude Gérard est détenue à la petite Roquette !
Que lui reproche-t-on ?
Atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat !
Plus exactement la publication, dans un journal marocain, « Al Alam » (1), d’un reportage sur les maquis algériens, et plus spécialement sur les maquis dirigés par le Mouvement National Algérien, dont le président est Messali Hadj.
L’internement de Claude Gérard est un nouvel exemple après beaucoup d’autres, de ce scandale : la détention préventive.
Article signé A. Amyot paru dans Nouvelle Gauche, 1ère année, n° 8, 22 juillet 1956, p. 2

Claude Gérard est toujours emprisonnée. Voici sept semaines qu’elle est détenue à la Petite-Roquette. Nous avons protesté chaque fois que des journalistes avaient été inquiétés pour avoir informé objectivement le public des réalités qu’ils avaient été à même de constater.
Articles parus dans Nouvelle Gauche, 1ère année, n° 5, 10 juin 1956, p. 2 puis Nouvelle Gauche, n° 6, 24 juin 1956, p. 7

Militante catholique, Claude Gérard entra dans la Résistance en 1940, à Lyon, au mouvement « Combat » ; traquée par la police, elle passa dans le Limousin, où elle devint l’adjointe d’Edmond Michelet, responsable régional de « Combat ». En 1943, elle assura la coordination et le commandement des maquis de l’A.S. du Limousin. Arrêtée en 1944 par la Gestapo et horriblement torturée, elle fut sauvée au dernier moment par l’action de la Résistance et des troupes alliées.
Extrait des Notes d’économie et de politique de Robert Louzon parues dans La Révolution prolétarienne, 25e année, n° 407, nouvelle série n° 106, juin 1956, p. 12-14

Ce que propose l’armée de libération
A l’occasion de la fête de l’Aïd-Seghir, l’armée de libération d’Algérie a libéré le premier prisonnier qui est tombé entre ses mains après la fin du Ramadan. A ce soldat, Roger Valle, du 1er régiment d’infanterie coloniale, fut remise une lettre adressée au commandement français, dont voici les principaux passages :
Article de Pierre Boussel alias Pierre Lambert paru dans La Vérité, n° 413, 8 juin 1956, p. 1

CLAUDE GERARD est arrêtée pour avoir effectué un reportage dans les maquis messalistes. Les six-févriéristes d’Alger exigent qu’elle leur soit livrée. Claude Gérard a commis un crime inexpiable. Elle a rapporté que les maquis contrôlés par le MNA couvraient un large secteur de l’Armée de Libération Nationale, soutenu par le peuple algérien unanime. Elle a rapporté le programme politique des combattants de l’ALN.
Article de Gérard Bloch alias R. Monge paru dans La Vérité, n° 412, 1er juin 1956, p. 1-2

– Scandaleuse arrestation de Claude Gérard.
– Nouvelles inculpations de Daniel Renard.
– LA VÉRITÉ saisie pour la cinquième fois en huit semaines.
Inquiets du formidable mouvements contre la « sale guerre » qui se
dessine chaque jour davantage dans les masses profondes du peuple, les milliardaires d’Alger et leurs porte-paroles politiques hurlent à la mort. Ils veulent, pendant qu’ils le peuvent encore, frapper à coups redoublés, non seulement les militants révolutionnaires d’avant-garde, mais les esprits libres, les personnes courageuses qui refusent de se laisser intimider par les insultes des chacals de la presse à gage, et continuent à dire la vérité, à informer honnêtement le peuple sur la situation en Algérie.
Article de Pierre Boussel alias Pierre Lambert paru dans La Vérité, n° 411, 25 mai 1956, p. 1-2

IL suffisait de suivre les informations contradictoires, le silence unanime d’une presse colonialiste et « néo-colonialiste », intéressée au plus haut point à nier l’influence déterminante de Messali Hadj, pour comprendre ! (1)
N’est-il pas remarquable de constater le black-out organisé par la
presse « libre » de toute tendance sur le reportage accompli en Algérie par la journaliste française Claude Gérard ; reportage publié par l’hebdomadaire « Demain ». Pourtant, quand R. Barrat avait interviewé des dirigeants du FLN, Belkacem-Ouamrane (« France-Observateur » 15 sept. 1955), la presse alors en avait largement fait état. Instructive comparaison …
Claude Gérard confirme donc de façon éclatante un fait connu des autorités et volontairement dissimulé au grand public : l’existence de puissants maquis se réclamant de Messali Hadj et du MNA, intimement liés à la population algérienne :
Article de Claude Gérard paru dans Demain, n° 23, 17 mai 1956, p. 10-12

Pourquoi nous publions ce document
LORSQUE Claude Gérard est venue proposer à Demain ce reportage réalisé dans des maquis de « l’Armée de Libération Nationale (M.N.A.) », un grave cas de conscience s’est posé à l’équipe du journal. Avions-nous le droit de publier un récit vécu sur l’existence et les aspirations d’hommes qui se sont donne pour mission de combattre les Français dont les sacrifices quotidiens endeuillent la nation ? Avions-nous même le droit de donner la parole à ceux qui, les armes à la main mettent en doute les engagements d’un gouvernement décidé à apporter une solution politique juste au douloureux problème qui déchire le pays ?
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.